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Un complément d'actualité LGBT
Et vous, qu'en pensez-vous?
International | Société | 27.06.2012 - 12 h 17 | 2 COMMENTAIRES
Oreo arc-en-ciel, le biscuit de la discorde

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Pour célébrer ce mois de gay pride dans le monde entier, la marque Oreo, du nom de son biscuit le plus emblématique, a eu l’idée de diffuser un montage aux couleurs de l’arc-en-ciel (lire Les biscuits Oreo célèbrent la gay pride). Un hommage qui ne plaît pas à tout le monde. En quelques heures, la photo a suscité plus de 20 000 commentaires sur le compte Facebook de la marque, parmi lesquels une part importante de déclarations homophobes. Certaines appelant même au boycott de la marque.

Florilège: «Je n’achèterais plus jamais d’Oreos!», s’indigne un internaute tandis qu’un autre se dit «dégoûté» par l’initiative de la marque. «Génial, se désespère un autre fan du biscuit, maintenant, mes putains d’Oreos sont devenus gays à leur tour». «Le point de vue de Dieu n’a pas changé depuis Sodome et Gomorrhe, aucun véritable chrétien ne s’engagera en faveur de l’homosexualité», menace un commentateur-prédicateur, en référence à l’épisode biblique dans lequel les deux villes sont détruites par la colère divine en raison de leur immoralité.

Submergé par d’autres commentaires de la même veine, Kraft Foods, la maison-mère de la marque, répond par la voix de son porte-parole qu’elle a toujours «célébré la diversité» et qu’elle continuera à le faire «d’une façon amusante et ludique» à l’avenir.

La presse américaine, elle, met en balance les commentaires homophobes avec les 210 000 mentions « j’aime » en dessous de la photo du biscuit aux couleurs de l’arc-en-ciel sur Facebook. Tout en soulignant que de plus en plus de marques jouent sur une image gay-friendly, espérant par là-même augmenter leur profit. «Nombre d’entreprises et de marques, comme Bud Light, Wells Fargo, Johnson & Johnson et Coca-Cola, ont parrainé ou ont envoyé des représentants aux manifestations pour l’égalité des droits prévus à travers le pays le week-end passé», rappelle ainsi le Los Angeles Time.

Photo darklordbambi

International | Politique | Religion | 11.06.2012 - 06 h 54 | 18 COMMENTAIRES
Caiden Cowger, «Le visage diabolique de l’Amérique homophobe de demain»

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Ses détracteurs moquent volontiers l’outrance de ses propos et sa grammaire approximative. D’autres soulignent sa capacité de nuisance, à l’instar du site Queerty qui le présente comme le «visage diabolique de l’Amérique homophobe de demain». Retenez bien son nom: Caiden Cowger. En deux petites semaines, les déclarations chocs de cet adolescent d’à peine 14 ans de la Virginie-Occidentale en ont fait la nouvelle coqueluche des chrétiens conservateurs et l’ont propulsé sur le devant de la scène médiatique Outre Atlantique.

«LE PRÉSIDENT OBAMA REND LES ENFANTS GAYS»
Cette célébrité fulgurante, le jeune Caiden la doit à une petite phrase qui a connu un retentissement national. «Le président Obama rend les enfants gays», a-t-il lâché le 26 mai dernier pour conclure son émission. Car le sale gosse homophobe made in USA a son propre terrain de jeu: un site baptisé modestement Caiden Cowger Show, qui lui permet de vomir deux fois par semaine, les mercredi et vendredi soirs à 19h pétantes, sa haine de l’Amérique libérale. Son compte Facebook est suivi par plus de 4000 internautes et il a déjà publié un livre intitulé Être un jeune conservateur.

http://www.youtube.com/watch?v=k8r7SoLdKd8

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur 14 Year Old Talk Host Anti Gay Rant.

Au cours de son show (voir la vidéo ci-dessus), Caiden Cowger s’attaque d’abord à «Born this way», l’hymne homo de Lady Gaga: «L’homosexualité est une croyance, ce n’est pas quelque chose qui fait partie de soi. Ces gens ne sont pas « nés comme ça », quoi qu’en dise Lady Gaga». Puis il déverse sa haine sur d’anciens amis d’enfance sortis du placard par la suite: «C’est de pire en pire. Là où je vis, il y a environ 30 adolescents qui sont homosexuels. Des filles et des garçons. C’est écœurant. Ça me dégoute. Vous savez quoi? J’étais ami avec certains d’entre eux quand on était à l’école ensemble. Ils n’étaient pas homos. Ils ont juste décidé de le devenir».

Pour lui, le coupable est tout désigné: «S’ils sont devenus homosexuels, c’est parce qu’on les y a encouragé. Le président Obama dit: C’est normal, c’est « okay », vous êtes nés comme ça. Ça va aller mieux. Vous pouvez vous marier», s’indigne-t-il. En référence à la récente prise de position – personnelle – du président américain en faveur de l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens (lire Ouverture du mariage: Barack Obama dit oui!).

LIBERTÉ D’EXPRESSION PRATIQUEMENT ABSOLUE
Cette longue tirade homophobe a provoqué un véritable tollé aux États-Unis. Sur Youtube, les réactions oscillent entre indignation et amusement, des internautes allant jusqu’à suggérer que le discours extrême du jeune Caiden viserait en réalité à dissimuler sa propre homosexualité. Le débat pourrait à présent prendre une tournure judiciaire car parmi ceux qui jugent ces propos néfastes, certains affichent  leur volonté d’empêcher leur diffusion sur la Toile. C’est le cas de Rhonda Magnus, la mère d’un adolescent gay harcelé dans son école en raison de son homosexualité et qui se bat devant la Cour Suprême de New York pour faire reconnaître officiellement les souffrances dont son fils a été victime. Sa voix rencontre un écho favorable dans une nation secouée par plusieurs suicides de jeunes LGBT. L’homophobie diffusée à grande échelle, autrefois acceptée et même parfois encouragée, semble désormais avoir davantage de mal à passer au pays de l’oncle Sam.

Signe d’une évolution des mentalités ou volonté de se couvrir? La plainte de Rhonda Magnus a en tous cas été entendue. Les deux hébergeurs de l’émission, Youtube et Spreaker, ont en effet rapidement suspendu les comptes de Caiden Cowger, Spreaker s’opposant clairement à «tout discours de haine» par la voix de son PDG. Bravache, l’adolescent n’a pas tardé à ouvrir un nouveau compte sur Youtube et se retranche derrière le premier amendement de la Constitution américaine qui lui garantit une liberté d’expression pratiquement absolue pour justifier sa prise de parole.

PENTECÔTISME ET TEA PARTY
Si Caiden Cowger prend soin de rejeter, officiellement du moins, la violence physique prônée par d’autres intégristes religieux américains (lire États-Unis: un pasteur veut exterminer les homos), ses déclarations ne le rendent pas moins dangereux aux yeux des associations de soutien aux LGBT. Dans une note cinglante publiée le 5 juin, la très respectée The New Civil Rights Movement, une association qui lutte contre toutes les formes de discrimination, révèle que le jeune Caiden est Pentecôtiste et le tacle pour son discours «haineux» en le classant dans la catégorie des adolescents «endoctrinés».

Surtout, le jeune Caiden semble comme chez lui dans la mouvance du Tea Party, l’aile ultra-conservatrice du parti Républicain. Sur son Facebook, une série de photos le montrent parader fièrement à une réunion locale de ce mouvement. Autre indice de cet engagement politique particulièrement précoce, son discours, qui semble calqué sur celui d’un Glenn Beck ou d’un Bill O’Reilly, les voix les plus extrêmes de Fox News et qu’il considère comme des figures tutélaires. Ceux-là même qui ont traité le président Obama de «terroriste musulman» ou qui ont remis en doute sa nationalité lors des élections – au motif qu’il ne serait pas né sur le territoire américain – pour le discréditer. Ne restait plus qu’à accuser Barack Obama de rendre les enfants gays. C’est chose faite désormais. Reste à savoir si à l’avenir, le désormais célèbre Caiden Cowger confirmera son nouveau statut de héraut de l’homophobie. Un possible plan de carrière à surveiller de près.

Mise à jour, mardi 12 juin 00h02: Ajout des réactions aux propos de Caiden Cowger.

Photo DR

Politique | Société | 26.05.2012 - 15 h 58 | 44 COMMENTAIRES
Homophobie: Nouveau dérapage d’un élu UMP sur Twitter

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L’homophobie serait-elle devenue un tremplin pour les élus en mal de publicité? Cette fois, c’est Noël Faucher, maire UMP de la charmante commune de Noirmoutier en Vendée et candidat suppléant aux législatives pour son parti, qui y va de son tweet homophobe: «Bientôt on va nous dire que l’homosexualité est naturelle», s’indigne l’édile le 18 mai dernier en réponse au message de tolérance d’un internaute qui ne lui était même pas destiné. Et d’ajouter, perfide: «Comme si la nature choisissait d’autodétruire une espèce!». Interpellé dès le lendemain par des tweetos pour ses propos intolérants, Noël Faucher enfonce le clou tout en se défendant d’être homophobe. Un classique des… homophobes, justement. «Aucun mépris, assure l’élu, simplement une réflexion sur les lois de la Nature sans aucun esprit d’opprobre, au contraire!». Au passage, le maire fustige «ce lobby de la bien pensance (sic) imbu de suffisance qui devrait lire et avoir un peu d’ouverture d’esprit». Lobby, lobby, ça ne vous rappelle rien? Encore ce fantasme d’un puissant groupe de pression gay, relayé par des plusieurs figures politiques de droite.

Noël Faucher rejoint ainsi le club de ces politiques UMP qui se sont faits connaître en proférant des horreurs sur les homos. Car en s’en prenant à une minorité, d’obscurs élus locaux ont trouvé le moyen de faire parler d’eux. Qui connaissait au niveau national Christine Boutin et Christian Vanneste  avant leur obsession très médiatisée pour les gays et les lesbiennes? Ou Brigitte Barèges, avant son désormais fameux «Et pourquoi pas avec des animaux», pour marquer son opposition à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe? Le dernier en date, le député Jean-Marc Nesme, n’a-t-il pas connu son heure de gloire en tenant des propos dans la même veine? Bref, à l’image des ses inspirateurs, Noël Faucher se fait une notoriété sur le dos des homos. De fait, il est difficile de savoir quelle attitude adopter face à ce genre de déclarations: les condamner fermement – à l’exemple de Jean-Luc Romero sur son blog dès hier soir – ou les ignorer pour ne pas accorder à leurs auteurs une attention démesurée? Et vous, qu’en pensez-vous?

[Mise à jour, 26 mai, 17h56]

Sur son compte Facebook, Noël Faucher tient à adresser ses excuses «aux personnes qui ont pu être blessées par ce tweet». Il affirme qu’il n’a pas mesuré la portée de ses mots: «Les réactions suscitées par un tweet maladroit montrent clairement l’émotion pour une phrase interprétée sous un angle qui n’est pas l’expression de ma façon de penser». Et se défend une fois de plus de toute homophobie: «Je considère que chacun est absolument libre de conduire sa vie privée comme il l’entend. Je m’interdit de porter tout jugement en ce domaine. La vie privée est un domaine réservé qui appartient à chacun d’entre nous. […] Bien évidemment je condamne avec la plus grande fermeté toute forme d’homophobie et de stigmatisation».

Peut-être faudrait-il rappeler à Noël Faucher que les homos ont le droit, comme les hétéros, de vivre leur vie au grand jour et pas seulement de manière «privée» et qu’il serait bon que certains politiques s’appliquent à eux-même une conduite irréprochable en matière de lutte contre l’homophobie plutôt que de faire semblant de s’en repentir en condamnant de manière hypocrite la «stigmatisation» des homos, à laquelle ils participent pourtant de bon coeur. À bon entendeur.

[Mise à jour, 26 mai, 20h25]

Dans un communiqué, les Jeunes Socialistes se disent «scandalisés» par les propos de Noël Faucher et reprennent «la demande des Jeunes Socialistes de Vendée de condamnation de ces propos» en exigeant «la démission de Noël Faucher de l’ensemble de ses fonctions et mandats».

Photo Ville de Noirmoutier 

Associatif | Région | Société | Sport | 16.04.2012 - 22 h 04 | 17 COMMENTAIRES
Paris Foot Gay et Pierre Guénin jouent la carte de l’humour face au dérapage de Louis Nicollin

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«ET OUI, JE SUIS UN PÉDÉ!»
Déjà épinglé par les associations LGBT pour des propos homophobes, le patron du Montpellier Hérault Sport Club, affectueusement surnommé Loulou par ses fans, avait pris de bonnes résolutions: signature de la Charte contre l’homophobie et participation au clip contre l’homophobie dans le sport de l’association Paris Foot Gay. Une participation qui lui a valu de recevoir récemment le prix Pierre Guénin contre l’homophobie, provoquant un début de controverse (lire Louis Nicollin, lauréat d’un prix contre l’homophobie? Seriously?). Louis Nicollin, homophobe repenti? Un beau tableau qui a volé en éclats jeudi dernier quand Loulou a récidivé au micro de RMC: «Au dernier moment j’ai eu peur, je ne suis pas allé au Vélodrome voir OM-Montpellier. Eh oui, je suis un pédé!», a-t-il déclaré pour expliquer pourquoi il ne s’est pas rendu au match entre Montpellier et l’OM.

«RAVI D’APPRENDRE PAREILLE NOUVELLE»
Contacté, Pierre Guénin, fondateur du prestigieux prix du même nom, choisit de répliquer sur le ton de l’humour: «Ravi d’apprendre pareille nouvelle. Que mon prix Pierre Guénin contre l’homophobie ait pu convaincre Louis Nicollin à ce point là; je vais finir par croire au Bon Dieu. Mon cher Louis, viens recevoir ton prix à l’Hôtel de Ville de Paris. Le 14 mai. J’y recevrai moi-même la médaille de Chevalier des Arts et des lettres de la main de l’adjoint de Delanoë, Christophe Girard. Il y aura du beau monde et nous ferons la fête».

«IL N’EST PLUS HOMOPHOBE»
Du côté du Paris Foot Gay, on rit plutôt jaune, et on fait le dos rond. L’association, pourtant prompte à dégainer contre l’homophobie dans le monde du foot n’a pas cru bon de réagir à la sortie de la star de son dernier clip. Volonté de ne pas ternir l’image de l’une de ses plus belles prises? «Il a fait son coming out», plaisante Pascal Brethes, président de l’association, qui préfère relativiser l’incident: «Nous n’avons pas réagi car il nous a prouvé à travers ses actions qu’il n’est plus homophobe. On est quand même très loin de ses anciennes déclarations violentes». Tout en reconnaissant que ces derniers propos font taches: «C’est dans la logique du personnage, un humour dingo et profondément douteux». Bref, avant même de recevoir son prix, le lauréat 2012 de la lutte contre l’homophobie a déjà du plomb dans l’aile…

[Mise à jour, 17 avril, 20h11]

Dernier rebondissement dans ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Nicollin. Alors que Pierre Guénin, «ravi», avait décidé de prendre l’affaire avec légèreté, un communiqué émanant pourtant de son propre service de presse vient de tomber: Loulou ne recevra finalement pas le prix qui devait le récompenser pour son engagement (de courte durée) contre l’homophobie (lire Le prix Pierre Guénin contre l’homophobie retiré à Louis Nicollin).

«En participant au clip du Paris Foot Gay, Louis Nicollin avait donné des gages. Nous sommes au regret de constater aujourd’hui qu’on ne pouvait leur accorder que peu de prix, et que l’insulte ou le commentaire à caractère homophobe font hélas bien partie du patrimoine génétique et « culturel » du Président du Club de Football de Montpellier. Une manière bien ingrate de répondre à la main qui lui avait été tendue», écrit le jury dans son communiqué.

Photo DR

Associatif | Coup de gueule | Région | Société | 23.03.2012 - 14 h 45 | 7 COMMENTAIRES
Flag! accuse un général de «pression» dans une affaire de discrimination

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Le général Laurent Tavel, commandant la région de gendarmerie de Midi-Pyrénées, est dans la ligne de mire de Flag!, l’association des policiers et des gendarmes LGBT. Dans un communiqué indigné et rageur publié sur son site, celle-ci dénonce une «pression» et «une tentative d’intimidation» de la part de cet officier supérieur.

«ON L’A PEU À PEU PLACARDISÉ»
Pour comprendre l’histoire racontée par le communiqué de Flag!, il faut remonter à l’année dernière. Au mois de mai 2011, l’association reçoit l’appel à l’aide d’un adjudant de gendarmerie qui se dit discriminé dans sa brigade en raison de son homosexualité. «Il nous a fait part de dissensions entre lui et deux de ses collègues, raconte Mickaël Bucheron, président de l’association. Ça a commencé par des remarques puis on l’a peu à peu placardisé en le tenant à l’écart des enquêtes. C’est le schéma classique dans ce genre d’affaires». La victime, qui s’est déjà ouvert à sa hiérarchie et a même écrit au président Nicolas Sarkozy en sa qualité de chef des armées, n’arrive pas à faire avancer son dossier.

Flag! décide de prendre contact avec le commandement de gendarmerie de Midi-Pyrénées dont dépend l’adjudant. La réponse qui lui parvient n’est pas du tout du goût de l’association. «Tout d’abord, pour m’assurer de la légitimité de votre démarche, je souhaite disposer des justificatifs relatifs à la qualité d’adhérent à votre association de l’adjudant, ainsi que sa demande pour le représenter dans ce dossier», écrit le général dans un courrier dont Yagg a pu se procurer une copie (téléchargez Courrier general TAVEL a Flag.pdf).

«ATTEINTE AUX DROITS INDIVIDUELS ET ASSOCIATIFS»
Pour Flag!, c’est la douche froide. «Nous étions stupéfaits», se souvient Mickaël Bucheron. Selon lui, l’exigence du général contrevient au droit d’association. «Nous ne sommes pas un syndicat, interdit dans la gendarmerie, mais une association type loi 1901. Un gendarme peut y adhérer librement», rappelle-t-il. Pour Flag!, la réponse du général est clairement «une atteinte aux droits individuels et associatifs». Mickaël Bucheron y voit une manière de dissuader les policiers et gendarmes LGBT de rejoindre l’association: «Il y beaucoup de policiers et de gendarmes qui ne nous rejoignent pas justement par peur d’être fichés».

Dans son courrier, le général prévient aussi l’association qu’il a adressé une copie de sa réponse au procureur de la République de Toulouse au motif que la demande de Flag! «met en cause nommément, deux officiers». Flag! dénonce une «tentative d’intimidation». «C’est une manière de nous menacer de poursuites pour dénonciation calomnieuse», s’indigne Mickaël Bucheron.

«ON NE COMMUNIQUE PLUS RIEN»
Aujourd’hui, après avoir réfuté toute irrégularité au magazine Têtu, le commandement de Midi-Pyrénées a fait le choix de ne plus s’exprimer sur le sujet. Notre demande d’interview s’est heurtée à un mur: «Il n’y a tellement rien à dire sur ce communiqué qu’on ne communique plus rien», répond, pince sans rire, le responsable des ressources humaines.

Du côté de Flag!, on ne s’en laisse pas conter. L’association réclame maintenant des explications des autorités. Entre-temps, l’adjudant a fini par raccrocher son uniforme de gendarme, après vingt ans de service. Sa plainte, elle, suit son cours. Mais sans lui et sans Flag!.

Photo Babizoom

Associatif | Interview | Région | Société | 10.07.2011 - 10 h 42 | 26 COMMENTAIRES
Agression homophobe à Strasbourg: «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait»

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«Pourquoi moi», s’interroge Demir, «je ne comprends pas». Une semaine après son agression, le quadragénaire est encore sous le choc. Le 30 juin au matin, après avoir quitté son travail, lui et l’un de ses collègues retrouvent quelques amis autour d’un verre dans un bar flottant bien connu des Strasbourgeois. Vers 6 h, tous deux quittent la péniche et décident de rentrer. C’est en regagnant leur véhicule qu’ils sont pris à partie puis violemment agressés.

«BANDE DE TAPETTES, LOPETTES»
«Je me dirigeais vers l’Hôtel de ville lorsque trois personnes nous ont insulté: bande de tapettes, lopettes… Puis, deux d’entre elles m’ont attaqué dans le dos. Pourtant, ils étaient dans le même bar que nous», raconte Demir. « Mais on n’avait pas eu de soucis avec eux à l’intérieur, même pas un regard méchant», se souvient-il. «L’un tentait de m’étrangler et le second me frappait. Ça s’est passé tellement vite. Ils se sont acharnés sur moi, ils m’ont donné des coups à la tête et entre les jambes. Un des mecs m’a dit: T’en n’auras plus besoin, en parlant de mon entrejambe», affirme la victime. Un troisième individu s’en prend à son collègue. Ce dernier serait parvenu à se dégager et à prévenir des policiers qui patrouillaient non loin du lieu de l’agression. Dans la foulée, les secours sont contactés. «Ils ont continué à me rouer de coups. Je suis tombé et ma tête à cogné le sol. J’ai perdu connaissance», raconte Demir. Il se réveille à l’hôpital. «Je me souviens vaguement de mon réveil. J’étais dans le couloir, entouré de brancards, le pantalon plein de sang». Demir ajoute qu’il a attendu qu’on s’occupe de lui et qu’il est resté seul sans aide et sans calmants malgré la douleur. Alors, il est tout simplement parti de l’hôpital. De retour à son appartement, son colocataire rappelle les urgences. Cette fois, Demir est pris en charge. Mais une fois sur place, il dit avoir entendu une remarque raciste pendant qu’on l’examinait. «Ils m’ont renvoyé chez moi sans plus d’explications, avec la facture», lâche-t-il, amer, en brandissant sa quittance. Le lendemain, en parallèle de l’hôpital, Demir se rend chez son médecin qui lui délivre un arrêt de travail de 7 jours ainsi qu’un certificat médical faisant état d’un traumatisme crânien et de multiples ecchymoses.

«JE NE VEUX PAS ME CACHER»
Aujourd’hui, Demir dit avoir encore «mal au dos» et souffrir au niveau des organes génitaux. «J’ai mal et il m’arrive de saigner, il faut que je retourne chez mon médecin», confie-t-il. Il a porté plainte pour violences volontaires en réunion en raison de l’orientation sexuelle. Les agresseurs ont été identifiés puis laissés en liberté en attendant leur convocation. Il espère que SOS homophobie lui fournira un avocat et que les associations LGBT vont le soutenir. Il réclame simplement «la justice». «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait», lâche-t-il, les larmes aux yeux. Il dénonce l’intolérance qui perdure dans certains coins d’Alsace. Après son agression, Demir dit être resté «prostré» chez lui toute semaine. «Mais je ne veux pas me cacher», se défend-t-il, «j’ai accepté de parler à la radio et dans les journaux. Parce que j’ai le droit de m’exprimer».

Originaire de Turquie, Demir est fier de son parcours et ne se fait pas prier pour parler de l’histoire de sa famille. De son père, ébéniste, le premier de la famille à s’installer dans la région en 1969. «A l’époque, la France avait besoin de main-d’oeuvre», dit-il. Lui n’arrivera qu’à 12 ans. «Mon père voulait que je termine l’école primaire en Turquie». Il décrit les difficultés pour s’intégrer pendant son adolescence. Le racisme ordinaire des gens qui l’accusaient de «prendre leur pain» parce qu’il était «l’étranger». Mais surtout le sentiment d’être «doublement différent», d’abord en raison de sa nationalité puis de son orientation sexuelle. Comme une double peine. Le bac en poche, il passe son brevet de technicien supérieur de l’hôtellerie, se marie et devient même papa. Mais il finit par divorcer en 2000 après avoir fait son coming-out à sa famille. «C’était difficile mais ils ont fini par accepter. Mon copain de l’époque venait même à la maison». Ce qui n’est pas le cas de son petit ami actuel. «Quand il a lu l’article sur moi dans le journal, il a pleuré de peur que ses parents apprennent qu’il est homo. Moi, je n’ai rien à cacher. Dans la vie, il y a deux choses que je ne supporte pas: l’injustice et le mensonge. En Turquie, je peux tenir la main de mon copain sans problème, ça ne choque personne. En ville, les gens sont habitués à voir deux hommes ensemble». A son travail aussi, Demir assume son homosexualité. «Les gens sont au courant, je me sens parfaitement intégré».

LES ASSOCIATIONS LGBT DE STRASBOURG TIRENT LA SONNETTE D’ALARME»

Dans un communiqué publié jeudi 6 juillet, La Station, le centre LGBTI Strasbourg-Alsace qui ouvrira ses portes en septembre (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), «s’indigne une nouvelle fois face à une agression homophobe qui a eu lieu  fin juin à Strasbourg, à la sortie d’un bar sur l’eau qui n’a plus rien de sa réputation gay friendly». Evoquant au moins une autre agression près du bar en question, la Station tient à mettre en garde la communauté LGBT et les touristes de passage: «Les gens doivent savoir que cet établissement, s’il n’est en rien responsable des agressions perpétrées près de ses murs, n’est plus un lieu gay friendly», explique Jean-Philippe Restoueix, président de la future structure. «Le cas de Demir relève de la bêtise pure mais inquiétante. Il s’agit de trois mecs qui voulaient casser du pédé», avance-t-il, pointant «une recrudescence d’actes discriminants et violents» et «un manque de personnel aux urgences, empêchant une véritable prise en charge les victimes». La section locale de la Ligue des droits de l’Homme lui a emboîté le pas dès le lendemain en condamnant «avec force» une agression «visiblement homophobe». «L’homophobie est un fléau qui tend à se banaliser dans la société. Et la justice peine souvent à reconnaître le caractère homophobe d’une agression lorsqu’il est avéré. Nous souhaitons que ce cas soit une preuve d’exemplarité de la justice, et que les agresseurs soient sévèrement punis, comme ils le méritent», conclut l’association.

Photo ©Paul Denton