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Associatif | Interview | Région | Société | 10.07.2011 - 10 h 42 | 26 COMMENTAIRES
Agression homophobe à Strasbourg: «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait»

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«Pourquoi moi», s’interroge Demir, «je ne comprends pas». Une semaine après son agression, le quadragénaire est encore sous le choc. Le 30 juin au matin, après avoir quitté son travail, lui et l’un de ses collègues retrouvent quelques amis autour d’un verre dans un bar flottant bien connu des Strasbourgeois. Vers 6 h, tous deux quittent la péniche et décident de rentrer. C’est en regagnant leur véhicule qu’ils sont pris à partie puis violemment agressés.

«BANDE DE TAPETTES, LOPETTES»
«Je me dirigeais vers l’Hôtel de ville lorsque trois personnes nous ont insulté: bande de tapettes, lopettes… Puis, deux d’entre elles m’ont attaqué dans le dos. Pourtant, ils étaient dans le même bar que nous», raconte Demir. « Mais on n’avait pas eu de soucis avec eux à l’intérieur, même pas un regard méchant», se souvient-il. «L’un tentait de m’étrangler et le second me frappait. Ça s’est passé tellement vite. Ils se sont acharnés sur moi, ils m’ont donné des coups à la tête et entre les jambes. Un des mecs m’a dit: T’en n’auras plus besoin, en parlant de mon entrejambe», affirme la victime. Un troisième individu s’en prend à son collègue. Ce dernier serait parvenu à se dégager et à prévenir des policiers qui patrouillaient non loin du lieu de l’agression. Dans la foulée, les secours sont contactés. «Ils ont continué à me rouer de coups. Je suis tombé et ma tête à cogné le sol. J’ai perdu connaissance», raconte Demir. Il se réveille à l’hôpital. «Je me souviens vaguement de mon réveil. J’étais dans le couloir, entouré de brancards, le pantalon plein de sang». Demir ajoute qu’il a attendu qu’on s’occupe de lui et qu’il est resté seul sans aide et sans calmants malgré la douleur. Alors, il est tout simplement parti de l’hôpital. De retour à son appartement, son colocataire rappelle les urgences. Cette fois, Demir est pris en charge. Mais une fois sur place, il dit avoir entendu une remarque raciste pendant qu’on l’examinait. «Ils m’ont renvoyé chez moi sans plus d’explications, avec la facture», lâche-t-il, amer, en brandissant sa quittance. Le lendemain, en parallèle de l’hôpital, Demir se rend chez son médecin qui lui délivre un arrêt de travail de 7 jours ainsi qu’un certificat médical faisant état d’un traumatisme crânien et de multiples ecchymoses.

«JE NE VEUX PAS ME CACHER»
Aujourd’hui, Demir dit avoir encore «mal au dos» et souffrir au niveau des organes génitaux. «J’ai mal et il m’arrive de saigner, il faut que je retourne chez mon médecin», confie-t-il. Il a porté plainte pour violences volontaires en réunion en raison de l’orientation sexuelle. Les agresseurs ont été identifiés puis laissés en liberté en attendant leur convocation. Il espère que SOS homophobie lui fournira un avocat et que les associations LGBT vont le soutenir. Il réclame simplement «la justice». «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait», lâche-t-il, les larmes aux yeux. Il dénonce l’intolérance qui perdure dans certains coins d’Alsace. Après son agression, Demir dit être resté «prostré» chez lui toute semaine. «Mais je ne veux pas me cacher», se défend-t-il, «j’ai accepté de parler à la radio et dans les journaux. Parce que j’ai le droit de m’exprimer».

Originaire de Turquie, Demir est fier de son parcours et ne se fait pas prier pour parler de l’histoire de sa famille. De son père, ébéniste, le premier de la famille à s’installer dans la région en 1969. «A l’époque, la France avait besoin de main-d’oeuvre», dit-il. Lui n’arrivera qu’à 12 ans. «Mon père voulait que je termine l’école primaire en Turquie». Il décrit les difficultés pour s’intégrer pendant son adolescence. Le racisme ordinaire des gens qui l’accusaient de «prendre leur pain» parce qu’il était «l’étranger». Mais surtout le sentiment d’être «doublement différent», d’abord en raison de sa nationalité puis de son orientation sexuelle. Comme une double peine. Le bac en poche, il passe son brevet de technicien supérieur de l’hôtellerie, se marie et devient même papa. Mais il finit par divorcer en 2000 après avoir fait son coming-out à sa famille. «C’était difficile mais ils ont fini par accepter. Mon copain de l’époque venait même à la maison». Ce qui n’est pas le cas de son petit ami actuel. «Quand il a lu l’article sur moi dans le journal, il a pleuré de peur que ses parents apprennent qu’il est homo. Moi, je n’ai rien à cacher. Dans la vie, il y a deux choses que je ne supporte pas: l’injustice et le mensonge. En Turquie, je peux tenir la main de mon copain sans problème, ça ne choque personne. En ville, les gens sont habitués à voir deux hommes ensemble». A son travail aussi, Demir assume son homosexualité. «Les gens sont au courant, je me sens parfaitement intégré».

LES ASSOCIATIONS LGBT DE STRASBOURG TIRENT LA SONNETTE D’ALARME»

Dans un communiqué publié jeudi 6 juillet, La Station, le centre LGBTI Strasbourg-Alsace qui ouvrira ses portes en septembre (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), «s’indigne une nouvelle fois face à une agression homophobe qui a eu lieu  fin juin à Strasbourg, à la sortie d’un bar sur l’eau qui n’a plus rien de sa réputation gay friendly». Evoquant au moins une autre agression près du bar en question, la Station tient à mettre en garde la communauté LGBT et les touristes de passage: «Les gens doivent savoir que cet établissement, s’il n’est en rien responsable des agressions perpétrées près de ses murs, n’est plus un lieu gay friendly», explique Jean-Philippe Restoueix, président de la future structure. «Le cas de Demir relève de la bêtise pure mais inquiétante. Il s’agit de trois mecs qui voulaient casser du pédé», avance-t-il, pointant «une recrudescence d’actes discriminants et violents» et «un manque de personnel aux urgences, empêchant une véritable prise en charge les victimes». La section locale de la Ligue des droits de l’Homme lui a emboîté le pas dès le lendemain en condamnant «avec force» une agression «visiblement homophobe». «L’homophobie est un fléau qui tend à se banaliser dans la société. Et la justice peine souvent à reconnaître le caractère homophobe d’une agression lorsqu’il est avéré. Nous souhaitons que ce cas soit une preuve d’exemplarité de la justice, et que les agresseurs soient sévèrement punis, comme ils le méritent», conclut l’association.

Photo ©Paul Denton

Associatif | Région | 28.04.2011 - 17 h 52 | 17 COMMENTAIRES
Strasbourg: flash mob féministe contre tartes flambées « sexistes »

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Des associations homosexuelles et féministes ont organisé un happening mercredi dernier pour protester contre la campagne de publicité d’une enseigne de tartes flambées.

Strasbourg, mercredi 20 avril, aux alentours de 19h. Alors que les bureaux se vident, la Grand’Rue de la capitale alsacienne se remplit de monde. Dans cette artère commerçante très prisée des étudiants et des touristes en goguette, le badaud aspire à profiter des derniers rayons de soleil printanier qui s’attardent dans les ruelles.

Soudain, une voix résonne dans un mégaphone. « Nous sommes en colère! Une fois de plus, la femme est jetée en pâture à travers une publicité! » Celle d’Irène Tabellion (ci-dessus, en chemise rouge, magazine en main), présidente de La Lune, une association locale de femmes homosexuelles, entourée d’une trentaine de militantes. L’objet de leur colère? La nouvelle campagne de publicité d’un restaurateur  de tartes flambées.

Une campagne d’un genre particuliers. Sur la photo, une femme dont on ne voit que le bas du corps, se cachant le sexe des deux mains, jambes ouvertes, cuisses serrées, petite culotte flashie (ornée de la coiffe alsacienne traditionnelle) baissée. Son slogan: « Le terroir alsacément plus sexy. » Irène Tabellion ne cache pas son indignation: « En tant que femme et féministe,  on ne peut pas laisser passer une telle publicité. Les femmes sont humiliées. Surtout pour du flammekueche [le nom alsacien de la tarte flambée, ndlr], un produit du terroir. Il faut qu’on m’explique où est le rapport avec une culotte. »

La publicité incriminée a inspiré la blogueuse féministe Ermeline. (via son blog Le féminin l'emporte)

VEILLES CULOTTES
D’autant que la publicité a été diffusée tout au long du mois d’avril par le magazine gratuit PiliPili (propriété du groupe TF1). Avec un tirage  mensuel annoncé de 80.000 exemplaires sur Strasbourg (autour de 40.000 selon l’association ODJ, qui mesure la véracité des chiffres de tirage annoncés par la Presse), cette campagne a bénéficié d’une importante visibilité. « C’est honteux, surtout quand on sait que les gratuits sont très lus, notamment par les jeunes », peste Irène Tabellion.

Pour ne rien arranger, le magazine annonce « sevice jusqu’à minuit » au lieu de « service ». Lapsus malheureux ou simple erreur de frappe? Les militantes s’interrogent. A l’instar de Lorraine, membre de l’association féministe Les Poupées en pantalon. Venue sur place « pour soutenir les actions de La Lune » avec ses camarades, elle pointe le « caractère  malsain » de la publicité. « Cette pub laisse la porte ouverte à toutes les interprétations, explique-t-elle. La femme a sa culotte baissée mais elle serre les cuisses, comme si elle n’était pas consentante. Encore une fois, la femme est instrumentalisée à des fins commerciales, c’est aberrant! » Pour manifester leur colère, les militantes ont réalisé une montagne de vieilles culottes devant le restaurant et sur les tables dont le set comporte aussi la photo incriminée.

FEMME OBJET
A l’intérieur du restaurant, le personnel fait mine de poursuivre ses activités comme si de rien n’était. Le gérant de l’enseigne, Olivier Lammert, refuse de s’exprimer devant la presse. Mais accepte finalement de s’expliquer pour Yagg. Selon lui, cette publicité est un « bon moyen » de communiquer sur le restaurant. « C’est rigolo et sexy, affirme-t-il. Cette pub joue sur le côté décalée. »

Les chiennes de garde se sont chargées de rétablir l'égalité des sexes. (via le blog Le féminin l'emporte)

Reste que pour les défenseurs des droits des femmes, cette publicité est le symbole de la banalisation de la femme objet. « On en est abreuvé à longueur de journée, regrette Irène Tabellion. C’est devenu  tellement courant. » Jean-Philippe Restoueix, président du futur Centre LGBTI de Strasbourg (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), rit jaune: « Le terroir, c’est la terre qu’on laboure. Bravo pour le symbole! Si c’était de l’humour, il fallait faire la même chose avec un homme qui baisse son caleçon. Là, peut-être qu’on aurait pu croire que cette pub débile n’est que du second degré. » Les chiennes de garde s’en sont chargées avant lui. A bon entendeur…

 

Associatif | Politique | Région | 08.04.2011 - 18 h 01 | 14 COMMENTAIRES
Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée

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Strasbourg, et donc l’Alsace, aura bientôt son centre LGBTI pour accueillir les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transgenres et intersexes. Un lieu d’écoute et de lutte contre les discriminations qui ouvrira ses portes en septembre.


« LES GENS VEULENT UN ENDROIT OÙ ON NE LES JUGERA PAS »
Au N° 7 de la rue des Écrivains, à Strasbourg, l’endroit est pour le moment inoccupé. Plus pour longtemps car le premier centre lesbien, gay, bisexuel, transgenre et intersexe d’Alsace y verra bientôt le jour. « Quelque chose de très important est en train de se passer », analyse Irène Tabellion avec émotion. Présidente de La Lune, une association de femmes homosexuelles à Strasbourg, elle sera également vice-présidente du futur centre LGBTI. Elle mesure aujourd’hui le chemin parcouru. Le projet court depuis 2007, lorsqu’une centaine de membres d’associations décide de se mobiliser. « On rencontre énormément de souffrances », témoigne-t-elle. Des vies brisées par les insultes ou les violences physiques. Comme « ces filles jetées de chez elles ou licenciées parce qu’elles sont gouines… Les gens veulent un endroit où on ne les jugera pas ».

La création de ce centre intervient en effet dans un climat trouble. « Il y a moins d’un mois, un homme s’est fait tabasser en plein centre-ville pour avoir embrassé un autre homme », rappellent les bénévoles. Ailleurs, ce sont des « cimetières profanés » et « des maisons qui sont brûlées parce que ceux qui y vivent ont une autre nationalité ». Référence à de récents incendies criminels visant la communauté franco-turque et à des profanations de stèles musulmanes et israélites. « Strasbourg, notre ville, l’Alsace, notre région, auraient-elles peur de la diversité », n’hésite pas à questionner Jean-Philippe Restoueaix, le futur président du centre.

MUTUALISER LES COMPÉTENCES

A droite, Jean-Philippe Restoueaix, président de la Station et Armand Berthomé, secrétaire. A gauche, Nicolas Variengien et Irène Tabellion, vice-présidents de la structure. (Photo © D.P.)

 

D’où le projet de créer une structure ouverte à toutes les personnes dont l’orientation sexuelle diffère de la norme hétérosexuelle. Baptisé sobrement la Station, le centre LGBTI Strasbourg Alsace est le fruit d’un intense travail de conciliation entre une quinzaine d’associations LGBTI. Pas si simple car ces groupes n’ont pas forcément les mêmes objectifs. « On est parfois des sales gosses, glisse Irène en souriant. Mais ce centre, on le voulait absolument. » Il a fallu également clarifier les missions de la structure: « Nous n’avons pas vocation à remplacer les associations existantes, indique Jean-Philippe Restoueaix, mais à mutualiser les compétences. Le but, c’est que chaque personne qui pousse la porte du centre reparte avec une réponse aux questions qu’elle se posait, que ce soit en matière de santé, de conseils juridiques et même de religion. » Par le biais des associations, la Station disposera d’un réseau étendu de juristes, de travailleurs sociaux et de praticiens de santé.

OUVERTURE SIX JOURS SUR SEPT, WEEK-END INCLUS

Le projet est soutenu par la municipalité socialiste au nom de l’égalité des droits. « Pour la Ville, c’est un engagement de campagne qui se concrétise, souligne Mathieu Cahn, adjoint au maire chargé notamment de la lutte contre les discriminations. Nous ne voulions pas d’un local au fin fond d’un faubourg mais au contraire d’un lieu ouvert sur la ville et ses habitants. C’est une question de visibilité mais aussi de dignité. » Un engagement qui devrait se traduire dans les faits par une première subvention de fonctionnement à hauteur de 40.000 euros. Le conseil municipal doit encore l’approuver d’ici la mi-avril. Une enveloppe qui permettra notamment d’engager un responsable administratif et une personne chargée de l’accueil du public.

La Station abritera également un bar associatif et d’une bibliothèque. Autant d’espaces qui permettront d’organiser des soirées d’information, des cafés-débats et un ciné-club. En attendant l’ouverture, reste à trouver le bon mode de fonctionnement pour assurer l’accueil, l’écoute et le cons

Associatif | Coup de gueule | Education | Région | Santé | 30.11.2010 - 18 h 25 | 20 COMMENTAIRES
Strasbourg: Rififi autour de la prévention à l’université

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Pas facile quand on est une jeune association de faire entendre sa voix sur les questions de prévention à l’université de Strasbourg. A fortiori quand on se revendique comme association LGBTI. Les membres de l’association alsacienne Over the Rainbow (OtR) viennent d’en faire l’expérience. Explications.

« Dire que l’université de Strasbourg ne fait rien pour la prévention du sida, c’est diffamatoire! ». La docteure Corinne Clarac, à la tête du Service universitaire de médecine préventive de Strasbourg (SUPMS), ne décolérait pas ce lundi, après avoir pris connaissance d’un communiqué de presse qui accuse l’université de Strasbourg de « censurer la prévention contre le sida ».

À l’origine de ce communiqué cinglant, une jeune association LGTBI alsacienne, Over the Rainbow (OtR). Revendiquant « une dizaine de membre » et « une cinquantaine de sympathisants », elle dit militer pour « les lesbiennes, gay, bisexuelles, transgenre, intersexe et/ou séropositives à VIH des campus et lycées d’Alsace ». Voilà plusieurs années que OtR cherche à obtenir l’aval de l’université de Strasbourg pour pouvoir tenir sa propre table de prévention lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida qui a lieu tous les 1er décembre. « Notre objectif, explique Lorraine Wiff, de OtR, est d’informer les étudiants et notamment LGTBI des risques d’une sexualité non protégée et des moyens de prévention qui sont à leur disposition ».

« FAIRE LES CHOSES DANS LES RÈGLES »
Cette année, l’association avait demandé à l’administration une autorisation pour poser sa table de prévention au centre de l’université. « Pour faire les choses dans les règles », dit Lorraine Wiff. Refus du directeur général de l’université Jean Déroche, qui considère alors que l’association n’a pas rempli les critères pour être autorisée à avoir son stand. Dans un premier mail, Jean Déroche écrit que « même si l’Université n’est nullement indifférente aux initiatives destinées à combattre la maladie, elle souhaite que celles-ci se fassent dans un cadre collectif et fassent simultanément intervenir plusieurs associations, accompagnées de professionnels ». Entre l’association OtR et le directeur général de l’université, un dialogue de sourd s’engage. Devant ce refus de l’administration, OtR passe à l’offensive et accuse officiellement l’université de Strasbourg de « censurer la prévention contre le sida » dans son communiqué de presse du 25 novembre dernier.

Au téléphone, la directrice du SUMPS, la docteure Corinne Clarac, s’insurge: « Tous les ans, nous organisons des consultations de dépistage non-stop. L’an dernier, 300 étudiants sont venus se faire dépister lors des deux semaines de prévention. » Elle réfute également toute homophobie dans son service: « Nous sommes une équipe de professionnels de santé, des médecins et des infirmières. Nous ne sommes pas homophobes! ». Toujours est-il que 24 heures après ce coup de téléphone, OtR a été reçue par la directrice du SUMPS.

« UN FAUX INCIDENT »
Aujourd’hui, agacé par ce qu’il appelle « un faux incident », le directeur général Jean Déroche minimise l’affaire et renvoie sèchement les membres de l’association à leur statut d’étudiants: « Ils [les membres de OtR, ndlr] sont de la maison et devraient connaître le SUMPS. Maintenant que les conditions sont remplies et sur les conseils du SUMPS, j’ai accordé à cette association l’autorisation de faire de la prévention sur le campus, mais assistée par des représentants du SUMPS ».

OtR a donc finalement obtenu gain de cause et annonce la bonne nouvelle dans son dernier communiqué de presse. L’association en profite pour annuler le rassemblement qu’elle avait prévu le 1er décembre pour protester contre la décision de l’université. « Brusquement et presque magiquement, nous remplissons soudain les conditions préalables », note l’association avec ironie. Tout en restant mobilisée face à ce qu’elle considère comme un revirement suspect: « Nous ne sommes pas dupes, nous savons pertinemment que c’est la pression et le soutien de nombreux-es étudiant-e-s et membres du personnel de l’université, d’associations locales et nationales, d’organisations syndicales et politiques, et le vif intérêt de la presse qui en 72 heures ont transformé une interdiction en autorisation ».

Pour la docteure Clarac en revanche, son service « fait le maximum », avec « les moyens qu’il obtient ». Car depuis la réforme des universités en 2008, les services universitaires de médecine préventive (il y en a un pour chaque université) ont reçu de nouvelles missions dont la prévention ne représente qu’une partie. « Par exemple, à Strasbourg, le pourcentage d’étudiants étrangers est le double de celui de la moyenne nationale, explique la directrice du SUMPS, ce qui pose un certain nombre de problèmes: certains arrivent démunis, d’autres ont du mal à s’adapter. Dans nos missions, on a des consultations médicales à assurer, mais on a aussi et surtout de la prévention. On est présent aux grandes dates connues: semaine de la sécurité routière, journée contre le sida… »

La docteure Clarac décrit surtout un service qui travaille au maximum de ses capacités: « Désormais, nous sommes également chargés de la prévention. Sachant qu’on a en moyenne seulement 2,3 médecins en équivalent temps plein et 5,4 infirmières, qu’on nous demande d’être ouverts de 8h30 à 17h30 en non-stop toute l’année, avec seulement six semaines de fermeture en été et deux à Noël… Nous sommes déjà centre de dépistage anonyme et gratuit toute l’année… Et nous entendons nous adresser à tous les étudiants ». Reste une question: pourquoi dans un premier temps avoir interdit à l’association de tenir son stand ? La docteure Clarac botte en touche: « On ne la connaissait pas. »

Pour OtR, ce cafouillage est surtout à chercher du côté de l’administration de l’université: « Ils n’en font pas assez. Il y a très peu d’affiches sur cette semaine de prévention. La page internet de l’université n’annonce même pas le dépistage ». Réponse de la docteure Clarac: « Il y a des affiches là où on peut en mettre et le dépistage est annoncé sur 12000 serviettes imprimées pour l’occasion et distribuées dans tous les resto U de Strasbourg. Le site internet du SUMPS annonce aussi l’événement. On aimerait en faire plus mais nos moyens sont limités. À un moment, conclut-elle en soupirant, on est coincé ».

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People | Région | 06.10.2010 - 13 h 17 | 0 COMMENTAIRES
Strasbourg: Sexion d’Assaut privé de concert par la Laiterie

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Hier, l’association Artefact PRL qui assure la programmation de la Laiterie à Strasbourg, a annoncé l’annulation du concert de Sexion d’Assaut.

Lefa, l'un des membres du groupe, avait déclaré être 100% homophobe lors d'une interview. (Photo - Document remis)

L’association rappelle dans un communiqué en ligne que le groupe avait déjà chanté à Strasbourg en juillet et que le concert était prévu depuis le printemps dernier mais que les propos d’un des membres du groupe au magazine  « International Hip Hop » étaient contraire à ses valeurs. « Nous avons pour habitude de rester calmes et professionnels face aux emballements et polémiques, conclut Artefact. En responsabilité, nous décidons donc aujourd’hui d’annuler ce concert. Le groupe Sexion d’Assaut ne nous a pas donné en effet les éléments permettant de lever les doutes sur son compte. »

ANNULATIONS EN SÉRIE

Artefact précise avoir pris sa décision « après avoir demandé à Sexion d’Assaut d’apporter une réponse appropriée sur la question, (…) de lui-même, directement et sans intermédiaire afin de lever toute ambiguïté ». Mais pour l’association organisatrice, le compte n’y est pas: « Nous n’avons pas à ce jour les éléments qui justifient à nos yeux plus longtemps la programmation de ce concert ». Des concerts du groupe ont déjà été annulés à Caen, Saint-Etienne, Marseille, Clermont-Ferrand, Angers et Guivapas, près de Brest.

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Associatif | Coup de gueule | People | Région | 02.10.2010 - 18 h 49 | 2 COMMENTAIRES
Strasbourg: la Ligue des droits de l’homme s’oppose à la venue de Sexion d’Assaut

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Dans un communiqué cinglant publié sur son site internet, la section strasbourgeoise de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) marque son opposition à la venue du groupe de rap «Sexion d’Assaut» le 20 octobre dans la cité européenne. Pour Yagg, la LDH a bien voulu préciser les raisons de son action.

Pourquoi s’opposer à la venue de ce groupe de rap: « Le groupe de rap français « Sexion d’Assaut », jusqu’ici très populaire chez les jeunes, est un groupe dangereux car il appelle à la haine de l’autre. En plus de propos ouvertement homophobes tenus dans une interview durant l’été, plusieurs de ses chansons contiennent des passages clairement haineux à l’encontre des homosexuels. Par exemple, dans «On t’a humilié», il est dit « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent! » Permettre la programmation d’un groupe qui tient des propos explicitement homophobes et appelant au meurtre et à la haine, revient à contribuer à la propagation d’une idéologie des plus dangereuses. Il est inacceptable qu’en France, et donc à Strasbourg, soient programmés en concert des groupes qui clament publiquement leur haine d’une catégorie d’individus, et qui promeuvent une idéologie violemment discriminatoire. »

S’opposer à un concert ne va-t-il pas à l’encontre de la liberté d’expression: « Il y a des limites à ne pas franchir. Lorsqu’un artiste appelle aussi explicitement à la haine d’une catégorie d’individus, il s’agit de tout faire pour que ces idées ne se propagent pas, surtout lorsque le public est principalement jeune. La liberté d’expression est essentielle, mais proférer de telles paroles dans une chanson, surtout lorsqu’on est un groupe si populaire, n’est pas tolérable. »

Quels moyens concrets comptez-vous mettre en œuvre pour vous y opposer sur Strasbourg: « Il revient à chacun, et notamment aux responsables de la Laiterie, où «Sexion d’Assaut» est programmé pour le 20 octobre, de prendre ses responsabilités et de veiller à ce que ne soient pas bafoués les principes et les lois de notre République. La section strasbourgeoise de la Ligue des Droits de l’Homme demande l’annulation de ce concert, et espère qu’une suite sera donnée à sa demande. »

Pour le moment, La Laiterie, la salle de musiques nouvelles de la ville de Strasbourg, n’a pas réagi à la demande de la LDH de Strasbourg.

Le groupe de rap dont le 2e album s’est hissé au top 10 des ventes avait provoqué l’indignation des associations LGTB après la révélation des propos tenus par Lefa, l’un de ses membres, au magazine « International Hip hop ». Il affirmait notamment : « Pendant un temps, on a beaucoup attaqué les homosexuels parce qu’on est homophobe à 100% et qu’on l’assume ». Manifestement, les excuses formulées cette semaine ne suffisent pas à éteindre la polémique.

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