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Et vous, qu'en pensez-vous?
Politique | Société | 26.05.2012 - 15 h 58 | 44 COMMENTAIRES
Homophobie: Nouveau dérapage d’un élu UMP sur Twitter

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L’homophobie serait-elle devenue un tremplin pour les élus en mal de publicité? Cette fois, c’est Noël Faucher, maire UMP de la charmante commune de Noirmoutier en Vendée et candidat suppléant aux législatives pour son parti, qui y va de son tweet homophobe: «Bientôt on va nous dire que l’homosexualité est naturelle», s’indigne l’édile le 18 mai dernier en réponse au message de tolérance d’un internaute qui ne lui était même pas destiné. Et d’ajouter, perfide: «Comme si la nature choisissait d’autodétruire une espèce!». Interpellé dès le lendemain par des tweetos pour ses propos intolérants, Noël Faucher enfonce le clou tout en se défendant d’être homophobe. Un classique des… homophobes, justement. «Aucun mépris, assure l’élu, simplement une réflexion sur les lois de la Nature sans aucun esprit d’opprobre, au contraire!». Au passage, le maire fustige «ce lobby de la bien pensance (sic) imbu de suffisance qui devrait lire et avoir un peu d’ouverture d’esprit». Lobby, lobby, ça ne vous rappelle rien? Encore ce fantasme d’un puissant groupe de pression gay, relayé par des plusieurs figures politiques de droite.

Noël Faucher rejoint ainsi le club de ces politiques UMP qui se sont faits connaître en proférant des horreurs sur les homos. Car en s’en prenant à une minorité, d’obscurs élus locaux ont trouvé le moyen de faire parler d’eux. Qui connaissait au niveau national Christine Boutin et Christian Vanneste  avant leur obsession très médiatisée pour les gays et les lesbiennes? Ou Brigitte Barèges, avant son désormais fameux «Et pourquoi pas avec des animaux», pour marquer son opposition à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe? Le dernier en date, le député Jean-Marc Nesme, n’a-t-il pas connu son heure de gloire en tenant des propos dans la même veine? Bref, à l’image des ses inspirateurs, Noël Faucher se fait une notoriété sur le dos des homos. De fait, il est difficile de savoir quelle attitude adopter face à ce genre de déclarations: les condamner fermement – à l’exemple de Jean-Luc Romero sur son blog dès hier soir – ou les ignorer pour ne pas accorder à leurs auteurs une attention démesurée? Et vous, qu’en pensez-vous?

[Mise à jour, 26 mai, 17h56]

Sur son compte Facebook, Noël Faucher tient à adresser ses excuses «aux personnes qui ont pu être blessées par ce tweet». Il affirme qu’il n’a pas mesuré la portée de ses mots: «Les réactions suscitées par un tweet maladroit montrent clairement l’émotion pour une phrase interprétée sous un angle qui n’est pas l’expression de ma façon de penser». Et se défend une fois de plus de toute homophobie: «Je considère que chacun est absolument libre de conduire sa vie privée comme il l’entend. Je m’interdit de porter tout jugement en ce domaine. La vie privée est un domaine réservé qui appartient à chacun d’entre nous. […] Bien évidemment je condamne avec la plus grande fermeté toute forme d’homophobie et de stigmatisation».

Peut-être faudrait-il rappeler à Noël Faucher que les homos ont le droit, comme les hétéros, de vivre leur vie au grand jour et pas seulement de manière «privée» et qu’il serait bon que certains politiques s’appliquent à eux-même une conduite irréprochable en matière de lutte contre l’homophobie plutôt que de faire semblant de s’en repentir en condamnant de manière hypocrite la «stigmatisation» des homos, à laquelle ils participent pourtant de bon coeur. À bon entendeur.

[Mise à jour, 26 mai, 20h25]

Dans un communiqué, les Jeunes Socialistes se disent «scandalisés» par les propos de Noël Faucher et reprennent «la demande des Jeunes Socialistes de Vendée de condamnation de ces propos» en exigeant «la démission de Noël Faucher de l’ensemble de ses fonctions et mandats».

Photo Ville de Noirmoutier 

Politique | 18.06.2011 - 10 h 00 | 19 COMMENTAIRES
L’appel à la démission de Roselyne Bachelot dévoile une majorité divisée

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Les députés ont rejeté mardi 14 juin la proposition de loi des socialistes qui visait à ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe. Mais le débat continue au sein de la majorité. Après l’appel de trois députés et membres du collectif parlementaire de La Droite populaire – Philippe Meunier, Jacques Myard et Jean-Paul Garraud – réclamant le départ de la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot dès mercredi soir en raison de ses propos en faveur du mariage pour les couples homos (lire Des députés UMP veulent faire payer à Roselyne Bachelot son soutien au mariage des couples homos), les réactions se sont multipliées.

«UNE OPINION PERSONNELLE»

Hormis les déclarations tonitruantes du député UMP François Grosdidier qui dans le Journal du dimanche, a fustigé l’appel des trois députés, dénonçant une «initiative ridicule et choquante», la majorité s’est employée à désamorcer la polémique. «Une opinion personnelle» exprimée par la ministre des Solidarités, a commenté sa collègue du gouvernement, Nadine Morano. Même sobriété de la part du numéro un de l’UMP Jean-François Copé, lequel a avancé que la ministre avait «pris une position personnelle». Le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer a également désapprouvé jeudi l’initiative de La Droite populaire sur BFM-TV. «Elle a toujours eu cette opinion, elle l’a exposée à de très nombreuses reprises, elle n’a pas changé et donc je trouve que cette prise de position de trois de mes collègues députés n’a pas lieu d’être», a déclaré M. Accoyer sur RMC et BFM-TV. Il a souligné qu’«en plus, chacun a sa liberté d’opinion sur des questions de société».

En début de soirée, c’est au tour de la secrétaire d’Etat à la jeunesse et ex-présidente de feue la Halde Jeannette Bougrab de voler au secours de Roselyne Bachelot sur l’antenne de Public Sénat. Jugeant «très triste» que plusieurs députés UMP cherchent à mobiliser leurs collègues de l’UMP en vue d’obtenir la démission de la ministre, Jeannette Bougrab s’est redit elle aussi «favorable» au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels, comme elle l’avait déjà annoncé à Yagg en 2010.  La secrétaire d’Etat a mis en avant ses convictions. «Je suis ministre et j’ai des convictions personnelles: j’estime que la marche vers l’égalité [passera par] cette reconnaissance. Quand on interroge les Françaises et les Français, ils sont quand même moins conservateurs». Tout comme Roselyne Bachelot, elle a également affirmé que la France viendra un jour au mariage pour les couples homosexuels, «comme il existe en Espagne, comme il existe aux Pays-Bas». «Moi j’ai été très surprise qu’à l’arrivée de Zapatero […], ça a été adopté dans un pays qui est pourtant profondément catholique et très pratiquant», a-t-elle dit.

«ROSELYNE BACHELOT A ASSOCIÉ LA DROITE POPULAIRE A LA PENSÉE DES BEAUFS»

Ce contre-feu n’a pas suffit à éteindre les ardeurs des parlementaires les plus ultras de La Droite populaire. Dans une sorte de baroud d’honneur, le député UMP et cofondateur du collectif Christian Vanneste s’est employé à flinguer la ministre des Solidarités sur LCP: «Roselyne Bachelot a associé la droite populaire à la pensée des beaufs […]», a-t-il affirmé jeudi lors de  à l’émission. L’élu du Nord, habitué des déclarations homophobes (il a qualifié le mariage de couples homos d’«aberration anthropologique») l’a tout simplement menacée de ne plus voter en faveur de ses projets de loi.

Toutes ces marques de soutien à Roselyne Bachelot ne peuvent faire oublier que sur les 293 députés de la majorité présidentielle (UMP et Nouveau Centre réunis), seuls 10 d’entre eux se sont prononcés en faveur de la proposition de loi ouvrant le mariage pour le couple de même sexe. 9 se sont abstenus. Parmi les 10 figure la députée Henriette Martinez, qui, bien que faisant partie de La Droite populaire, a voté en faveur de la proposition de loi socialiste. «La famille n’est plus le modèle traditionnel que l’on a connu. Ce qui compte dans l’amour, c’est l’équilibre mais il faut aussi un encadrement juridique qui sécurise la famille», a déclaré l’élue à Yagg lors de la présentation de loi jeudi 9 juin (lire Henriette Martinez (UMP): «Je me démarque de mon groupe par mes convictions»).

«OPINION PERSONNELLE» ET «LIBERTE D’EXPRESSION»

Les trois députés à l’origine de le fronde anti-Bachelot semblent donc bien isolés au sein de leur propre parti. Pour preuve, seuls quatre de leurs collègues avaient répondu présents à leur appel, jeudi soir. Il s’agirait de Nicolas Dhuicq, Christophe Guilloteau, Jacques Remiller et bien entendu Christian Vanneste, selon M. Meunier. Tous les quatre sont également membres du collectif La Droite Populaire. Même Thierry Mariani (ci-contre), secrétaire d’Etat aux Transports, pourtant membre fondateur du collectif, a désapprouvé jeudi soir l’appel à la démission de sa collègue au gouvernement: «Si je ne partage pas la position de Mme Bachelot sur le mariage entre personnes du même sexe, auquel je suis opposé, tout le monde a le droit à la liberté de conscience», a-t-il affirmé. Thierry Mariani a rappelé que les positions de la ministre étaient «connues et anciennes» sur ce sujet et que «personne ne doutait de son honnêteté».

SOUCI DE RESPECTABILITÉ 

Finalement, tout se passe comme si cette frange de l’UMP était devenue trop extrême pour le parti présidentiel. Car les déclarations d’un Christian Vanneste ou d’une Brigitte Barèges cadrent mal avec le souci de respectabilité affiché par la majorité. L’UMP avait en effet pris soin de ne pas retomber dans l’opposition grotesque que les élus RPR avaient déployée contre le Pacte de solidarité civil (pacs) en 1999. Douze ans après, il s’agissait de présenter une nouvelle image pour faire oublier «la droite cassoulet» et ne plus apparaître uniquement comme un parti rétrograde. A l’instar de Christian Jacob et de Christian Estrosi. A l’époque, tous deux sont de farouches opposants au pacs (le second ira même jusqu’à proférer qu’il allait «même concerner les frères et les sœurs»).

Or, depuis 2008, M. Estrosi autorise les couples homos (comme hétéros) à organiser une cérémonie à la mairie de Nice pour signer leur Pacs et a même inauguré un centre LGBT en plein coeur de sa ville en mai dernier. Quant à Christian Jacob, devenu chef de file des députés UMP, il a assuré mardi lors du vote de la proposition de loi que la majorité avait conscience qu’il faut «avancer sur les sujets liés aux droits des homosexuels», annonçant dans la foulée, sans rire, «un groupe de travail» pour plancher sur le sujet. L’exemple vient d’en haut: Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas reconnu une «erreur» à propos du pacs? Dans une interview accordée au Nouvel Observateur en 2009, le chef de l’Etat faisait son mea culpa, déclarant: «C’était ridicule et outrancier. On s’est trompé. J’en ai tiré des conséquences définitives. Jamais il ne faut se raidir. Jamais il ne faut se bunkériser, jamais il ne faut détester». Dire qu’il aura suffit de la volonté de quelques député-e-s pour faire capoter cette belle unanimité…

[Mise à jour, 10:30] Le Premier ministre François Fillon apporte son soutien à Roselyne Bachelot dans une interview à paraître aujourd’hui dans le quotidien Nice Matin. Il juge «grossier» et «presque totalitaire» l’appel lancé par des députés UMP issus de la Droite populaire à la démission de la ministre. « Cela relève de «convictions personnelles et elles sont toutes respectables. Personnellement, je suis opposé au mariage homosexuel», a rappelé François Fillon. Il s’est toutefois dit «favorable à une amélioration du Pacs», ajoutant citer «souvent en exemple ce que fait Christian Estrosi à Nice avec la célébration du Pacs en mairie». «C’est d’ailleurs une disposition qu’avait prévue le président Sarkozy dans son programme en 2007», a-t-il noté.

Coup de gueule | Politique | 16.06.2011 - 09 h 00 | 25 COMMENTAIRES
Des députés UMP veulent faire payer à Roselyne Bachelot son soutien au mariage des couples homos

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En déclarant hier sa flamme à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe lors de Questions d’Info sur LCP/France Info/AFP, la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot a provoqué l’ire des députés UMP Philippe Meunier, Jacques Myard et Jean-Paul Garraud. Les trois parlementaires, par ailleurs membres du collectif de La Droite populaire, ont réclamé par voie de presse le soir-même la démission de la ministre.

« DE TOUTE FAÇON, CELA SE FERA »

Mme Bachelot a estimé au cours de l’émission à propos du mariage des couples homosexuels que « de toute façon, cela se fera » et que c’est une « question de mois, d’années ». Affirmant qu’elle aurait voté le texte du PS en ce sens, rejeté mardi par l’Assemblée, elle a déclaré, non sans malice: « J’ai remarqué que sur ces sujets, à la fin, j’avais toujours gagné. » Une petite phrase qui n’a pas plu à ses anciens collègues parlementaires.

« Nous demandons tous les trois à Mme Bachelot de démissionner. Ses déclarations sont scandaleuses. La majorité vient de rejeter une proposition de loi socialiste sur le mariage homosexuel. Si elle se situe au côté du PS et pas de la majorité, alors il faut qu’elle démissionne !», a déclaré à l’AFP M. Meunier. L’élu du Rhône a précisé qu’il allait appeler jeudi ses collègues UMP à signer un texte pour exiger la démission de la ministre.

« MEPRIS » ET « PROSELYTISME CATÉGORIEL »

Le député UMP Jacques Myard, qui s’est récemment illustré en mettant l’homosexualité sur le même plan que la zoophilie (lire Jacques Myard: « Messieurs les homos des deux sexes, foutez-nous la paix! ») a condamné à son tour les propos de la ministre.  « Elle est incohérente, elle rompt la solidarité gouvernementale et surtout, elle va directement à l’encontre d’un vote de l’Assemblée nationale, dont elle se fout visiblement. C’est grave, c’est du mépris », a affirmé le député des Yvelines également à l’AFP. « Dans cette affaire de mariage homosexuel, on est vraiment face à du prosélytisme catégoriel qui devient insupportable » a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première fois que la ministre se retrouve dans la ligne de mire de ces députés. En juillet 2010, lorsqu’elle évoque l’ouverture de salles de shoot pour les drogués dépendants, Jean-Paul Garraud publie une tribune sur son blog, priant la ministre de ne pas « se laisser aller ». Il a le soutien de Philippe Meunier et Jacques Myard, mais aussi celui de Brigitte Barèges et de Christian Vanneste. Car ces parlementaires sont également des figures de proue de La Droite populaire, un « collectif » de députés lancé en juillet 2010 après la raclée des régionales. Regroupant l’aile dure de la majorité, ils ont pour ambition de porter les valeurs de la « vraie droite ». Certains se rêvent d’ailleurs en « faucons » de Nicolas Sarkozy, sur le modèle de la garde rapprochée de l’ancien président des Etats-Unis George W. Bush. La charte du collectif place le patriotisme et surtout la sécurité – « première des libertés » – parmi leurs premières valeurs, avec l’école et la « gestion rigoureuse des deniers publics ».

« Sur les questions de société, je demande pour moi beaucoup de respect pour mes positions. J’ai le même respect pour les autres », a également affirmé Mme Bachelot au cours de l’émission. Revenant sur le vote du Pacs en 1999, elle a dit: « Ce que note avec intérêt, c’est que j’avais été seule au moment du Pacte civil de solidarité  Et que, aujourd’hui, les choses sont devenues beaucoup plus transversales. Et je note aussi que j’avais été l’objet d’attaques assez ignobles et violentes. Et que là, il y a vrai respect qui a gagné dans l’appréciation des positions des unes, des uns et des autres. » Roselyne Bachelot aurait-elle parlé un peu vite?

Regardez Roselyne Bachelot répondre aux questions des journalistes de Questions d’Info sur LCP/France Info/AFP (à partir de 17:35).

[Mise à jour 11:12] La ministre chargée de l’apprentissage, Nadine Morano, a apporté son soutien à Roselyne Bachelot ce matin sur France Info. « Elle n’était pas là pour prendre position sur un texte (…) mais pour exprimer son opinion personnelle », a-t-elle affirmé. Nadine Morano s’est dit favorable à « l’amélioration du Pacs et à sa signature en mairie », favorable aussi à la modification de l’art 365 du Code civil qui permettrait de « protéger les enfants de couples de même sexe ».

[Mise à jour 12:05] Le député UMP François Grosdidier dénonce à son tour l’initiative de ses collègues parlementaires, jugeant leur proposition « ridicule et choquante » dans une interview publiée ce matin par le Journal du Dimanche. « Roselyne Bachelot s’exprime en conscience, et elle en a tout à fait le droit, affirme le parlementaire. « Elle est en plus cohérente avec elle-même, puisque je crois me souvenir qu’elle était l’une, voire peut-être même la seule, parlementaire du RPR à avoir voté en faveur du Pacs. Nadine Morano, elle, a une position moins tranchée sur le sujet, et alors? », ajoute l’élu de Moselle. Rappelant à ses trois collègues que « la liberté d’expression vaut pour eux comme pour les autres », il évoque à leur sujet une « démonstration d’intolérance ».