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Associatif | Politique | Région | 08.04.2011 - 18 h 01 | 14 COMMENTAIRES
Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée

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Strasbourg, et donc l’Alsace, aura bientôt son centre LGBTI pour accueillir les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transgenres et intersexes. Un lieu d’écoute et de lutte contre les discriminations qui ouvrira ses portes en septembre.


« LES GENS VEULENT UN ENDROIT OÙ ON NE LES JUGERA PAS »
Au N° 7 de la rue des Écrivains, à Strasbourg, l’endroit est pour le moment inoccupé. Plus pour longtemps car le premier centre lesbien, gay, bisexuel, transgenre et intersexe d’Alsace y verra bientôt le jour. « Quelque chose de très important est en train de se passer », analyse Irène Tabellion avec émotion. Présidente de La Lune, une association de femmes homosexuelles à Strasbourg, elle sera également vice-présidente du futur centre LGBTI. Elle mesure aujourd’hui le chemin parcouru. Le projet court depuis 2007, lorsqu’une centaine de membres d’associations décide de se mobiliser. « On rencontre énormément de souffrances », témoigne-t-elle. Des vies brisées par les insultes ou les violences physiques. Comme « ces filles jetées de chez elles ou licenciées parce qu’elles sont gouines… Les gens veulent un endroit où on ne les jugera pas ».

La création de ce centre intervient en effet dans un climat trouble. « Il y a moins d’un mois, un homme s’est fait tabasser en plein centre-ville pour avoir embrassé un autre homme », rappellent les bénévoles. Ailleurs, ce sont des « cimetières profanés » et « des maisons qui sont brûlées parce que ceux qui y vivent ont une autre nationalité ». Référence à de récents incendies criminels visant la communauté franco-turque et à des profanations de stèles musulmanes et israélites. « Strasbourg, notre ville, l’Alsace, notre région, auraient-elles peur de la diversité », n’hésite pas à questionner Jean-Philippe Restoueaix, le futur président du centre.

MUTUALISER LES COMPÉTENCES

A droite, Jean-Philippe Restoueaix, président de la Station et Armand Berthomé, secrétaire. A gauche, Nicolas Variengien et Irène Tabellion, vice-présidents de la structure. (Photo © D.P.)

 

D’où le projet de créer une structure ouverte à toutes les personnes dont l’orientation sexuelle diffère de la norme hétérosexuelle. Baptisé sobrement la Station, le centre LGBTI Strasbourg Alsace est le fruit d’un intense travail de conciliation entre une quinzaine d’associations LGBTI. Pas si simple car ces groupes n’ont pas forcément les mêmes objectifs. « On est parfois des sales gosses, glisse Irène en souriant. Mais ce centre, on le voulait absolument. » Il a fallu également clarifier les missions de la structure: « Nous n’avons pas vocation à remplacer les associations existantes, indique Jean-Philippe Restoueaix, mais à mutualiser les compétences. Le but, c’est que chaque personne qui pousse la porte du centre reparte avec une réponse aux questions qu’elle se posait, que ce soit en matière de santé, de conseils juridiques et même de religion. » Par le biais des associations, la Station disposera d’un réseau étendu de juristes, de travailleurs sociaux et de praticiens de santé.

OUVERTURE SIX JOURS SUR SEPT, WEEK-END INCLUS

Le projet est soutenu par la municipalité socialiste au nom de l’égalité des droits. « Pour la Ville, c’est un engagement de campagne qui se concrétise, souligne Mathieu Cahn, adjoint au maire chargé notamment de la lutte contre les discriminations. Nous ne voulions pas d’un local au fin fond d’un faubourg mais au contraire d’un lieu ouvert sur la ville et ses habitants. C’est une question de visibilité mais aussi de dignité. » Un engagement qui devrait se traduire dans les faits par une première subvention de fonctionnement à hauteur de 40.000 euros. Le conseil municipal doit encore l’approuver d’ici la mi-avril. Une enveloppe qui permettra notamment d’engager un responsable administratif et une personne chargée de l’accueil du public.

La Station abritera également un bar associatif et d’une bibliothèque. Autant d’espaces qui permettront d’organiser des soirées d’information, des cafés-débats et un ciné-club. En attendant l’ouverture, reste à trouver le bon mode de fonctionnement pour assurer l’accueil, l’écoute et le cons