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Un complément d'actualité LGBT
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Education | International | Politique | 26.07.2011 - 10 h 19 | 15 COMMENTAIRES
Quand «le tueur d’Oslo» était prêt à se faire passer pour gay pour mener à terme ses projets

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Depuis samedi, son visage banal – presque poupin – et ses cheveux blonds passent en boucle sur nos écrans. Anders Behring Breivik, un Norvégien de 32 ans, a finalement admis hier être l’auteur du massacre d’Utoya et de l’attentat d’Oslo qui ont coûté la vie à 76 personnes (selon un dernier bilan encore provisoire). Mais avant de passer à l’acte, celui que la presse a déjà surnommé «le tueur d’Oslo» avait rédigé un manifeste de plus de 1500 pages dans lequel il livrait son idéologie. Mais aussi des méthodes de dissimulation pour éviter de se faire repérer. Parmi lesquelles l’homosexualité.

«DIS QUE TU PENSES ÊTRE GAY»
Dans son combat contre ce qu’il appelle le «marxisme culturel», Breivik consacre en effet aux homos de nombreux passages de son «manifeste». Le site allemand Queer.de révèle que le terroriste de 32 ans porte un regard ambivalent sur les homosexuels. Ainsi, s’il se défend d’être homophobe, rappelant que les gays et lesbiennes font partie des cibles de l’«hégémonie» islamique  qu’il prétend combattre, il explique plus loin qu’il ne faut pas hésiter à se faire passer pour un gay pour susciter l’empathie des gens.

«Dis que tu penses être gay, écrit-il, et que tu découvres ton nouveau moi et que tu ne veux plus parler de cette question. Dis leur que tu en as honte et tu ne veux pas plus parler de ce sujet. Fais leur jurer de ne le dire à personne! (ton égo peut en souffrir, à moins que tu sois certain de ton hétérosexualité, parce qu’ils croiront vraiment que tu es gay mais c’est une stratégie extrêmement efficace pour arrêter les questions et empêcher les gens de creuser dans ta vie quand tu ne le veux pas.»

LE PARFAIT ALIBI
Sur le modèle des discours chrétiens-conservateurs américains, Anders Behring Breivik se déclare également en faveur du mariage traditionnel, prône une éducation conservatrice et une limitation des divorces. Dans la même veine, il dénonce dans plusieurs paragraphes les revendications LGBT et féministes, coupables à ses yeux de mettre en danger la civilisation chrétienne et de «discriminer les hétérosexuels» (!). «Par ailleurs, avance-t-il, c’est seulement parce que la compréhension traditionnelle du mariage a déjà été gravement compromise que les homosexuels peuvent désormais y prétendre. Les gays ne veulent pas du mariage dans le moule traditionnel (la version des années 1950), seule la version édulcorée qui en existe aujourd’hui les intéresse.»

Tout en critiquant les mouvements LGBT, il pense qu’il y a beaucoup à apprendre de leurs méthodes. D’après lui, si les homos sont parvenus à imposer leur message politique depuis une vingtaine d’années, c’est parce qu’il se sont posés en «victimes». Une «stratégie très efficace» qui, selon lui, fait de l’homosexualité le parfait alibi pour ne pas éveiller les soupçons. Dans son manifeste, il conseille par exemple d’acheter une voiture de marque Hyundai, «parce que c’est très gay». Il confie aussi se maquiller avant de se photographier car «ça peut sembler gay, explique-t-il, mais plus on est attirant, mieux le message passe.»

Samedi dernier, Anders Behring Breivik a mis en œuvre ses méthodes de dissimulation sur l’île d’Utoya. Déguisé en policier, il s’est joint à un rassemblement de jeunes partisans du Parti travailliste au pouvoir. Puis, sous prétexte de les protéger après l’attentat d’Oslo, il a ouvert le feu sur les participants, tuant au moins 68 personnes selon la police, avant d’être arrêté par les forces de l’ordre une heure plus tard.

Photomontage Paul Denton

Politique | Religion | Science | 03.06.2011 - 15 h 46 | 39 COMMENTAIRES
Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée

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Dans une lettre ouverte au ministre de l’Education nationale Luc Chatel publiée lundi 31 mai sur le site du Parti Chrétien-Démocrate dont elle est la présidente, Christine Boutin tire à boulet rouge contre l’enseignement obligatoire de « la théorie du genre » également appelée « gender studies » (voir « Zoom sur les genders studies » plus bas) dans certains programmes au lycée.

De quoi s’agit-il? Concrètement, la théorie du genre, ainsi que d’autres informations sur la sexualité, la procréation médicalement assistée et la contraception font leur entrée dans des manuels de SVT (Sciences et Vie de la Terre), qui seront disponibles à la rentrée 2011 pour les classes de Première. Le manuel Bordas indique par exemple que: « Si dans un groupe social, il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels. »

C’est l’enseignement catholique qui s’émeut en premier de ces nouveaux programmes. Par la voix de Claude Berruer, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique, qui envoie un courrier à ses directeurs diocésains le 27 mai dernier, afin d’attirer leur attention sur ces contenus innovants et dénoncer les aspects qui semblent contraire aux principes chers à l’enseignement catholique. « La théorie du genre se diffuse dans notre environnement, il est assurément indispensable d’ouvrir un débat avec les lycéens sur cette question ». On a déjà vu – et entendu – pire de la part de catholiques notamment au sujet du Pacs ou du droit à l’avortement. Mais Christine Boutin, qui a fait de la lutte contre les droits et la visibilité LGBT son cheval de bataille, depuis le vote du pacs en 1999, voit rouge. Et reprend sa plume pour réaffirmer ses positions ultra-conservatrices sur les sujets de société. On se souvient qu’elle avait déjà écrit à Luc Chatel en 2010 pour lui demander d’interdire la diffusion du film Le baiser de la lune, qui visait à sensibiliser à l’homosexualité les enfants de CM1/CM2 (lire Christine Boutin écrit à Luc Chatel pour demander l’interdiction du « Baiser de la Lune »).

« NOUS NE POUVONS ACCEPTER QUE L’ÉCOLE
DEVIENNE UN LIEU DE PROPAGANDE »

« Comment cela est-il possible? Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences, s’indigne Christine Boutin. Comment peut-on présenter dans un manuel, qui se veut scientifique, une idéologie qui consiste à nier la réalité: l’altérité sexuelle de l’homme et la femme ? […] Monsieur le Ministre, nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la « normalité » que le peuple français ne partage pas. » Et de rappeler avec une subtilité toute relative à Luc Chatel que 2012 approche: « Je ne manquerai pas de me faire l’écho de votre position sur ce sujet capital : vous conviendrez que celle-ci aura une influence déterminante sur les choix que les citoyens français seront amenés à poser lors des scrutins qui s’annoncent dans quelques mois. »

« UNE ATTAQUE EN RÈGLE
CONTRE LA LOI MORALE NATURELLE »

Dans son combat en faveur de la « liberté de conscience des familles et de la responsabilité des parents en matière d’éducation affective et sexuelle de leurs enfants », la présidente du Parti Chrétien-Démocrate n’est pas isolée. Elle peut également compter sur le soutien de la cathosphère. Car la pasionaria des anti-Pacs est devenue la madone des chrétiens-conservateurs 2.0 qui n’hésitent pas à justifier leur rhétorique homophobe en brandissant la liberté d’expression. Ainsi, le site réactionnaire libertepolitique.com prétend que « les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle » (!). « Une fois inculquée aux élèves cette idée que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle (!) vers l’autre sexe », s’insurge la revue catholique. Le site Veille-Education, site de l’actualité sur l’école « dans une perspective chrétienne » n’est pas en reste et dénonce « un glissement idéologique […] résultats de puissants lobbies ». Alors que Bruno Gollnisch, ancien candidat à la présidence du FN et député européen évoque, sans rire sur son blog, « une offensive contre la civilisation européenne »: « Les promoteurs du gender n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat, poursuit-il. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. »

Du côté de l’Education nationale, on cherche manifestement à calmer le jeu. Le directeur de l’enseignement scolaire Jean-Michel Blanquer explique mercredi 1er juin au Figaro que « les programmes font le point sur des connaissances scientifiques clairement établies » et qu’ « il ne s’agit pas de favoriser telle ou telle théorie sociologique particulière ». « S’il y a une extrapolation de certains manuels, dit-il, ce n’est pas de la responsabilité du ministère ». « Les établissements et les professeurs sont libres dans leur choix d’ouvrages. Cela dit, souligne-t-il, le fait qu’il y ait une dimension biologique et sociale du sexe est établie depuis longtemps. » Dommage que Luc Chatel n’ait pas pris la peine de faire passer le message à Christine Boutin. Mais sur cette question, le ministre de l’Education nationale, comme son service de presse, est aux abonnés absents.

ZOOM SUR: LES « GENDERS STUDIES »

Les « Genders studies » ou théorie du genre utilisent la notion de genre, par opposition au sexe biologique, pour faire référence aux constructions sociales du féminin et du masculin. Popularisée par Judith Butler, cette théorie est étudiée dans de nombreuses universités américaines qui financent des département consacrés à ce sujet. En France, les « gender studies » sont enseignées notamment à Sciences Po. Cette année, l’établissement a rendu ce cours obligatoire pour tous les cursus.

Photo Extrait du manuel de SVT, éd. Bordas, 2011.

International | People | Politique | Religion | 10.03.2011 - 08 h 35 | 22 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Pour son anniversaire, Chuck Norris joue de la gâchette contre l’« endoctrinement homosexuel »

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Dans un tribune publiée sur un site conservateur, le héros de la série « Walker Texas Rangers » se fait le chantre des chrétiens conservateurs contre le « libéralisme » qui prévaudrait dans les université américaines et défend notamment le droit des étudiants américains à s’opposer à l’homosexualité.


DES ÉTUDIANTS SOUS INFLUENCE?
L’acteur Chuck Norris, qui fête aujourd’hui son 71ème anniversaire, est plus connu en France pour son jeu de karatéka et son étoile de Ranger que pour ses combats politiques. Pourtant, la tribune qu’il a publié sur le site d’information conservateur World Net Daily lundi dernier vaut le détour. Intitulée « Les écoles publiques américaines: Un endoctrinement progressif », elle affirme que les établissements publics seraient aux mains de « militants de gauche » qui influenceraient les étudiants. Statistiques à l’appui, Chuck Norris tente de prouver qu’une majorité d’enseignants a des opinions politiques « libérales » et soutient les démocrates.

Pour étayer ses propos, l’acteur cite également un extrait de « L’université américaine en chute libre ». L’ouvrage, écrit par un certain Docteur Jim Nelson Black du « Sentinel Research Associates » a été édité en 2004 par la très chrétienne maison d’édition « Thomas Nelson ». On apprend entre autres choses que le milieu académique, c’est-à-dire les professeurs, « entraine les étudiants à dédaigner l’Amérique, à avoir librement des expériences sexuelles, à défendre avec force des questions comme l’avortement et l’homosexualité, ainsi qu’à devenir des défenseurs du politiquement correct, du relativisme, de la mondialisation, des programmes verts et de la tolérance pour tous. » Bref, l’antéchrist pour ce militant chrétien et conservateur.

UN CHRÉTIEN-CONSERVATEUR A HOLLYWOOD

Car dans un Hollywood réputé acquis à la cause démocrate, Chuck Norris est l’un des rares acteurs à se déclarer conservateur. En tant que tel, il est favorable à la libre-circulation des armes à feu – il en vend d’ailleurs à son nom via son site internet – mais comme chrétien, il est farouchement opposé à l’égalité des droits pour les couples de même sexe. En 2008, on l’a vu s’engager publiquement en faveur de la tristement célèbre proposition 8 qui a refermé l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Il a ensuite critiqué « l’ingérence » des militants LGBT dans le scrutin et les a accusé d’être « anti-démocratiques » lorsque ces derniers ont contesté le référendum.

L’acteur fait aussi référence au vif débat qui tourne autour de projets de loi anti-harcèlement. En effet, suite à une série de suicides chez les jeunes gays américains (lire Le suicide de cinq jeunes homos bouleverse l’Amérique), plusieurs Etats voudraient se doter d’une législation qui réprimerait le harcèlement des jeunes LGBT. Mais pour les militants chrétiens-conservateurs, dont Chuck Norris se fait le zélé représentant, il ne s’agit que d’une tentative des « lobbies gays » d’imposer leur « style de vie ».

« GUERRE DE LA CULTURE »
C’est ce qu’affirme l’un des plus importants lobby chrétien-conservateur américain « Focus on the family » qui fait de la lutte contre les projets de lois anti-harcèlement son cheval de bataille au motif qu’une législation visant à protéger les étudiants victimes de harcèlement pourrait aboutir à une répression des chrétiens. « Les militants homosexuels savent qu’ils ont gagné la guerre de la culture s’ils peuvent capturer le coeur et l’esprit de la prochaine génération », prévient Candi Cushman (ci-contre), de Focus on the family. (Par « guerre de la culture », les conservateurs désignent un conflit entre eux et les libéraux sur des questions de société comme l’avortement, la créationnisme, et le mariage entre personnes du même sexe, ndlr). Un comble, alors que de nombreuses études tendent à démontrer que le harcèlement des étudiants gays et lesbiens est un phénomène de masse, qu’un adolescent homosexuel sur quatre serait harcelé physiquement, et que les jeunes LGBT seraient en moyenne quatre fois plus susceptibles de tenter de suicider que leurs camarades hétérosexuels. « Plutôt que d’encourager la libre-pensée, conclut l’acteur qui voulait devenir le premier président du Texas en 2009, le système universitaire américain est devenu un système d’endoctrinement. » On croit rêver.

Coup de gueule | International | Religion | 05.02.2011 - 06 h 39 | 31 COMMENTAIRES
Des théologiens réclament l’acceptation des couples homosexuels dans l’Eglise

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Plus de 140 théologiens catholiques allemands, autrichiens et suisses ont appelé à une réforme de fond de l’Eglise de Rome qui accepterait les couples homosexuels en son sein, rapporte vendredi le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.


C’est un pavé dans la mare ou plutôt… dans les bénitiers. Plus de 140 théologiens catholiques allemands, autrichiens et suisses ont appelé à une réforme de fond de l’Église de Rome qui accepterait notamment les couples homosexuels en son sein, rapporte vendredi le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. A l’origine de ce texte, la « crise sans précédent » que traverse l’Église catholique depuis qu’a éclaté en son sein une série de scandales d’abus sexuels perpétrés par des prêtres. « L’an dernier a vu un nombre sans précédent de fidèles quitter l’église catholique. 2011 doit être l’année d’un nouveau départ pour l’Église », soulignent les 143 théologiens, pour la plupart enseignants dans des universités germanophones.

« UN RENOUVEAU INDISPENSABLE »
La pétition, qui s’intitule, « Église 2011 : un renouveau indispensable », appelle à la fin du « rigorisme moral » de l’Église. En ce qui concerne l’homosexualité notamment: l’Église ne doit plus rejeter « ceux qui partagent amour, fidélité et peines réciproques au sein d’un partenariat de même sexe, ou ceux divorcés qui décident de mener une vie responsable au sein d’un nouveau mariage », affirme ses signataires. Outre l’acceptation des couples homosexuels, les pétitionnaires réclament la participation des fidèles aux nominations des évêques ainsi que l’ordination de femmes au sein de l’Église et la fin du célibat des prêtres. « L’Église a besoin de prêtres mariés et de femmes pour occuper les postes de l’église », écrivent-ils à propos des conditions d’ordination des prêtres. « Les tumultes que peuvent susciter un dialogue ouvert, sans tabous, ne sont pas nécessairement bien perçus, surtout à la veille de la visite d’un pape, conclut le texte. Mais l’autre solution, le silence de mort, ne peut être acceptable car il réduit à néant les derniers espoirs ».

« UN SIGNAL POSITIF MAIS… »

La réponse de l’Église ne s’est pas fait attendre. Le soir-même, Radio-Vatican, « La voix du pape et de l’Église à travers le monde », s’est fait l’écho de la pétition des 143 théologiens à travers cette réponse de la Conférence des évêques allemands aux pétitionnaires: « Dans leur réponse, les évêques estiment que cette démarche est un signal positif car elle démontre le désir des signataires d’offrir leur contribution au dialogue sur l’avenir de la foi et de l’Église en Allemagne (…) Mais, ajoute le communiqué, ils constatent que certaines demandes, déjà fréquemment débattues, vont à l’encontre de convictions théologiques et de définitions ecclésiales fortement contraignantes et que des éclaircissements urgents s’imposent ». Une réponse qui sonne autant comme un appel à la prudence que comme une mise en garde toute en douceur. Pour le moment.

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International | Religion | 12.01.2011 - 15 h 13 | 18 COMMENTAIRES
Inondations en Australie: la faute à «l’infâme mardi gras homosexuel»

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C’est du moins ce que proclame une Église américaine. Pour la Philadelphia Church of God (PCG), les inondations qui frappent l’Australie ont un caractère prophétique.

Une partie de l’Australie a les pieds dans l’eau. Depuis fin décembre 2010, le nord-est du pays est en proie à des inondations majeures. Ces dernières seraient les plus graves qu’ait jamais connu l’Australie. Conséquences: plus de 250 000 personnes sont touchées et une quarantaine de villes sont complètement inondées. Plus grave, le bilan officiel fait état de 25 morts mais on est toujours sans nouvelles de 80 disparus. Les médias nationaux parlent de «désastre» et titrent volontiers sur la dimension «biblique» de la catastrophe.
VENGEANCE DIVINE
C’est dans ce contexte dramatique que la Philadelphia Church of God (PCG), une Eglise américaine, accuse les LGBT australiens et plus particulièrement le Mardi gras gay et lesbien de Sydney d’être à l’origine des inondations. Par le biais de son magazine en ligne The Trumpet, la PCG explique que «Dieu a dit de cette nation rebelle qui accueille l’infâme défilé homosexuel de Mardi gras: Leur vin est pire que celui de Sodome et des champs de Gomorrhe, précise l’article, – à moi appartient la vengeance et la récompense car le jour de leur calamité est proche». En se basant sur des passages du Deutéronome, l’Eglise prophétise que le désastre «ne sera pas le dernier à frapper à court terme les nations anglosaxonnes», coupables à ses yeux de s’être éloignées du message divin.
Le Mardi gras gay et lesbien de Sydney a été créé en 1978 suite aux émeutes de Stonewall à New-York. Par solidarité pour les LGBT américains et en réaction aux violences policières. En 2009, elle a attiré environ 300 000 personnes pour sa 31è édition. Sur son site, la manifestation festive se dit ouverte aussi bien aux homos qu’aux hétéros.
Enquête | International | Politique | Religion | 27.02.2010 - 00 h 02 | 0 COMMENTAIRES
Arabie Saoudite: « Chez nous, les homosexuels sont jetés du haut des immeubles »

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Depuis quelques années, le débat sur le voile a pris de l’ampleur en France. Je voudrais témoigner sur ce que j’ai vu et entendu au Royaume-Unis à son propos et ouvrir le débat sur la situation en France.

Par un beau mois de mai, je me suis retrouvé à Cardiff, capitale du Pays de Galles, pour effectuer un stage linguistique. Cardiff est une ville portuaire multi-tout par excellence: multi-culturelle-ethnique-religieuse-générationnelle, etc…

Ici, les turbans sikhs côtoient les voiles. Les voiles frôlent les jupes très courtes des étudiantes. Les voiles, ce sont les Hijab, niqab, tchador et autres burqa* qui sont permis et dont les femmes se parent pour déambuler dans les rue, faire du lèche-vitrine, ou promener les enfants en poussette. La vie, quoi. Les silhouettes semblent se croiser sans jamais se mélanger.

«On leur a donné beaucoup trop de liberté»

Me suis-je senti mal à l’aise? Pas du tout. Mais ce n’est pas ma terre et je n’étais là-bas que pour peu de temps. Je n’ai pas pu discuter avec ces Galloises toutes de noir vêtues. Par contre, j’ai discuté avec des professeurs de mon école de langue et des Gallois* de tous âges. Beaucoup sont choqués au quotidien. Le constat est unanime. Cette manière d’étaler sa religiosité heurte et choque ceux que j’ai rencontré. Certains me disent même: «On leur a donné beaucoup trop de liberté». Avec toute la somme de peur et de rejet que comporte une telle condamnation.

Un étudiant saoudien: «Profiter de la vie à l’occidentale»

Dans le cadre des cours, j’ai conversé avec des Saoudiens*. Je suis très étonné: les hommes sont vêtus de jeans ultra-moulant avec des strass ou parfois de costumes très coûteux. Ils sont beaux, les cheveux soignés et les ongles manicurés. Ce n’est pas la « lie du peuple ». Contrairement aux Saoudiennes de l’école, ils ne pas tous mariés. Ils viennent ici pour apprendre l’anglais  mais aussi pour «profiter de la vie à l’occidentale». Nous parlons de filles (beaucoup). Ils enchainent les conquêtes dans les boites de nuit le soir… Pour eux, c’est Disneyland. Mais en même temps, ils critiquent vertement «la décadence de l’Occident».

J’ai aussi rencontré des Saoudiennes intégralement voilées (on ne voyait que leurs yeux de biche). Les Saoudiens hommes et femmes n’ont jamais cours ensemble. En tant qu’étranger, j’ai eu le privilège de discuter avec plusieurs Saoudiennes. Elles acceptent de me parler, à moi, homme qui ne fait pas partie de leur famille et qui n’est même pas musulman. Il y a là Juju, Fatimah et Noor. Elles apprennent l’anglais car leurs maris sont «progressistes». A Cardiff, elles vivent avec de la famille. Je n’obtiens pas leur âge. «Par coquetterie». Mais elles semblent jeunes. La vingtaine, peut-être moins. La discussion s’oriente rapidement sur nos cultures respectives.

Le mariage

En Arabie saoudite, on vit entre personnes du même clan. Le clan familial est constitué de centaines de personnes. Au-delà du clan, il y a la tribu c’est-à-dire des centaines de milliers de Saoudiens, unis par un système coutumier qui remonte au tribalisme du désert. Impossible de se marier hors du clan familial. Ce sera forcément une fille ou un garçon de la « famille ».

Les filles peuvent être mariées de 9 à 19 ans et les hommes de 24 à 35 ans (dernier carat). Après, on n’est plus considéré comme «frais». On se jauge lors de rencontres ou de fêtes forcément familiales, on en parle à ses parents (plutôt à sa mère), le père en parle à l’homme en question, et une rencontre préalable est organisée. Pendant cette rencontre la fille se dévoile. Si les deux parties tombent d’accord le mariage est conclu. Le plus souvent, la décision est prise en une heure. Rapide certes mais il ne faut pas oublier que les deux tourtereaux se sont «rencontrés»

Le voile

Si l’homme ne leur plait pas, elles pleurent beaucoup, me confie Juju. En général, les parents n’ont pas intérêt à ce que le mariage tourne à l’aigre. Pas de mariage forcé, donc, mais un encadrement très rigide.

Fatimah embraye sur la question du voile. «Une femme n’est pas obligée de porter le hijab». Juju soupire. Noor fait mine de regarder ses messages sur son téléphone portable. Elles sont assez réservées sur la question. De ce que j’ai pu en comprendre, le hijab est culturel, et si elles ne le portent pas… En fait elles ne peuvent que le porter. C’est intégré. Fin de la discussion. Pour Fatimah et Noor, c’est même une question de mode. Par contre, «A cinquante ans, la femme peut se dévoiler car la beauté s’est retirée». Charmant.

«La femme est plus fragile que l’homme»

Une femme peut-elle vivre seule? Et bien non car «une femme a besoin d’être protégée, c’est comme ça, la femme est plus fragile que l’homme». Mais une femme divorcée par exemple, comment fait-elle? Elle retourne au sein de sa famille, chez ses parents, ou chez des parents plus ou moins éloignés. «On ne vit pas seule quand on est une femme, ce n’est pas convenable».

Que pensent ces dames de la femme occidentale? «C’est choquant», souligne Juju. «Pour nous, sortir sans le hijab, c’est un manque de respect envers soi et les autres hommes». Je leur raconte que ma grande soeur qui vit hors mariage depuis sept ans a accouché d’un petit garçon le mois dernier. Elles ouvrent de grands yeux. Dans leur pays, c’est «im-po-ssibl e» me jurent-elles. « Les femmes qui ont ce comportement sont des prostituées! Les relations sexuelles hors mariage sont interdites, c’est la honte pour la famille!». Je prie mentalement ma soeur de m’excuser.

« L’homosexualité, c’est un acte contre-nature »

En cours, le professeur parle du «mariage gay». En Angleterre, les partenaires du même sexe peuvent s’unir civilement depuis 2005. Je suis assis entre Juju et Carla (une journaliste vénézuélienne). Les Saoudiennes sont outrées: «C’est un acte contre-nature! Chez nous, les homosexuels sont jetés du haut des immeubles, ça montre l’exemple aux autres!». C’est dit d’un ton mécanique et sans émotion apparente. Carla a des sanglots dans la voix: «C’est abominable, en quoi est-ce un crime?». Pas de réponse. Manifestement, le sujet gêne. «Que faites-vous lorsque vous voyez deux hommes s’embrasser à Cardiff?». Toujours pas de réponse. Je sors pour prendre l’air. J’étouffe.

Les Saoudiennes que j’ai rencontré se disent «progressistes». Elles le sont à leur manière. Représentent-elles le point de vue de l’élite ou de l’ensemble de la population? Ou tout simplement elles-mêmes? Je ne sais.

Rencontre du troisième type

En revanche, je sais que cette expérience a été très importante pour moi. J’ai pu constater que ce n’était pas un mur qui séparaient les Occidentaux des Saoudiens mais un océan d’incompréhension. Nous ne vivons pas dans le même monde.

Leur religion, leur culture et leurs traditions prennent une place prépondérante dans leur vie. Rencontre du troisième type entre un occidental qui vit dans une société sécularisée et des femmes qui se construisent par rapport à leurs coutumes religieuses. Elles ont essayé de me dépeindre une Arabie saoudite idéale et vertueuse. «Peu de divorces, de crimes, et de pornographie». Mais il est rarement question de religion ou de foi dans ce que ces femmes m’ont raconté. Elles n’ont que les mots «Tradition, culture, honte, et honneur» à la bouche.

Unies dans leur soumission à Dieu

Aux antipodes de nos Droits de l’Homme qui définissent l’humain comme un individu, leur religion les consacrent comme membres d’une même famille, unies dans leur soumission à Dieu. Le droit à la dignité est conditionné par le respect «des bonnes croyances» (dixit Juju) sous-entendu la charia (la loi divine).

C’est cet argument qui permet à l’Arabie saoudite mais également à l’Egypte, à l’Algérie ou à l’Iran pour ne citer que ces quatre pays de persécuter des « homosexuels ».

L’homme « naturellement impur »

En tant qu’homme, ce qui me gêne profondément, c’est que ces voilées intégrales partent du postulat que je suis «naturellement impur». Comme si l’homme n’était pas capable de maîtriser ses instincts si la femme ne portait pas ce bout de tissu. D’ailleurs, pour Noor, qui dissimule sous son apparente modernité une vision archaïque des rapports hommes-femmes, «Les hommes ne pensent qu’à ça».

En France

Je ne sais pas ce que revendiquent ces femmes qui veulent porter le hijab (ou la burqa)  en France mais je crois que le débat qui a lieu actuellement est salutaire car en dépit de tous les points de vue parfois extrêmes (ou «extrémistes») qui s’affrontent, il permet de libérer la parole. Je ne suis pas en faveur de son port dans notre pays car je ne pense pas que ce soit compatible avec «notre» mode de vie mais je ne peux me résoudre à ce qu’il soit interdit. L’islam est la deuxième religion de France. La question est délicate. Au combien.

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*Les Gallois sont les habitants du Pays de Galles. Ne dites jamais à un Gallois qu’il est Anglais, il va se vexer. Les Gallois parlent de l’Angleterre en disant «That place» (littéralement «l’endroit») d’un ton péjoratif qui ne laisse pas de place au doute quant à leur sentiment sur les Anglais («coldfish», poisson-froid, peut se traduire par «distant» ou «indifférent»)

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*Le Royaume d’Arabie saoudite, est le plus grand des pays de la péninsule d’Arabie. L’Arabie saoudite est membre de l’OPEP. Les revenus pétroliers du pays s’élevaient à 150,3 milliards de dollars en 2005. L’islam sunnite est la religion d’Etat du royaume. Tout autre culte religieux non-musulman est formellement interdit. Les femmes doivent prêter une plus grande attention à leur tenue vestimentaire. Certains aspects de la vie privée sont considérés comme des délits de moeurs (adultère, homosexualité…) . Ceux-ci sont lourdement punis. La consommation et le trafic d’alcool ou de drogues exposent aussi à des sanctions sévères, y compris la peine de mort. L’Arabie saoudite est à l’origine de la création de l’OCI (Organisation de la Conférence islamique) créée en 1969. l’OCI vise à coordonner les actions de tous les pays musulmans sur le dossier du Proche-Orient et de «promouvoir l’image de l’islam». Elle est dotée de statuts et même d’une «Cour islamique internationale de justice». En revanche, l’Arabie saoudite n’a jamais signé… la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Seule compte la charia.

*Petit lexique:

Le hijab est un terme générique qui désigne la tenue féminine conforme aux principes de l’islam. La surface que la femme est censée cacher par pudeur est sujette à interprétation.
Le niqab cache tout le corps sauf les yeux. Plutôt porté dans les pays du golfe Persique.
La burqa recouvre tout le visage et ne laisse qu’un petit grillage de tissu au niveau des yeux. Il est principalement porté en Afghanistan et dans les régions tribales du Pakistan.
Le tchador est un demi-cercle de tissu porté en châle sans ouverture pour les mains. Il ne cache pas le visage. Il est porté par de nombreuses femmes iraniennes.