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Education | 07.06.2011 - 08 h 55 | 20 COMMENTAIRES
Théorie du genre au lycée: Un syndicat d’enseignants contre-attaque

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La Fédération syndicale Unsa education dénonce un « retour à l’ordre moral » et estime que les associations familiales catholiques visent « l’homosexualité » à travers leur « croisade » contre les nouveaux manuels de SVT (lire Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée) dans un communiqué publié lundi 6 juin.

« LES EGLISES N’ONT PAS À DONNER LEUR AVIS
SUR DES PROGRAMMES SCOLAIRES »
« Les associations familiales catholiques lancent leur nouvelle croisade, accuse l’Unsa. Elles ont décidé de s’en prendre aux programmes de première des SVT et, comme le rappellent les programmes, à « l’acceptation des différences ». […] Pour ces associations intégristes, l’hétérosexualité est la norme et les identités entre hommes et femmes établies une fois pour toutes. Le mariage est la règle et ne peut que concerner les hétérosexuels. »

Pour l’Unsa Education, « les Eglises, quelles qu’elles soient, n’ont pas à donner leur avis sur des programmes scolaires qui visent à la formation de « citoyens » et non de « croyants », sauf à vouloir défaire la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ». Et la fédération de s’interroger: le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, « cèdera-t-il aux pressions des intégristes catholiques? Ou y résistera-t-il? ».

« EFFRAYANTE NOUVELLE »
Le 27 mai dernier, la direction de l’enseignement catholique a envoyé une lettre à ses établissements scolaires, contestant les nouveaux programmes de SVT et particulièrement le chapitre « Devenir homme ou femme » qui « fait implicitement référence à la théorie du genre, qui privilégie le « genre » considéré comme une pure construction sociale, sur la différence sexuelle ». Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, a écrit au ministre de l’Education nationale Luc Chatel pour lui demander de faire retirer et corriger les nouveaux livres de SVT.

De son côté, la confédération nationale des associations catholiques CNACF a mis en place une pétition sur son site internet et dénonce un programme de classe de première offrant « un panorama de la sexualité morbide et mortifère (contraception et contragestion) sans aucune ouverture vers la relation, l’amour de l’autre, le don de soi et l’ouverture à la vie ». « C’est une sexualité qui est décrite comme proche de celle de l’animal, dans une continuité de comportement et avec une absence de sens, s’insurge l’association catholique. » A noter que le député UMP Christian Vanneste, fidèle à lui-même, qualifie l’arrivée de la théorie du genre dans les lycées d’ « effrayante nouvelle » sur son blog. L’élu de Tourcoing annonce avoir posé une question écrite à Luc Chatel, lequel reste toujours muet à ce sujet, à l’Assemblée.

International | Religion | Santé | Science | 05.06.2011 - 14 h 00 | 28 COMMENTAIRES
Un médecin catholique allemand prétend guérir l’homosexualité par l’homéopathie

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« L’homosexualité n’est pas une maladie », assure le le site de la « Bund katholischer Ärzte » ou BKÄ (Fédération allemande des médecins catholiques). Pourtant, cette organisation prétend venir en aide aux personnes « qui se sentent homosexuelles [et qui] se trouvent dans une situation de détresse spirituelle et psychique, et souffrent beaucoup. »

EX-GAYS ET PRO-VIE
L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé cette semaine les étranges remèdes de cette « fédération » basée au Sud de la Bavière pour venir à bout des « penchants » homosexuels de leurs « patients ». Afin de remettre les brebis égarées dans le droit chemin, le traitement consiste à prescrire des microdoses de platine, des séances de psychothérapie et de s’en remettre, bien entendu, aux « Saintes Ecritures. » Sur son site, l’organisation présente également le soit-disant témoignage d’un gay du Sud de l’Allemagne qui avance qu’il a « noté avec plaisir » qu’un « changement de tendance homosexuelle » est « tout à fait possible. »

Ce n’est certainement pas un hasard si la BKÄ fait partie du mouvement des ex-gays (voir Zoom sur: « Le succès des ex-gays » plus bas). Le responsable de l’organisation est un certain Dr Gero Winkelmann. Selon Der Spiegel, celui-ci s’est fait connaître au sein de la Ligue chrétienne, un groupuscule qui, jusque dans les années 1990, combattait le droit à l’avortement et au divorce, ainsi que la dépénalisation de l’homosexualité. Depuis, si le Dr Winkelmann semble privilégier les « médecines douces », il n’en reste pas moins très actif sur Internet. Le bon docteur a ouvert sa propre page web, laquelle propose des conférences sur « le droit à la vie ».

En réalité, un exposé pro-vie, calqué sur le discours radical des mouvements américains chrétiens-conservateurs. Au programme: les conséquences de l’avortement pour une mère et son enfant, un débat sur l’euthanasie, le clonage et la toxicité de la pilule. En prime, l’auditoire a droit à une vidéo du praticien participant à une veillée pro-vie à Vienne en 2009. Mais ce dernier se garde bien de préciser qu’il est également lié au mouvement pro-vie par le biais de « European Pro-Life Doctors », une association dont il n’est officiellement que le coordinateur pour l’Allemagne et qui, comme son nom l’indique, est destinée à rassembler les médecins anti-avortement de toute l’Europe.

« UNE OFFRE DANGEREUSE »
Les associations LGBT allemandes ne décolèrent pas. La « Lesben- und Schwulen Verband » (l’Association allemande des gays et des lesbiennes), la plus grande association homosexuelle outre-Rhin dénonce « Un traitement inefficace pour une maladie qui n’existe pas » ainsi qu’une « offre dangereuse » qui « instrumentalise les inquiétudes que peuvent avoir les jeunes bi et homosexuel-le-s ou leurs parents. »

Devant le tollé provoqué par son initiative, le Dr Winkelmann a fini par retirer les pages les plus polémiques du site. En raison, selon lui, des « médias [qui] ne publient que des reportages négatifs » mais surtout pour éviter que son association et les méthodes de traitement qu’elle propose ne soient « tournées en ridicule » (!). Reste que le médecin ne baisse pas les bras pour autant et pousse « ceux qui sont sérieusement intéressés par l’homéopathie » à le contacter. L’homosexualité a pourtant été définitivement rayée par l’Organisation Mondiale de la Santé de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990.

ZOOM SUR: LE SUCCÈS DES EX-GAYS

La Fédération des médecins catholiques fait partie du mouvement ex-gays. Né aux Etats-Unis dans les années 1970,  le mouvement des ex-gays connaît un certain succès aux Etats-Unis ces dix dernières années. Ses partisans affirment que l’homosexualité est une simple faiblesse humaine qui peut être surmontée. Mais ses théories sont rejetées par la grande majorité de la communauté scientifique.

[Mise à jour] L’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990 et non en 1993, comme je l’avais d’abord affirmé. Merci à la yaggeuse Ernestine pour sa vigilance.

Politique | Religion | Science | 03.06.2011 - 15 h 46 | 39 COMMENTAIRES
Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée

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Dans une lettre ouverte au ministre de l’Education nationale Luc Chatel publiée lundi 31 mai sur le site du Parti Chrétien-Démocrate dont elle est la présidente, Christine Boutin tire à boulet rouge contre l’enseignement obligatoire de « la théorie du genre » également appelée « gender studies » (voir « Zoom sur les genders studies » plus bas) dans certains programmes au lycée.

De quoi s’agit-il? Concrètement, la théorie du genre, ainsi que d’autres informations sur la sexualité, la procréation médicalement assistée et la contraception font leur entrée dans des manuels de SVT (Sciences et Vie de la Terre), qui seront disponibles à la rentrée 2011 pour les classes de Première. Le manuel Bordas indique par exemple que: « Si dans un groupe social, il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels. »

C’est l’enseignement catholique qui s’émeut en premier de ces nouveaux programmes. Par la voix de Claude Berruer, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique, qui envoie un courrier à ses directeurs diocésains le 27 mai dernier, afin d’attirer leur attention sur ces contenus innovants et dénoncer les aspects qui semblent contraire aux principes chers à l’enseignement catholique. « La théorie du genre se diffuse dans notre environnement, il est assurément indispensable d’ouvrir un débat avec les lycéens sur cette question ». On a déjà vu – et entendu – pire de la part de catholiques notamment au sujet du Pacs ou du droit à l’avortement. Mais Christine Boutin, qui a fait de la lutte contre les droits et la visibilité LGBT son cheval de bataille, depuis le vote du pacs en 1999, voit rouge. Et reprend sa plume pour réaffirmer ses positions ultra-conservatrices sur les sujets de société. On se souvient qu’elle avait déjà écrit à Luc Chatel en 2010 pour lui demander d’interdire la diffusion du film Le baiser de la lune, qui visait à sensibiliser à l’homosexualité les enfants de CM1/CM2 (lire Christine Boutin écrit à Luc Chatel pour demander l’interdiction du « Baiser de la Lune »).

« NOUS NE POUVONS ACCEPTER QUE L’ÉCOLE
DEVIENNE UN LIEU DE PROPAGANDE »

« Comment cela est-il possible? Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences, s’indigne Christine Boutin. Comment peut-on présenter dans un manuel, qui se veut scientifique, une idéologie qui consiste à nier la réalité: l’altérité sexuelle de l’homme et la femme ? […] Monsieur le Ministre, nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la « normalité » que le peuple français ne partage pas. » Et de rappeler avec une subtilité toute relative à Luc Chatel que 2012 approche: « Je ne manquerai pas de me faire l’écho de votre position sur ce sujet capital : vous conviendrez que celle-ci aura une influence déterminante sur les choix que les citoyens français seront amenés à poser lors des scrutins qui s’annoncent dans quelques mois. »

« UNE ATTAQUE EN RÈGLE
CONTRE LA LOI MORALE NATURELLE »

Dans son combat en faveur de la « liberté de conscience des familles et de la responsabilité des parents en matière d’éducation affective et sexuelle de leurs enfants », la présidente du Parti Chrétien-Démocrate n’est pas isolée. Elle peut également compter sur le soutien de la cathosphère. Car la pasionaria des anti-Pacs est devenue la madone des chrétiens-conservateurs 2.0 qui n’hésitent pas à justifier leur rhétorique homophobe en brandissant la liberté d’expression. Ainsi, le site réactionnaire libertepolitique.com prétend que « les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle » (!). « Une fois inculquée aux élèves cette idée que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle (!) vers l’autre sexe », s’insurge la revue catholique. Le site Veille-Education, site de l’actualité sur l’école « dans une perspective chrétienne » n’est pas en reste et dénonce « un glissement idéologique […] résultats de puissants lobbies ». Alors que Bruno Gollnisch, ancien candidat à la présidence du FN et député européen évoque, sans rire sur son blog, « une offensive contre la civilisation européenne »: « Les promoteurs du gender n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat, poursuit-il. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. »

Du côté de l’Education nationale, on cherche manifestement à calmer le jeu. Le directeur de l’enseignement scolaire Jean-Michel Blanquer explique mercredi 1er juin au Figaro que « les programmes font le point sur des connaissances scientifiques clairement établies » et qu’ « il ne s’agit pas de favoriser telle ou telle théorie sociologique particulière ». « S’il y a une extrapolation de certains manuels, dit-il, ce n’est pas de la responsabilité du ministère ». « Les établissements et les professeurs sont libres dans leur choix d’ouvrages. Cela dit, souligne-t-il, le fait qu’il y ait une dimension biologique et sociale du sexe est établie depuis longtemps. » Dommage que Luc Chatel n’ait pas pris la peine de faire passer le message à Christine Boutin. Mais sur cette question, le ministre de l’Education nationale, comme son service de presse, est aux abonnés absents.

ZOOM SUR: LES « GENDERS STUDIES »

Les « Genders studies » ou théorie du genre utilisent la notion de genre, par opposition au sexe biologique, pour faire référence aux constructions sociales du féminin et du masculin. Popularisée par Judith Butler, cette théorie est étudiée dans de nombreuses universités américaines qui financent des département consacrés à ce sujet. En France, les « gender studies » sont enseignées notamment à Sciences Po. Cette année, l’établissement a rendu ce cours obligatoire pour tous les cursus.

Photo Extrait du manuel de SVT, éd. Bordas, 2011.

Associatif | Politique | 30.05.2011 - 17 h 23 | 17 COMMENTAIRES
Le Refuge répond à Brigitte Barèges et lance un appel à la mobilisation

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« Pour répondre aux propos outrageants et scandaleux de la députée-maire de Montauban Brigitte Barèges, […] Le Refuge lance un appel national pour que le plus de monde possible appelle l’Hôtel de ville de Montauban lundi prochain pour demander les formalités à remplir pour se marier avec son chien ou son chat. Téléphone de l’Hôtel de Ville de Montauban: 05.63.22.12.00. Merci pour votre retour suite à votre appel. » Si vous avez reçu ce message du Refuge sur Facebook, sachez que ce n’est pas un canular mais une partie de la réponse de l’association à la députée UMP Brigitte Barèges. Crée en 2003, le Refuge accueille des jeunes homos exclus du domicile familial. Pour son président national, Nicolas Noguier, cet appel à la mobilisation téléphonique est un moyen de répondre à « l’humour particulier » de la députée.

« CERTAINS L’ONT LU SUR INTERNET »
La députée-maire de Montauban a en effet provoqué un tollé en déclarant mercredi 25 mai au cours d’une réunion à l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe: « Et pourquoi pas des unions avec des animaux? Ou la polygamie? ». Une petite phrase aux relents homophobes qui a provoqué l’ire des associations LGBT et des réactions indignées d’une grande partie de la classe politique, tous bords confondus (lire Brigitte Barèges: la députée retire ses propos, Jean-François Copé les condamne). Mais qui n’est pas non plus passée inaperçue dans la région, particulièrement à l’antenne du Refuge de Montpellier, laquelle
se dit particulièrement inquiète pour ses protégé-e-s par le truchement de Nicolas Noguier. « Certains l’ont lu sur Internet », rapporte ce dernier, qui dénonce des propos « inacceptables ».

« ÇA LEUR REVIENT EN PLEINE FIGURE »
« Cette référence à la zoophilie les a beaucoup choqué, explique-t-il. Certains ont déjà entendu ça dans leur familles, d’autres tous les jours au collège ou au lycée. Et aujourd’hui, ça leur revient en pleine figure. Ils ne s’attendaient pas à l’entendre de nouveau, surtout de la bouche d’une élue de la République. » Les protégé-e-s du Refuge ont entre seize et vingt-cinq ans et sont accueillis par l’association où ils trouvent un soutien psychologique parce qu’ils ont été victime, par le passé, d’actes homophobes. La plupart d’entre eux ont été rejeté par leurs familles ou leurs amis en raison de leur orientation sexuelle.

Dans un premier temps, l’association a annoncé « confier à son avocat le soin de rédiger une plainte judiciaire pour propos à caractère homophobe » contre Brigitte Barèges. Idée aujourd’hui abandonnée en raison de l’immunité parlementaire de la députée. Finalement, l’association semble avoir choisi la voie de la conciliation – Me Charles Bernier, l’avocat du Refuge, a invité l’élue à rencontrer les jeunes – et de la mobilisation – Nicolas Noguier lui a écrit afin qu’elle diffuse la campagne nationale du Refuge « sur Montauban et agglomération ». Pour le moment, la députée n’a pas donné suite aux demandes de l’association. En attendant, il paraît que la mairie de Montauban est « assaillie d’appels ». C’est toujours ça de gagné sur l’homophobie.

Vous pouvez soutenir Le Refuge sur Facebook ou sur son site Internet.

International | Religion | Santé | 27.05.2011 - 18 h 14 | 10 COMMENTAIRES
Sida: Le journal officiel du Vatican hostile au préservatif et aux campagnes de prévention

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Le Vatican reprendrait-il son offensive contre la capote? On peut le penser à la lecture d’un article publié mardi 25 mai dans L’Osservatore Romano, journal officiel du Saint-Siège, qui dénonce l’usage du préservatif et condamne les campagnes de prévention contre le Sida.

Intitulé « L’amour conjugal au temps du sida », ce texte réaffirme avec précision la doctrine de l’Église sur l’usage du préservatif au sein des couples, en particulier sous la menace du sida. « Il faut rappeler que, bien que l’usage du préservatif lors d’un acte isolé puisse avoir une certaine efficacité dans la prévention du sida, celui-ci n’est pas en mesure de garantir une sécurité absolue […]. En conséquence, il n’est pas approprié d’en conseiller l’utilisation comme moyen efficace de lutte contre la contagion », écrit le Père Juan José Perez-Soba, enseignant en théologie morale à l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille.

« FAUSSE CROYANCE »
Le théologien s’en prend également aux campagne de prévention contre le Sida, coupables à ses yeux d’aliment[er] « la fausse croyance selon laquelle il n’y aurait aucun danger […], et d’augment[er] la possibilité d’infection. » Bref, « Présenter le préservatif comme une solution à ce problème est une grave erreur, tranche le Père Perez-Soba. Le choisir simplement comme une pratique habituelle est un manque de responsabilité dans la rencontre avec l’autre personne. » Au passage, le théologien n’hésite pas à remettre en cause la fiabilité de la capote au nom de l’exigence de la procréation et des liens du mariage. « Le préservatif, constituant une barrière, déforme en quelque sorte la réalisation elle-même de l’acte conjugal et le prive non seulement de sa signification procréatrice, empêchant la fécondation, mais il met également en péril l’objectif d’être ‘une seule chair’, dans le sens du don intégral dans l’union des époux », affirme le texte. Des propos ambigus qui rappellent ceux tenus par l’évêque d’Orléans en 2009. Mgr André Fort avait provoqué un tollé en laissant entendre que le préservatif n’était pas efficace pour empêcher la transmission du virus du sida (lire Préservatif: L’évêque d’Orléans dérape à nouveau en contestant la capote).

« S’ABSTENIR DE RELATIONS SEXUELLES »
Encore plus fort, en cas d’infection de l’un des conjoints, un couple marié doit opter pour le choix de l’abstinence. « Confrontés au risque d’une infection, les époux peuvent décider de s’abstenir de relations sexuelles, comme c’est le cas dans d’autres pathologies, ajoute le Père Perez-Soba. Bien qu’il ne reflète pas forcément le point de vue officiel du Vatican, l’article de L’Osservatore Romano a été publié à la veille d’un colloque consacré à la « La centralité des soins à la personne dans la prévention et le traitement du sida », organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.

LE VATICAN ET LE PRÉSERVATIF: UN DISCOURS QUI CAPOTE?

L’Eglise semble décidément avoir du mal à tenir un discours cohérent sur la préservatif. En mars 2009, le pape déclare que le préservatif n’était pas un moyen de lutter contre le sida lors d’un voyage officiel en Afrique. Ajoutant même: « Cela aggrave le problème ». Devant l’indignation de la communauté internationale, Benoît XVI revient sur ses déclarations, expliquant notamment qu’elles avaient été mal interprétées. En 2010, volte-face. Dans un livre d’entretien, le Souverain pontife admet pour la première fois que l’utilisation du préservatif peut se justifier dans certains cas très précis pour protéger du sida (lire Pour la première fois, Benoît XVI admet que le préservatif peut protéger du sida). Des propos qu’il tempère néanmoins, ajoutant que ce « n’est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l’infection du VIH » et souligne: « Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c’est exactement le danger ».

International | Religion | 25.05.2011 - 20 h 21 | 29 COMMENTAIRES
États-Unis: Un révérend homophobe prévoit l’Apocalypse pour le 21 octobre

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Les voies du Seigneur sont impénétrables, dit-on. Le révérend Harold Camping (ci-dessous) vient d’en faire une fois de plus la cruelle expérience. A la tête d’un réseau américain de radios FM évangéliques, M. Camping avait promis la fin du monde pour le 21 mai 2011, c’est-à-dire samedi dernier. Las, Dieu n’a pas suivi et le « Judgment Day » (Jour du Jugement Dernier) annoncé à grand renfort de réclame a fait un flop.

NUL EN MATHS?
Le révérend avait pourtant déployé des moyens importants pour alerter la population. Des panneaux géants (ci-dessus) avaient fleuri aux carrefours des villes américaines: « Jugement dernier, le 21 mai 2011 », « Garanti par la Bible » pouvait-on y lire en grosses lettres. Un coup de pub divin (!) pour cette chaîne basée à San Francisco mais qui a vite tourné à la farce. Au point que que le San Francisco Weekly, qui a interviewé le révérend il y a quelques semaines, titrait hier « Harold Camping sucks at maths » (Harold Camping est nul en maths). Il faut dire que le révérend Camping se base sur une méthode de calcul très personnelle pour dater la fin du monde. Au terme de savantes combinaisons, il avait ainsi affirmé que samedi 21 mai, 7000 ans seraient passés depuis le Déluge. Une méthode qui semble lui jouer des tours. Le prédicateur avait déjà prédit la fin du monde pour le 6 septembre 1994. Depuis, le révérend a dû reconnaître une nouvelle erreur. Il s’est dit « troublé » à la chaîne CNN que ses prédictions ne se réalisent pas. On le comprend.

ISRAEL ET LA GAY-PRIDE
En revanche, le révérend n’a pas besoin de faire de savants calculs pour désigner les responsables de la colère divine. « Dans la Bible, Dieu nous offre de nombreux signes destinés à avertir le monde que le Jugement dernier et la fin des temps sont imminents », écrit-il dans un éclairant fascicule intitulé « Gay Pride, un signe de la fin des temps planifié par Dieu » (disponible en français). Et de citer en exemples la création de l’Etat d’Israël et la « profonde détérioration spirituelle » que l’on peut constater dans la plupart des églises. « Mais aucun signe n’est aussi dramatiquement clair que le phénoménal succès mondial du mouvement de la Gay Pride », poursuit M. Camping, évoquant la cité de Sodome ainsi que sa destruction, comme symbole du Jugement dernier.

Troublé mais pas découragé par ce nouveau revers, le révérend a expliqué que le 21 mai n’était qu’un avant-goût « spirituel » de l’Apocalypse à venir. Selon lui, la vraie fin des temps sera le 21 octobre. Ce jour-là, à 18 heures précises (pour chaque fuseau horaire), prédit-il, « de puissants séismes anéantiront la Terre et ceux que Dieu n’a pas élus périront dans d’atroces souffrances ». En attendant la date fatidique, les gay-prides de l’été sont sauvées. Rendez-vous à la rentrée.