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Un complément d'actualité LGBT
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International | Politique | Religion | 20.06.2011 - 09 h 27 | 5 COMMENTAIRES
Les gays et les lesbiennes du Liechtenstein obtiennent enfin leur union civile

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La liesse était à son comble hier dans la ville de Schaan, où FLAY, principale association gay et lesbienne du Liechtenstein, avait établi son QG de campagne. Car cette fois, c’est la bonne. Dès le 1er septembre prochain, les couples de même sexe de la Principauté pourront officialiser leur union à travers un «partenariat enregistré» (partenariat civil, ndlr). Malgré l’opposition de l’Eglise et de groupes catholiques conservateurs, la loi a été littéralement plébiscitée, avec 68,8% des voix et une participation qui a atteint 74,2% des inscrits. Porté en triomphe par les militants, le président de FLAY, Daniel Seger (ci-dessus) s’est dit «soulagé» et «ravi» mais surtout «stupéfait d’un résultat aussi net. Cela montre clairement que le peuple ne se laisse pas impressionner, ni guider par de faux arguments», a-t-il affirmé au journal local Volksblatt.

«UN SIGNE VERS DAVANTAGE DE JUSTICE ET DE TOLÉRANCE»
Soulagement aussi du côté du gouvernement. «Avec ce oui clair au partenariat enregistré, le Liechtenstein fait un signe vers davantage de justice et de tolérance, car par cette démarche, nous supprimons la discrimination actuelle qui frappe les couples de même sexe», s’est réjoui Klaus Tschütscher, le chef du gouvernement, interrogé par l’Agence Télégraphique Suisse (ATS). Car l’issue du vote était des plus incertaines. Fruit d’un large consensus politique, le texte avait pourtant déjà été adopté par le Landtag (Parlement) à la majorité absolue en mars 2011. Mais un groupuscule appelé Vox Populi (la voix du peuple, en latin) avait réussi à récolter en un temps record les 1000 signatures nécessaires à la tenue d’un référendum sur le sujet.

Qui se cache derrière cette mystérieuse «association citoyenne»? Les médias et les politiques se sont interrogés, lorsqu’un certain Johannes Schraner (ci-contre) de Mauren, petite commune située au nord de la principauté, a réclamé un référendum sur la loi ouvrant le partenariat civil. Même le FBP, pourtant principal parti conservateur du pays, s’est officiellement inquiété de ce qu’«en dehors de M. Schraner, les membres de Vox Populi […] se cachent derrière leur association» (lire Liechtenstein: vers un référendum contre le partenariat pour les couples de même sexe?). Et pour cause, Johannes Schraner ne serait en réalité qu’un prête-nom pour le compte du diocèse de Vaduz. Le Liechtensteiner Vaterland, premier quotidien du pays, a révélé que M. Schraner n’est autre qu’un cousin du très conservateur archevêque de Vaduz, Wolfgang Haas. Lequel a mené une campagne acharnée contre la loi, parlant de «scandale» pour qualifier «la reconnaissance légale d’un lourd péché». Le Vicaire Général a stigmatisé les actes homosexuels les assimilant à de «graves déviations». Pour ces intégristes, reconnaître les couples de même sexe équivaut à «affaiblir la famille». C’est d’ailleurs le slogan choisi par Vox Populi pour ses affiches placardées dans les villes.

La campagne a été menée par courriers des lecteurs interposés dans la presse locale et entrecoupée par l’arrachage d’affiches appelant à voter contre le référendum. Toutefois, cet intense lobbying n’aura pas empêché les électeurs d’infliger un cinglant désaveu au groupe catholique conservateur et à l’Eglise. La loi prévoit pour les couples de même sexe les mêmes droits que les couples mariés en matière fiscale, d’héritage, d’assurances sociales, de prévoyance professionnelle et de naturalisation. Seul bémol: les «pacsés» ne pourront ni adopter, ni bénéficier de la procréation assistée. Mais un soutien aussi massif aux homos constitue déjà une grande avancée pour ce petit pays dont la population est majoritairement catholique, comme le rappelle le Liechtensteiner Vaterland. Le quotidien évoque un «premier pas» dans le domaine de la «politique sociale» et prédit que le prochain défi en la matière sera la dépénalisation de l’avortement, actuellement passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison dans la Principauté. Jusqu’à hier, le Liechtenstein était encore le seul pays germanophone à ne pas avoir octroyé aux homosexuel-le-s la possibilité de contracter une union civile.

Photo Extrait de Videonews – Volksblatt

International | Politique | Religion | 31.03.2011 - 11 h 39 | 7 COMMENTAIRES
Liechtenstein: vers un référendum contre le partenariat pour les couples de même sexe?

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« UNE DÉCISION INVRAISEMBLABLE »
Les couples gays et lesbiens du Liechtenstein vont-ils enfin pouvoir faire reconnaître officiellement leur union et bénéficier de droits jusqu’à présent réservés aux seuls couples mariés? Il y a quinze jours, le Landtag (Parlement) a adopté à l’unanimité la loi instituant un partenariat pour les couples de même sexe. Mais une obscure « association citoyenne » a décidé de jouer les trouble-fêtes. Vox Populi (« la voix du peuple » en latin) se présente sur son site internet comme une « association de citoyennes et de citoyens du Liechtenstein de différents âges et horizons ». Son objectif est de recueillir suffisamment de signatures de citoyens opposés à la loi sur le partenariat afin d’obtenir un référendum d’initiative populaire, comme le prévoit la Constitution du pays. A sa tête, Johannes Schraner, citoyen de Mauren, petite commune du nord de 3884 habitants. « Cette décision est invraisemblable, déclare son association dans un communiqué pour justifier sa mobilisation. Nous sommes convaincus qu’elle ne reflète pas l’état d’esprit du pays. »

Si les médias liechtensteinois se sont contentés de relayer l’information, la plupart des partis politiques n’ont guère apprécié l’initiative de ce citoyen si épris de démocratie. Même le FBP, pourtant principal parti conservateur du pays, n’a pas hésité à tancer M. Schraner et à poser ouvertement la question de sa crédibilité. « Le tenue d’un référendum d’initiative populaire contre une loi votée par le Parlement est un droit qui appartient à chaque citoyen (…), reconnaît le parti dans un communiqué diffusé mardi. Toutefois, Le FBP prend note avec préoccupation qu’en dehors de M. Schraner, les membres de Vox Populi ne se font pas connaître et se cachent derrière leur association. »

LARGE CONSENSUS POLITIQUE
Jusqu’à présent, les résistances contre la loi dans ce paradis fiscal de 36.000 habitants venaient principalement de l’Eglise catholique, à laquelle appartiennent les trois-quarts de la population. Ces dernières années, l’institution religieuse est régulièrement montée au créneau pour défendre sa conception du mariage (lire Le pacs discuté au Liechtenstein l’été prochain). L’archevêque de Vaduz, Wolfgang Haas, nommé par Jean-Paul II et connu pour ses positions très conservatrices, n’a cessé de clamer que l’homosexualité était un « grave péché » tout en qualifiant la disposition législative de « scandale ».

Des paroles qui n’ont manifestement pas effrayé les parlementaires, lesquels sont passés outre l’opposition de l’Eglise. L’un d’entre eux, qui n’est autre que l’ancien skieur Marco Büchel (ci-contre), a pris fait et cause pour le projet de loi, jugeant le point de vue des opposants au partenariat « méprisant face au genre humain » et « discriminatoire ». Il faut dire que le texte adopté par les parlementaires et qui s’aligne sur la Suisse, qui a adopté le partenariat civil en 2005 (lire ci-dessous), fait l’objet d’un large consensus dans la classe politique. Selon les termes de la loi, les couples de même sexe obtiennent les mêmes droits que les couples mariés en matière fiscale, d’héritage, d’assurances sociales, de prévoyance professionnelle et de naturalisation. En revanche, ils leur est interdit d’adopter ou d’avoir recours à la procréation assistée sous forme de don de sperme ou de mères porteuses.

Pour obliger les autorités à organiser un référendum, Vox Populi doit recueillir un minimum de 1.000 voix sous 30 jours. Faute de quoi, la loi entrera en vigueur comme prévu le 1er septembre 2011. Compte tenu de l’unanimité affichée par les parlementaires, la plupart des observateurs jugent que le mouvement de contestation initié par M. Schraner a peu de chance d’aboutir.

ZOOM SUR: LE VOISIN SUISSE

La Suisse a instauré un « partenariat enregistré » (« Eingetragene Partnerschaft » en allemand) pour les couples de même sexe en 2004. Baptisée Lpart ou PEPS, la disposition a rencontré l’opposition de partis politiques chrétiens et conservateurs. Ces derniers ont réussi à contraindre les autorités à soumettre la loi à un référendum d’initiative populaire. Le texte a tout de même été ratifié par 58% des Suisses en juin 2005, malgré l’opposition des cantons catholiques tels que le Jura, le Valais et le Tessin. La loi est entrée en vigueur le 1er janvier 2007. En 2008, 931 pacs suisses ont été enregistrés. A noter que le canton francophone de Genève s’est doté d’un partenariat ouvert aux couples de même sexe sur le modèle français dès 2001.

Associatif | International | Politique | Religion | 14.02.2011 - 05 h 47 | 8 COMMENTAIRES
Le Royaume-Uni pourrait faire un pas vers l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens

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Alors que le gouvernement de coalition britannique réfléchit à autoriser les couples homosexuels à organiser leur cérémonie de partenariat civil dans les lieux de culte, la presse se demande si ce projet annonce l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. Le point sur la situation.


Frisson général dans la presse britannique. « Les couples gays pourront bientôt se marier à l’église », titre The Guardian. Tout aussi euphorique, le site d’information LGBT Pinknews.co.uk espère que « le mouvement qui est marche va mettre fin à la plus importante discrimination légale contre les gays et les lesbiennes en Grande-Bretagne ». C’est un article du Sunday Telegraph qui fait souffler le vent du changement. Dans son édition de dimanche, le journal annonce que le gouvernement britannique serait sur le point d’autoriser les couples homosexuels à organiser leur cérémonie de partenariat civil dans des édifices religieux. La secrétaire d’Etat à l’Egalité, Lynne Featherstone, s’apprêterait à publier très prochainement une série de propositions sur le sujet parmi lesquelles les synagogues, les mosquées et les églises pourraient à terme accueillir les cérémonies de partenariats civils. L’union pourrait aussi inclure des chants ou la lecture de textes de la Bible, actuellement proscrits, et être conduite par des représentants religieux tels que des prêtres. Mais le mariage entre personnes du même sexe religieux demeurera soumis au bon vouloir du clergé local qui conserve le droit de s’y opposer.

POLÉMIQUE
Sommé de réagir, le gouvernement n’a pu que confirmer les révélations du journal: « Nous sommes en train d’étudier quelle pourrait être l’étape suivante pour les partenariats civils. Les ministres ont rencontré un grand nombre de personnes et les organisations afin d’entendre leurs points de vue sur cette question ». Mais l’ensemble de la presse se demande surtout si le gouvernement utilisera le terme de mariage pour qualifier ce nouveau type d’union. Car Lynne Featherstone (ci-contre) aurait pour intention d’ouvrir le partenariat civil aux couples hétérosexuels. Une ouverture qui fait polémique. En effet, contrairement au pacs français, qui s’applique aussi bien aux couples homos qu’aux couples hétérosexuels, le partenariats civil anglais est exclusivement ouverts aux homosexuels et la cérémonie, uniquement autorisée dans des locaux laïcs et sans aucun élément rituel religieux. Cette forme d’union, qui concernait en mai 2010 26 000 couples, procure quasiment les mêmes droits que le mariage. A l’exception de certains motifs de dissolution, des droits d’assurance et de retraite. Les unions conclues dans le cadre d’un partenariat civil pas ne sont pas non plus reconnues sur le même plan que le mariage à l’étranger.

OPPOSITION DE L’ÉGLISE D’ANGLETERRE
Pas dupe de la manœuvre, la presse voit dans le projet de la libérale-démocrate Lynne Featherstone une victoire politique qui permettrait à son camp de reprendre l’avantage après des mois de critique pour s’être rallié aux conservateurs. Si L’attelage de coalition conservateur et libéral-démocrate avance cahin-caha, les libéraux-démocrates ont vu leur image se dégrader en acceptant la plupart des réformes engagées par les conservateurs. Notamment chez les plus jeunes, encore très en colère après la hausse des frais d’inscription des universités décidée par le gouvernement dont font partie les « lib-dem » en novembre 2010. L’ouverture du mariage aux couples gays leur permettrait de redonner du souffle et du sens à leur démarche. Avant les élections générales, le leur patron Nick Clegg (aujourd’hui vice-Premier ministre au sein de la coalition) écrivait sur Pinknews.co.uk: « Je soutiens le mariage homosexuel. L’amour, hétérosexuels ou homosexuels, est le même, donc l’institution civile devrait elle-aussi être la même. Tous les couples devraient être en mesure de prendre cet engagement l’un envers l’autre. » En octobre 2010, son parti adoptait le mariage pour tous les couples et ouvrait le partenariat civil aux homosexuels dans son programme politique. Mais la partie est loin d’être gagnée car il faut encore convaincre les conservateurs. A commencer par leur chef David Cameron, également premier ministre. Ce dernier a bien révélé l’année dernière ne faire aucune différence entre un partenariat civil et un mariage. Mais dans le même temps, il admettait que sa vision libérale n’était pas partagée par tout son parti et se montrait réservé sur le bien fondé de qualifier ces unions civiles de mariages.

Sans surprise, les plus grandes réserves viennent de l’Église d’Angleterre. Elle a d’ors et déjà annoncé qu’elle ne permettra à aucune de ses églises d’être utilisée pour les cérémonies de partenariat civil: « Compte tenue des vues de l’Église sur la nature du mariage, la Chambre des évêques a toujours clairement affirmé que l’Église d’Angleterre ne devrait pas fournir des services de bénédiction pour ceux qui s’inscrivent dans des partenariats civils, a déclaré un porte-parole. La proposition pourrait conduire à des incohérences avec le mariage civil et prêter à confusion. Tout changement ne pourrait donc être engagé qu’après un examen adéquat et approfondi, a-t-il ajouté. » A l’inverse, d’autres groupes religieux comme les Quakers, les unitarien ou encore les Juifs libéraux seraient plus favorables aux mariages de même sexe dans un lieu de culte, indique le Sunday Telegraph.

« Bien que les partenaires civils ont la plupart des droits des couples mariés, les critiques soutiennent que l’accord (de partenariat civil, ndlr) porte toujours un statut de seconde classe et peut renforcer l’idée d’un apartheid sexuel », conclut le journal. De son côté, Pinknews.co.uk note que « si le mariage gay devait être introduit, la seule autre discrimination légale d’importance envers les hommes gays serait leur exclusion du don du sang. » C’est tout le mal qu’on leur souhaite.