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Un complément d'actualité LGBT
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International | Religion | Santé | Science | 05.06.2011 - 14 h 00 | 28 COMMENTAIRES
Un médecin catholique allemand prétend guérir l’homosexualité par l’homéopathie

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« L’homosexualité n’est pas une maladie », assure le le site de la « Bund katholischer Ärzte » ou BKÄ (Fédération allemande des médecins catholiques). Pourtant, cette organisation prétend venir en aide aux personnes « qui se sentent homosexuelles [et qui] se trouvent dans une situation de détresse spirituelle et psychique, et souffrent beaucoup. »

EX-GAYS ET PRO-VIE
L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé cette semaine les étranges remèdes de cette « fédération » basée au Sud de la Bavière pour venir à bout des « penchants » homosexuels de leurs « patients ». Afin de remettre les brebis égarées dans le droit chemin, le traitement consiste à prescrire des microdoses de platine, des séances de psychothérapie et de s’en remettre, bien entendu, aux « Saintes Ecritures. » Sur son site, l’organisation présente également le soit-disant témoignage d’un gay du Sud de l’Allemagne qui avance qu’il a « noté avec plaisir » qu’un « changement de tendance homosexuelle » est « tout à fait possible. »

Ce n’est certainement pas un hasard si la BKÄ fait partie du mouvement des ex-gays (voir Zoom sur: « Le succès des ex-gays » plus bas). Le responsable de l’organisation est un certain Dr Gero Winkelmann. Selon Der Spiegel, celui-ci s’est fait connaître au sein de la Ligue chrétienne, un groupuscule qui, jusque dans les années 1990, combattait le droit à l’avortement et au divorce, ainsi que la dépénalisation de l’homosexualité. Depuis, si le Dr Winkelmann semble privilégier les « médecines douces », il n’en reste pas moins très actif sur Internet. Le bon docteur a ouvert sa propre page web, laquelle propose des conférences sur « le droit à la vie ».

En réalité, un exposé pro-vie, calqué sur le discours radical des mouvements américains chrétiens-conservateurs. Au programme: les conséquences de l’avortement pour une mère et son enfant, un débat sur l’euthanasie, le clonage et la toxicité de la pilule. En prime, l’auditoire a droit à une vidéo du praticien participant à une veillée pro-vie à Vienne en 2009. Mais ce dernier se garde bien de préciser qu’il est également lié au mouvement pro-vie par le biais de « European Pro-Life Doctors », une association dont il n’est officiellement que le coordinateur pour l’Allemagne et qui, comme son nom l’indique, est destinée à rassembler les médecins anti-avortement de toute l’Europe.

« UNE OFFRE DANGEREUSE »
Les associations LGBT allemandes ne décolèrent pas. La « Lesben- und Schwulen Verband » (l’Association allemande des gays et des lesbiennes), la plus grande association homosexuelle outre-Rhin dénonce « Un traitement inefficace pour une maladie qui n’existe pas » ainsi qu’une « offre dangereuse » qui « instrumentalise les inquiétudes que peuvent avoir les jeunes bi et homosexuel-le-s ou leurs parents. »

Devant le tollé provoqué par son initiative, le Dr Winkelmann a fini par retirer les pages les plus polémiques du site. En raison, selon lui, des « médias [qui] ne publient que des reportages négatifs » mais surtout pour éviter que son association et les méthodes de traitement qu’elle propose ne soient « tournées en ridicule » (!). Reste que le médecin ne baisse pas les bras pour autant et pousse « ceux qui sont sérieusement intéressés par l’homéopathie » à le contacter. L’homosexualité a pourtant été définitivement rayée par l’Organisation Mondiale de la Santé de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990.

ZOOM SUR: LE SUCCÈS DES EX-GAYS

La Fédération des médecins catholiques fait partie du mouvement ex-gays. Né aux Etats-Unis dans les années 1970,  le mouvement des ex-gays connaît un certain succès aux Etats-Unis ces dix dernières années. Ses partisans affirment que l’homosexualité est une simple faiblesse humaine qui peut être surmontée. Mais ses théories sont rejetées par la grande majorité de la communauté scientifique.

[Mise à jour] L’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990 et non en 1993, comme je l’avais d’abord affirmé. Merci à la yaggeuse Ernestine pour sa vigilance.

Recherche | Santé | Science | 24.05.2011 - 17 h 11 | 48 COMMENTAIRES
Science: Attention, votre voix pourrait trahir votre orientation sexuelle!

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Des chercheurs américains affirment qu’il est possible d’identifier l’orientation sexuelle de son interlocuteurs rien qu’au son de sa voix. Pour quel résultat?

« Le menteur se gratte la base du nez et l’anxieux mordille son annulaire gauche ». On savait déjà qu’il fallait se méfier de ses moindres faits et gestes. Désormais, il faudra aussi surveiller sa voix. Des chercheurs de l’Ohio State University pensent avoir découvert par ce biais le moyen de différencier un homo d’un hétéro. Pour cela, nos chercheurs ont pris quatorze hommes, sept homos et sept hétéros, et les ont enregistré prononçant des mots anglais d’une syllabe composés d’une voyelle entre deux consonnes, tels que « sell » (vendre), « food » (nourriture) ou « mass » (masse). Les extraits ont ensuite été décomposés, et diffusés à un panel d’individus, lequel a dû dire s’ils étaient émis par un locuteur homo ou hétéro.

75% DE RÉPONSES EXACTES 
Les chercheurs ont obtenu 75% de réponses exactes, rien qu’à l’écoute des deux premiers sons du mot, la consonne initiale et la voyelle. « Il s’agit d’un phénomène qui se produit tous les jours», explique le professeur Erik C. Tracy, l’un des co-auteur de l’étude. Nous parlons constamment au téléphone avec des gens que nous ne connaissons pas, et c’est seulement à partir de cette conversation que nous pouvons être en mesure d’identifier ses caractéristiques personnelles […] leur sexe, l’âge, la race ou l’orientation sexuelle. Je ne suis pas certain à quelles voyelles réagissent les écoutants, avoue le professeur Tracy. D’autres recherches ont été menés sur les variations acoustiques pour comprendre pourquoi les homosexuels et les hétérosexuels produisent les voyelles différemment. Quelle que soit cette différence, il semble que les écoutants utilisent l’information acoustique contenue dans les voyelles pour rendre leur décision sur l’orientation sexuelle », conclue-t-il. Les résultats ont été présentés hier à Seattle lors de la réunion de l’Acoustical Society of America. Des experts cités par le site HealthDay soulignent néanmoins que « la recherche présentée lors de réunions par le professeur Erik C. Tracy n’a pas été soumis au même type d’examens rigoureux accordés aux recherches publiés dans des revues médicales. »

CARACTÉRISTIQUES COMMUNES
Cette étude vient s’ajouter à d’autres travaux menés aux Etats-Unis, au Canada mais aussi en Europe où plusieurs chercheurs travaillent à identifier d’autres types de caractéristiques communes aux homosexuels. Ainsi, certaines études tentent de démontrer que les homosexuels ont plus de grands frères que les hétéros. D’autres, qu’être gaucher accroît la probabilité qu’on homme soit gay de 34%, et qu’une femme soit lesbienne de 90% (la majorité des gays restant droitiers). Le même chercheur canadien qui travaillait sur la question des grands frères a utilisé les données récoltées par le sexologue Alfred Kinsey entre 1930 et 1960 pour affirmer que les homos auraient en moyenne un plus grand pénis que les hétéros. Avec une réserve – de taille (!) – toutefois: Kinsley avait demandé aux 5000 hommes participant à l’étude de se mesurer et d’envoyer eux-mêmes leurs résultats. Autant pour leur fiabilité.

Ces études ont d’abord reçu un à priori positif des mouvements LGBT américains, comme le souligne David France dans un article intitulé « The Science of Gaydar » (la science du radar gay) publié par New York Magazine en 2007. Selon le journaliste, elles permettaient d’expliquer l’homosexualité  autrement que par l’environnement familial (mère abusive et père absent). Pour autant, les recherches qui sont menées actuellement se concentrent sur l’inné et le système hormonal de la femme. Mais ces travaux pourraient également comporter des risques, souligne David France. Car si l’on arrive à isoler des réactions hormonales dans l’utérus – à l’origine de l’orientation sexuelle – on peut imaginer que l’on pourra, par des manipulations prénatales, chercher à « corriger » les grossesses. Pourquoi en effet ne pas chercher à s’assurer de naissances exclusivement hétérosexuelles? La droite chrétienne a déjà exprimé son espoir d’en arriver à ce cas de figure. Albert Mohler, professeur de théologie et évangéliste américain, explique sur son blog que, s’il est opposé à l’avortement d’embryons dont on a identifié l’orientation sexuelle, « il faut soutenir avec conviction le recours à tous les moyens appropriés permettant d’éviter la tentation sexuelle et les conséquences inévitables du péché. » (via Rue89)