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Un complément d'actualité LGBT
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Associatif | International | Politique | Religion | 20.04.2011 - 11 h 37 | 23 COMMENTAIRES
Finlande: Les homos européens doivent-ils craindre la montée de l’extrême droite?

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Les gays et les lesbiennes de Finlande ne sont pas à la fête. La victoire du parti des Vrais Finlandais, devenu dimanche dernier troisième force politique du pays, pourrait marquer un recul de l’Europe et des droits des LGBT.


« Raz-de-marée », « tsunami politique », « percée historique »… La presse européenne  n’est pas avare de superlatifs pour illustrer la victoire des Vrais Finlandais (« Perussuomalaiset ») aux élections législatives dimanche 17 avril. La formation nationaliste finlandaise a raflé 19 % des voix et dispose désormais de 39 sièges sur 200 au Parlement. Se présentant comme « anti-élite » et eurosceptique, le parti n’hésite pas à s’en prendre aux étrangers et aux gays. Une stratégie payante puisqu’il gagne 34 sièges par rapport aux élections de 2007.

INQUIÉTUDE

Aija Salo, Secrétaire générale de Seta. (Photo - Wikipedia)

A Helsinki (la capitale), Aija Salo, secrétaire générale de Seta (« Seksuaalinen tasavertaisuus », Égalité sexuelle), principale organisation LGBT de Finlande, ne peut cacher son inquiétude face à la montée de l’extrême-droite. « Personnellement, je suis assez préoccupée car je ne sais pas ce qui nous attend », confie-t-elle. Seta milite notamment pour l’égalité des droits (mariage et adoptions compris), l’amélioration de la loi anti-discrimination, et le retrait de l’obligation de stérilisation dans la demande de changement de sexe. Mais surtout pour une politique gouvernementale pour l’égalité des LGBT, « quelque chose qui n’a jusqu’à présent jamais été fait en Finlande », souligne Aija Salo. Autant de revendications qui vont à l’encontre de la ligne politique des Vrais Finlandais, qui se flattent de défendre la religion et la famille. Leur chef, Timo Soini (ci-dessous), n’a par ailleurs jamais caché son opposition aux droits des LGBT, se prononçant notamment contre le mariage pour les couples de même sexe.

VIOLENTE OPPOSITION

Timo Soini, chef de file des Vrais Finlandais. (Photo - Wikipedia)

Ce politicien de 48 ans s’est converti au catholicisme lorsqu’il était étudiant dans les années 80. Une ferveur pour l’Eglise de Rome qui détonne dans un pays majoritairement protestant et relativement progressiste sur l’homosexualité, parfois au prix de vifs débats (lire Un débat sur l’homosexualité pousse les Finlandais à quitter en masse l’Eglise). En février 2009, un des leaders des Vrais Finlandais s’est violemment opposé à l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens. Pentti Oinonen avait lancé que « les amoureux des animaux pourraient bientôt exiger d’épouser leur chien. » Dans ces conditions, les réformes que les associations LGBT finlandaises appellent de leurs vœux semblent compromises, d’autant que les nationalistes sont désormais courtisés par les deux principaux partis du pays pour la formation d’un gouvernement de coalition. Un scénario que Aija Salo ne souhaite évidemment pas se voir réaliser: « Nous espérons que la possible entrée de « perussuomalaiset » [les Vrais Finlandais] au gouvernement ne va pas mettre en péril [nos] objectifs. Dans tous les cas, Seta continuera à agir énergiquement pour la reconnaissance des droits humains des LGBT et nous allons, bien entendu, essayer de trouver les meilleures stratégies pour aller dans ce sens, en tenant compte du climat politique. »

TENDANCE EUROPÉENNE

Selon les analystes, la Finlande est plus tolérante envers les mouvements d’extrême-droite car le personnel politique ne s’embarrasse pas de questions idéologiques. Mais Aija Salo veut rester optimiste: « J’espère que les résultats [des élections] vont motiver plus de gens qu’auparavant à exprimer ouvertement leur soutien aux droits des LGBT et à militer au sein de Seta, dans nos organisations membres ou dans d’autres organisations des droits de l’Homme. » Autre raison d’espérer: un comédien ouvertement gay a été élu dans les rangs des Verts (écologistes). Il s’agit de Jani Toivola, 33 ans, qui sera aussi le premier Noir à siéger au Parlement finlandais. Reste que la victoire du parti de M. Soini pourrait bien dépasser le cadre finlandais. Car les formations populistes européennes connaissent un succès croissant ces dernières années (Voir ci-dessous).

UNE PROPAGANDE ANTI-GAY A L’ÉCHELLE DE L’EUROPE

La plupart des formations populistes européennes développent toutes une propagande anti-gay. En Suède, les soi-disant Démocrates (« Sverigedemokraterna ») ont enregistré 5,7% des voix et ont obtenu 20 siège au Parlement en 2010. Ce parti prône notamment « une société plus homogène », comprendre sans couple de même sexe. Chez nos voisins suisses, le parti populiste UDC cible régulièrement les homosexuels, proposant entre autres choses le dépistage obligatoire du VIH. La Hongrie du très conservateur Premier ministre Viktor Orbanle (« Fidesz »), qui exerce la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’au mois de juin a fait voter une nouvelle constitution qui « protège le mariage entre un homme et une femme » lundi 18 avril. En France, après des années d’homophobie,  le Front national (FN) de Marine Le Pen semble privilégier une stratégie de séduction auprès des  gays (lire Les LGBT tomberont-ils dans le piège de Marine Le Pen?). Sans changer une ligne de son programme  qui défend l’union d’un homme et d’une femme comme base de la famille et s’oppose « à toute demande de création d’un mariage homosexuel ou d’une adoption par des couples homosexuels. »

Associatif | Politique | Région | 08.04.2011 - 18 h 01 | 14 COMMENTAIRES
Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée

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Strasbourg, et donc l’Alsace, aura bientôt son centre LGBTI pour accueillir les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transgenres et intersexes. Un lieu d’écoute et de lutte contre les discriminations qui ouvrira ses portes en septembre.


« LES GENS VEULENT UN ENDROIT OÙ ON NE LES JUGERA PAS »
Au N° 7 de la rue des Écrivains, à Strasbourg, l’endroit est pour le moment inoccupé. Plus pour longtemps car le premier centre lesbien, gay, bisexuel, transgenre et intersexe d’Alsace y verra bientôt le jour. « Quelque chose de très important est en train de se passer », analyse Irène Tabellion avec émotion. Présidente de La Lune, une association de femmes homosexuelles à Strasbourg, elle sera également vice-présidente du futur centre LGBTI. Elle mesure aujourd’hui le chemin parcouru. Le projet court depuis 2007, lorsqu’une centaine de membres d’associations décide de se mobiliser. « On rencontre énormément de souffrances », témoigne-t-elle. Des vies brisées par les insultes ou les violences physiques. Comme « ces filles jetées de chez elles ou licenciées parce qu’elles sont gouines… Les gens veulent un endroit où on ne les jugera pas ».

La création de ce centre intervient en effet dans un climat trouble. « Il y a moins d’un mois, un homme s’est fait tabasser en plein centre-ville pour avoir embrassé un autre homme », rappellent les bénévoles. Ailleurs, ce sont des « cimetières profanés » et « des maisons qui sont brûlées parce que ceux qui y vivent ont une autre nationalité ». Référence à de récents incendies criminels visant la communauté franco-turque et à des profanations de stèles musulmanes et israélites. « Strasbourg, notre ville, l’Alsace, notre région, auraient-elles peur de la diversité », n’hésite pas à questionner Jean-Philippe Restoueaix, le futur président du centre.

MUTUALISER LES COMPÉTENCES

A droite, Jean-Philippe Restoueaix, président de la Station et Armand Berthomé, secrétaire. A gauche, Nicolas Variengien et Irène Tabellion, vice-présidents de la structure. (Photo © D.P.)

 

D’où le projet de créer une structure ouverte à toutes les personnes dont l’orientation sexuelle diffère de la norme hétérosexuelle. Baptisé sobrement la Station, le centre LGBTI Strasbourg Alsace est le fruit d’un intense travail de conciliation entre une quinzaine d’associations LGBTI. Pas si simple car ces groupes n’ont pas forcément les mêmes objectifs. « On est parfois des sales gosses, glisse Irène en souriant. Mais ce centre, on le voulait absolument. » Il a fallu également clarifier les missions de la structure: « Nous n’avons pas vocation à remplacer les associations existantes, indique Jean-Philippe Restoueaix, mais à mutualiser les compétences. Le but, c’est que chaque personne qui pousse la porte du centre reparte avec une réponse aux questions qu’elle se posait, que ce soit en matière de santé, de conseils juridiques et même de religion. » Par le biais des associations, la Station disposera d’un réseau étendu de juristes, de travailleurs sociaux et de praticiens de santé.

OUVERTURE SIX JOURS SUR SEPT, WEEK-END INCLUS

Le projet est soutenu par la municipalité socialiste au nom de l’égalité des droits. « Pour la Ville, c’est un engagement de campagne qui se concrétise, souligne Mathieu Cahn, adjoint au maire chargé notamment de la lutte contre les discriminations. Nous ne voulions pas d’un local au fin fond d’un faubourg mais au contraire d’un lieu ouvert sur la ville et ses habitants. C’est une question de visibilité mais aussi de dignité. » Un engagement qui devrait se traduire dans les faits par une première subvention de fonctionnement à hauteur de 40.000 euros. Le conseil municipal doit encore l’approuver d’ici la mi-avril. Une enveloppe qui permettra notamment d’engager un responsable administratif et une personne chargée de l’accueil du public.

La Station abritera également un bar associatif et d’une bibliothèque. Autant d’espaces qui permettront d’organiser des soirées d’information, des cafés-débats et un ciné-club. En attendant l’ouverture, reste à trouver le bon mode de fonctionnement pour assurer l’accueil, l’écoute et le cons

Associatif | Sport | 05.03.2011 - 11 h 11 | 9 COMMENTAIRES
Football: 5.000 euros avec sursis pour une banderole homophobe, les associations s’insurgent

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Jeudi, la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a condamné l’Olympique de Marseille (OM) à une amende avec sursis pour une banderole homophobe déployée par des supporters du club lors d’un match le 3 février dernier. Les associations dénoncent l’inertie du club marseillais dans la lutte contre l’homophobie.


Ce sont des mots auxquels on ne prête plus guère attention, tant ils sont courants dans le monde du sport. Au cours d’un match contre Arles-Avignon au stade Vélodrome le 5 février dernier, des supporters de l’OM avaient déployé une banderole pour encourager leur équipe, où l’on pouvait lire « Bande de tafiole [sic]. Soyez des hommes. » Ce charmant message d’encouragement n’avait pas échappé à l’association Paris Foot Gay qui avait alerté la Ligue de football professionnelle (lire Homophobie dans le foot: Paris Foot Gay s’insurge contre une nouvelle banderole). L’affaire était dans les mains de la Commission de discipline de la Ligue, laquelle s’est montrée plutôt clémente puisqu’elle a condamnée l’OM à 5.000 euros d’amende avec sursis jeudi dernier.

« UNE SANCTION LAMENTABLE »
Pour Paris Foot Gay, c’est la douche froide: « 5.000 euros, ce n’est vraiment pas énorme, souligne Pascal Brethes, président et cofondateur de l’association. Ce qui serait bien, c’est que la somme soit reversée à la lutte contre l’homophobie. Au-delà de la sanction, c’est la question de la sensibilisation contre l’homophobie qui est posée. L’OM n’a toujours pas signé notre charte contre l’homophobie et les négociations n’avancent pas. »

Plus embêtant, la LFP aurait-elle fait un excès de zèle? Dans son communiqué du 3 mars, la Commission de discipline justifie sa décision au nom de « la réactivité du club pour condamner publiquement cette banderole homophobe et les engagements pris par l’OM pour lutter contre l’homophobie en partenariat avec des associations. » Or, s’il est exact que le président de l’OM, Jean-Claude Dassier, a publiquement dénoncé les propos de ces supporters, il n’y a aucune trace d’un engagement concret du club marseillais contre l’homophobie. La phrase fait d’ailleurs bondir Sébastien Gony, président de Fiertés de Provence, l’association qui joue les intermédiaires entre le club marseillais et le Paris Foot Gay: « Nous travaillons depuis le mois de juin dernier avec le Paris Foot Gay sur la charte et pour le moment, l’OM n’a rien fait de concret pour avancer. C’est une sanction lamentable! »

MANQUE DE MATURITÉ?
Pour Bertrand-Régis Louvet, journaliste de sport et de médias, cette sanction a minima reflète le retard des institutions sportives sur la question de l’homophobie: « La LFP n’a que très récemment signé la charte contre l’homophobie du Paris Foot Gay [en juin 2008, ndlr]. Le monde du football et du sport dans son ensemble n’est pas encore mature par rapport à la question de l’homophobie, note le journaliste. Finalement, c’est la société telle qu’elle est: on signe des chartes, on boit des pots et on se tape dans le dos, mais il y a encore beaucoup à faire. »

Aujourd’hui, la LFP n’était pas joignable pour réagir à cette affaire. Pour cette dernière comme pour le club phocéen se pose maintenant la question de leur crédibilité en matière de lutte contre l’homophobie.

Associatif | International | Politique | 12.02.2011 - 07 h 19 | 13 COMMENTAIRES
L’Iran pourrait exécuter un jeune homme pour « sodomie »: Amnesty se mobilise

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L’Iran pourrait exécuter un jeune homme pour « sodomie », annonce Amnesty International dans un communiqué sur son site. L’ONG appelle à la mobilisation.


UN JEUNE HOMME DE 19 ANS
Une fois de plus, le réseau militant se met en branle. Cette fois, c’est pour un jeune homme de 19 ans. Ehsan – on ne connaît pas son véritable prénom – est « confronté à la menace d’une exécution imminente après avoir été reconnu coupable de sodomie » lors d’un « viol, et ce en dépit que son accusateur se soit rétracté », selon les informations de l’ONG Amnesty International. En effet, un tribunal de la province méridionale de Fars a condamné à mort le jeune homme pour cause de « sodomie » alors que l’homme qui avait porté plainte contre lui est revenu sur ses accusations.

« Ehsan a été arrêté à l’âge de 17 ans en même temps que deux autres garçons sur la base d’une accusation de viol. D’après certaines informations, le jeune homme aurait été torturé pendant presque un mois et aurait reconnu les charges qui pesaient contre lui durant les « interrogatoires » mais il est revenu sur ses aveux devant la cour du [tribunal, ndlr] et a nié toutes les allégations. Le tribunal de Fars a reconnu Ehsan coupable de « sodomie » (« lavat » en persan) et l’a condamné à mort », précise l’organisation. Sur les cinq juges du tribunal, l’un d’entre eux a déclaré Ehsan non coupable et a demandé sa libération. La condamnation à mort a été confirmée par la 13è chambre de la Cour suprême de Téhéran et une fois que Ehsan a atteint sa majorité, il a été transféré du centre de détention pour mineurs à la prison de Chiraz. […] Amnesty n’est pas arrivée à déterminer si le responsable de la magistrature a donné son aval à l’exécution, note l’ONG, mais si tel est le cas, Ehsan risque d’être exécuté à tout moment. »

AMNESTY : ÉCRIRE AUX AUTORITÉS IRANIENNES
Actuellement détenu dans une prison de la capitale provinciale de Chiraz, Ehsan serait par conséquent toujours menacé d’être exécuté. Cependant, le statut juridique actuel de la procédure est encore mal défini. L’ONG demande donc à chacun de déposer une plainte auprès des autorités iraniennes au sujet du verdict. Notamment sur la base de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), dont l’Iran est signataire. Selon la CIDE, les exécutions sont prohibées pour toute personne de moins de 18 ans au moment de la commission du délit. Tous les contacts pour déposer une plainte sur cette affaire sont visibles sur le site d’Amnesty.

LA CONVENTION INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT BAFOUÉE

En effet, la République islamique d’Iran a ratifié cette Convention en 1994 en faisant néanmoins une réserve générale tant au moment de la signature que de la ratification de cette convention : « Le Gouvernement de la République islamique d’Iran se réserve le droit de ne pas appliquer les dispositions ou articles de la Convention qui sont incompatibles aux lois islamiques et à la législation interne en vigueur. » Dès lors, on comprend que l’Iran invoque une norme particulière pour ne pas appliquer à la lettre la Convention sur son territoire. En 2009, Amnesty International rend public son rapport intitulé « Condamnation à mort et exécutions recensées en 2008 » (disponible en PDF). On y apprend notamment que l’Iran est la seule nation a avoir procédé à l’exécution de mineur cette année-là. Le dernier délinquant juvénile connu pour avoir été exécuté était un jeune homme connu sous l’identité de Mohammad A. Reconnu coupable de viol présumé et de meurtre alors qu’il avait 17 ans, il a été exécuté en juillet 2010 dans la province de Chiraz. Amnesty International annonce avoir compilé une liste de plus de 140 délinquants juvéniles condamnés à mort ces dernières années, « bien qu’il soit difficile de suivre leur sort ultérieur », note l’ONG dans son communiqué.

Les organisations LGBT estiment que probablement des milliers d’homosexuels ont été exécutés depuis la révolution islamique en 1979. Aucune amélioration n’est en vue pour le moment. Pour preuve, les récentes déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, sur l’homosexualité dont il a dit qu’elle est « contre l’esprit humain et l’humanité » (lire Zones d’ombre autour de la lapidation programmée de deux jeunes iraniens : une association internationale appelle à la prudence). C’était le mois dernier.

Associatif | Politique | 28.01.2011 - 13 h 07 | 27 COMMENTAIRES
Jacques Myard: « Messieurs les homos des deux sexes, foutez-nous la paix! »

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C’est ce qui s’appelle être en état de récidive. Ciblé par GayLib en raison de ses récentes déclarations polémiques sur l’homosexualité, le député-maire de la 5ème circonscription des Yvelines Jacques Myard persiste et signe dans une interview accordée au site Nouvelles de France. Édifiant.


« JE N’AI PAS CHANGÉ D’OPINION »
« C’est fort bonheur que d’être attaqué par GayLib, assure-t-il. En réalité, j’ai eu une phrase peut-être un peu maladroite mais j’assume ». En pleine forme, Jacques Myard. Interrogé par le site de « droite, libéral et conservateur » Nouvelles de France, le député ne lâche rien et joue les bravaches. « Je ne m’occupe pas des homos, ajoute-t-il, mais ce que je leur reproche, c’est d’être devenus un lobby, une secte, de pratiquer le terrorisme intellectuel… Alors moi je leur dis messieurs les homos des deux sexes, foutez-nous la paix ».

Sa comparaison entre homosexualité et zoophilie lors de la matinale du Mouv (voir Pour le député UMP Jacques Myard, l’homosexualité est « une perversion » au même titre que… la zoophilie)? « J’ai été interviewé par « Le Mouv » qui sont des gentils gauchistes. Ils ont pratiqué un amalgame honteux, s’insurge le député. Qu’on les laisse dans leur fange. En ce qui me concerne je n’ai pas changé mon opinion ». Le mariage accordé aux homosexuels? « Moi j’en reste à l’altérité quand les homos veulent singer le mariage. Qu’ils s’aiment d’accord, ce n’est pas pour autant qu’ils forment un couple ». Mais l’homosexualité est-elle une perversion? « J’ai le droit de le penser, dit-il. D’autres pensent le contraire. Il est sûr en tous cas que la civilisation s’est développée sur l’hétérosexualité ». Pas de changement sur le fond, donc, même s’il assure qu’« il peut y avoir des homosexuels à l’UMP, ce n’est pas un souci ».

« CE N’EST PAS GAYLIB QUI VA FAIRE LA LOI À L’UMP »
Enfin, Jacques Myard se paye même le luxe de narguer GayLib quand on l’interroge sur d’éventuelles sanctions réclamées par le groupe: « Qu’ils y viennent. Ce n’est pas GayLib qui va faire la loi à l’UMP. Moi je suis élu du peuple, contrairement à eux ». A l’UMP, c’est service minimum. Le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé n’a pour le moment fait aucune déclaration officielle. Joint par Le Monde, son entourage assure pourtant que le patron de l’UMP ne « cautionnerait naturellement pas de tels propos, s’ils étaient avérés ». On attend maintenant la réaction de GayLib. D’autant que Jean-François Copé s’est toujours prononcé contre des sanctions envers un autre récidiviste en matière de déclarations homophobes, le député UMP Christian Vanneste (voir Rama Yade veut exclure Christian Vanneste de l’UMP).

[mise à jour, 21h40] Joint par téléphone, Emmanuel Blanc, le président de GayLib ne semble pas surpris par les nouvelles déclaration de Jacques Myard: « C’est le niveau zéro de la politique, explique-t-il avec une certaine lassitude. Ça devient problématique. A l’UMP, les déclarations racistes ou sexistes ne sont plus acceptées mais l’expression de l’homophobie paraît être tolérée et ça, c’est intolérable» » Il compte en parler à Jean-François Copé. Par ailleurs, il confirme son intention d’envoyer une lettre à Valérie Pécresse, présidente de l’UMP dans les Yvelines, afin qu’elle exige du député Myard « des excuses publiques ».

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Associatif | Coup de gueule | International | 22.01.2011 - 18 h 35 | 12 COMMENTAIRES
Zones d’ombre autour de la lapidation programmée de deux jeunes iraniens: une association internationale appelle à la prudence

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Mercredi, je vous annonçais que deux jeunes hommes accusés d’avoir eu des relations sexuelles entre eux devaient être exécutés hier, vendredi 21 janvier, par lapidation à Piranshahr (Kurdistan iranien). Problème, cette information, apportée par «le Comité international contre la lapidation» (ICAS en anglais) et reprise par de nombreux sites militants n’a pas pu être confirmée. Du coup, une association américaine s’interroge sur la véracité de cette information et appelle les journalistes à la prudence.


Dans son communiqué publié le 16 janvier sur son site internet, le Comité international contre la lapidation (ICAS) n’y allait pas par quatre chemins: «Nous demandons aux gens partout dans le monde de diffuser la nouvelle de cet acte inhumain et médiéval dirigé contre Ayub et Mosleh et de faire tout ce qu’ils peuvent pour les sauver». Ayub et Mosleh étaient présentés comme deux jeunes hommes de 21 et 20 ans, accusés d’avoir eu des relations sexuelles entre eux et condamnés à être lapidés. Selon d’autres rapports, ils auraient violé un autre jeune homme. L’ICAS annonçait également leur exécution pour ce vendredi.

Si de nombreux sites d’information – surtout militants – ont diffusé ce communiqué en forme d’appel à la mobilisation, pas une seule association n’a diffusé de communiqué officiel. Une internaute s’en étonnait d’ailleurs sur mon blog: «J’ai cherché un peu partout, rien… pas vu de pétitions non plus, ce n’est pas faute de l’avoir traquée…».

IGLHRC: «IL EST DIFFICILE, VOIRE IMPOSSIBLE DE VÉRIFIER LES FAITS»
Et pour cause, le réseau associatif semble pour le moins circonspect quant à la véracité de l’histoire d’Ayub et de Mosleh. A tel point que la très respectée association américaine IGLHRC (International Gay and Lesbian Human Rights Commission) s’est fendue d’une déclaration – destinée uniquement à la presse – en forme de mise en garde: «Cette affaire est une nouvelle preuve de problèmes beaucoup plus larges en Iran, les abus du système judiciaire et la censure de l’information. Des personnes, y compris des LGBT, sont arrêtées, torturées, et inculpées sans preuves. Et il est difficile, voire impossible, de vérifier les faits derrière ces suspicions.»

Autrement dit, selon IGLHRC, impossible de savoir s’il y a eu effectivement arrestation, condamnation ou s’il s’agit d’un appel destiné à attirer la compassion de la communauté internationale sur une exécution bien réelle. Faute de pouvoir confirmer les informations fournies par l’ICAS, l’association IGLHRC condamne les exécutions en général, toutes les formes de torture, appelle l’Iran à annuler cette exécution, la pratique de la lapidation et à ne pas criminaliser l’homosexualité. «Ce que nous savons, c’est que tuer sous toutes ses formes, c’est mal, même si c’est commis par un État», affirme Hossein Alizadeh, coordinateur de IGLHRC pour le Moyen-Orien et l’Afrique du Nord.

Pour ma part, je suis d’avis que rien ne s’opposait à relayer cet appel à l’aide, à condition d’employer le conditionnel. C’est pourquoi j’ai écrit un article sur le sujet, non sans stipuler que cet appel émanait uniquement de l’ICAS. Je suis aussi revenu sur la condition épouvantable des LGBT iraniens. A savoir qu’ils sont pourchassés, torturés et condamnés à mort et que des innocents peuvent l’être également sur la base de faux témoignages comme cela semble avoir été le cas récemment pour Ebrahim Hamidi.

L’HOMOSEXUALITÉ ? «UN COMPORTEMENT CONTRAIRE À L’ESPRIT HUMAIN ET A L’HUMANITÉ», SELON LE PRÉSIDENT IRANIEN

Ce qui est certain, en revanche, c’est que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad déploie un cynisme diabolique quand il s’agit de donner le point de vue officiel de l’Iran sur l’homosexualité. Rappelons qu’en 2007, Mahmoud Ahmadinejad avait provoqué un tollé de protestations en déclarant lors d’un débat à l’université de Columbia aux États-Unis: «En Iran, nous n’avons pas d’homosexuels comme dans votre pays, avait-il alors déclaré. Nous n’avons pas ce phénomène, je ne sais pas qui vous a dit que cela existait chez nous». Manière pour lui d’évacuer les questions embarrassantes sur la condition des homosexuels dans son pays.

Puis, à l’occasion du festival scientifique international de Téhéran en octobre 2010, le chef de cabinet du président iranien, Rahim Mashaie, avait opéré un virage à 180 degrés en déclarant que les propos de Mahmoud Ahmadinejad avaient été «mal compris et mal cités». «Le président Ahmadinejad a déclaré que, contrairement aux autres pays [occidentaux dont les Etats-Unis, ndlr] dans notre pays, les homosexuels n’ont pas fait formulé une série d’exigences. Les propos du président ont été mal traduits, a précisé Rahim Mashaie, on a compris qu’il disait qu’il n’y a pas d’homosexuels en Iran, ce qui a fait rire et a choqué le public».

Or, selon une dépêche de l’AFP, jeudi, lors d’un déplacement dans la ville de Yazd (capitale de la province du même nom, située au centre du pays), le président Ahmadinejad a déclaré devant des fonctionnaires: «Ils m’ont demandé (à l’université de Columbia) pourquoi réprimez-vous les homosexuels en Iran? J’ai répondu que nous n’avons pas tant d’homosexuels que ça en Iran parce que nous croyons que ce comportement est contraire à l’esprit humain et à l’humanité.» Ça a le mérite d’être clair.

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