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Un complément d'actualité LGBT
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International | Politique | 01.06.2011 - 16 h 57 | 23 COMMENTAIRES
Italie: Les villes tournent le dos à Berlusconi après une campagne électorale raciste et homophobe

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«Grazie Italia» (Merci l’Italie) a titré en fanfares le quotidien de gauche l’Unita (ci-dessus) dans son édition du mardi 31 mai. La coalition de gauche a remporté, dimanche et lundi, une large victoire aux élections municipales italiennes. Malgré les sondages qui lui prédisaient une large défaite (lire Silvio Berlusconi a découvert sa «part lesbienne»), Silvio Berlusconi a voulu faire de ce scrutin local «un test national». Mal lui en a pris. Après Turin et Bologne au premier tour, Milan, Naples, Trieste, Cagliari et Novara ont tourné le dos à son parti, le Peuple de la liberté (PDL), et ont rejoint l’opposition. Même Milan, pourtant considérée comme le fief du «Cavaliere», a basculé à Gauche. Le président du Conseil en avait fait la vitrine de sa réussite professionnelle et politique. Une vitrine qui semble avoir volé en éclats.

«TOUS LES JOURS, BERLUSCONI OU L’UN DES MEMBRES  
DE SON ÉQUIPE ONT ESSAYÉ D’EFFRAYER LES GENS »

«La communauté LGBT italienne en est très heureuse, confie Daniele Nardini, rédacteur en chef du principal site de presse LGBT italien Gay.it (ci-contre), parce que tous les jours pendant la campagne, Berlusconi et des membres de son équipe [au gouvernement, ndlr.] ont essayé d’effrayer les gens en leur disant que leur ville allait être envahie par des personnes LGBT en cas de victoire de la Gauche. Bien sûr, cela n’arrivera pas et les gens vont voir par eux-même qu’ils mentaient.» «Tant que Berlusconi sera au pouvoir, prévient toutefois le journaliste, la Droite restera homophobe.» À Milan, l’association LGBT Arcigay Milan CIG (ci-dessus) a publié dès lundi un communiqué, adressant ses félicitations à Giuliano Pisapia, le candidat de centre-gauche à la mairie, pour sa victoire. Rappelant que celui-ci a été «le seul élu à rencontrer publiquement l’association» avant le scrutin, «rompant ainsi avec le tabou qui interdisait d’aborder les questions liées à la communauté LGBT dans une compétition électorale», l’association dit «espérer enfin un changement dans ses relations avec la municipalité de Milan».

«EN FAVEUR DES TAPETTES»
M. Berlusconi et ses alliés populistes et xénophobes de la Ligue du Nord n’ont en effet pas hésité à user des bonnes vieilles recettes pour garder la main sur les villes (lire Italie: Un prélat attaque un opposant politique de Silvio Berlusconi sur son homosexualité). Racisme: le président du Conseil a ainsi pesé de tout son poids dans la campagne en multipliant, ces derniers jours, les apparitions télévisées pour mettre en garde les électeurs lombards. «Avec la gauche, Milan deviendra une ville islamique», a prévenu le Cavaliere dans une vidéo et un «bidonville de Roms», dans d’autres interviews. Et homophobie: Libero, un quotidien pro-Berlusconi, a brandi le péril homo en annonçant que Giuliano Pisapia ferait de Milan «la Mecque des gays». «Le Palais Marino [la mairie de Milan] sera un genre de Camp David pour réconcilier les communautés LGBT et arabo-islamique.» De même que Carlo Giovanardi, ce secrétaire d’Etat qui s’est récemment illustré en estimant qu’une pub gay-friendly d’Ikea «violait la Constitution», a prévenu que le candidat de gauche, s’il gagnait les élection, «discriminera les familles avec enfants en faveur des tapettes, des homos et des transsexuels.»

Les observateurs restent néanmoins prudents sur l’avenir politique du «Cavaliere» et citent sa capacité à rebondir. À l’instar de Daniele Nardini: «Plusieurs fois, la Gauche a dit que Berlusconi était fini alors que ce n’était pas le cas, souligne-t-il. Quoi qu’il en soit, cela semble être le bon moment.» «L’après-Berlusconi a commencé», estime pour sa part le quotidien milanais Corriere della Sera dans son éditorial de mardi, tout en soulignant que la situation ne va pas basculer à court terme, mais croit savoir que l’avenir de la coalition entre la Ligue du Nord d’Umberto Bossi et le parti de Berlusconi (qui en a besoin pour conserver la majorité au Parlement) est en question.

Politique | 18.04.2011 - 16 h 22 | 18 COMMENTAIRES
Insolite: Silvio Berlusconi a découvert sa « part lesbienne »

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Le Cavaliere a notamment plaisanté samedi sur sa « part d’homosexualité » devant ses partisans. Ses blagues douteuses vont-elles le faire remonter dans les sondages? Pas sûr.

Le chef du gouvernement italien a paradé samedi à l’occasion d’un congrès à Rome. L’homme de 74 ans est apparu en forme et a exhibé son habituel sourire devant plusieurs centaines de militants de son parti Peuple de la liberté (PDL), rassemblés dans une grande salle, dans le sud de Rome. Une fois son discours terminé, à un militant qui lui criait: « tu es beau tu es beau ! », le Cavaliere a répondu sur le ton de la plaisanterie: « En chacun de nous, il y a 25% de part d’homosexualité, c’est mon cas aussi sauf qu’après un examen attentif, j’ai découvert que la mienne est lesbienne ». (selon AFP).

HOMOPHOBIE ET SEXISME
L’homophobie et le sexisme, des armes politiques pour Silvio Berlusconi? En novembre 2010, ce dernier avait défendu son goût prononcé pour les jeunes femmes au nom de son rythme de travail, déclarant notamment: « Il vaut mieux avoir la passion des belles femmes qu’être gay. » Une petite phrase en forme de message  codé contre le chef du parti de gauche SEL (Sinistra Ecologia Libertà): Nichi Vendola, homosexuel déclaré et star montante des sondages (lire Italie: Un prélat attaque un opposant politique de Silvio Berlusconi sur son homosexualité). Sa photo dans un camp de nudistes à l’âge de 20 ans a d’ailleurs été publiée à la Une de plusieurs médias appartenant à Berlusconi, dont le quotidien Il Giornale (ci-contre).

LA GAUCHE DÉPASSE LÉGÈREMENT LA DROITE
Ces déclarations tonitruantes peuvent-elles faire oublier aux Italiens que leur président du conseil fait actuellement l’objet de trois procès? Les affaires Mills (corruption de témoin), Mediaset (fraude fiscale) et le Rubygate où il est accusé de recours à la prostitution de mineure. Peut-être pas: la cote de confiance du président du conseil italien a fini par chuter de 2 % en un mois pour atteindre son minimum historique de 31 %, selon un sondage publié aujourd’hui même par l’institut IPR.

Le sondage, effectué entre le 14 et le 16 avril sur un échantillon de 1 000 personnes, pour le compte du quotidien de gauche La Repubblica, révèle aussi que « pour la première fois » la gauche dépasse « très légèrement » la droite dans les intentions de vote. Pour Silvio Berlusconi, qui recueillait  encore la confiance de 62% des sondés en 2008, soit plus de sept ans après sa réélection, la chute est rude. Selon le journal, ces chiffres sont peut-être le signe que les Italiens ne sont plus aussi favorables au Cavalerie. Si même l’homophobie et le sexisme ne payent plus…

International | Politique | Religion | 02.02.2011 - 21 h 46 | 16 COMMENTAIRES
Italie: Un prélat attaque un opposant politique de Silvio Berlusconi sur son homosexualité

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Monseigneur Arduino Bertoldo, évêque émérite de Foligno (Ombrie), tacle le politicien Nichi Vendola. Le gouverneur de gauche, homosexuel, serait bien pire pécheur que Silvio Berlusconi, selon l’homme d’Église. Une diatribe anti-homo qui intervient dans une atmosphère de fin de règne pour le chef du gouvernement italien.


« IL S’EST REGARDÉ, LUI? »
Faut-il que l’image du président du conseil italien Silvio Berlusconi soit dégradée pour qu’un archevêque sorte de sa retraite pour voler à son secours. « Au moins Berlusconi dans son péché ne fait pas offense à la loi naturelle, il suit la nature », a notamment déclaré Monseigneur Bertoldo (ci-dessus). Le prélat répondait ainsi aux accusations de Nichi Vendola (ci-contre) contre le chef du Gouvernement. Le gouverneur des Pouilles, figure montante de la gauche et ouvertement homosexuel a multiplié les attaques contre Silvio Berlusconi. « Il exige que Berlusconi change de style de vie, tonne l’archevêque, mais il s’est regardé, lui? (…) Vendola non seulement commet des péchés, mais il enfreint la nature. Il fait donc bien pire et ferait mieux de se taire ». De son côté, Nichi Vendola, qui a fait son coming-out à 32 ans – il en aujourd’hui 52 – affiche sa sérénité. Catholique fervent et militant homosexuel, il déclarait au magazine féminin A l’été dernier: « Elle [l’Italie, ndlr] est prête à un premier ministre capable de dire la vérité. Je n’ai jamais menti sur ma vie privée. Les autres ont fait de l’hypocrisie la marque de leur discours. » Ce n’est pas parce qu’il porte une boucle d’oreille que l’homme n’est pas un politicien chevronné.

« BERLUSCONI VA FINIR COMME MOUBARAK »
Empêtré dans le « Rubygate » du nom de cette escort-girl marocaine dont il est accusé d’avoir rémunéré les prestations sexuelles alors qu’elle était mineure à l’époque des faits, Silvio Berlusconi pourrait perdre le pouvoir très prochainement. Daniele Nardini, rédacteur en chef du site d’information LGBT italien Gay.it, veut y croire et livre à Yagg son analyse de la crise qui secoue la firme Berlusconi: « Ces derniers temps, tous les médias italien parlent beaucoup du scandale sexuel qui touche Berlusconi, et ses supporters, dont certains appartiennent au Vatican, essayent de dévier le débat sur la moralité de personnalités gays comme Nichi Vendola. Les médias de centre-droit amplifient ce genre d’idées parce qu’ils sont proches de Silvio Berlusconi mais personne d’autre ne peut croire que leur avis est fondé ». Conclusion de Daniele Nardini: « Ici, il y a ce sentiment que Berlusconi va finir comme Moubarak [le président égyptien] ».

ESCORT-BOYS
Dernier coup dur en date pour le chef du gouvernement italien, voilà que son ex-avocat, Carlo Taormina, qui a également été son ministre jusqu’en 2008, balance son ancien client et patron dans la presse en révélant que ce dernier n’avait rien contre les homosexuels, qu’il en avait dans son équipe et qu’il allait jusqu’à payer des escort-boys à certains de ses collaborateurs. Avérées ou pas, ces nouvelles accusations ont de quoi faire voler en éclats l’image de rital sévèrement burné que le Cavaliere s’est construit à coup de déclarations provocatrices. En novembre dernier, il avait ainsi claironné qu’« il vaut mieux aimer les jolies filles qu’être gay » (lire Pour Silvio Berlusconi, « mieux vaut avoir la passion des belles femmes qu’être gay »).

Bref, ce nouveau scandale tombe au plus mal pour le chef du gouvernement italien. Avec une cote de popularité inférieure à 40%, plombée par un plan d’austérité, des querelles politiques internes et des scandales de corruption, Berlusconi est-il « Essere agli sgoccioli », au bout du rouleau, comme on dit en Italie ? Affaire à suivre.

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