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Un complément d'actualité LGBT
Et vous, qu'en pensez-vous?
Associatif | Région | Société | Sport | 16.04.2012 - 22 h 04 | 17 COMMENTAIRES
Paris Foot Gay et Pierre Guénin jouent la carte de l’humour face au dérapage de Louis Nicollin

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«ET OUI, JE SUIS UN PÉDÉ!»
Déjà épinglé par les associations LGBT pour des propos homophobes, le patron du Montpellier Hérault Sport Club, affectueusement surnommé Loulou par ses fans, avait pris de bonnes résolutions: signature de la Charte contre l’homophobie et participation au clip contre l’homophobie dans le sport de l’association Paris Foot Gay. Une participation qui lui a valu de recevoir récemment le prix Pierre Guénin contre l’homophobie, provoquant un début de controverse (lire Louis Nicollin, lauréat d’un prix contre l’homophobie? Seriously?). Louis Nicollin, homophobe repenti? Un beau tableau qui a volé en éclats jeudi dernier quand Loulou a récidivé au micro de RMC: «Au dernier moment j’ai eu peur, je ne suis pas allé au Vélodrome voir OM-Montpellier. Eh oui, je suis un pédé!», a-t-il déclaré pour expliquer pourquoi il ne s’est pas rendu au match entre Montpellier et l’OM.

«RAVI D’APPRENDRE PAREILLE NOUVELLE»
Contacté, Pierre Guénin, fondateur du prestigieux prix du même nom, choisit de répliquer sur le ton de l’humour: «Ravi d’apprendre pareille nouvelle. Que mon prix Pierre Guénin contre l’homophobie ait pu convaincre Louis Nicollin à ce point là; je vais finir par croire au Bon Dieu. Mon cher Louis, viens recevoir ton prix à l’Hôtel de Ville de Paris. Le 14 mai. J’y recevrai moi-même la médaille de Chevalier des Arts et des lettres de la main de l’adjoint de Delanoë, Christophe Girard. Il y aura du beau monde et nous ferons la fête».

«IL N’EST PLUS HOMOPHOBE»
Du côté du Paris Foot Gay, on rit plutôt jaune, et on fait le dos rond. L’association, pourtant prompte à dégainer contre l’homophobie dans le monde du foot n’a pas cru bon de réagir à la sortie de la star de son dernier clip. Volonté de ne pas ternir l’image de l’une de ses plus belles prises? «Il a fait son coming out», plaisante Pascal Brethes, président de l’association, qui préfère relativiser l’incident: «Nous n’avons pas réagi car il nous a prouvé à travers ses actions qu’il n’est plus homophobe. On est quand même très loin de ses anciennes déclarations violentes». Tout en reconnaissant que ces derniers propos font taches: «C’est dans la logique du personnage, un humour dingo et profondément douteux». Bref, avant même de recevoir son prix, le lauréat 2012 de la lutte contre l’homophobie a déjà du plomb dans l’aile…

[Mise à jour, 17 avril, 20h11]

Dernier rebondissement dans ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Nicollin. Alors que Pierre Guénin, «ravi», avait décidé de prendre l’affaire avec légèreté, un communiqué émanant pourtant de son propre service de presse vient de tomber: Loulou ne recevra finalement pas le prix qui devait le récompenser pour son engagement (de courte durée) contre l’homophobie (lire Le prix Pierre Guénin contre l’homophobie retiré à Louis Nicollin).

«En participant au clip du Paris Foot Gay, Louis Nicollin avait donné des gages. Nous sommes au regret de constater aujourd’hui qu’on ne pouvait leur accorder que peu de prix, et que l’insulte ou le commentaire à caractère homophobe font hélas bien partie du patrimoine génétique et « culturel » du Président du Club de Football de Montpellier. Une manière bien ingrate de répondre à la main qui lui avait été tendue», écrit le jury dans son communiqué.

Photo DR

Coup de gueule | Musique | People | 07.07.2011 - 17 h 54 | 53 COMMENTAIRES
À quoi joue le rappeur Cortex?

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Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur cortex clash samy messaoud (pour le clip je suis gay)!!!

L’homophobie serait-elle devenue la nouvelle poule aux oeufs d’or marketing pour les rappeurs en mal de publicité? Après la polémique déclenchée par les propos de Lefa du groupe Sexion d’Assaut (lire Une interview homophobe de Sexion d’Assaut secoue le net), c’est au tour du rappeur Cortex de se distinguer dans une vidéo postée sur le Net hier soir.

« C’EST LES GAYS QUI CONTRÔLENT? »
C’est le site de Jean-Marc Morandini, jeanmarcmorandini.com, spécialisé dans les clashs en tout genre, qui révèle cette nouvelle sortie homophobe du rappeur. L’objet de ce discours nauséabond? Une autre révélation de M. Morandini, le chanteur Samy Messaoud et son clip intitulé « Je suis gay » (voir ci-dessous). La vidéo, d’une subtilité toute discutable et dans lequel il apparaît nu, connaît un certain succès sur le Net ces derniers jours. Le rappeur aurait-il pris ombrage de ce buzz?

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur Samy Messaoud – Je suis gay

«Samy Messaoud de mes couilles qui fait des clips de gay, on diffuse son clip, alors que moi on me censure parce que je montre des nichons», s’insurge le rappeur-poète. «Et l’autre, la cage aux folles on dit rien. Moi parce que je suis un noir, on me censure. Moi j’ai le cul propre, je m’en fout. Et ce vieux PD, on le laisse faire ça. Eh Samy, suces moi la bite, salope!», lance encore Cortex. «Moi je veux montrer, des nichons et des femmes en string et on me les coupe. Et des clips comme ça on les laisse. C’est donc les gays qui contrôlent? Je suis pas homophobe, n’allez pas dire encore Cortex homophobe.» Un palier supplémentaire dans la provocation pour ce rappeur qui n’en est pas à son coup d’essai.

COUP DE PUB?
Car Cortex, Sébastien Gozlin de son vrai nom, 30 ans, a déjà défrayé la chronique au début de l’année en déclarant dans l’un des titres de son dernier album qu’il ne supportait pas «que le maire de Paris soit pédé». En référence à Bertrand Delanoë qui a fait son coming-out en 1998. L’association SOS Homopobie a dénoncé un «dérapage haineux», amenant le chanteur à s’excuser du bout des lèvres sous prétexte qu’il ne supportait pas que le politicien «expose ses penchants sexuels». Il y a deux jours, le rappeur a été condamné à 500 euros d’amende et 1 000 euros de dommages et intérêts, par le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir menacé «d’égorger» Marine Le Pen, dans une vidéo diffusée sur le Web en mars.

Faut-il y voir un exemple des «tensions qui existent entre les différentes minorités», comme l’avance le magazine LGBT suisse 360°? «Les associations gay arguent souvent que les lois en vigueur ne protègent pas les homosexuels des propos discriminatoires comme c’est le cas pour le racisme. A l’inverse, certains dénoncent le fait que la minorité homosexuelle serait favorisée au regard d’autres groupes sociaux», note le magazine. Autre hypothèse avancée, cette vidéo ne serait qu’un moyen de se faire de la publicité. «Il est de ce fait difficile de savoir quelle attitude adopter face à ce genre de propos, conclut 360°, [faut-il] les condamner fermement ou les ignorer pour ne pas accorder à leurs auteurs une attention démesurée?»

Et vous, que pensez-vous de cette vidéo, simple coup marketing ou véritable déclaration de guerre aux homos?

[Mise à jour, vendredi 8 juillet 2011, 12:10] Samy Messaoud annonce son intention de déposer plainte contre le rappeur Cortex dans une interview accordée ce matin au magazine Têtu. «Il y a aussi eu pas mal de critiques et puis une vidéo d’insultes de la part du rappeur Cortex, qui me traite de sale pédé», confie notamment le chanteur, qui ajoute: «Cela ne me touche pas mais je trouve ça nul et je vais déposer plainte contre lui.»

International | Politique | Religion | 20.06.2011 - 09 h 27 | 5 COMMENTAIRES
Les gays et les lesbiennes du Liechtenstein obtiennent enfin leur union civile

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La liesse était à son comble hier dans la ville de Schaan, où FLAY, principale association gay et lesbienne du Liechtenstein, avait établi son QG de campagne. Car cette fois, c’est la bonne. Dès le 1er septembre prochain, les couples de même sexe de la Principauté pourront officialiser leur union à travers un «partenariat enregistré» (partenariat civil, ndlr). Malgré l’opposition de l’Eglise et de groupes catholiques conservateurs, la loi a été littéralement plébiscitée, avec 68,8% des voix et une participation qui a atteint 74,2% des inscrits. Porté en triomphe par les militants, le président de FLAY, Daniel Seger (ci-dessus) s’est dit «soulagé» et «ravi» mais surtout «stupéfait d’un résultat aussi net. Cela montre clairement que le peuple ne se laisse pas impressionner, ni guider par de faux arguments», a-t-il affirmé au journal local Volksblatt.

«UN SIGNE VERS DAVANTAGE DE JUSTICE ET DE TOLÉRANCE»
Soulagement aussi du côté du gouvernement. «Avec ce oui clair au partenariat enregistré, le Liechtenstein fait un signe vers davantage de justice et de tolérance, car par cette démarche, nous supprimons la discrimination actuelle qui frappe les couples de même sexe», s’est réjoui Klaus Tschütscher, le chef du gouvernement, interrogé par l’Agence Télégraphique Suisse (ATS). Car l’issue du vote était des plus incertaines. Fruit d’un large consensus politique, le texte avait pourtant déjà été adopté par le Landtag (Parlement) à la majorité absolue en mars 2011. Mais un groupuscule appelé Vox Populi (la voix du peuple, en latin) avait réussi à récolter en un temps record les 1000 signatures nécessaires à la tenue d’un référendum sur le sujet.

Qui se cache derrière cette mystérieuse «association citoyenne»? Les médias et les politiques se sont interrogés, lorsqu’un certain Johannes Schraner (ci-contre) de Mauren, petite commune située au nord de la principauté, a réclamé un référendum sur la loi ouvrant le partenariat civil. Même le FBP, pourtant principal parti conservateur du pays, s’est officiellement inquiété de ce qu’«en dehors de M. Schraner, les membres de Vox Populi […] se cachent derrière leur association» (lire Liechtenstein: vers un référendum contre le partenariat pour les couples de même sexe?). Et pour cause, Johannes Schraner ne serait en réalité qu’un prête-nom pour le compte du diocèse de Vaduz. Le Liechtensteiner Vaterland, premier quotidien du pays, a révélé que M. Schraner n’est autre qu’un cousin du très conservateur archevêque de Vaduz, Wolfgang Haas. Lequel a mené une campagne acharnée contre la loi, parlant de «scandale» pour qualifier «la reconnaissance légale d’un lourd péché». Le Vicaire Général a stigmatisé les actes homosexuels les assimilant à de «graves déviations». Pour ces intégristes, reconnaître les couples de même sexe équivaut à «affaiblir la famille». C’est d’ailleurs le slogan choisi par Vox Populi pour ses affiches placardées dans les villes.

La campagne a été menée par courriers des lecteurs interposés dans la presse locale et entrecoupée par l’arrachage d’affiches appelant à voter contre le référendum. Toutefois, cet intense lobbying n’aura pas empêché les électeurs d’infliger un cinglant désaveu au groupe catholique conservateur et à l’Eglise. La loi prévoit pour les couples de même sexe les mêmes droits que les couples mariés en matière fiscale, d’héritage, d’assurances sociales, de prévoyance professionnelle et de naturalisation. Seul bémol: les «pacsés» ne pourront ni adopter, ni bénéficier de la procréation assistée. Mais un soutien aussi massif aux homos constitue déjà une grande avancée pour ce petit pays dont la population est majoritairement catholique, comme le rappelle le Liechtensteiner Vaterland. Le quotidien évoque un «premier pas» dans le domaine de la «politique sociale» et prédit que le prochain défi en la matière sera la dépénalisation de l’avortement, actuellement passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison dans la Principauté. Jusqu’à hier, le Liechtenstein était encore le seul pays germanophone à ne pas avoir octroyé aux homosexuel-le-s la possibilité de contracter une union civile.

Photo Extrait de Videonews – Volksblatt

Politique | 18.06.2011 - 10 h 00 | 19 COMMENTAIRES
L’appel à la démission de Roselyne Bachelot dévoile une majorité divisée

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Les députés ont rejeté mardi 14 juin la proposition de loi des socialistes qui visait à ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe. Mais le débat continue au sein de la majorité. Après l’appel de trois députés et membres du collectif parlementaire de La Droite populaire – Philippe Meunier, Jacques Myard et Jean-Paul Garraud – réclamant le départ de la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot dès mercredi soir en raison de ses propos en faveur du mariage pour les couples homos (lire Des députés UMP veulent faire payer à Roselyne Bachelot son soutien au mariage des couples homos), les réactions se sont multipliées.

«UNE OPINION PERSONNELLE»

Hormis les déclarations tonitruantes du député UMP François Grosdidier qui dans le Journal du dimanche, a fustigé l’appel des trois députés, dénonçant une «initiative ridicule et choquante», la majorité s’est employée à désamorcer la polémique. «Une opinion personnelle» exprimée par la ministre des Solidarités, a commenté sa collègue du gouvernement, Nadine Morano. Même sobriété de la part du numéro un de l’UMP Jean-François Copé, lequel a avancé que la ministre avait «pris une position personnelle». Le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer a également désapprouvé jeudi l’initiative de La Droite populaire sur BFM-TV. «Elle a toujours eu cette opinion, elle l’a exposée à de très nombreuses reprises, elle n’a pas changé et donc je trouve que cette prise de position de trois de mes collègues députés n’a pas lieu d’être», a déclaré M. Accoyer sur RMC et BFM-TV. Il a souligné qu’«en plus, chacun a sa liberté d’opinion sur des questions de société».

En début de soirée, c’est au tour de la secrétaire d’Etat à la jeunesse et ex-présidente de feue la Halde Jeannette Bougrab de voler au secours de Roselyne Bachelot sur l’antenne de Public Sénat. Jugeant «très triste» que plusieurs députés UMP cherchent à mobiliser leurs collègues de l’UMP en vue d’obtenir la démission de la ministre, Jeannette Bougrab s’est redit elle aussi «favorable» au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels, comme elle l’avait déjà annoncé à Yagg en 2010.  La secrétaire d’Etat a mis en avant ses convictions. «Je suis ministre et j’ai des convictions personnelles: j’estime que la marche vers l’égalité [passera par] cette reconnaissance. Quand on interroge les Françaises et les Français, ils sont quand même moins conservateurs». Tout comme Roselyne Bachelot, elle a également affirmé que la France viendra un jour au mariage pour les couples homosexuels, «comme il existe en Espagne, comme il existe aux Pays-Bas». «Moi j’ai été très surprise qu’à l’arrivée de Zapatero […], ça a été adopté dans un pays qui est pourtant profondément catholique et très pratiquant», a-t-elle dit.

«ROSELYNE BACHELOT A ASSOCIÉ LA DROITE POPULAIRE A LA PENSÉE DES BEAUFS»

Ce contre-feu n’a pas suffit à éteindre les ardeurs des parlementaires les plus ultras de La Droite populaire. Dans une sorte de baroud d’honneur, le député UMP et cofondateur du collectif Christian Vanneste s’est employé à flinguer la ministre des Solidarités sur LCP: «Roselyne Bachelot a associé la droite populaire à la pensée des beaufs […]», a-t-il affirmé jeudi lors de  à l’émission. L’élu du Nord, habitué des déclarations homophobes (il a qualifié le mariage de couples homos d’«aberration anthropologique») l’a tout simplement menacée de ne plus voter en faveur de ses projets de loi.

Toutes ces marques de soutien à Roselyne Bachelot ne peuvent faire oublier que sur les 293 députés de la majorité présidentielle (UMP et Nouveau Centre réunis), seuls 10 d’entre eux se sont prononcés en faveur de la proposition de loi ouvrant le mariage pour le couple de même sexe. 9 se sont abstenus. Parmi les 10 figure la députée Henriette Martinez, qui, bien que faisant partie de La Droite populaire, a voté en faveur de la proposition de loi socialiste. «La famille n’est plus le modèle traditionnel que l’on a connu. Ce qui compte dans l’amour, c’est l’équilibre mais il faut aussi un encadrement juridique qui sécurise la famille», a déclaré l’élue à Yagg lors de la présentation de loi jeudi 9 juin (lire Henriette Martinez (UMP): «Je me démarque de mon groupe par mes convictions»).

«OPINION PERSONNELLE» ET «LIBERTE D’EXPRESSION»

Les trois députés à l’origine de le fronde anti-Bachelot semblent donc bien isolés au sein de leur propre parti. Pour preuve, seuls quatre de leurs collègues avaient répondu présents à leur appel, jeudi soir. Il s’agirait de Nicolas Dhuicq, Christophe Guilloteau, Jacques Remiller et bien entendu Christian Vanneste, selon M. Meunier. Tous les quatre sont également membres du collectif La Droite Populaire. Même Thierry Mariani (ci-contre), secrétaire d’Etat aux Transports, pourtant membre fondateur du collectif, a désapprouvé jeudi soir l’appel à la démission de sa collègue au gouvernement: «Si je ne partage pas la position de Mme Bachelot sur le mariage entre personnes du même sexe, auquel je suis opposé, tout le monde a le droit à la liberté de conscience», a-t-il affirmé. Thierry Mariani a rappelé que les positions de la ministre étaient «connues et anciennes» sur ce sujet et que «personne ne doutait de son honnêteté».

SOUCI DE RESPECTABILITÉ 

Finalement, tout se passe comme si cette frange de l’UMP était devenue trop extrême pour le parti présidentiel. Car les déclarations d’un Christian Vanneste ou d’une Brigitte Barèges cadrent mal avec le souci de respectabilité affiché par la majorité. L’UMP avait en effet pris soin de ne pas retomber dans l’opposition grotesque que les élus RPR avaient déployée contre le Pacte de solidarité civil (pacs) en 1999. Douze ans après, il s’agissait de présenter une nouvelle image pour faire oublier «la droite cassoulet» et ne plus apparaître uniquement comme un parti rétrograde. A l’instar de Christian Jacob et de Christian Estrosi. A l’époque, tous deux sont de farouches opposants au pacs (le second ira même jusqu’à proférer qu’il allait «même concerner les frères et les sœurs»).

Or, depuis 2008, M. Estrosi autorise les couples homos (comme hétéros) à organiser une cérémonie à la mairie de Nice pour signer leur Pacs et a même inauguré un centre LGBT en plein coeur de sa ville en mai dernier. Quant à Christian Jacob, devenu chef de file des députés UMP, il a assuré mardi lors du vote de la proposition de loi que la majorité avait conscience qu’il faut «avancer sur les sujets liés aux droits des homosexuels», annonçant dans la foulée, sans rire, «un groupe de travail» pour plancher sur le sujet. L’exemple vient d’en haut: Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas reconnu une «erreur» à propos du pacs? Dans une interview accordée au Nouvel Observateur en 2009, le chef de l’Etat faisait son mea culpa, déclarant: «C’était ridicule et outrancier. On s’est trompé. J’en ai tiré des conséquences définitives. Jamais il ne faut se raidir. Jamais il ne faut se bunkériser, jamais il ne faut détester». Dire qu’il aura suffit de la volonté de quelques député-e-s pour faire capoter cette belle unanimité…

[Mise à jour, 10:30] Le Premier ministre François Fillon apporte son soutien à Roselyne Bachelot dans une interview à paraître aujourd’hui dans le quotidien Nice Matin. Il juge «grossier» et «presque totalitaire» l’appel lancé par des députés UMP issus de la Droite populaire à la démission de la ministre. « Cela relève de «convictions personnelles et elles sont toutes respectables. Personnellement, je suis opposé au mariage homosexuel», a rappelé François Fillon. Il s’est toutefois dit «favorable à une amélioration du Pacs», ajoutant citer «souvent en exemple ce que fait Christian Estrosi à Nice avec la célébration du Pacs en mairie». «C’est d’ailleurs une disposition qu’avait prévue le président Sarkozy dans son programme en 2007», a-t-il noté.

Coup de gueule | Politique | 16.06.2011 - 09 h 00 | 25 COMMENTAIRES
Des députés UMP veulent faire payer à Roselyne Bachelot son soutien au mariage des couples homos

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En déclarant hier sa flamme à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe lors de Questions d’Info sur LCP/France Info/AFP, la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot a provoqué l’ire des députés UMP Philippe Meunier, Jacques Myard et Jean-Paul Garraud. Les trois parlementaires, par ailleurs membres du collectif de La Droite populaire, ont réclamé par voie de presse le soir-même la démission de la ministre.

« DE TOUTE FAÇON, CELA SE FERA »

Mme Bachelot a estimé au cours de l’émission à propos du mariage des couples homosexuels que « de toute façon, cela se fera » et que c’est une « question de mois, d’années ». Affirmant qu’elle aurait voté le texte du PS en ce sens, rejeté mardi par l’Assemblée, elle a déclaré, non sans malice: « J’ai remarqué que sur ces sujets, à la fin, j’avais toujours gagné. » Une petite phrase qui n’a pas plu à ses anciens collègues parlementaires.

« Nous demandons tous les trois à Mme Bachelot de démissionner. Ses déclarations sont scandaleuses. La majorité vient de rejeter une proposition de loi socialiste sur le mariage homosexuel. Si elle se situe au côté du PS et pas de la majorité, alors il faut qu’elle démissionne !», a déclaré à l’AFP M. Meunier. L’élu du Rhône a précisé qu’il allait appeler jeudi ses collègues UMP à signer un texte pour exiger la démission de la ministre.

« MEPRIS » ET « PROSELYTISME CATÉGORIEL »

Le député UMP Jacques Myard, qui s’est récemment illustré en mettant l’homosexualité sur le même plan que la zoophilie (lire Jacques Myard: « Messieurs les homos des deux sexes, foutez-nous la paix! ») a condamné à son tour les propos de la ministre.  « Elle est incohérente, elle rompt la solidarité gouvernementale et surtout, elle va directement à l’encontre d’un vote de l’Assemblée nationale, dont elle se fout visiblement. C’est grave, c’est du mépris », a affirmé le député des Yvelines également à l’AFP. « Dans cette affaire de mariage homosexuel, on est vraiment face à du prosélytisme catégoriel qui devient insupportable » a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première fois que la ministre se retrouve dans la ligne de mire de ces députés. En juillet 2010, lorsqu’elle évoque l’ouverture de salles de shoot pour les drogués dépendants, Jean-Paul Garraud publie une tribune sur son blog, priant la ministre de ne pas « se laisser aller ». Il a le soutien de Philippe Meunier et Jacques Myard, mais aussi celui de Brigitte Barèges et de Christian Vanneste. Car ces parlementaires sont également des figures de proue de La Droite populaire, un « collectif » de députés lancé en juillet 2010 après la raclée des régionales. Regroupant l’aile dure de la majorité, ils ont pour ambition de porter les valeurs de la « vraie droite ». Certains se rêvent d’ailleurs en « faucons » de Nicolas Sarkozy, sur le modèle de la garde rapprochée de l’ancien président des Etats-Unis George W. Bush. La charte du collectif place le patriotisme et surtout la sécurité – « première des libertés » – parmi leurs premières valeurs, avec l’école et la « gestion rigoureuse des deniers publics ».

« Sur les questions de société, je demande pour moi beaucoup de respect pour mes positions. J’ai le même respect pour les autres », a également affirmé Mme Bachelot au cours de l’émission. Revenant sur le vote du Pacs en 1999, elle a dit: « Ce que note avec intérêt, c’est que j’avais été seule au moment du Pacte civil de solidarité  Et que, aujourd’hui, les choses sont devenues beaucoup plus transversales. Et je note aussi que j’avais été l’objet d’attaques assez ignobles et violentes. Et que là, il y a vrai respect qui a gagné dans l’appréciation des positions des unes, des uns et des autres. » Roselyne Bachelot aurait-elle parlé un peu vite?

Regardez Roselyne Bachelot répondre aux questions des journalistes de Questions d’Info sur LCP/France Info/AFP (à partir de 17:35).

[Mise à jour 11:12] La ministre chargée de l’apprentissage, Nadine Morano, a apporté son soutien à Roselyne Bachelot ce matin sur France Info. « Elle n’était pas là pour prendre position sur un texte (…) mais pour exprimer son opinion personnelle », a-t-elle affirmé. Nadine Morano s’est dit favorable à « l’amélioration du Pacs et à sa signature en mairie », favorable aussi à la modification de l’art 365 du Code civil qui permettrait de « protéger les enfants de couples de même sexe ».

[Mise à jour 12:05] Le député UMP François Grosdidier dénonce à son tour l’initiative de ses collègues parlementaires, jugeant leur proposition « ridicule et choquante » dans une interview publiée ce matin par le Journal du Dimanche. « Roselyne Bachelot s’exprime en conscience, et elle en a tout à fait le droit, affirme le parlementaire. « Elle est en plus cohérente avec elle-même, puisque je crois me souvenir qu’elle était l’une, voire peut-être même la seule, parlementaire du RPR à avoir voté en faveur du Pacs. Nadine Morano, elle, a une position moins tranchée sur le sujet, et alors? », ajoute l’élu de Moselle. Rappelant à ses trois collègues que « la liberté d’expression vaut pour eux comme pour les autres », il évoque à leur sujet une « démonstration d’intolérance ».

Politique | 14.06.2011 - 17 h 16 | 30 COMMENTAIRES
Marine Le Pen met sur le même plan l’ouverture du mariage au personnes de même sexe et la polygamie

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Décidément, c’est la journée des contres-vérités. Alors que le ministre du Budget François Baroin déclarait ce matin sur RTL qu’il était contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe au motif que ses amis homos ne voulaient pas marier (lire François Baroin sur RTL: «Dans mon entourage, j’ai des amis qui sont gays; je n’en connais pas un qui veuille se marier»), Marine Le Pen réaffirmait au même moment au micro de Patrick Cohen sur France Inter son opposition au mariage pour les homos au nom des « règles de notre société », et de « notre civilisation ».

Si la présidente du FN fait une place aux homos au sein de la « communauté nationale » dans ses discours (lire Nancy: le collectif LGBT Lorraine épingle un élu FN « plutôt gai »), elle n’en reste pas moins aux commandes d’un parti farouchement opposé à l’égalité des droits. Alors, quand un auditeur l’interroge sur le sujet, Marine Le Pen a tout le loisir de mettre les points sur les i: « Quel est le rapport entre le mariage homosexuel et la laïcité? », fait-elle mine de s’étonner, « Je ne vois en ce qui me concerne strictement aucun rapport entre les deux. »

« POURQUOI PAS L’AUTORISATION DE LA POLYGAMIE? »

« Les règles de notre société, c’est que le mariage s’effectue entre un homme et une femme, convient-elle. Je ne pense pas qu’il soit positif de changer cette règle. Si on part de ce principe, on peut aller à la limite très loin dans la modification de notre civilisation. On peut aussi décider que, après tout, pourquoi n’a-t-on le droit que de se marier avec un homme? (…) Pourquoi pas avec plusieurs? Pourquoi pas l’autorisation de la polygamie! Il existe des familles polygames, pourquoi est-ce que demain un certain nombre de groupes politico-religieux ne demanderaient pas que la polygamie, sous prétexte d’égalité des droits, soit inscrite dans le code civil français? Eh bien, c’est une autre civilisation. »

« On dit que les homosexuels réclament le mariage homosexuel», ajoute la présidente du FN. « Moi je m’élève contre ça, c’est faux. C’est une toute petite minorité qui le réclame, comme d’ailleurs c’était une toute petite minorité qui réclamait le pacs, laissant croire que l’ensemble des homosexuels réclamaient le pacs. Résultat du pacs: 5% seulement sont des pacs homosexuels. Donc ça n’était pas une demande des homosexuels mais bien une demande d’une minorité. »

Patrick Cohen la reprend: « Donc vous vous êtes trompée sur le pacs? Vous étiez contre le pacs, vous réclamiez son abrogation dans le programme présidentiel de 2002 et 2007. » Réponse plutôt gonflée de Marine Le Pen à l’animateur: « Ce sont les gens qui ont cédé à ces revendications qui se sont trompés, puisque ça n’était pas une demande des homosexuels. » Patrick Cohen insiste: « Mais alors, faut-il abroger le Pacs? ». L’intéressée botte en touche: « Les choses sont faites. Beaucoup d’autres en ont bénéficié: frères, sœurs, couples hétérosexuels… [Le pacs] est une niche fiscale », affirme-t-elle.

« LE DROIT D’ADOPTION? JE SUIS ÉGALEMENT CONTRE »

Au journaliste Thomas Legrand qui lui demande si elle est pour « une avancée des droits envers les couples homosexuels qui existent », Marine Le Pen réaffirme la doctrine prônée par son père lorsqu’il était à la tête du FN en matière de sexualité (lire l’analyse du spécialiste de l’extrême-droite Jean-Yves Camus sur cette question), à savoir la non-immixion du parti dans la vie privée de ses membres. « On ne se mêle pas de la vie privée des gens, on considère que cela fait partie de la sphère intime, rappelle Marine Le Pen. « Quels droits autres que ceux obtenus par un certain nombre avec le pacs? Le droit d’adoption? Je suis également contre », conclut-elle.

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