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Un complément d'actualité LGBT
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Associatif | Coup de gueule | Education | 10.06.2011 - 19 h 04 | 15 COMMENTAIRES
Théorie du genre: la mobilisation contre la « croisade » anti-homo des cathos s’amplifie

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Après avoir laissé les associations familiales catholiques mobilisées contre l’enseignement de la théorie du genre (ou gender studies) occuper le terrain (lire Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée), les syndicats d’enseignants et de parents d’élèves montent au créneau. L’Unsa éducation a ainsi dénoncé un « retour à l’ordre moral » en début de semaine. Cette fois, c’est au tour du Snes-FSU, premier syndicat de l’enseignement secondaire, de riposter.

« A LES ENTENDRE, IL N’Y AURAIT QU’UN MODÈLE
DE CELLULE FAMILIALE: LE COUPLE HÉTÉRO ET SES ENFANTS »
« L’enseignement catholique tire actuellement à boulets rouges sur les manuels de Sciences de la Vie et de la Terre accompagnant les nouveaux programmes de sciences du lycée, déplore le Snes-FSU, dans un communiqué publié sur son site mercredi 8 juin. […] A les entendre, il n’y aurait qu’un seul modèle de cellule familiale : le couple hétérosexuel et ses enfants. » Le Snes «se félicite que des questions au centre de la construction de l’individu soient abordées à l’école, sans tabou, mais aussi sans idéologie et dans le respect des sensibilités de chacun. Les esprits chagrins réactionnaires qui luttèrent et continuent de lutter contre la contraception et l’avortement, instrumentalisent aujourd’hui l’école pour médiatiser leur croisade contre l’homosexualité».

« L’ECOLE A POUR MISSION D’INSTRUIRE
ET D’ÉDUQUER DANS LE RESPECT DES SENSIBILITÉS»
Le Groupe national information et éducation sexuelle (Gnies) estime de son côté que « l’école a pour mission d’instruire et d’éduquer, dans le respect des sensibilités ». Dans les établissements scolaires, « l’ensemble des personnels est confronté au désarroi de jeunes en difficulté avec leur orientation sexuelle, note le Gnies dans son communiqué. Aborder cette question dans la classe est un premier pas vers le respect de chacun et la compréhension de l’autre. »

Le Gnies compte, notam­ment, parmi ses membres plu­sieurs syn­di­cats d’enseignants, la FCPE (pre­mière fédé­ra­tion des parents d’élèves de l’enseignement public), le mou­ve­ment fran­çais du plan­ning fami­lial, le conseil natio­nal des asso­cia­tions fami­liales laïques, l’association des pro­fes­seurs de bio­lo­gie et de géo­lo­gie, ainsi que La Mutuelle des étudiants.

La direction de l’enseignement catholique, les associations familiales catholiques ainsi que Christine Boutin s’étaient publiquement élevés contre les nouveaux programmes de SVT pour les premières L et ES, qui incluent la notion de genre.

Education | 07.06.2011 - 08 h 55 | 20 COMMENTAIRES
Théorie du genre au lycée: Un syndicat d’enseignants contre-attaque

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La Fédération syndicale Unsa education dénonce un « retour à l’ordre moral » et estime que les associations familiales catholiques visent « l’homosexualité » à travers leur « croisade » contre les nouveaux manuels de SVT (lire Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée) dans un communiqué publié lundi 6 juin.

« LES EGLISES N’ONT PAS À DONNER LEUR AVIS
SUR DES PROGRAMMES SCOLAIRES »
« Les associations familiales catholiques lancent leur nouvelle croisade, accuse l’Unsa. Elles ont décidé de s’en prendre aux programmes de première des SVT et, comme le rappellent les programmes, à « l’acceptation des différences ». […] Pour ces associations intégristes, l’hétérosexualité est la norme et les identités entre hommes et femmes établies une fois pour toutes. Le mariage est la règle et ne peut que concerner les hétérosexuels. »

Pour l’Unsa Education, « les Eglises, quelles qu’elles soient, n’ont pas à donner leur avis sur des programmes scolaires qui visent à la formation de « citoyens » et non de « croyants », sauf à vouloir défaire la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ». Et la fédération de s’interroger: le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, « cèdera-t-il aux pressions des intégristes catholiques? Ou y résistera-t-il? ».

« EFFRAYANTE NOUVELLE »
Le 27 mai dernier, la direction de l’enseignement catholique a envoyé une lettre à ses établissements scolaires, contestant les nouveaux programmes de SVT et particulièrement le chapitre « Devenir homme ou femme » qui « fait implicitement référence à la théorie du genre, qui privilégie le « genre » considéré comme une pure construction sociale, sur la différence sexuelle ». Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, a écrit au ministre de l’Education nationale Luc Chatel pour lui demander de faire retirer et corriger les nouveaux livres de SVT.

De son côté, la confédération nationale des associations catholiques CNACF a mis en place une pétition sur son site internet et dénonce un programme de classe de première offrant « un panorama de la sexualité morbide et mortifère (contraception et contragestion) sans aucune ouverture vers la relation, l’amour de l’autre, le don de soi et l’ouverture à la vie ». « C’est une sexualité qui est décrite comme proche de celle de l’animal, dans une continuité de comportement et avec une absence de sens, s’insurge l’association catholique. » A noter que le député UMP Christian Vanneste, fidèle à lui-même, qualifie l’arrivée de la théorie du genre dans les lycées d’ « effrayante nouvelle » sur son blog. L’élu de Tourcoing annonce avoir posé une question écrite à Luc Chatel, lequel reste toujours muet à ce sujet, à l’Assemblée.

Associatif | Politique | 30.05.2011 - 17 h 23 | 17 COMMENTAIRES
Le Refuge répond à Brigitte Barèges et lance un appel à la mobilisation

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« Pour répondre aux propos outrageants et scandaleux de la députée-maire de Montauban Brigitte Barèges, […] Le Refuge lance un appel national pour que le plus de monde possible appelle l’Hôtel de ville de Montauban lundi prochain pour demander les formalités à remplir pour se marier avec son chien ou son chat. Téléphone de l’Hôtel de Ville de Montauban: 05.63.22.12.00. Merci pour votre retour suite à votre appel. » Si vous avez reçu ce message du Refuge sur Facebook, sachez que ce n’est pas un canular mais une partie de la réponse de l’association à la députée UMP Brigitte Barèges. Crée en 2003, le Refuge accueille des jeunes homos exclus du domicile familial. Pour son président national, Nicolas Noguier, cet appel à la mobilisation téléphonique est un moyen de répondre à « l’humour particulier » de la députée.

« CERTAINS L’ONT LU SUR INTERNET »
La députée-maire de Montauban a en effet provoqué un tollé en déclarant mercredi 25 mai au cours d’une réunion à l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe: « Et pourquoi pas des unions avec des animaux? Ou la polygamie? ». Une petite phrase aux relents homophobes qui a provoqué l’ire des associations LGBT et des réactions indignées d’une grande partie de la classe politique, tous bords confondus (lire Brigitte Barèges: la députée retire ses propos, Jean-François Copé les condamne). Mais qui n’est pas non plus passée inaperçue dans la région, particulièrement à l’antenne du Refuge de Montpellier, laquelle
se dit particulièrement inquiète pour ses protégé-e-s par le truchement de Nicolas Noguier. « Certains l’ont lu sur Internet », rapporte ce dernier, qui dénonce des propos « inacceptables ».

« ÇA LEUR REVIENT EN PLEINE FIGURE »
« Cette référence à la zoophilie les a beaucoup choqué, explique-t-il. Certains ont déjà entendu ça dans leur familles, d’autres tous les jours au collège ou au lycée. Et aujourd’hui, ça leur revient en pleine figure. Ils ne s’attendaient pas à l’entendre de nouveau, surtout de la bouche d’une élue de la République. » Les protégé-e-s du Refuge ont entre seize et vingt-cinq ans et sont accueillis par l’association où ils trouvent un soutien psychologique parce qu’ils ont été victime, par le passé, d’actes homophobes. La plupart d’entre eux ont été rejeté par leurs familles ou leurs amis en raison de leur orientation sexuelle.

Dans un premier temps, l’association a annoncé « confier à son avocat le soin de rédiger une plainte judiciaire pour propos à caractère homophobe » contre Brigitte Barèges. Idée aujourd’hui abandonnée en raison de l’immunité parlementaire de la députée. Finalement, l’association semble avoir choisi la voie de la conciliation – Me Charles Bernier, l’avocat du Refuge, a invité l’élue à rencontrer les jeunes – et de la mobilisation – Nicolas Noguier lui a écrit afin qu’elle diffuse la campagne nationale du Refuge « sur Montauban et agglomération ». Pour le moment, la députée n’a pas donné suite aux demandes de l’association. En attendant, il paraît que la mairie de Montauban est « assaillie d’appels ». C’est toujours ça de gagné sur l’homophobie.

Vous pouvez soutenir Le Refuge sur Facebook ou sur son site Internet.

Enquête | Politique | Religion | 11.05.2011 - 14 h 08 | 27 COMMENTAIRES
Qui sont ces extrémistes mobilisés contre la gay-pride de Tours?

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Depuis deux semaines, une pétition appelant à lutter contre la Marche des Fiertés à Tours a suscité l’émoi des internautes. Et pour cause, la première version – aujourd’hui censurée – ne faisait pas dans la demi-mesure: «Il y a une quinzaine d’années, la gay pride, c’était 50 folles déguisées qui se dandinaient à Paris. Aujourd’hui, il y en a une dans chaque ville, tout le monde s’y mêle car il est tendance pour les personnes qui se disent branchées de se joindre à l’arc-en-ciel Gay […], affirment les pétitionnaires. Si nous ne faisons rien, quel aura été notre rôle face à de telles abjections? […] Cette minorité (env. 6% de la population) n’a pas à exhiber sa marginalité sexuelle devant les yeux des riverains qui se baladent paisiblement en ville. Les yeux des enfants n’ont pas à être pris en otage par ce genre de spectacle!»

Lancée le 26 avril dernier par un collectif appelé «Ensemble contre la Gay Pride à Tours» sur le site france-petitions.com et destinée au préfet d’Indre et Loire, elle a réuni jusqu’à présent 400 signatures. Sur son blog, baptisé pasdegaypridecheznous, le collectif dit rassembler des «personnes de sensibilités parfois différentes sur la base d’un front commun, celui de lutter contre la Marche des Fiertés à Tours» et promet de «mener un certain nombre d’actions légales pour s’opposer à la Gay Pride du 21 mai prochain». En témoigne cette lettre ouverte adressée à Mgr Bernard Aubertin, archevêque de Tours, le 28 avril. Tout en se défendant d’être homophobe – «Il ne s’agit pas de juger les individus qui s’abaissent à de telles pratiques» – le «collectif» emploie des mots très durs contre l’homosexualité et la gay pride, qualifiant la première de «perversions sexuelles» et la seconde d’«abomination […], scandalisant [les] enfants, blessant tous ceux qui ont une idée de la réelle dignité de la nature humaine». Plus loin, le collectif fait le lien entre homosexualité et pédophilie: «Après tant de scandales de la pédophilie dont quelques pasteurs de l’Église se sont apparemment rendus complices, peut-on donner garantie à ces gayprides par notre silence ?» Mais se garde bien de donner davantage de détails sur ceux qui le composent.

Louis Dubois, chef de Vox Populi. (Photo Document remis)

GROUPUSCULE
En revanche, le site france-petitions.com qui accueille la pétition révèle l’identité de son initiateur: un certain Louis Dubois. L’homme n’est pas un inconnu sur la région de Tours. Il est à la tête de Vox Populi, «la voix du peuple» en latin, un mouvement qui se présente sur son blog comme un «groupe de résistance dissident pour une Touraine enracinée» et dit se situer sur un terrain «strictement local […] à l’échelle Tourangelle». En fait de groupe, il s’agirait plutôt d’un «groupuscule», constitué d’un «noyau dur d’une trentaine de membres et «d’environ 70 personnes, 80 au maximum» lors des manifestations, selon un observateur qui souhaite garder l’anonymat. Créé en 2010, Vox populi a acquis une certaine notoriété en organisant une série d’actions coups de poing ces deux dernières années: opposition à la Gay Pride 2010, au Salon de l’érotisme, et aux défenseurs des sans-papiers. «Ils n’ont pas d’influence mais ils commencent à être connus sur Tours», raconte ce témoin privilégié de la vie politique tourangelle.

Selon lui, Vox Populi puiserait sa force dans le manque de dynamisme politique de la ville. «En 1995, le règne de Jean Royer, maire très à droite notamment sur les questions de société, s’est achevé et la ville est passée à gauche (lire Mort de Jean Royer, surnommé « père la pudeur » et bête noire des homos). Depuis, comme le rapport gauche-droite n’est plus aussi clivant, les gens ont l’impression qu’il n’y a plus d’opposition et ne se reconnaissent plus dans le système.» Un vide politique qui aurait profité à Vox Populi, lequel prend soin de préciser qu’il «n’est rallié à aucun autre mouvement politique et n’est le sous-marin d’aucun parti électoraliste». Son blog fait pourtant apparaître des liens avec des groupes identitaires, parmi lesquels le blog Zentropa, point de rendez-vous des jeunes fascistes français et européens, et le Mouvement d’action sociale (MAS), groupuscule très influencé par les néofascistes italiens de la Casa Pound. Ces derniers ont créé un grand centre culturel de l’extrême droite romaine au sein d’un quartier populaire de Rome. Une initiative que Vox Populi souhaite manifestement reprendre à son compte. En effet, l’un de ses buts est de «pouvoir ouvrir un local [afin d’] accueillir toutes sortes de manifestations (conférence, séance de sport, salle ciné…). Un bastion [qui] permettrait à Vox Populi d’étendre son réseau en étant encore plus présent publiquement et d’avoir un point fixe connu de tous pour se retrouver», écrit le groupuscule sur son blog.

AMBIANCE PESANTE
Au LGP Région Centre, organisateur de la gay pride de Tours, on déplore la publicité accordée à l’extrême-droite. Son président, Romain Ménage, confie «passer son temps à répondre à la presse sur ce sujet». «En tant que citoyen, je suis atterré de voir une ville comme Tours associée à l’extrême-droite, dit-il. Mais comme président du centre LGP, je n’ai aucune inquiétude sur le déroulement de la Marche. Le service d’ordre est important et la police municipale est là pour sécuriser le parcours. Ce qui m’embête, c’est que toute cette affaire génère une ambiance pesante sur la ville. Alors que la Marche se veut festive.» Il salue la mobilisations des internautes qui ont crée une page «Contre la page anti gay pride de Tours» sur Facebook.

Pour le politologue Jean-Yves Camus, cette affaire démontre que « c’est bien la visibilité [des homosexuels, ndlr] qui est en cause. Jean-Marie Le Pen avait en 1996, lors de l’affaire Poulet-Dachary [du nom de cet élu FN de Toulon assassiné en août 1995 alors qu’il fréquentait des bars homosexuels], énoncé l’idée d’une non-immixion du FN dans la vie privée de ses membres, rappelle ce spécialiste de l’extrême-droite. Mais à Lyon notamment, des militants pro-Gollnisch ont participé à la perturbation des kiss-in. La question de l’homosexualité est un grand non-dit à l’extrême-droite. Il existe des homophobes déclarés (Renouveau français, catholiques intégristes), des homosexuels au FN et ailleurs, notamment dans la sphère néo-nazie; et des gens qui sont sur la ligne de Vox Populi.»

L’année dernière, la gay pride de Tours avait rassemblée environ 1 500 personnes, selon Romain Ménage. Il espère qu’elle en attirera «au moins 2 000» le 21 mai prochain, «ne serait-ce que pour en rabattre à l’extrême-droite». Les organisateurs de la Marche ont mis en place un nouveau circuit rythmé par des animations, des concerts et des expositions. De son côté, Vox Populi, qui dénonce la «censure […], le matracage médiatique [sic] et les actions d’opposition» à son égard et l’«immunité […], voire [la] bienveillance de la part des politiques et des médias» dont les «groupes» LGBT bénéficient selon lui, maintient son appel à manifester lors de la gay pride.

Montage Photo Paul Denton

Associatif | International | Politique | 12.02.2011 - 07 h 19 | 13 COMMENTAIRES
L’Iran pourrait exécuter un jeune homme pour « sodomie »: Amnesty se mobilise

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L’Iran pourrait exécuter un jeune homme pour « sodomie », annonce Amnesty International dans un communiqué sur son site. L’ONG appelle à la mobilisation.


UN JEUNE HOMME DE 19 ANS
Une fois de plus, le réseau militant se met en branle. Cette fois, c’est pour un jeune homme de 19 ans. Ehsan – on ne connaît pas son véritable prénom – est « confronté à la menace d’une exécution imminente après avoir été reconnu coupable de sodomie » lors d’un « viol, et ce en dépit que son accusateur se soit rétracté », selon les informations de l’ONG Amnesty International. En effet, un tribunal de la province méridionale de Fars a condamné à mort le jeune homme pour cause de « sodomie » alors que l’homme qui avait porté plainte contre lui est revenu sur ses accusations.

« Ehsan a été arrêté à l’âge de 17 ans en même temps que deux autres garçons sur la base d’une accusation de viol. D’après certaines informations, le jeune homme aurait été torturé pendant presque un mois et aurait reconnu les charges qui pesaient contre lui durant les « interrogatoires » mais il est revenu sur ses aveux devant la cour du [tribunal, ndlr] et a nié toutes les allégations. Le tribunal de Fars a reconnu Ehsan coupable de « sodomie » (« lavat » en persan) et l’a condamné à mort », précise l’organisation. Sur les cinq juges du tribunal, l’un d’entre eux a déclaré Ehsan non coupable et a demandé sa libération. La condamnation à mort a été confirmée par la 13è chambre de la Cour suprême de Téhéran et une fois que Ehsan a atteint sa majorité, il a été transféré du centre de détention pour mineurs à la prison de Chiraz. […] Amnesty n’est pas arrivée à déterminer si le responsable de la magistrature a donné son aval à l’exécution, note l’ONG, mais si tel est le cas, Ehsan risque d’être exécuté à tout moment. »

AMNESTY : ÉCRIRE AUX AUTORITÉS IRANIENNES
Actuellement détenu dans une prison de la capitale provinciale de Chiraz, Ehsan serait par conséquent toujours menacé d’être exécuté. Cependant, le statut juridique actuel de la procédure est encore mal défini. L’ONG demande donc à chacun de déposer une plainte auprès des autorités iraniennes au sujet du verdict. Notamment sur la base de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), dont l’Iran est signataire. Selon la CIDE, les exécutions sont prohibées pour toute personne de moins de 18 ans au moment de la commission du délit. Tous les contacts pour déposer une plainte sur cette affaire sont visibles sur le site d’Amnesty.

LA CONVENTION INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT BAFOUÉE

En effet, la République islamique d’Iran a ratifié cette Convention en 1994 en faisant néanmoins une réserve générale tant au moment de la signature que de la ratification de cette convention : « Le Gouvernement de la République islamique d’Iran se réserve le droit de ne pas appliquer les dispositions ou articles de la Convention qui sont incompatibles aux lois islamiques et à la législation interne en vigueur. » Dès lors, on comprend que l’Iran invoque une norme particulière pour ne pas appliquer à la lettre la Convention sur son territoire. En 2009, Amnesty International rend public son rapport intitulé « Condamnation à mort et exécutions recensées en 2008 » (disponible en PDF). On y apprend notamment que l’Iran est la seule nation a avoir procédé à l’exécution de mineur cette année-là. Le dernier délinquant juvénile connu pour avoir été exécuté était un jeune homme connu sous l’identité de Mohammad A. Reconnu coupable de viol présumé et de meurtre alors qu’il avait 17 ans, il a été exécuté en juillet 2010 dans la province de Chiraz. Amnesty International annonce avoir compilé une liste de plus de 140 délinquants juvéniles condamnés à mort ces dernières années, « bien qu’il soit difficile de suivre leur sort ultérieur », note l’ONG dans son communiqué.

Les organisations LGBT estiment que probablement des milliers d’homosexuels ont été exécutés depuis la révolution islamique en 1979. Aucune amélioration n’est en vue pour le moment. Pour preuve, les récentes déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, sur l’homosexualité dont il a dit qu’elle est « contre l’esprit humain et l’humanité » (lire Zones d’ombre autour de la lapidation programmée de deux jeunes iraniens : une association internationale appelle à la prudence). C’était le mois dernier.

Associatif | Coup de gueule | International | 22.01.2011 - 18 h 35 | 12 COMMENTAIRES
Zones d’ombre autour de la lapidation programmée de deux jeunes iraniens: une association internationale appelle à la prudence

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Mercredi, je vous annonçais que deux jeunes hommes accusés d’avoir eu des relations sexuelles entre eux devaient être exécutés hier, vendredi 21 janvier, par lapidation à Piranshahr (Kurdistan iranien). Problème, cette information, apportée par «le Comité international contre la lapidation» (ICAS en anglais) et reprise par de nombreux sites militants n’a pas pu être confirmée. Du coup, une association américaine s’interroge sur la véracité de cette information et appelle les journalistes à la prudence.


Dans son communiqué publié le 16 janvier sur son site internet, le Comité international contre la lapidation (ICAS) n’y allait pas par quatre chemins: «Nous demandons aux gens partout dans le monde de diffuser la nouvelle de cet acte inhumain et médiéval dirigé contre Ayub et Mosleh et de faire tout ce qu’ils peuvent pour les sauver». Ayub et Mosleh étaient présentés comme deux jeunes hommes de 21 et 20 ans, accusés d’avoir eu des relations sexuelles entre eux et condamnés à être lapidés. Selon d’autres rapports, ils auraient violé un autre jeune homme. L’ICAS annonçait également leur exécution pour ce vendredi.

Si de nombreux sites d’information – surtout militants – ont diffusé ce communiqué en forme d’appel à la mobilisation, pas une seule association n’a diffusé de communiqué officiel. Une internaute s’en étonnait d’ailleurs sur mon blog: «J’ai cherché un peu partout, rien… pas vu de pétitions non plus, ce n’est pas faute de l’avoir traquée…».

IGLHRC: «IL EST DIFFICILE, VOIRE IMPOSSIBLE DE VÉRIFIER LES FAITS»
Et pour cause, le réseau associatif semble pour le moins circonspect quant à la véracité de l’histoire d’Ayub et de Mosleh. A tel point que la très respectée association américaine IGLHRC (International Gay and Lesbian Human Rights Commission) s’est fendue d’une déclaration – destinée uniquement à la presse – en forme de mise en garde: «Cette affaire est une nouvelle preuve de problèmes beaucoup plus larges en Iran, les abus du système judiciaire et la censure de l’information. Des personnes, y compris des LGBT, sont arrêtées, torturées, et inculpées sans preuves. Et il est difficile, voire impossible, de vérifier les faits derrière ces suspicions.»

Autrement dit, selon IGLHRC, impossible de savoir s’il y a eu effectivement arrestation, condamnation ou s’il s’agit d’un appel destiné à attirer la compassion de la communauté internationale sur une exécution bien réelle. Faute de pouvoir confirmer les informations fournies par l’ICAS, l’association IGLHRC condamne les exécutions en général, toutes les formes de torture, appelle l’Iran à annuler cette exécution, la pratique de la lapidation et à ne pas criminaliser l’homosexualité. «Ce que nous savons, c’est que tuer sous toutes ses formes, c’est mal, même si c’est commis par un État», affirme Hossein Alizadeh, coordinateur de IGLHRC pour le Moyen-Orien et l’Afrique du Nord.

Pour ma part, je suis d’avis que rien ne s’opposait à relayer cet appel à l’aide, à condition d’employer le conditionnel. C’est pourquoi j’ai écrit un article sur le sujet, non sans stipuler que cet appel émanait uniquement de l’ICAS. Je suis aussi revenu sur la condition épouvantable des LGBT iraniens. A savoir qu’ils sont pourchassés, torturés et condamnés à mort et que des innocents peuvent l’être également sur la base de faux témoignages comme cela semble avoir été le cas récemment pour Ebrahim Hamidi.

L’HOMOSEXUALITÉ ? «UN COMPORTEMENT CONTRAIRE À L’ESPRIT HUMAIN ET A L’HUMANITÉ», SELON LE PRÉSIDENT IRANIEN

Ce qui est certain, en revanche, c’est que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad déploie un cynisme diabolique quand il s’agit de donner le point de vue officiel de l’Iran sur l’homosexualité. Rappelons qu’en 2007, Mahmoud Ahmadinejad avait provoqué un tollé de protestations en déclarant lors d’un débat à l’université de Columbia aux États-Unis: «En Iran, nous n’avons pas d’homosexuels comme dans votre pays, avait-il alors déclaré. Nous n’avons pas ce phénomène, je ne sais pas qui vous a dit que cela existait chez nous». Manière pour lui d’évacuer les questions embarrassantes sur la condition des homosexuels dans son pays.

Puis, à l’occasion du festival scientifique international de Téhéran en octobre 2010, le chef de cabinet du président iranien, Rahim Mashaie, avait opéré un virage à 180 degrés en déclarant que les propos de Mahmoud Ahmadinejad avaient été «mal compris et mal cités». «Le président Ahmadinejad a déclaré que, contrairement aux autres pays [occidentaux dont les Etats-Unis, ndlr] dans notre pays, les homosexuels n’ont pas fait formulé une série d’exigences. Les propos du président ont été mal traduits, a précisé Rahim Mashaie, on a compris qu’il disait qu’il n’y a pas d’homosexuels en Iran, ce qui a fait rire et a choqué le public».

Or, selon une dépêche de l’AFP, jeudi, lors d’un déplacement dans la ville de Yazd (capitale de la province du même nom, située au centre du pays), le président Ahmadinejad a déclaré devant des fonctionnaires: «Ils m’ont demandé (à l’université de Columbia) pourquoi réprimez-vous les homosexuels en Iran? J’ai répondu que nous n’avons pas tant d’homosexuels que ça en Iran parce que nous croyons que ce comportement est contraire à l’esprit humain et à l’humanité.» Ça a le mérite d’être clair.

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