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Associatif | Politique | Région | 05.05.2011 - 15 h 22 | 33 COMMENTAIRES
Nancy: le collectif LGBT Lorraine épingle un élu FN « plutôt gai »

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Jean-Luc Manoury, élu Front national au Conseil régional de Lorraine, est dans la ligne de mire du collectif d’associations LGBT Lorraine. L’objet de leur colère? Une tribune intitulée « Non au mariage des homosexuels! », publiée par le conseiller régional sur son blog le 28 avril dernier, dans laquelle il s’insurge contre les revendications exprimées par le collectif organisateur de la gay pride lorraine 2011.

« POLITIQUE DE LA BRAGUETTE »
« Homme d’ouverture et de dialogue, et d’un naturel plutôt gai, écrit l’élu, ce n’est pas avec satisfaction que j’ai reçu comme élu républicain une lettre du collectif d’associations LGBT organisateur de la Gay Pride Lorraine. » Les principales associations LGBT lorraine avaient en effet envoyé entre 400 et 500 lettres à l’ensemble des élus lorrains. Objectif: leur demander de prendre officiellement position sur des revendications telles que « l’ouverture du mariage républicain aux couples de même sexe ou encore pour le droit à l’adoption et à la procréation médicalement assistée pour toute personne et tout couple ayant un projet parental cohérent, le droit au changement d’état civil ». À la surprise générale, le maire de Nancy et figure du parti radical André Rossinot avait signé le bulletin de soutien et encouragé personnellement la Marche des Fiertés. Le député de Meurthe-et-Moselle et secrétaire général du Parti radical Laurent Hénart avait également rejoint l’édile dans son engagement. (lire André Rossinot, le maire de Nancy, apporte son soutien à la Marche des Fiertés).

Mathieu Klein (en haut) et Laurent Hénart. (Photo Document remis)

Non content d’opposer une fin de non-recevoir aux associations, M. Manoury s’en prend à l’orientation sexuelle de certains de ses collègues élus. « J’observe que comme en religion il y a les élus croyants et pratiquants », note-t-il avec perfidie à propos de Mathieu Klein et de Laurent Henart. À 35 ans, le premier, vice-président socialiste du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, est l’un des rares élus ouvertement homosexuel. Membre de HES (Homosexualités et Socialisme), l’association gay affiliée au PS, M. Klein est militant LGBT de longue date. Le second, 43 ans, marié et père de deux enfants, ancien secrétaire d’État au gouvernement Raffarin, aujourd’hui député, s’est illustré par un soutien constant à la communauté LGBT de Lorraine notamment dans le domaine culturel en tant qu’adjoint à la culture de Nancy.

« Au Front National, écrit Jean-Luc Manoury, il n’y a pas de politique de la braguette et l’homosexualité comme la religion doit rester dans la sphère privée et je fais partie des élus lorrains qui sont opposés aux revendications des associations lesbiennes, gays, bi et transgenres. » L’occasion pour cet ancien militaire de 51 ans, marié et père de trois enfants, de rappeler la profession de foi du FN en matière de société: « Un enfant est le fruit d’une union de deux parents de sexe différents. Un environnement éducatif composé de deux parents de même sexe nuirait à l’équilibre de l’enfant et à son développement ». Et l’élu de conclure d’une citation: « Il est curieux de constater combien les homosexuels prolifèrent, alors qu’ils ne se reproduisent pas ».

« LE FN MONTRE SA VRAIE COULEUR »
Le collectif LGBT lorraine n’a guère goûté la complainte de l’élu frontiste. « Opposer les Français en fonction de leur sexualité ou de leur identité de genre, en 2011, c’est d’un ringard! M. Manoury est plutôt gai, mais, avec ses tristes arguments, ressassés depuis 30 ans par l’arrière-ban des politiciens homophobes de tout poil, il se montre finalement encore plus sexiste qu’homophobe », dit le communiqué de presse. L’un de ses initiateurs s’indigne: « C’est un humour de comique-troupier, digne de Jean-Marie Le Pen et particulièrement odieux!, tonne Daniel Conrad, producteur-animateur de l’émission LGBT Ce n’est que de l’amour sur Radio Caraïb Nancy. Sous le vernis de la vague bleue Marine, le FN montre sa vraie couleur: le brun! »

La charge de M. Manoury intervient alors que le Parti radical entretient le suspense sur sa possible scission avec l’UMP. Son président, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, devrait faire part de ses intentions lors du congrès du parti qui se tiendra les 14 et 15 mai prochain. En attendant cette date butoir, la presse analyse la prise de position d’André Rossinot et de Laurent Hénart en faveur de l’égalité des droits comme un signal supplémentaire d’une rupture avec l’UMP. Le parti de la majorité présidentielle s’est en effet opposé à toutes les revendications des associations LGBT.

« JE NE SUIS PAS HOMOPHOBE, J’AI MÊME DES AMIS HOMOSEXUELS »
Contacté par téléphone, Jean-Luc Manoury assume tranquillement ses propos: « J’ai lu dans L’Est républicain qu’André Rossinot [le maire de Nancy, ndlr] a donné son soutien à la gay pride. Je ne suis pas homophobe, assure l’élu, j’ai même des amis homosexuels. Mais la sexualité doit rester dans la sphère privée. Je suis donc contre cette manifestation. » Manifestement soucieux de ne pas apparaître comme « anti-homosexuel », M. Manoury affirme également que le Front national compte « beaucoup d’homosexuels » en son sein, sans donner plus de précisions.

Un discours qui semble s’inscrire dans la droite ligne de la stratégie attrape-tout de Marine Le Pen. Dans son dernier discours du 1er mai, le nouveau leader du FN a en effet fait une place aux homos dans « la grande communauté nationale », déclarant « qu’on soit homme ou femme, hétérosexuel ou homosexuel, chrétien, juif, musulman ou non croyant, on est d’abord Français. » Français peut-être, mais pas avec les mêmes droits. La phrase de Marine Le Pen est à double-tranchant: s’agit-il d’un clin d’œil aux gays ou d’une attaque en règle contre le communautarisme, thème cher aux durs du FN? Les propos de Jean-Luc Manoury font plutôt pencher la balance du côté de la seconde hypothèse.

Associatif | International | Politique | Religion | 20.04.2011 - 11 h 37 | 23 COMMENTAIRES
Finlande: Les homos européens doivent-ils craindre la montée de l’extrême droite?

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Les gays et les lesbiennes de Finlande ne sont pas à la fête. La victoire du parti des Vrais Finlandais, devenu dimanche dernier troisième force politique du pays, pourrait marquer un recul de l’Europe et des droits des LGBT.


« Raz-de-marée », « tsunami politique », « percée historique »… La presse européenne  n’est pas avare de superlatifs pour illustrer la victoire des Vrais Finlandais (« Perussuomalaiset ») aux élections législatives dimanche 17 avril. La formation nationaliste finlandaise a raflé 19 % des voix et dispose désormais de 39 sièges sur 200 au Parlement. Se présentant comme « anti-élite » et eurosceptique, le parti n’hésite pas à s’en prendre aux étrangers et aux gays. Une stratégie payante puisqu’il gagne 34 sièges par rapport aux élections de 2007.

INQUIÉTUDE

Aija Salo, Secrétaire générale de Seta. (Photo - Wikipedia)

A Helsinki (la capitale), Aija Salo, secrétaire générale de Seta (« Seksuaalinen tasavertaisuus », Égalité sexuelle), principale organisation LGBT de Finlande, ne peut cacher son inquiétude face à la montée de l’extrême-droite. « Personnellement, je suis assez préoccupée car je ne sais pas ce qui nous attend », confie-t-elle. Seta milite notamment pour l’égalité des droits (mariage et adoptions compris), l’amélioration de la loi anti-discrimination, et le retrait de l’obligation de stérilisation dans la demande de changement de sexe. Mais surtout pour une politique gouvernementale pour l’égalité des LGBT, « quelque chose qui n’a jusqu’à présent jamais été fait en Finlande », souligne Aija Salo. Autant de revendications qui vont à l’encontre de la ligne politique des Vrais Finlandais, qui se flattent de défendre la religion et la famille. Leur chef, Timo Soini (ci-dessous), n’a par ailleurs jamais caché son opposition aux droits des LGBT, se prononçant notamment contre le mariage pour les couples de même sexe.

VIOLENTE OPPOSITION

Timo Soini, chef de file des Vrais Finlandais. (Photo - Wikipedia)

Ce politicien de 48 ans s’est converti au catholicisme lorsqu’il était étudiant dans les années 80. Une ferveur pour l’Eglise de Rome qui détonne dans un pays majoritairement protestant et relativement progressiste sur l’homosexualité, parfois au prix de vifs débats (lire Un débat sur l’homosexualité pousse les Finlandais à quitter en masse l’Eglise). En février 2009, un des leaders des Vrais Finlandais s’est violemment opposé à l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens. Pentti Oinonen avait lancé que « les amoureux des animaux pourraient bientôt exiger d’épouser leur chien. » Dans ces conditions, les réformes que les associations LGBT finlandaises appellent de leurs vœux semblent compromises, d’autant que les nationalistes sont désormais courtisés par les deux principaux partis du pays pour la formation d’un gouvernement de coalition. Un scénario que Aija Salo ne souhaite évidemment pas se voir réaliser: « Nous espérons que la possible entrée de « perussuomalaiset » [les Vrais Finlandais] au gouvernement ne va pas mettre en péril [nos] objectifs. Dans tous les cas, Seta continuera à agir énergiquement pour la reconnaissance des droits humains des LGBT et nous allons, bien entendu, essayer de trouver les meilleures stratégies pour aller dans ce sens, en tenant compte du climat politique. »

TENDANCE EUROPÉENNE

Selon les analystes, la Finlande est plus tolérante envers les mouvements d’extrême-droite car le personnel politique ne s’embarrasse pas de questions idéologiques. Mais Aija Salo veut rester optimiste: « J’espère que les résultats [des élections] vont motiver plus de gens qu’auparavant à exprimer ouvertement leur soutien aux droits des LGBT et à militer au sein de Seta, dans nos organisations membres ou dans d’autres organisations des droits de l’Homme. » Autre raison d’espérer: un comédien ouvertement gay a été élu dans les rangs des Verts (écologistes). Il s’agit de Jani Toivola, 33 ans, qui sera aussi le premier Noir à siéger au Parlement finlandais. Reste que la victoire du parti de M. Soini pourrait bien dépasser le cadre finlandais. Car les formations populistes européennes connaissent un succès croissant ces dernières années (Voir ci-dessous).

UNE PROPAGANDE ANTI-GAY A L’ÉCHELLE DE L’EUROPE

La plupart des formations populistes européennes développent toutes une propagande anti-gay. En Suède, les soi-disant Démocrates (« Sverigedemokraterna ») ont enregistré 5,7% des voix et ont obtenu 20 siège au Parlement en 2010. Ce parti prône notamment « une société plus homogène », comprendre sans couple de même sexe. Chez nos voisins suisses, le parti populiste UDC cible régulièrement les homosexuels, proposant entre autres choses le dépistage obligatoire du VIH. La Hongrie du très conservateur Premier ministre Viktor Orbanle (« Fidesz »), qui exerce la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’au mois de juin a fait voter une nouvelle constitution qui « protège le mariage entre un homme et une femme » lundi 18 avril. En France, après des années d’homophobie,  le Front national (FN) de Marine Le Pen semble privilégier une stratégie de séduction auprès des  gays (lire Les LGBT tomberont-ils dans le piège de Marine Le Pen?). Sans changer une ligne de son programme  qui défend l’union d’un homme et d’une femme comme base de la famille et s’oppose « à toute demande de création d’un mariage homosexuel ou d’une adoption par des couples homosexuels. »

Politique | 18.04.2011 - 16 h 22 | 18 COMMENTAIRES
Insolite: Silvio Berlusconi a découvert sa « part lesbienne »

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Le Cavaliere a notamment plaisanté samedi sur sa « part d’homosexualité » devant ses partisans. Ses blagues douteuses vont-elles le faire remonter dans les sondages? Pas sûr.

Le chef du gouvernement italien a paradé samedi à l’occasion d’un congrès à Rome. L’homme de 74 ans est apparu en forme et a exhibé son habituel sourire devant plusieurs centaines de militants de son parti Peuple de la liberté (PDL), rassemblés dans une grande salle, dans le sud de Rome. Une fois son discours terminé, à un militant qui lui criait: « tu es beau tu es beau ! », le Cavaliere a répondu sur le ton de la plaisanterie: « En chacun de nous, il y a 25% de part d’homosexualité, c’est mon cas aussi sauf qu’après un examen attentif, j’ai découvert que la mienne est lesbienne ». (selon AFP).

HOMOPHOBIE ET SEXISME
L’homophobie et le sexisme, des armes politiques pour Silvio Berlusconi? En novembre 2010, ce dernier avait défendu son goût prononcé pour les jeunes femmes au nom de son rythme de travail, déclarant notamment: « Il vaut mieux avoir la passion des belles femmes qu’être gay. » Une petite phrase en forme de message  codé contre le chef du parti de gauche SEL (Sinistra Ecologia Libertà): Nichi Vendola, homosexuel déclaré et star montante des sondages (lire Italie: Un prélat attaque un opposant politique de Silvio Berlusconi sur son homosexualité). Sa photo dans un camp de nudistes à l’âge de 20 ans a d’ailleurs été publiée à la Une de plusieurs médias appartenant à Berlusconi, dont le quotidien Il Giornale (ci-contre).

LA GAUCHE DÉPASSE LÉGÈREMENT LA DROITE
Ces déclarations tonitruantes peuvent-elles faire oublier aux Italiens que leur président du conseil fait actuellement l’objet de trois procès? Les affaires Mills (corruption de témoin), Mediaset (fraude fiscale) et le Rubygate où il est accusé de recours à la prostitution de mineure. Peut-être pas: la cote de confiance du président du conseil italien a fini par chuter de 2 % en un mois pour atteindre son minimum historique de 31 %, selon un sondage publié aujourd’hui même par l’institut IPR.

Le sondage, effectué entre le 14 et le 16 avril sur un échantillon de 1 000 personnes, pour le compte du quotidien de gauche La Repubblica, révèle aussi que « pour la première fois » la gauche dépasse « très légèrement » la droite dans les intentions de vote. Pour Silvio Berlusconi, qui recueillait  encore la confiance de 62% des sondés en 2008, soit plus de sept ans après sa réélection, la chute est rude. Selon le journal, ces chiffres sont peut-être le signe que les Italiens ne sont plus aussi favorables au Cavalerie. Si même l’homophobie et le sexisme ne payent plus…

International | Politique | Religion | 31.03.2011 - 11 h 39 | 7 COMMENTAIRES
Liechtenstein: vers un référendum contre le partenariat pour les couples de même sexe?

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« UNE DÉCISION INVRAISEMBLABLE »
Les couples gays et lesbiens du Liechtenstein vont-ils enfin pouvoir faire reconnaître officiellement leur union et bénéficier de droits jusqu’à présent réservés aux seuls couples mariés? Il y a quinze jours, le Landtag (Parlement) a adopté à l’unanimité la loi instituant un partenariat pour les couples de même sexe. Mais une obscure « association citoyenne » a décidé de jouer les trouble-fêtes. Vox Populi (« la voix du peuple » en latin) se présente sur son site internet comme une « association de citoyennes et de citoyens du Liechtenstein de différents âges et horizons ». Son objectif est de recueillir suffisamment de signatures de citoyens opposés à la loi sur le partenariat afin d’obtenir un référendum d’initiative populaire, comme le prévoit la Constitution du pays. A sa tête, Johannes Schraner, citoyen de Mauren, petite commune du nord de 3884 habitants. « Cette décision est invraisemblable, déclare son association dans un communiqué pour justifier sa mobilisation. Nous sommes convaincus qu’elle ne reflète pas l’état d’esprit du pays. »

Si les médias liechtensteinois se sont contentés de relayer l’information, la plupart des partis politiques n’ont guère apprécié l’initiative de ce citoyen si épris de démocratie. Même le FBP, pourtant principal parti conservateur du pays, n’a pas hésité à tancer M. Schraner et à poser ouvertement la question de sa crédibilité. « Le tenue d’un référendum d’initiative populaire contre une loi votée par le Parlement est un droit qui appartient à chaque citoyen (…), reconnaît le parti dans un communiqué diffusé mardi. Toutefois, Le FBP prend note avec préoccupation qu’en dehors de M. Schraner, les membres de Vox Populi ne se font pas connaître et se cachent derrière leur association. »

LARGE CONSENSUS POLITIQUE
Jusqu’à présent, les résistances contre la loi dans ce paradis fiscal de 36.000 habitants venaient principalement de l’Eglise catholique, à laquelle appartiennent les trois-quarts de la population. Ces dernières années, l’institution religieuse est régulièrement montée au créneau pour défendre sa conception du mariage (lire Le pacs discuté au Liechtenstein l’été prochain). L’archevêque de Vaduz, Wolfgang Haas, nommé par Jean-Paul II et connu pour ses positions très conservatrices, n’a cessé de clamer que l’homosexualité était un « grave péché » tout en qualifiant la disposition législative de « scandale ».

Des paroles qui n’ont manifestement pas effrayé les parlementaires, lesquels sont passés outre l’opposition de l’Eglise. L’un d’entre eux, qui n’est autre que l’ancien skieur Marco Büchel (ci-contre), a pris fait et cause pour le projet de loi, jugeant le point de vue des opposants au partenariat « méprisant face au genre humain » et « discriminatoire ». Il faut dire que le texte adopté par les parlementaires et qui s’aligne sur la Suisse, qui a adopté le partenariat civil en 2005 (lire ci-dessous), fait l’objet d’un large consensus dans la classe politique. Selon les termes de la loi, les couples de même sexe obtiennent les mêmes droits que les couples mariés en matière fiscale, d’héritage, d’assurances sociales, de prévoyance professionnelle et de naturalisation. En revanche, ils leur est interdit d’adopter ou d’avoir recours à la procréation assistée sous forme de don de sperme ou de mères porteuses.

Pour obliger les autorités à organiser un référendum, Vox Populi doit recueillir un minimum de 1.000 voix sous 30 jours. Faute de quoi, la loi entrera en vigueur comme prévu le 1er septembre 2011. Compte tenu de l’unanimité affichée par les parlementaires, la plupart des observateurs jugent que le mouvement de contestation initié par M. Schraner a peu de chance d’aboutir.

ZOOM SUR: LE VOISIN SUISSE

La Suisse a instauré un « partenariat enregistré » (« Eingetragene Partnerschaft » en allemand) pour les couples de même sexe en 2004. Baptisée Lpart ou PEPS, la disposition a rencontré l’opposition de partis politiques chrétiens et conservateurs. Ces derniers ont réussi à contraindre les autorités à soumettre la loi à un référendum d’initiative populaire. Le texte a tout de même été ratifié par 58% des Suisses en juin 2005, malgré l’opposition des cantons catholiques tels que le Jura, le Valais et le Tessin. La loi est entrée en vigueur le 1er janvier 2007. En 2008, 931 pacs suisses ont été enregistrés. A noter que le canton francophone de Genève s’est doté d’un partenariat ouvert aux couples de même sexe sur le modèle français dès 2001.

Politique | 15.01.2011 - 02 h 59 | 54 COMMENTAIRES
Pour le député UMP Jacques Myard, l’homosexualité est « une perversion » au même titre que… la zoophilie

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Sur la radio Le Mouv, le député UMP de la 5ème circonscription des Yvelines Jacques Myard qualifie l’homosexualité de « perversion » qu’il met une fois de plus sur le même plan que… la zoophilie. Un dérapage contrôlé pour ce proche de Christine Boutin coutumier des déclarations outrancières.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur Jacques Myard (UMP) «l’homosexualité est une perversion» dans la matinale du Mouv.

«LE ZOOPHILE, IL EXISTE, VOUS ALLEZ LE PRENDRE EN COMPTE?»
Jeudi, invité de La matinale du Mouv, le député UMP Jacques Myard n’a pas fait dans la dentelle. Interrogé sur ses positions anti-pacs, il a tenté de développer sa conception de l’homosexualité face à des animateurs visiblement prêts à en découdre. « J’ai voté contre le pacs et je n’en démords pas, commence à expliquer le parlementaire. Pourquoi? Parce que je ne montrerai jamais du doigt quelqu’un qui est homosexuel, c’est pas mon problème. Mais, continue le député, il y a véritablement des choses qui sont pour moi structurelles dans une société. Bon, il y a le mariage, d’ailleurs le pacs n’est pas le mariage (…). » « Vous avez quand même comparé les homosexuels aux zoophiles », l’interrompt l’un des animateurs. Jacques Myard tente alors de se justifier: « Pas du tout, j’ai dit ceci: on me dit qu’il faut prendre en compte l’homosexualité parce qu’elle existe. J’ai dit qu’à ce moment-là, toutes les perversions sexuelles… Le zoophile existe, vous allez le prendre en compte? (…) Je parle des perversions sexuelles. »

UN PROCHE DE CHRISTINE BOUTIN

Toujours est-il que le député de la 5ème circonscription des Yvelines (terre d’élection de Christine Boutin) – et maire de Maisons-Laffitte – traîne derrière lui un certain nombre de casseroles. Le 9 octobre 1998, alors que la ministre de la Justice Elisabeth Guigou lit à voix haute une lettre du Père Benéteau sur les drames causés par le Sida dans les couples homosexuels, Jacques Myard s’indigne: « Et alors? Et le cancer? Faut-il légaliser le sida? » Et en 1999, à l’Assemblée nationale, alors qu’on évoquait la nécessité de reconnaitre l’existence des couples homosexuels, celui-ci s’écriait déjà : « il y a les zoophiles aussi!. » Avec son compère Dominique Dord, il fait partie de la garde rapprochée de Christine Boutin. « Le pacs est une patate chaude que l’on se refile de la mairie à la préfecture, puis au tribunal d’instance et demain matin – pourquoi pas ? – à la direction des services vétérinaires », déclarait ce dernier lors d’une séance de l’Assemblée nationale en 1998. Dominique Dord a par ailleurs été l’initiateur du grand rassemblement « Générations anti-pacs » le 30 janvier 1999 à Paris (lire Le nouveau trésorier de l’UMP était un croisé anti-pacs proche de Christine Boutin). Les deux députés ont voté contre la réforme de l’IVG et de la contraception en 2000.

MEMBRE DU COLLECTIF DE LA DROITE POPULAIRE

Lorsque certains de ses collègues dont Christine Boutin et Christian Vanneste créent le groupe « Audace 2012″ pour « fédérer les associations chrétiennes » (lire Audace 2012: quand les conservateurs catholiques s’organisent avant les élections), Jacques Myard rejoint le collectif de La Droite populaire en juillet 2010. Ce groupe qui compte 35 députés dont Lionnel Luca et Thierry Mariani (également très actifs lors de la lutte contre le pacs), développe plusieurs points, notamment l’immigration, qui « doit être contrôlée et maîtrisée », le travail (« ceux qui travaillent doivent pouvoir conserver le fruit de leurs efforts »), et la sécurité, « première des libertés ». Tout un programme…

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International | Politique | 15.05.2010 - 23 h 37 | 2 COMMENTAIRES
USA: Il faut sauver le soldat Kagan

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Sans doute trop occupés par le festival de Cannes et les sorties homophobes du Pape Benoit XVI, les sites d’infos LGTB français n’ont pas relayé la nouvelle. Pourtant, la campagne de rumeurs dont fait l’objet Elena Kagan n’est pas banale.


UNE BRILLANTE JURISTE
A tout juste cinquante ans, cette diplômée de Princeton, Harvard et Oxford, ancienne prof de droit à l’université de Chicago et doyenne d’Harvard est la candidate du président Obama à la Cour Suprême. Actuellement avocate de l’administration auprès de cette même Cour, Elena Kagan semble disposer d’atouts non négligeables. Réputée progressiste, elle a aussi le mérite d’afficher un soutient sans faille à Barack Obama. Un soutient qui pourrait s’avérer crucial pour permettre au président de faire passer ses grandes réformes dans les années à venir. Or, depuis quelques jours, la candidate de Barack Obama à la plus haute fonction judiciaire des Etats-Unis fait l’objet de rumeurs persistantes sur son orientation sexuelle. En clair, la rumeur la dit lesbienne.

Le coup d’envoi a été donné par le blogger conservateur Ben Domenech. Sur le site de CBS, avant même sa nomination, il écrit qu’Elena Kagan serait la « première sage ouvertement gay ». Puis il se reprend lui-même mais pour mieux l’enfoncer: « Je dois corriger mon texte ici pour dire qu’apparemment Kagan est toujours dans le placard –étrange car sa compagne est plutôt bien connue dans les cercles de Harvard ». Ben Domenech a travaillé pour l’administration Bush et a été embauché par le Washington Post comme blogueur en 2006, un poste dont il a démissionné trois jours plus tard après avoir été accusé de plagiat par plusieurs sites de gauche.

LA PREUVE PAR L’ABSURDE
Du coup, la Maison Blanche sort la grosse artillerie avec un seul objectif: sauver le soldat Kagan. « Je la connais depuis l’essentiel de sa vie adulte et je sais qu’elle est hétéro, a confié à Politico son amie Sarah Walzer, ancienne camarade de chambre à l’université. Elle sortait avec des hommes lorsque nous étions à l’école de droit, nous parlions des hommes –qui est mignon dans notre classe, avec qui elle aimerait bien sortir, tout ce genre de choses. Elle sortait avec des hommes lorsqu’elle était à D.C. après l’école de droit, et lorsqu’elle était à Chicago. C’est juste qu’elle n’a pas trouvé la bonne personne ». Les Américains sont rassurés… Mais l’affaire a rebondi avec la publication par le Wall Street Journal d’une photo de la prétendante en train de jouer au softball lorsqu’elle était étudiante à l’Université de Chicago en 1993. Une forme de coming-out par l’image pour certains. Une ancienne porte-parole de l’Alliance Gay et Lesbienne contre la diffamation soutient que l’allusion du journal à l’homosexualité est claire car « le softball est vu comme un sport de lesbienne ». Le Wall Street Journal a rejeté ces accusations, les qualifiant d’absurdes.

Aux Etats-Unis, la Cour Suprême est le sommet du pouvoir judiciaire. La Cour est composée de neuf juges. Ces magistrats ne se contentent pas de contrôler la constitutionnalité des lois -comme c’est le cas en France- mais définissent également les droits fondamentaux des citoyens. Ainsi, en mars dernier, la Cour Suprême avait débouté des opposants au mariage homosexuel qui cherchent à invalider  la loi autorisant l’union entre deux personnes de même sexe à Washington. Les décisions de la Cour sont sans appel et les magistrats qui la composent sont nommés à vie.  Certains juges restent en poste pendant plusieurs décennies. Dès lors, on comprend pourquoi la vie et les actions des prétendants à la Cour sont scrutées à la loupe. Heureusement, Elena Kagan peut également compter sur le soutien d’un autre ami. L’ancien gouverneur de New York Eliot Spitzer, expert en matière de scandales sexuels, a assuré que la future juge suprême a bien l’expérience des hommes : « Je ne suis pas sorti avec elle, mais d’autres gars l’ont fait ». La grande classe.

Pour le moment, Elena Kagan reste le choix de Barack Obama mais rien n’est joué car les nominations des juges sont soumises au Sénat et le président pourrait choisir un candidat plus consensuel.

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