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Un complément d'actualité LGBT
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International | Interview | Politique | 24.04.2012 - 10 h 34 | 2 COMMENTAIRES
États-Unis: Militaire et gay, il reprend sa place au sein de l’armée

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Pour le moment, il est encore un étudiant en photographie. Le 23 mai prochain, Anthony Loverde, 33 ans, quittera la vie civile pour remettre son uniforme de sergent-chef de l’US Air Force. Quatre ans après en avoir été exclu pour être sorti du placard, en vertu de «Don’t Ask Don’t Tell» (DADT). Cette loi qui forçait les militaires homos à taire leur orientation sexuelle sous peine d’exclusion, définitivement abrogée par Barack Obama en septembre dernier (lire Barack Obama met fin à «Don’t Ask Don’t Tell»).

LE DEUXIÈME VÉTÉRAN À ÊTRE RÉINTÉGRÉ DEPUIS LA FIN DE DADT
«Quand j’ai été exclu, je savais que cette loi finirait par être abandonnée parce que c’était une législation discriminatoire. Mais j’ignorais que cela se produirait en 2011 et que je pourrais retourner au service», confie Anthony Loverde à Yagg entre deux interviews. S’il se retrouve aujourd’hui sous le feu des médias, c’est parce qu’il n’est que le deuxième vétéran à être réintégré depuis le fin de DADT. Mais surtout car il est l’un des rares à retourner sous le drapeau à son ancien poste, coordinateur de vol à bord d’un avion de transport militaire, de type Lockheed C-130. Toutefois, pour retourner sur le terrain, il devra d’abord rafraîchir ses connaissances et repasser son certificat d’aptitude au vol. Ses compétences ne s’arrêtent pas là: Anthony Loverde est également un expert reconnu en calibrage de systèmes d’armement de l’armée de l’air.

Tous les militaires concernés n’ont pas son baggage scientifique. Ceux-là verront probablement leur demande de réintégration dans leur corps d’origine refusée. «Beaucoup de militaires exclus sont maintenant trop âgés pour être de nouveau acceptés», selon David McKean, du Servicemembers Legal Defense Network (SLDN), une organisation qui offre un soutien juridique au personnel militaire LGBT. D’autres ne seront pas réintégrés en raison d’une condition physique insuffisante ou parce que leur savoir militaire est devenu obsolète. En outre, l’armée entendrait profiter de la fin annoncée des opérations en Irak et en Afghanistan pour réduire ses effectifs. La question demeure sensible au pays de l’Oncle Sam.

IMPOSSIBLE DE PARLER D’UN PETIT AMI OU DE S’OUVRIR D’UNE RUPTURE
L’histoire d’Anthony Loverde est pourtant aussi celle des 14 000 de militaires homosexuels américains exclus de l’armée pour avoir enfreint DADT. Engagé à l’âge de 20 ans, le jeune sous-officier se voit dans l’obligation de taire son orientation sexuelle pendant ses sept ans de service actif. Il doit également mettre au point des stratagèmes pour échapper aux questions de ses coéquipiers. Impossible de parler d’un petit ami ou de s’ouvrir d’une rupture. Il connaît la règle: les militaires homos doivent non seulement garder le silence sur leur orientation sexuelle mais aussi prévenir toute indiscrétion. La législation contraint en effet tout militaire qui aurait connaissance de l’homosexualité d’un collègue d’en informer sa hiérarchie. La loi du silence règne dans les baraquements. Pas dupes, des membres de son unité le surnomment «Vapor» [Fumée, en anglais, ndlr] en raison de sa propension à s’évaporer entre chaque mission. «Je partais pour ne pas avoir à leur mentir sur ma vie», se justifie-t-il aujourd’hui.

Au fil du temps, il prend néanmoins conscience du cruel sacrifice qui lui est imposé: garder tout un pan de sa vie pour lui-même, au risque de compromettre son propre bien-être. Car outre le «stress» occasionné par le poids de son secret, Anthony Loverde voit ses relations avec ses collègues et amis mises à mal, faute de pouvoir s’exprimer sur sa vie sentimentale. «À de nombreuses reprises, quand j’étais déployé, j’ai réalisé que c’était de nature à remettre en question la confiance que nous avions les uns envers les autres», confie-t-il. «Mes camarades sentaient que j’avais quelque chose à cacher, parce que j’avais une vie privée tellement secrète que je ne pouvais même pas prendre part à des conversations normales».

HYPOCRISIE
En 2008, il décide de briser le silence en révélant son homosexualité à sa hiérarchie. «J’ai réalisé que je ne voulais pas faire carrière dans un métier qui m’obligeait à tromper mes coéquipiers et amis». Il va voir son commandant et fait son coming-out. «Sortir du placard a été la décision la plus difficile de ma vie jusqu’à maintenant», reconnaît-il. «Je connaissais les conséquences d’un coming-out et je savais que ça allait me coûter ma carrière mais j’étais fatigué de vivre dans le mensonge, et ces sept années de service sous DADT m’ont vraiment pesé».

Comme le prévoit la loi, il est remercié. Après son exclusion des rangs, il rejoint un prestataire privé de l’armée américaine qui le renvoie en Irak exercer des fonctions similaires. «De retour en Irak puis en Afghanistan, j’ai travaillé au sein d’un laboratoire technique de calibrage… pour l’armée américaine», raconte-t-il. C’est toute l’hypocrisie de la loi: trop gay pour servir sous le drapeau mais suffisamment pro pour être utile à l’armée dans le privé. Même si elle lui permet de poursuivre son engagement, cette expérience ne lui permet pas de retrouver la «satisfaction» qu’il éprouvait à faire partie de l’US Air Force. Il rentre au pays à l’été 2009.

TOURNÉ VERS L’AVENIR
L’occasion pour lui de réaliser un vieux rêve: étudier la photographie. Il s’engage alors dans un Master’s of Fine Arts à l’Academy of Art à l’Université de San Francisco. Son sujet de mémoire est tout trouvé et porte sur DADT. Il fait de son mémoire un recueil de ses photographies intitulé Une force silencieuse: Ces hommes et ces femmes qui servent sous Don’t Ask Don’t Tell, publié en 2010. «C’était un outil de pression politique pour humaniser le débat sur la loi au Congrès, à Washington», explique-t-il. Pendant cette période de lutte, il rencontre des activistes qui diffusent son livre chez les politiques en plein débat sur l’opportunité d’abroger la loi. Mais l’armée lui manque. «Je n’ai jamais réussi à trouver un équilibre dans la vie civile», reconnaît-il. «Je me considèrerais toujours comme un aviateur».

En attendant de regagner la base de Sacramento, puis celle de Little Rock en Arkansas où il retrouvera certains de ses anciens camarades, Anthony Loverde partage son temps entre les interviews à la presse et les séances de jogging. «J’ai dû perdre du poids pour pouvoir reprendre le service mais c’est quelque chose que j’avais déjà fait. Maintenant, je dois juste continuer à m’entraîner au quotidien». Désormais, le sergent-chef Loverde a le regard tourné vers l’avenir: «J’ai la chance d’avoir de nouveau mon travail et de le reprendre là où je l’avais laissé, je suis super impatient!».

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Education | Recherche | Santé | 14.06.2011 - 11 h 22 | 3 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi

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Alcool, drogue, rapports sexuels non protégés, surpoids etc. Des études montrent déjà que l’adolescence est l’âge de tous les dangers. Mais qu’en est-il des jeunes qui doivent en plus assumer une orientation sexuelle différente de la norme hétérosexuelle? Une nouvelle étude américaine confirme que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s (LGB) sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros.

L’étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC) est la plus complète à ce jour sur les conduites à risque des jeunes. L’agence fédérale a passé au crible les comportements à risque de 156 000 élèves du secondaire dans sept Etats américains entre 2001 et 2009, que ce soit en matière de consommation de drogues ou d’alcool, du comportement alimentaire ou sexuel. Mais ce qui fait la spécificité de cette étude, c’est que les participants ont également été interrogés sur leur orientation sexuelle (mais pas sur leur identité de genre). Les résultats rendus publics par le CDC la semaine dernière ont permis de dégager des différences tout à fait significatives.

DISPARITÉS CONSIDÉRABLES ENTRE ELEVES LGB ET HÉTÉROS
Ainsi, près de 30% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s disent avoir sérieusement envisagé le suicide, contre 11,7% pour les élèves hétérosexuel-le-s. De la même manière, si 7,8% des élèves hétérosexuel-le-s déclarent avoir conduit sous l’emprise de l’alcool, ce taux est multiplié par deux et monte à 15,4%, pour les étudiant-e-s homos. Plus surprenant, lorsqu’on les a interrogés au sujet des armes à feu, 12% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s ont affirmé avoir transporté une arme au moins une fois durant le mois précédent, soit presque quatre fois plus que les élèves hétérosexuel-le-s. L’étude du CDC révèle également que les jeunes bisexuel-le-s seraient encore plus exposés que les gays et les lesbiennes. De manière générale, les ados LGB déclarent en moyenne adopter 70% de tous les comportements à risque « mesurés », tout particulièrement par rapport aux tentatives de suicide, le recours à la drogue et à l’alcool, aux relations sexuelles non protégées et à la gestion du poids. Ce sont ces disparités considérables entre élèves LGB et hétéros qui suscitent l’inquiétude des autorités sanitaires américaines.

« Nous nous inquiétons de ce que ces étudiants soient confrontés à de telles disparités pour tant de risques différents pour leur santé », s’alarme Howell Wechsler, directeur de la division adolescence et santé scolaire du CDC, auprès de l’agence Reuters lundi 6 juin. « Ce rapport devrait être agir comme un déclic pour les familles, les écoles et les communautés, nous devons faire un meilleur travail pour soutenir ces jeunes », conclut ce haut fonctionnaire. Pour les chercheurs du CDC, ces « disparités » s’expliquent notamment par l’absence « d’un environnement procurant un sentiment de sécurité et de soutien » à destination de ces élèves.

« Les jeunes gay, lesbiennes et bisexuels sont souvent conduits à des comportements à risque parce qu’ils sont rejetés par leurs familles et les autres groupes de soutien », analyse pour sa part Laura McGinnis, porte-parole de The Trevor Project, une organisation nationale qui fournit des conseils de crise et de prévention du suicide chez les jeunes. « Nous avions connaissance de tout cela depuis des années, mais les recherches n’existaient pas pour nous soutenir », affirme-t-elle. Pour Mme McGinnis, ces nouvelles données devraient contribuer à accroître la sensibilisation des décideurs et conduire à plus de formation pour les membres du personnel scolaire.

Pour améliorer la situation, le rapport du CDC préconise la mise en place de nouveaux dispositifs au sein des établissements scolaires, à l’instar des Gay-Straight Alliance (ces groupes censés favoriser la tolérance et la solidarité entre les élèves LGB et hétéros).

International | Religion | 25.05.2011 - 20 h 21 | 29 COMMENTAIRES
États-Unis: Un révérend homophobe prévoit l’Apocalypse pour le 21 octobre

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Les voies du Seigneur sont impénétrables, dit-on. Le révérend Harold Camping (ci-dessous) vient d’en faire une fois de plus la cruelle expérience. A la tête d’un réseau américain de radios FM évangéliques, M. Camping avait promis la fin du monde pour le 21 mai 2011, c’est-à-dire samedi dernier. Las, Dieu n’a pas suivi et le « Judgment Day » (Jour du Jugement Dernier) annoncé à grand renfort de réclame a fait un flop.

NUL EN MATHS?
Le révérend avait pourtant déployé des moyens importants pour alerter la population. Des panneaux géants (ci-dessus) avaient fleuri aux carrefours des villes américaines: « Jugement dernier, le 21 mai 2011 », « Garanti par la Bible » pouvait-on y lire en grosses lettres. Un coup de pub divin (!) pour cette chaîne basée à San Francisco mais qui a vite tourné à la farce. Au point que que le San Francisco Weekly, qui a interviewé le révérend il y a quelques semaines, titrait hier « Harold Camping sucks at maths » (Harold Camping est nul en maths). Il faut dire que le révérend Camping se base sur une méthode de calcul très personnelle pour dater la fin du monde. Au terme de savantes combinaisons, il avait ainsi affirmé que samedi 21 mai, 7000 ans seraient passés depuis le Déluge. Une méthode qui semble lui jouer des tours. Le prédicateur avait déjà prédit la fin du monde pour le 6 septembre 1994. Depuis, le révérend a dû reconnaître une nouvelle erreur. Il s’est dit « troublé » à la chaîne CNN que ses prédictions ne se réalisent pas. On le comprend.

ISRAEL ET LA GAY-PRIDE
En revanche, le révérend n’a pas besoin de faire de savants calculs pour désigner les responsables de la colère divine. « Dans la Bible, Dieu nous offre de nombreux signes destinés à avertir le monde que le Jugement dernier et la fin des temps sont imminents », écrit-il dans un éclairant fascicule intitulé « Gay Pride, un signe de la fin des temps planifié par Dieu » (disponible en français). Et de citer en exemples la création de l’Etat d’Israël et la « profonde détérioration spirituelle » que l’on peut constater dans la plupart des églises. « Mais aucun signe n’est aussi dramatiquement clair que le phénoménal succès mondial du mouvement de la Gay Pride », poursuit M. Camping, évoquant la cité de Sodome ainsi que sa destruction, comme symbole du Jugement dernier.

Troublé mais pas découragé par ce nouveau revers, le révérend a expliqué que le 21 mai n’était qu’un avant-goût « spirituel » de l’Apocalypse à venir. Selon lui, la vraie fin des temps sera le 21 octobre. Ce jour-là, à 18 heures précises (pour chaque fuseau horaire), prédit-il, « de puissants séismes anéantiront la Terre et ceux que Dieu n’a pas élus périront dans d’atroces souffrances ». En attendant la date fatidique, les gay-prides de l’été sont sauvées. Rendez-vous à la rentrée.

Recherche | Santé | Science | 24.05.2011 - 17 h 11 | 48 COMMENTAIRES
Science: Attention, votre voix pourrait trahir votre orientation sexuelle!

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Des chercheurs américains affirment qu’il est possible d’identifier l’orientation sexuelle de son interlocuteurs rien qu’au son de sa voix. Pour quel résultat?

« Le menteur se gratte la base du nez et l’anxieux mordille son annulaire gauche ». On savait déjà qu’il fallait se méfier de ses moindres faits et gestes. Désormais, il faudra aussi surveiller sa voix. Des chercheurs de l’Ohio State University pensent avoir découvert par ce biais le moyen de différencier un homo d’un hétéro. Pour cela, nos chercheurs ont pris quatorze hommes, sept homos et sept hétéros, et les ont enregistré prononçant des mots anglais d’une syllabe composés d’une voyelle entre deux consonnes, tels que « sell » (vendre), « food » (nourriture) ou « mass » (masse). Les extraits ont ensuite été décomposés, et diffusés à un panel d’individus, lequel a dû dire s’ils étaient émis par un locuteur homo ou hétéro.

75% DE RÉPONSES EXACTES 
Les chercheurs ont obtenu 75% de réponses exactes, rien qu’à l’écoute des deux premiers sons du mot, la consonne initiale et la voyelle. « Il s’agit d’un phénomène qui se produit tous les jours», explique le professeur Erik C. Tracy, l’un des co-auteur de l’étude. Nous parlons constamment au téléphone avec des gens que nous ne connaissons pas, et c’est seulement à partir de cette conversation que nous pouvons être en mesure d’identifier ses caractéristiques personnelles […] leur sexe, l’âge, la race ou l’orientation sexuelle. Je ne suis pas certain à quelles voyelles réagissent les écoutants, avoue le professeur Tracy. D’autres recherches ont été menés sur les variations acoustiques pour comprendre pourquoi les homosexuels et les hétérosexuels produisent les voyelles différemment. Quelle que soit cette différence, il semble que les écoutants utilisent l’information acoustique contenue dans les voyelles pour rendre leur décision sur l’orientation sexuelle », conclue-t-il. Les résultats ont été présentés hier à Seattle lors de la réunion de l’Acoustical Society of America. Des experts cités par le site HealthDay soulignent néanmoins que « la recherche présentée lors de réunions par le professeur Erik C. Tracy n’a pas été soumis au même type d’examens rigoureux accordés aux recherches publiés dans des revues médicales. »

CARACTÉRISTIQUES COMMUNES
Cette étude vient s’ajouter à d’autres travaux menés aux Etats-Unis, au Canada mais aussi en Europe où plusieurs chercheurs travaillent à identifier d’autres types de caractéristiques communes aux homosexuels. Ainsi, certaines études tentent de démontrer que les homosexuels ont plus de grands frères que les hétéros. D’autres, qu’être gaucher accroît la probabilité qu’on homme soit gay de 34%, et qu’une femme soit lesbienne de 90% (la majorité des gays restant droitiers). Le même chercheur canadien qui travaillait sur la question des grands frères a utilisé les données récoltées par le sexologue Alfred Kinsey entre 1930 et 1960 pour affirmer que les homos auraient en moyenne un plus grand pénis que les hétéros. Avec une réserve – de taille (!) – toutefois: Kinsley avait demandé aux 5000 hommes participant à l’étude de se mesurer et d’envoyer eux-mêmes leurs résultats. Autant pour leur fiabilité.

Ces études ont d’abord reçu un à priori positif des mouvements LGBT américains, comme le souligne David France dans un article intitulé « The Science of Gaydar » (la science du radar gay) publié par New York Magazine en 2007. Selon le journaliste, elles permettaient d’expliquer l’homosexualité  autrement que par l’environnement familial (mère abusive et père absent). Pour autant, les recherches qui sont menées actuellement se concentrent sur l’inné et le système hormonal de la femme. Mais ces travaux pourraient également comporter des risques, souligne David France. Car si l’on arrive à isoler des réactions hormonales dans l’utérus – à l’origine de l’orientation sexuelle – on peut imaginer que l’on pourra, par des manipulations prénatales, chercher à « corriger » les grossesses. Pourquoi en effet ne pas chercher à s’assurer de naissances exclusivement hétérosexuelles? La droite chrétienne a déjà exprimé son espoir d’en arriver à ce cas de figure. Albert Mohler, professeur de théologie et évangéliste américain, explique sur son blog que, s’il est opposé à l’avortement d’embryons dont on a identifié l’orientation sexuelle, « il faut soutenir avec conviction le recours à tous les moyens appropriés permettant d’éviter la tentation sexuelle et les conséquences inévitables du péché. » (via Rue89)

Associatif | International | Politique | 18.05.2011 - 17 h 22 | 29 COMMENTAIRES
Bradley Manning, traître à la nation ou héros gay?

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Qui est réellement Bradley Manning? Voilà un an que ce jeune homme de 23 ans est emprisonné. Accusé d’avoir transmis à WikiLeaks les centaines de milliers de documents confidentiels révélant les coulisses de la diplomatie américaine et un enregistrement d’une vidéo montrant une bavure de l’armée US en Irak, il est devenu le symbole d’une Amérique divisée. Pour la Maison Blanche et une bonne partie de l’opinion publique, il est un traître qui doit être jugé le plus sévèrement possible. Pour ses défenseurs, il est au contraire un « héros de la paix, un « humaniste » et même un « héros gay ».

C’est ce qu’avance notamment le célèbre militant britannique Peter Tatchell. Dans une tribune publiée sur son site internet mercredi 11 mai, M. Tatchell lance un vibrant appel en faveur du jeune soldat: « S’il a divulgué ces documents à Wikileaks, il devrait être salué comme un défenseur des droits humains », affirme-t-il. Décrivant Bradley Manning comme « un humaniste et un homme avec une conscience, inspiré par son engagement pour les droits de l’Homme », Peter Tatchell retrace le parcours militant de ce dernier pour de l’égalité des droits et contre la loi « Don’t Ask, Don’t Tell » (DADT). Cette loi abrogée par le Sénat américain en décembre 2010 qui obligeait les soldats homos à taire leur orientation sexuelle (lire États-Unis: Le Sénat vote l’abrogation de Don’t ask, Don’t tell).

HOMOSEXUALITÉ ET TRAHISON?
Une situation qui, ajoutée à une rupture avec son compagnon de l’époque, aurait conduit le jeune soldat à la dépression, selon The Daily Telegraph. Le quotidien britannique se base sur l’historique de la page Facebook du soldat, lequel se décrit comme « plus que frustré par l’armée et la société en général » et « plombé par le sentiment de n’avoir plus rien ». Bradley Manning aurait posté ses états d’âme sur le réseau social peu avant la date où il aurait, selon l’accusation, téléchargé les documents confidentiels sur des CD censés contenir les tubes de Lady Gaga (!). Pour M. Tatchell, Bradley Manning, sous réserve qu’il soit bien l’informateur de Wikileaks, aurait plutôt « été conduit à libérer les fichiers [parce qu’]il aurait perdu ses illusions avec son pays en matière de politique étrangère et militaire et croyait les idéaux américains de démocratie et les droits de l’homme trahis ».

Homosexualité et trahison, un cocktail béni pour la droite américaine qui combat l’abrogation de DADT au motif que l’ouverture de l’armée aux gays et aux lesbiennes constituerait un danger pour la sécurité des troupes. « Les révélation sur le comportement ouvertement pro-homosexuel de Manning suggèrent qu’une politique plus libérale du département de la défense, sur les souhaits du commandant en chef, s’est maintenant retournée dans des proportions considérables contre les forces américaines, estime ainsi le site ultra-conservateur Accuracy in Media. Cela pourrait causer non seulement des pertes au sein de l’armée mais aussi porter atteinte aux relations avec le Pakistan et l’Afghanistan et mener à une possible défaite militaire dans la région. »

MAUVAIS TRAITEMENTS 
Le cas du du premier classe Manning embarrasse également outre-Manche. Car le jeune homme est britannique par sa mère, installée au Pays de Galles. Celle-ci a réclamé la protection consulaire pour son fils après lui avoir rendu visite en prison en février dernier. « J’ai été très bouleversée de voir Bradley. Être en prison a un effet néfaste sur lui autant physiquement et mentalement, écrit-elle dans sa lettre aux autorités. Je crains que son état ne s’aggrave. Je voudrais que quelqu’un lui rendre visite afin de vérifier ses conditions [de détention]. » Mais le Foreign Office – l’équivalent britannique du ministère des Affaires étrangères – a refusé, arguant que Manning avait déclaré qu’il ne se considérait pas comme britannique. « Le Premier ministre David Cameron et son adjoint Nick Clegg n’ont pas réussi à l’aider, s’insurge Peter Tatchell. Ils ne se sont jamais élevés publiquement contre les mauvais traitements dont il est victime ou, à notre connaissance, appelé le gouvernement américain à stopper les abus que Manning a subi [en prison]. Voilà pour l’engagement professé par la coalition en faveur des droits de l’homme et des libertés civiles. » Jusqu’à ces dernières semaines, Bradley Manning était en effet détenu sur la base de Quantico dans un quasi-isolement, enfermé en cellule vingt-trois heures sur vingt-quatre, empêché de faire de l’exercice, privé de presque toutes affaires personnelles et même un temps de slip, sous prétexte qu’il pourrait se suicider avec. Finalement, devant le tollé international provoqué par ces mauvais traitement, son slip lui a été rendu et les autorités américaines ont transféré le jeune homme dans une prison militaire au régime plus souple, au Kansas.

« COURAGE ET INTÉGRITÉ » 
De leur côté, les partisans de Bradley Manning assurent la contre-attaque. L’Américain a un site de soutien, bradleymanning.org, qui tente de collecter des fonds pour assurer sa défense. Il a reçu le soutien du documentariste Michael Moore et d’intellectuels tels que Noam Chomsky, l’une des voix de la gauche américaine, qui écrit à son sujet: « C’est un privilège de participer à la campagne pour soutenir Bradley Manning, qui a fait preuve de courage et d’intégrité envers son pays, en contribuant à rendre le gouvernement responsable devant ses citoyens et en informant son peuple de ce qu’il devait savoir ». Reste que soldat Manning risque la prison à vie, voire la peine de mort pour « transmission illégale d’informations militaires » et « aide à l’ennemi », bien que le procureur chargé de l’accusation a déjà indiqué qu’il ne la réclamera pas. Son procès devant une cour militaire devrait bientôt débuter par des audiences préliminaires. Peter Tatchell exhorte les supporters du jeune Manning à agir en sa faveur en signant la pétition qui lui est consacrée ou en écrivant au soldat et aux autorités concernées.

International | Politique | Religion | 03.03.2011 - 13 h 32 | 27 COMMENTAIRES
États-Unis: Ils détestent les gays, les juifs et Lady Gaga et ils ont le droit de le dire

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Le célèbre collectif Anonymous est-il à l’origine des cyberrattaques contre la Westboro Baptist Church? Tous les sites internet de ce groupe ultra-fondamentaliste sont paralysés. Ce qui ne l’empêche pas de sévir sur le terrain puisque la Cour suprême vient de réaffirmer le caractère absolu de la liberté d’expression aux Etats-Unis.


EN CROISADE CONTRE L’HOMOSEXUALITÉ
Peut-être connaissez-vous déjà la Westboro Baptist Church (WBC)? Célèbre pour sa triste croisade contre l’homosexualité et son slogan «God hates fag», «Dieu hait les pédés». Ses membres n’hésitent pas à se déplacer dans tout le pays pour assister aux enterrements de soldats morts au combat. Pour ces illuminés homophobes, leur mort constitue une punition divine envers les Etats-Unis pour ne pas lutter contre l’homosexualité. Ils font la promotion de leurs idées nauséabondes à travers plusieurs sites internet répondant aux doux noms de GodHatesFags.com, GodHatesAmerica.com, GodHatesTheWorld.com, JewsKilledJesus.com und AmericaIsDoomed.com.

Fondée par le révérend Fred Phelps en 1955, la Westboro Baptist Church, basée à Topeka (Kansas), ne compterait que 75 membres en son sein (selon AFP). Une entreprise familiale en somme, puisque ses membres font le plus souvent partie de la même fratrie. C’est le cas de Megan Phelps qui n’est autre que l’une des nombreuses petites-filles du fondateur. En tant que représentante de la WBC, cette dernière a acquis une certaine notoriété lors d’une campagne contre Lady Gaga en adaptant le tube de la chanteuse «Poker Face» à la sauce fondamentaliste. Attention, les paroles décoiffent.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur God Hates Lady Gaga – No Poker Face – Parody by @meganphelps

EFFET D’ANNONCE?
La 16 février dernier, la WBC annonçait que le collectif Anonymous avait prévenu l’Eglise qu’elle comptait pirater ses sites internet. Effet d’annonce? Les pirates ont fait savoir quelques heures plus tard qu’ils n’en n’était rien, non sans menacer la WBC de représailles pour avoir diffusé un hoax (une cyberrumeur). Conséquence, lors d’un débat animé entre une représentante de l’Eglise et un membre d’Anonymous, le collectif a piraté les sites de la WBC, pour de vrai, cette fois (vous pouvez l’entendre à 8:24 de la vidéo).

Si vous n’arrivez pas à lire la vidéo, cliquez sur Westboro Church website hacked by Anonymous during live interview

CYBERGUERRE OU PIÈGE DE LA WBC?

Dans un communiqué, Anonymous annonce avoir perdu patience face aux provocations de la WBC et accuse l’Eglise du révérend Phelps de chercher l’attention des médias. «Dieu déteste les pédés: supposition. Dieu déteste les sangsues: c’est un fait», conclut le collectif. La presse spécialisée se perd en conjoncture: Cette affaire marque-t-elle le début une guerre entre Anonymous et la WBC ou s’agit-il d’un piège pour démasquer les hackers? Car jusqu’à présent, Anonymous s’était illustrée face à des cibles plus importantes comme l’Eglise de scientologie en 2008 ou plus récemment contre les sites de Paypal et Mastercard, lorsque ces derniers avaient gelé les comptes de WikiLeaks. Selon Gabriella Coleman, anthropologue et professeur à la New York University, spécialiste du phénomène, le collectif chercherait désormais à diversifier ses cibles: «Les Anonymous sont politiquement plus sophistiqués qu’avant», écrivait-elle sur le site The Article en février dernier. Cette cyberattaque contre les sites de la WBC semble lui donner raison.

Le collectif Anonymous n'est pas seulement actif sur Internet: Les membres qui s'en réclament portent le masque de Guy Fawkes rendu célèbre par le film « V pour Vendetta » lors de rares apparitions publiques. (Photo Wikipédia)

A L’ABRI DE TOUTE POURSUITE JUDICIAIRE
Aujourd’hui, les sites anti-gays, anti-juifs et anti-américains restent inaccessibles aux internautes. Reste que la Westboro Baptist Church peut poursuivre son entreprise de haine en toute tranquillité. Qui pourrait l’en empêcher? Pas la Cour suprême, qui vient de la mettre à l’abri de toute poursuite judiciaire au nom du Premier amendement qui garantit la liberté d’expression. «Nous avons choisi une voie différente, qui est de protéger la liberté d’expression, même quand elle peut blesser», explique la Cour suprême dans son arrêt. Fait inhabituel, les juges ont ajouté un commentaire bien senti à l’encontre des fondamentalistes: «L’Eglise de Westboro pense que les Etats-Unis sont moralement corrompus. Mais il est fort probable que les Américains pensent de même à son endroit». A l’annonce du jugement, l’Eglise s’est félicitée d’avoir transmis le message divin «à la Nation et au Pentagone».