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Un complément d'actualité LGBT
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Associatif | International | Politique | 07.07.2011 - 16 h 42 | 18 COMMENTAIRES
Le militant gay qui voulait embarquer sur la flottille pour Gaza était un imposteur

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Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur Who you get in bed with- human rights, gay rights.

Sale temps pour l’activisme LGBT au Proche-Orient. Après l’affaire de la fausse bloggeuse de Damas (lire Amina Arraf, lesbienne syrienne, serait en réalité Tom MacMaster, hétéro américain), une nouvelle imposture vient d’être dévoilée. Celle d’un activiste gay fictif qui dénonçait sur Youtube la mainmise du Hamas sur la « flottille de la liberté ».

UN ACTEUR ISRAELIEN
Rappel des faits. La semaine dernière, une vidéo est mise en ligne sur Youtube (voir ci-dessus). On peut y découvrir un homme qui se fait appeler « Marc Pax ». Ce dernier raconte avoir été écarté de l’opération parce qu’il voulait représenter un collectif luttant pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres opposé-e-s au blocus du territoire palestinien. Affirmant s’être entendu dire que sa participation « ne servirait pas les intérêts de la flottille », « Marc », qui se décrit comme un « activiste gay », dénonce les liens entre les organisateurs de l’action et le Hamas, le parti islamiste au pouvoir à Gaza.« Attention avec qui vous couchez », conclut-il. « Si vous vous impliquez dans la mauvaise association, vous risquez de vous réveiller avec le Hamas. » Mais voilà, celui qui se présentait comme un « activiste gay » n’en est pas un. « Marc Pax », Omer Gershon de son vrai nom, serait en réalité un acteur et entrepreneur en relations publiques israélien de 36 ans.

Comme pour l’affaire Amina, la blogosphère militante a dénoué les fils de la mystérieuse vidéo. Réalisée et montée avec un soin professionnel, l’oeuvre de « Marc Pax » suscite en effet la curiosité des blogueurs LGBT américains dès sa sortie le 23 juin, rapporte le quotidien israélien Haaretz. En particulier de Benjamin Doherty, du site pro-palestinien The Electronic Intifada, qui avait déjà révélé au monde avec d’autres blogueurs l’imposture de la lesbienne de Damas. Les soupçons d’une opération de propagande se confirment deux jours plus tard: « Gershon a eu son portrait publié dans Haaretz, Maariv (ci-contre) ou encore Ynet [des médias israéliens, ndlr] », précise M. Doherty. Un autre blogueur américain, Max Blumental, retrace le parcours de la vidéo à la page Facebook d’un employé du gouvernement israélien et au compte Twitter d’un stagiaire du Bureau du premier ministre. La vidéo a bien été partagée sur Facebook par Neil Lazarus, un représentant de la « communication » israélienne (« hasbara ») du gouvernement. Puis relayée par le biais du Twitter du service de presse du gouvernement, @GPOIsrael. Le tweet a depuis été retiré et remplacé par un message d’excuses. Tout en reconnaissant que la vidéo pouvait « servir les campagnes d’Israël », les services du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu nient catégoriquement être impliqués dans sa production et plaident « l’erreur » d’un de leurs stagiaires. Des excuses et des dénégations qui cachent mal l’embarras des communicants.

PINKWASHING?
La presse et les blogueurs ne s’y sont pas trompés et les spéculations vont bon train. Robert Mackey, sur le blog du New York Times The Lede, souligne qu’il n’y a pas de preuves d’homophobie chez les activistes de la flottille mais relève la participation de M. Gershon à la réalisation d’un spot de publicité produit par Elad Magdasi, dont la page d’accueil YouTube fait un lien vers « Stand With Us », une organisation à but non lucratif qui prend le parti de Benyamin Netanyahou. De son côté, Ali Abunimah, le cofondateur de The Electronic Intifada, soutient que l’excuse du stagiaire servirait de paravent à la stratégie de « marketing virale » de la communication israélienne. Le site accuse les autorités de pratiquer le « pinkwashing ». « Dans les cercles militants pro-palestiniens, le terme se réfère à Israël et à ses partisans qui instrumentalisent le manque de liberté des gays et les lesbiennes dans les pays arabes comme un moyen de peindre la cause palestinienne comme indigne », explique Dan Murphy de The CS Monitor’s. « Ces activistes disent que si c’est manifestement vrai que les gays israéliens ont plus de droits que ceux des pays voisins, il est utilisé pour masquer la brutalité des faits du blocus économique de Gaza et l’occupation de la Cisjordanie. »