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Education | Recherche | Santé | 14.06.2011 - 11 h 22 | 3 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi

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Alcool, drogue, rapports sexuels non protégés, surpoids etc. Des études montrent déjà que l’adolescence est l’âge de tous les dangers. Mais qu’en est-il des jeunes qui doivent en plus assumer une orientation sexuelle différente de la norme hétérosexuelle? Une nouvelle étude américaine confirme que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s (LGB) sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros.

L’étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC) est la plus complète à ce jour sur les conduites à risque des jeunes. L’agence fédérale a passé au crible les comportements à risque de 156 000 élèves du secondaire dans sept Etats américains entre 2001 et 2009, que ce soit en matière de consommation de drogues ou d’alcool, du comportement alimentaire ou sexuel. Mais ce qui fait la spécificité de cette étude, c’est que les participants ont également été interrogés sur leur orientation sexuelle (mais pas sur leur identité de genre). Les résultats rendus publics par le CDC la semaine dernière ont permis de dégager des différences tout à fait significatives.

DISPARITÉS CONSIDÉRABLES ENTRE ELEVES LGB ET HÉTÉROS
Ainsi, près de 30% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s disent avoir sérieusement envisagé le suicide, contre 11,7% pour les élèves hétérosexuel-le-s. De la même manière, si 7,8% des élèves hétérosexuel-le-s déclarent avoir conduit sous l’emprise de l’alcool, ce taux est multiplié par deux et monte à 15,4%, pour les étudiant-e-s homos. Plus surprenant, lorsqu’on les a interrogés au sujet des armes à feu, 12% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s ont affirmé avoir transporté une arme au moins une fois durant le mois précédent, soit presque quatre fois plus que les élèves hétérosexuel-le-s. L’étude du CDC révèle également que les jeunes bisexuel-le-s seraient encore plus exposés que les gays et les lesbiennes. De manière générale, les ados LGB déclarent en moyenne adopter 70% de tous les comportements à risque « mesurés », tout particulièrement par rapport aux tentatives de suicide, le recours à la drogue et à l’alcool, aux relations sexuelles non protégées et à la gestion du poids. Ce sont ces disparités considérables entre élèves LGB et hétéros qui suscitent l’inquiétude des autorités sanitaires américaines.

« Nous nous inquiétons de ce que ces étudiants soient confrontés à de telles disparités pour tant de risques différents pour leur santé », s’alarme Howell Wechsler, directeur de la division adolescence et santé scolaire du CDC, auprès de l’agence Reuters lundi 6 juin. « Ce rapport devrait être agir comme un déclic pour les familles, les écoles et les communautés, nous devons faire un meilleur travail pour soutenir ces jeunes », conclut ce haut fonctionnaire. Pour les chercheurs du CDC, ces « disparités » s’expliquent notamment par l’absence « d’un environnement procurant un sentiment de sécurité et de soutien » à destination de ces élèves.

« Les jeunes gay, lesbiennes et bisexuels sont souvent conduits à des comportements à risque parce qu’ils sont rejetés par leurs familles et les autres groupes de soutien », analyse pour sa part Laura McGinnis, porte-parole de The Trevor Project, une organisation nationale qui fournit des conseils de crise et de prévention du suicide chez les jeunes. « Nous avions connaissance de tout cela depuis des années, mais les recherches n’existaient pas pour nous soutenir », affirme-t-elle. Pour Mme McGinnis, ces nouvelles données devraient contribuer à accroître la sensibilisation des décideurs et conduire à plus de formation pour les membres du personnel scolaire.

Pour améliorer la situation, le rapport du CDC préconise la mise en place de nouveaux dispositifs au sein des établissements scolaires, à l’instar des Gay-Straight Alliance (ces groupes censés favoriser la tolérance et la solidarité entre les élèves LGB et hétéros).

Education | 07.06.2011 - 08 h 55 | 20 COMMENTAIRES
Théorie du genre au lycée: Un syndicat d’enseignants contre-attaque

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La Fédération syndicale Unsa education dénonce un « retour à l’ordre moral » et estime que les associations familiales catholiques visent « l’homosexualité » à travers leur « croisade » contre les nouveaux manuels de SVT (lire Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée) dans un communiqué publié lundi 6 juin.

« LES EGLISES N’ONT PAS À DONNER LEUR AVIS
SUR DES PROGRAMMES SCOLAIRES »
« Les associations familiales catholiques lancent leur nouvelle croisade, accuse l’Unsa. Elles ont décidé de s’en prendre aux programmes de première des SVT et, comme le rappellent les programmes, à « l’acceptation des différences ». […] Pour ces associations intégristes, l’hétérosexualité est la norme et les identités entre hommes et femmes établies une fois pour toutes. Le mariage est la règle et ne peut que concerner les hétérosexuels. »

Pour l’Unsa Education, « les Eglises, quelles qu’elles soient, n’ont pas à donner leur avis sur des programmes scolaires qui visent à la formation de « citoyens » et non de « croyants », sauf à vouloir défaire la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ». Et la fédération de s’interroger: le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, « cèdera-t-il aux pressions des intégristes catholiques? Ou y résistera-t-il? ».

« EFFRAYANTE NOUVELLE »
Le 27 mai dernier, la direction de l’enseignement catholique a envoyé une lettre à ses établissements scolaires, contestant les nouveaux programmes de SVT et particulièrement le chapitre « Devenir homme ou femme » qui « fait implicitement référence à la théorie du genre, qui privilégie le « genre » considéré comme une pure construction sociale, sur la différence sexuelle ». Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, a écrit au ministre de l’Education nationale Luc Chatel pour lui demander de faire retirer et corriger les nouveaux livres de SVT.

De son côté, la confédération nationale des associations catholiques CNACF a mis en place une pétition sur son site internet et dénonce un programme de classe de première offrant « un panorama de la sexualité morbide et mortifère (contraception et contragestion) sans aucune ouverture vers la relation, l’amour de l’autre, le don de soi et l’ouverture à la vie ». « C’est une sexualité qui est décrite comme proche de celle de l’animal, dans une continuité de comportement et avec une absence de sens, s’insurge l’association catholique. » A noter que le député UMP Christian Vanneste, fidèle à lui-même, qualifie l’arrivée de la théorie du genre dans les lycées d’ « effrayante nouvelle » sur son blog. L’élu de Tourcoing annonce avoir posé une question écrite à Luc Chatel, lequel reste toujours muet à ce sujet, à l’Assemblée.

Politique | Religion | Science | 03.06.2011 - 15 h 46 | 39 COMMENTAIRES
Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée

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Dans une lettre ouverte au ministre de l’Education nationale Luc Chatel publiée lundi 31 mai sur le site du Parti Chrétien-Démocrate dont elle est la présidente, Christine Boutin tire à boulet rouge contre l’enseignement obligatoire de « la théorie du genre » également appelée « gender studies » (voir « Zoom sur les genders studies » plus bas) dans certains programmes au lycée.

De quoi s’agit-il? Concrètement, la théorie du genre, ainsi que d’autres informations sur la sexualité, la procréation médicalement assistée et la contraception font leur entrée dans des manuels de SVT (Sciences et Vie de la Terre), qui seront disponibles à la rentrée 2011 pour les classes de Première. Le manuel Bordas indique par exemple que: « Si dans un groupe social, il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels. »

C’est l’enseignement catholique qui s’émeut en premier de ces nouveaux programmes. Par la voix de Claude Berruer, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique, qui envoie un courrier à ses directeurs diocésains le 27 mai dernier, afin d’attirer leur attention sur ces contenus innovants et dénoncer les aspects qui semblent contraire aux principes chers à l’enseignement catholique. « La théorie du genre se diffuse dans notre environnement, il est assurément indispensable d’ouvrir un débat avec les lycéens sur cette question ». On a déjà vu – et entendu – pire de la part de catholiques notamment au sujet du Pacs ou du droit à l’avortement. Mais Christine Boutin, qui a fait de la lutte contre les droits et la visibilité LGBT son cheval de bataille, depuis le vote du pacs en 1999, voit rouge. Et reprend sa plume pour réaffirmer ses positions ultra-conservatrices sur les sujets de société. On se souvient qu’elle avait déjà écrit à Luc Chatel en 2010 pour lui demander d’interdire la diffusion du film Le baiser de la lune, qui visait à sensibiliser à l’homosexualité les enfants de CM1/CM2 (lire Christine Boutin écrit à Luc Chatel pour demander l’interdiction du « Baiser de la Lune »).

« NOUS NE POUVONS ACCEPTER QUE L’ÉCOLE
DEVIENNE UN LIEU DE PROPAGANDE »

« Comment cela est-il possible? Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences, s’indigne Christine Boutin. Comment peut-on présenter dans un manuel, qui se veut scientifique, une idéologie qui consiste à nier la réalité: l’altérité sexuelle de l’homme et la femme ? […] Monsieur le Ministre, nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la « normalité » que le peuple français ne partage pas. » Et de rappeler avec une subtilité toute relative à Luc Chatel que 2012 approche: « Je ne manquerai pas de me faire l’écho de votre position sur ce sujet capital : vous conviendrez que celle-ci aura une influence déterminante sur les choix que les citoyens français seront amenés à poser lors des scrutins qui s’annoncent dans quelques mois. »

« UNE ATTAQUE EN RÈGLE
CONTRE LA LOI MORALE NATURELLE »

Dans son combat en faveur de la « liberté de conscience des familles et de la responsabilité des parents en matière d’éducation affective et sexuelle de leurs enfants », la présidente du Parti Chrétien-Démocrate n’est pas isolée. Elle peut également compter sur le soutien de la cathosphère. Car la pasionaria des anti-Pacs est devenue la madone des chrétiens-conservateurs 2.0 qui n’hésitent pas à justifier leur rhétorique homophobe en brandissant la liberté d’expression. Ainsi, le site réactionnaire libertepolitique.com prétend que « les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle » (!). « Une fois inculquée aux élèves cette idée que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle (!) vers l’autre sexe », s’insurge la revue catholique. Le site Veille-Education, site de l’actualité sur l’école « dans une perspective chrétienne » n’est pas en reste et dénonce « un glissement idéologique […] résultats de puissants lobbies ». Alors que Bruno Gollnisch, ancien candidat à la présidence du FN et député européen évoque, sans rire sur son blog, « une offensive contre la civilisation européenne »: « Les promoteurs du gender n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat, poursuit-il. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. »

Du côté de l’Education nationale, on cherche manifestement à calmer le jeu. Le directeur de l’enseignement scolaire Jean-Michel Blanquer explique mercredi 1er juin au Figaro que « les programmes font le point sur des connaissances scientifiques clairement établies » et qu’ « il ne s’agit pas de favoriser telle ou telle théorie sociologique particulière ». « S’il y a une extrapolation de certains manuels, dit-il, ce n’est pas de la responsabilité du ministère ». « Les établissements et les professeurs sont libres dans leur choix d’ouvrages. Cela dit, souligne-t-il, le fait qu’il y ait une dimension biologique et sociale du sexe est établie depuis longtemps. » Dommage que Luc Chatel n’ait pas pris la peine de faire passer le message à Christine Boutin. Mais sur cette question, le ministre de l’Education nationale, comme son service de presse, est aux abonnés absents.

ZOOM SUR: LES « GENDERS STUDIES »

Les « Genders studies » ou théorie du genre utilisent la notion de genre, par opposition au sexe biologique, pour faire référence aux constructions sociales du féminin et du masculin. Popularisée par Judith Butler, cette théorie est étudiée dans de nombreuses universités américaines qui financent des département consacrés à ce sujet. En France, les « gender studies » sont enseignées notamment à Sciences Po. Cette année, l’établissement a rendu ce cours obligatoire pour tous les cursus.

Photo Extrait du manuel de SVT, éd. Bordas, 2011.

International | People | Politique | Religion | 10.03.2011 - 08 h 35 | 22 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Pour son anniversaire, Chuck Norris joue de la gâchette contre l’« endoctrinement homosexuel »

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Dans un tribune publiée sur un site conservateur, le héros de la série « Walker Texas Rangers » se fait le chantre des chrétiens conservateurs contre le « libéralisme » qui prévaudrait dans les université américaines et défend notamment le droit des étudiants américains à s’opposer à l’homosexualité.


DES ÉTUDIANTS SOUS INFLUENCE?
L’acteur Chuck Norris, qui fête aujourd’hui son 71ème anniversaire, est plus connu en France pour son jeu de karatéka et son étoile de Ranger que pour ses combats politiques. Pourtant, la tribune qu’il a publié sur le site d’information conservateur World Net Daily lundi dernier vaut le détour. Intitulée « Les écoles publiques américaines: Un endoctrinement progressif », elle affirme que les établissements publics seraient aux mains de « militants de gauche » qui influenceraient les étudiants. Statistiques à l’appui, Chuck Norris tente de prouver qu’une majorité d’enseignants a des opinions politiques « libérales » et soutient les démocrates.

Pour étayer ses propos, l’acteur cite également un extrait de « L’université américaine en chute libre ». L’ouvrage, écrit par un certain Docteur Jim Nelson Black du « Sentinel Research Associates » a été édité en 2004 par la très chrétienne maison d’édition « Thomas Nelson ». On apprend entre autres choses que le milieu académique, c’est-à-dire les professeurs, « entraine les étudiants à dédaigner l’Amérique, à avoir librement des expériences sexuelles, à défendre avec force des questions comme l’avortement et l’homosexualité, ainsi qu’à devenir des défenseurs du politiquement correct, du relativisme, de la mondialisation, des programmes verts et de la tolérance pour tous. » Bref, l’antéchrist pour ce militant chrétien et conservateur.

UN CHRÉTIEN-CONSERVATEUR A HOLLYWOOD

Car dans un Hollywood réputé acquis à la cause démocrate, Chuck Norris est l’un des rares acteurs à se déclarer conservateur. En tant que tel, il est favorable à la libre-circulation des armes à feu – il en vend d’ailleurs à son nom via son site internet – mais comme chrétien, il est farouchement opposé à l’égalité des droits pour les couples de même sexe. En 2008, on l’a vu s’engager publiquement en faveur de la tristement célèbre proposition 8 qui a refermé l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Il a ensuite critiqué « l’ingérence » des militants LGBT dans le scrutin et les a accusé d’être « anti-démocratiques » lorsque ces derniers ont contesté le référendum.

L’acteur fait aussi référence au vif débat qui tourne autour de projets de loi anti-harcèlement. En effet, suite à une série de suicides chez les jeunes gays américains (lire Le suicide de cinq jeunes homos bouleverse l’Amérique), plusieurs Etats voudraient se doter d’une législation qui réprimerait le harcèlement des jeunes LGBT. Mais pour les militants chrétiens-conservateurs, dont Chuck Norris se fait le zélé représentant, il ne s’agit que d’une tentative des « lobbies gays » d’imposer leur « style de vie ».

« GUERRE DE LA CULTURE »
C’est ce qu’affirme l’un des plus importants lobby chrétien-conservateur américain « Focus on the family » qui fait de la lutte contre les projets de lois anti-harcèlement son cheval de bataille au motif qu’une législation visant à protéger les étudiants victimes de harcèlement pourrait aboutir à une répression des chrétiens. « Les militants homosexuels savent qu’ils ont gagné la guerre de la culture s’ils peuvent capturer le coeur et l’esprit de la prochaine génération », prévient Candi Cushman (ci-contre), de Focus on the family. (Par « guerre de la culture », les conservateurs désignent un conflit entre eux et les libéraux sur des questions de société comme l’avortement, la créationnisme, et le mariage entre personnes du même sexe, ndlr). Un comble, alors que de nombreuses études tendent à démontrer que le harcèlement des étudiants gays et lesbiens est un phénomène de masse, qu’un adolescent homosexuel sur quatre serait harcelé physiquement, et que les jeunes LGBT seraient en moyenne quatre fois plus susceptibles de tenter de suicider que leurs camarades hétérosexuels. « Plutôt que d’encourager la libre-pensée, conclut l’acteur qui voulait devenir le premier président du Texas en 2009, le système universitaire américain est devenu un système d’endoctrinement. » On croit rêver.