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International | Religion | Santé | 27.05.2011 - 18 h 14 | 10 COMMENTAIRES
Sida: Le journal officiel du Vatican hostile au préservatif et aux campagnes de prévention

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Le Vatican reprendrait-il son offensive contre la capote? On peut le penser à la lecture d’un article publié mardi 25 mai dans L’Osservatore Romano, journal officiel du Saint-Siège, qui dénonce l’usage du préservatif et condamne les campagnes de prévention contre le Sida.

Intitulé « L’amour conjugal au temps du sida », ce texte réaffirme avec précision la doctrine de l’Église sur l’usage du préservatif au sein des couples, en particulier sous la menace du sida. « Il faut rappeler que, bien que l’usage du préservatif lors d’un acte isolé puisse avoir une certaine efficacité dans la prévention du sida, celui-ci n’est pas en mesure de garantir une sécurité absolue […]. En conséquence, il n’est pas approprié d’en conseiller l’utilisation comme moyen efficace de lutte contre la contagion », écrit le Père Juan José Perez-Soba, enseignant en théologie morale à l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille.

« FAUSSE CROYANCE »
Le théologien s’en prend également aux campagne de prévention contre le Sida, coupables à ses yeux d’aliment[er] « la fausse croyance selon laquelle il n’y aurait aucun danger […], et d’augment[er] la possibilité d’infection. » Bref, « Présenter le préservatif comme une solution à ce problème est une grave erreur, tranche le Père Perez-Soba. Le choisir simplement comme une pratique habituelle est un manque de responsabilité dans la rencontre avec l’autre personne. » Au passage, le théologien n’hésite pas à remettre en cause la fiabilité de la capote au nom de l’exigence de la procréation et des liens du mariage. « Le préservatif, constituant une barrière, déforme en quelque sorte la réalisation elle-même de l’acte conjugal et le prive non seulement de sa signification procréatrice, empêchant la fécondation, mais il met également en péril l’objectif d’être ‘une seule chair’, dans le sens du don intégral dans l’union des époux », affirme le texte. Des propos ambigus qui rappellent ceux tenus par l’évêque d’Orléans en 2009. Mgr André Fort avait provoqué un tollé en laissant entendre que le préservatif n’était pas efficace pour empêcher la transmission du virus du sida (lire Préservatif: L’évêque d’Orléans dérape à nouveau en contestant la capote).

« S’ABSTENIR DE RELATIONS SEXUELLES »
Encore plus fort, en cas d’infection de l’un des conjoints, un couple marié doit opter pour le choix de l’abstinence. « Confrontés au risque d’une infection, les époux peuvent décider de s’abstenir de relations sexuelles, comme c’est le cas dans d’autres pathologies, ajoute le Père Perez-Soba. Bien qu’il ne reflète pas forcément le point de vue officiel du Vatican, l’article de L’Osservatore Romano a été publié à la veille d’un colloque consacré à la « La centralité des soins à la personne dans la prévention et le traitement du sida », organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.

LE VATICAN ET LE PRÉSERVATIF: UN DISCOURS QUI CAPOTE?

L’Eglise semble décidément avoir du mal à tenir un discours cohérent sur la préservatif. En mars 2009, le pape déclare que le préservatif n’était pas un moyen de lutter contre le sida lors d’un voyage officiel en Afrique. Ajoutant même: « Cela aggrave le problème ». Devant l’indignation de la communauté internationale, Benoît XVI revient sur ses déclarations, expliquant notamment qu’elles avaient été mal interprétées. En 2010, volte-face. Dans un livre d’entretien, le Souverain pontife admet pour la première fois que l’utilisation du préservatif peut se justifier dans certains cas très précis pour protéger du sida (lire Pour la première fois, Benoît XVI admet que le préservatif peut protéger du sida). Des propos qu’il tempère néanmoins, ajoutant que ce « n’est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l’infection du VIH » et souligne: « Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c’est exactement le danger ».

Coup de gueule | International | Religion | 05.02.2011 - 06 h 39 | 31 COMMENTAIRES
Des théologiens réclament l’acceptation des couples homosexuels dans l’Eglise

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Plus de 140 théologiens catholiques allemands, autrichiens et suisses ont appelé à une réforme de fond de l’Eglise de Rome qui accepterait les couples homosexuels en son sein, rapporte vendredi le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.


C’est un pavé dans la mare ou plutôt… dans les bénitiers. Plus de 140 théologiens catholiques allemands, autrichiens et suisses ont appelé à une réforme de fond de l’Église de Rome qui accepterait notamment les couples homosexuels en son sein, rapporte vendredi le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. A l’origine de ce texte, la « crise sans précédent » que traverse l’Église catholique depuis qu’a éclaté en son sein une série de scandales d’abus sexuels perpétrés par des prêtres. « L’an dernier a vu un nombre sans précédent de fidèles quitter l’église catholique. 2011 doit être l’année d’un nouveau départ pour l’Église », soulignent les 143 théologiens, pour la plupart enseignants dans des universités germanophones.

« UN RENOUVEAU INDISPENSABLE »
La pétition, qui s’intitule, « Église 2011 : un renouveau indispensable », appelle à la fin du « rigorisme moral » de l’Église. En ce qui concerne l’homosexualité notamment: l’Église ne doit plus rejeter « ceux qui partagent amour, fidélité et peines réciproques au sein d’un partenariat de même sexe, ou ceux divorcés qui décident de mener une vie responsable au sein d’un nouveau mariage », affirme ses signataires. Outre l’acceptation des couples homosexuels, les pétitionnaires réclament la participation des fidèles aux nominations des évêques ainsi que l’ordination de femmes au sein de l’Église et la fin du célibat des prêtres. « L’Église a besoin de prêtres mariés et de femmes pour occuper les postes de l’église », écrivent-ils à propos des conditions d’ordination des prêtres. « Les tumultes que peuvent susciter un dialogue ouvert, sans tabous, ne sont pas nécessairement bien perçus, surtout à la veille de la visite d’un pape, conclut le texte. Mais l’autre solution, le silence de mort, ne peut être acceptable car il réduit à néant les derniers espoirs ».

« UN SIGNAL POSITIF MAIS… »

La réponse de l’Église ne s’est pas fait attendre. Le soir-même, Radio-Vatican, « La voix du pape et de l’Église à travers le monde », s’est fait l’écho de la pétition des 143 théologiens à travers cette réponse de la Conférence des évêques allemands aux pétitionnaires: « Dans leur réponse, les évêques estiment que cette démarche est un signal positif car elle démontre le désir des signataires d’offrir leur contribution au dialogue sur l’avenir de la foi et de l’Église en Allemagne (…) Mais, ajoute le communiqué, ils constatent que certaines demandes, déjà fréquemment débattues, vont à l’encontre de convictions théologiques et de définitions ecclésiales fortement contraignantes et que des éclaircissements urgents s’imposent ». Une réponse qui sonne autant comme un appel à la prudence que comme une mise en garde toute en douceur. Pour le moment.

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International | Politique | Religion | 13.04.2010 - 07 h 00 | 0 COMMENTAIRES
Pédophilie: Pour se couvrir, le Vatican jette l’opprobre sur les homos

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«De nombreux psychologues et psychiatres ont démontré qu’il n’y avait aucun lien entre le célibat et la pédophilie et beaucoup d’autres, m’a-t-on dit récemment, qu’il y avait une relation entre l’homosexualité et la pédophilie. Cette pathologie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à un moindre degré si l’on regarde les pourcentages». L’auteur de cette déclaration outrancière n’est autre que le cardinal Tarcisio Bertone (voir photo), secrétaire d’État du Vatican. Le prélat, qui s’est exprimé lors d’une conférence de presse donnée à Santiago, est une sorte de premier ministre du pape. Ses déclaration ont donc valeur de communiqué de l’Église catholique. Mais pourquoi associer l’homosexualité à la pédophilie? Décryptage.

AVALANCHE DE RÉVÉLATIONS
Depuis le mois de mars, une avalanche de révélations secoue l’Église catholique. A l’origine, des victimes d’abus sexuels – commis par des prêtres – qui se décident à sortir du silence et qui dénoncent des faits remontant parfois jusqu’aux années 1960. Les affaires de pédophilie ne sont pas une nouveauté pour l’Église. Au début des années 2000, un énorme scandale ébranle l’Église catholique des États-Unis. «Il y aurait eu 4 440 prêtres accusés d’abus sur des mineurs et le nombre de victimes est évalué à 11 000», selon Frédéric Lenoir, directeur de la rédaction du Monde des religions. Jusqu’à présent, l’institution vaticane a réussi à éteindre les départs de feu en payant grassement les victimes en échange de l’abandon des poursuites. «Ces arrangements ont littéralement ruiné l’Église américaine. Sept diocèses ont été ruinés. En tout, c’est 2 milliards de dollars [1,49 milliard d’euros] qui ont été dépensés pour régler les histoires de pédophilie dans l’Église ».

Une banqueroute toutefois préférable à une faillite morale, bien plus préjudiciable à l’Église. Car il y a le feu à la Maison Vatican. Ces dernières années ont été catastrophiques pour son image. D’autant que le pape est lui aussi accusé d’avoir voulu étouffer des scandales de pédophilie dont il aurait eu connaissance des années plus tôt. Mais l’argent ne suffit pas à éteindre l’incendie. En 2009, les accusations de pédophilie sont relancées avec la publication du rapport Murphy en Irlande. Ce rapport révèle que cinq évêques ont couvert pendant plus de trente ans les abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants. Dès lors, l’Église ne peut endiguer la colère en fidèles irlandais, y compris parmi ses fidèles les plus dévoués.

CONTRE-OFFENSIVE MÉDIATIQUE
Dans un premier temps, le tsunami provoqué par ces révélations semble avoir paralysé le Vatican. Mais la contre-offensive médiatique est désormais lancée. Elle se joue en trois temps. Premier temps: l’Église veut montrer qu’elle fait acte de contrition. Après avoir reçu les responsables de l’Église d’Irlande au Vatican, Benoît XVI s’est fendu d’une lettre pastorale aux évêques dans laquelle il dénonce une «situation douloureuse» et des «crimes ignobles». Il a également annoncé vouloir rencontrer des victimes. Deuxième temps: remobiliser les fidèles. La «catosphère» est appelée à la rescousse: «papophobie», «acharnement», «généralisations». Le Vatican se pose en victime des médias. Troisième temps: il s’agit de désigner un bouc-émissaire. Comme les Juifs, appelés jusqu’à la fin du XIX è siècle «Tueurs du Christ» ne font plus l’affaire, l’Église s’en prend à une autre minorité: les LGTB. Une minorité qu’elle peut persécuter d’autant plus facilement que l’homophobie est une haine universelle, facile à rallumer à la moindre occasion. Des accusations d’autant plus absurdes que le pape Benoit XVI avait lui-même rejeté les amalgames entre pédophilie et homosexualité lors d’un voyage aux Etats-Unis en 2005. Un voyage qu’il effectuait déjà pour apaiser des fidèles éprouvés par des scandales pédophiles à répétition (Gayclic en parlait ici).

DES ASSOCIATIONS LGBT MONTENT AU CRÉNEAU
Les déclarations du numéro deux du Vatican ont déjà provoqué de vives réactions d’associations de défense des droits des LGBT: «Ni Bertone, ni le Vatican, n’ont l’autorité morale pour offrir des leçons de sexualité », s’insurge Rolando Jimenez, président du Mouvement pour l’intégration et la libération homosexuelle au Chili . Selon lui, il n’existe aucune étude pouvant étayer les propos du cardinal Bertone. «Il s’agit d’une stratégie perverse du Vatican qui cherche à fuir sa propre responsabilité » [dans les affaires de pédophilie, ndlr] a-t-il poursuivi, avant d’expliquer que l’un des scandales majeurs de prêtre pédophile au Chili avait mis en cause un ecclésiastique qui avait également mis enceinte une adolescente. Le cardinal Bertone a ajouté, sans donner de précision, que le pape prendrait bientôt «des initiatives audacieuses sur les affaires de pédophilie dans l’Eglise ». Toujours sur le dos des homos?

Photo Wulfstan

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