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Associatif | Sport | 05.03.2011 - 11 h 11 | 9 COMMENTAIRES
Football: 5.000 euros avec sursis pour une banderole homophobe, les associations s’insurgent

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Jeudi, la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a condamné l’Olympique de Marseille (OM) à une amende avec sursis pour une banderole homophobe déployée par des supporters du club lors d’un match le 3 février dernier. Les associations dénoncent l’inertie du club marseillais dans la lutte contre l’homophobie.


Ce sont des mots auxquels on ne prête plus guère attention, tant ils sont courants dans le monde du sport. Au cours d’un match contre Arles-Avignon au stade Vélodrome le 5 février dernier, des supporters de l’OM avaient déployé une banderole pour encourager leur équipe, où l’on pouvait lire « Bande de tafiole [sic]. Soyez des hommes. » Ce charmant message d’encouragement n’avait pas échappé à l’association Paris Foot Gay qui avait alerté la Ligue de football professionnelle (lire Homophobie dans le foot: Paris Foot Gay s’insurge contre une nouvelle banderole). L’affaire était dans les mains de la Commission de discipline de la Ligue, laquelle s’est montrée plutôt clémente puisqu’elle a condamnée l’OM à 5.000 euros d’amende avec sursis jeudi dernier.

« UNE SANCTION LAMENTABLE »
Pour Paris Foot Gay, c’est la douche froide: « 5.000 euros, ce n’est vraiment pas énorme, souligne Pascal Brethes, président et cofondateur de l’association. Ce qui serait bien, c’est que la somme soit reversée à la lutte contre l’homophobie. Au-delà de la sanction, c’est la question de la sensibilisation contre l’homophobie qui est posée. L’OM n’a toujours pas signé notre charte contre l’homophobie et les négociations n’avancent pas. »

Plus embêtant, la LFP aurait-elle fait un excès de zèle? Dans son communiqué du 3 mars, la Commission de discipline justifie sa décision au nom de « la réactivité du club pour condamner publiquement cette banderole homophobe et les engagements pris par l’OM pour lutter contre l’homophobie en partenariat avec des associations. » Or, s’il est exact que le président de l’OM, Jean-Claude Dassier, a publiquement dénoncé les propos de ces supporters, il n’y a aucune trace d’un engagement concret du club marseillais contre l’homophobie. La phrase fait d’ailleurs bondir Sébastien Gony, président de Fiertés de Provence, l’association qui joue les intermédiaires entre le club marseillais et le Paris Foot Gay: « Nous travaillons depuis le mois de juin dernier avec le Paris Foot Gay sur la charte et pour le moment, l’OM n’a rien fait de concret pour avancer. C’est une sanction lamentable! »

MANQUE DE MATURITÉ?
Pour Bertrand-Régis Louvet, journaliste de sport et de médias, cette sanction a minima reflète le retard des institutions sportives sur la question de l’homophobie: « La LFP n’a que très récemment signé la charte contre l’homophobie du Paris Foot Gay [en juin 2008, ndlr]. Le monde du football et du sport dans son ensemble n’est pas encore mature par rapport à la question de l’homophobie, note le journaliste. Finalement, c’est la société telle qu’elle est: on signe des chartes, on boit des pots et on se tape dans le dos, mais il y a encore beaucoup à faire. »

Aujourd’hui, la LFP n’était pas joignable pour réagir à cette affaire. Pour cette dernière comme pour le club phocéen se pose maintenant la question de leur crédibilité en matière de lutte contre l’homophobie.