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Un complément d'actualité LGBT
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Education | International | Politique | 26.07.2011 - 10 h 19 | 15 COMMENTAIRES
Quand «le tueur d’Oslo» était prêt à se faire passer pour gay pour mener à terme ses projets

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Depuis samedi, son visage banal – presque poupin – et ses cheveux blonds passent en boucle sur nos écrans. Anders Behring Breivik, un Norvégien de 32 ans, a finalement admis hier être l’auteur du massacre d’Utoya et de l’attentat d’Oslo qui ont coûté la vie à 76 personnes (selon un dernier bilan encore provisoire). Mais avant de passer à l’acte, celui que la presse a déjà surnommé «le tueur d’Oslo» avait rédigé un manifeste de plus de 1500 pages dans lequel il livrait son idéologie. Mais aussi des méthodes de dissimulation pour éviter de se faire repérer. Parmi lesquelles l’homosexualité.

«DIS QUE TU PENSES ÊTRE GAY»
Dans son combat contre ce qu’il appelle le «marxisme culturel», Breivik consacre en effet aux homos de nombreux passages de son «manifeste». Le site allemand Queer.de révèle que le terroriste de 32 ans porte un regard ambivalent sur les homosexuels. Ainsi, s’il se défend d’être homophobe, rappelant que les gays et lesbiennes font partie des cibles de l’«hégémonie» islamique  qu’il prétend combattre, il explique plus loin qu’il ne faut pas hésiter à se faire passer pour un gay pour susciter l’empathie des gens.

«Dis que tu penses être gay, écrit-il, et que tu découvres ton nouveau moi et que tu ne veux plus parler de cette question. Dis leur que tu en as honte et tu ne veux pas plus parler de ce sujet. Fais leur jurer de ne le dire à personne! (ton égo peut en souffrir, à moins que tu sois certain de ton hétérosexualité, parce qu’ils croiront vraiment que tu es gay mais c’est une stratégie extrêmement efficace pour arrêter les questions et empêcher les gens de creuser dans ta vie quand tu ne le veux pas.»

LE PARFAIT ALIBI
Sur le modèle des discours chrétiens-conservateurs américains, Anders Behring Breivik se déclare également en faveur du mariage traditionnel, prône une éducation conservatrice et une limitation des divorces. Dans la même veine, il dénonce dans plusieurs paragraphes les revendications LGBT et féministes, coupables à ses yeux de mettre en danger la civilisation chrétienne et de «discriminer les hétérosexuels» (!). «Par ailleurs, avance-t-il, c’est seulement parce que la compréhension traditionnelle du mariage a déjà été gravement compromise que les homosexuels peuvent désormais y prétendre. Les gays ne veulent pas du mariage dans le moule traditionnel (la version des années 1950), seule la version édulcorée qui en existe aujourd’hui les intéresse.»

Tout en critiquant les mouvements LGBT, il pense qu’il y a beaucoup à apprendre de leurs méthodes. D’après lui, si les homos sont parvenus à imposer leur message politique depuis une vingtaine d’années, c’est parce qu’il se sont posés en «victimes». Une «stratégie très efficace» qui, selon lui, fait de l’homosexualité le parfait alibi pour ne pas éveiller les soupçons. Dans son manifeste, il conseille par exemple d’acheter une voiture de marque Hyundai, «parce que c’est très gay». Il confie aussi se maquiller avant de se photographier car «ça peut sembler gay, explique-t-il, mais plus on est attirant, mieux le message passe.»

Samedi dernier, Anders Behring Breivik a mis en œuvre ses méthodes de dissimulation sur l’île d’Utoya. Déguisé en policier, il s’est joint à un rassemblement de jeunes partisans du Parti travailliste au pouvoir. Puis, sous prétexte de les protéger après l’attentat d’Oslo, il a ouvert le feu sur les participants, tuant au moins 68 personnes selon la police, avant d’être arrêté par les forces de l’ordre une heure plus tard.

Photomontage Paul Denton