3444 Associatif | Un complément d'actualité LGBT

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Un complément d'actualité LGBT
Et vous, qu'en pensez-vous?
Associatif | Région | Société | Sport | 16.04.2012 - 22 h 04 | 17 COMMENTAIRES
Paris Foot Gay et Pierre Guénin jouent la carte de l’humour face au dérapage de Louis Nicollin

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«ET OUI, JE SUIS UN PÉDÉ!»
Déjà épinglé par les associations LGBT pour des propos homophobes, le patron du Montpellier Hérault Sport Club, affectueusement surnommé Loulou par ses fans, avait pris de bonnes résolutions: signature de la Charte contre l’homophobie et participation au clip contre l’homophobie dans le sport de l’association Paris Foot Gay. Une participation qui lui a valu de recevoir récemment le prix Pierre Guénin contre l’homophobie, provoquant un début de controverse (lire Louis Nicollin, lauréat d’un prix contre l’homophobie? Seriously?). Louis Nicollin, homophobe repenti? Un beau tableau qui a volé en éclats jeudi dernier quand Loulou a récidivé au micro de RMC: «Au dernier moment j’ai eu peur, je ne suis pas allé au Vélodrome voir OM-Montpellier. Eh oui, je suis un pédé!», a-t-il déclaré pour expliquer pourquoi il ne s’est pas rendu au match entre Montpellier et l’OM.

«RAVI D’APPRENDRE PAREILLE NOUVELLE»
Contacté, Pierre Guénin, fondateur du prestigieux prix du même nom, choisit de répliquer sur le ton de l’humour: «Ravi d’apprendre pareille nouvelle. Que mon prix Pierre Guénin contre l’homophobie ait pu convaincre Louis Nicollin à ce point là; je vais finir par croire au Bon Dieu. Mon cher Louis, viens recevoir ton prix à l’Hôtel de Ville de Paris. Le 14 mai. J’y recevrai moi-même la médaille de Chevalier des Arts et des lettres de la main de l’adjoint de Delanoë, Christophe Girard. Il y aura du beau monde et nous ferons la fête».

«IL N’EST PLUS HOMOPHOBE»
Du côté du Paris Foot Gay, on rit plutôt jaune, et on fait le dos rond. L’association, pourtant prompte à dégainer contre l’homophobie dans le monde du foot n’a pas cru bon de réagir à la sortie de la star de son dernier clip. Volonté de ne pas ternir l’image de l’une de ses plus belles prises? «Il a fait son coming out», plaisante Pascal Brethes, président de l’association, qui préfère relativiser l’incident: «Nous n’avons pas réagi car il nous a prouvé à travers ses actions qu’il n’est plus homophobe. On est quand même très loin de ses anciennes déclarations violentes». Tout en reconnaissant que ces derniers propos font taches: «C’est dans la logique du personnage, un humour dingo et profondément douteux». Bref, avant même de recevoir son prix, le lauréat 2012 de la lutte contre l’homophobie a déjà du plomb dans l’aile…

[Mise à jour, 17 avril, 20h11]

Dernier rebondissement dans ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Nicollin. Alors que Pierre Guénin, «ravi», avait décidé de prendre l’affaire avec légèreté, un communiqué émanant pourtant de son propre service de presse vient de tomber: Loulou ne recevra finalement pas le prix qui devait le récompenser pour son engagement (de courte durée) contre l’homophobie (lire Le prix Pierre Guénin contre l’homophobie retiré à Louis Nicollin).

«En participant au clip du Paris Foot Gay, Louis Nicollin avait donné des gages. Nous sommes au regret de constater aujourd’hui qu’on ne pouvait leur accorder que peu de prix, et que l’insulte ou le commentaire à caractère homophobe font hélas bien partie du patrimoine génétique et « culturel » du Président du Club de Football de Montpellier. Une manière bien ingrate de répondre à la main qui lui avait été tendue», écrit le jury dans son communiqué.

Photo DR

Education | Recherche | Santé | 14.06.2011 - 11 h 22 | 3 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi

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Alcool, drogue, rapports sexuels non protégés, surpoids etc. Des études montrent déjà que l’adolescence est l’âge de tous les dangers. Mais qu’en est-il des jeunes qui doivent en plus assumer une orientation sexuelle différente de la norme hétérosexuelle? Une nouvelle étude américaine confirme que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s (LGB) sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros.

L’étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC) est la plus complète à ce jour sur les conduites à risque des jeunes. L’agence fédérale a passé au crible les comportements à risque de 156 000 élèves du secondaire dans sept Etats américains entre 2001 et 2009, que ce soit en matière de consommation de drogues ou d’alcool, du comportement alimentaire ou sexuel. Mais ce qui fait la spécificité de cette étude, c’est que les participants ont également été interrogés sur leur orientation sexuelle (mais pas sur leur identité de genre). Les résultats rendus publics par le CDC la semaine dernière ont permis de dégager des différences tout à fait significatives.

DISPARITÉS CONSIDÉRABLES ENTRE ELEVES LGB ET HÉTÉROS
Ainsi, près de 30% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s disent avoir sérieusement envisagé le suicide, contre 11,7% pour les élèves hétérosexuel-le-s. De la même manière, si 7,8% des élèves hétérosexuel-le-s déclarent avoir conduit sous l’emprise de l’alcool, ce taux est multiplié par deux et monte à 15,4%, pour les étudiant-e-s homos. Plus surprenant, lorsqu’on les a interrogés au sujet des armes à feu, 12% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s ont affirmé avoir transporté une arme au moins une fois durant le mois précédent, soit presque quatre fois plus que les élèves hétérosexuel-le-s. L’étude du CDC révèle également que les jeunes bisexuel-le-s seraient encore plus exposés que les gays et les lesbiennes. De manière générale, les ados LGB déclarent en moyenne adopter 70% de tous les comportements à risque « mesurés », tout particulièrement par rapport aux tentatives de suicide, le recours à la drogue et à l’alcool, aux relations sexuelles non protégées et à la gestion du poids. Ce sont ces disparités considérables entre élèves LGB et hétéros qui suscitent l’inquiétude des autorités sanitaires américaines.

« Nous nous inquiétons de ce que ces étudiants soient confrontés à de telles disparités pour tant de risques différents pour leur santé », s’alarme Howell Wechsler, directeur de la division adolescence et santé scolaire du CDC, auprès de l’agence Reuters lundi 6 juin. « Ce rapport devrait être agir comme un déclic pour les familles, les écoles et les communautés, nous devons faire un meilleur travail pour soutenir ces jeunes », conclut ce haut fonctionnaire. Pour les chercheurs du CDC, ces « disparités » s’expliquent notamment par l’absence « d’un environnement procurant un sentiment de sécurité et de soutien » à destination de ces élèves.

« Les jeunes gay, lesbiennes et bisexuels sont souvent conduits à des comportements à risque parce qu’ils sont rejetés par leurs familles et les autres groupes de soutien », analyse pour sa part Laura McGinnis, porte-parole de The Trevor Project, une organisation nationale qui fournit des conseils de crise et de prévention du suicide chez les jeunes. « Nous avions connaissance de tout cela depuis des années, mais les recherches n’existaient pas pour nous soutenir », affirme-t-elle. Pour Mme McGinnis, ces nouvelles données devraient contribuer à accroître la sensibilisation des décideurs et conduire à plus de formation pour les membres du personnel scolaire.

Pour améliorer la situation, le rapport du CDC préconise la mise en place de nouveaux dispositifs au sein des établissements scolaires, à l’instar des Gay-Straight Alliance (ces groupes censés favoriser la tolérance et la solidarité entre les élèves LGB et hétéros).

Associatif | International | Politique | 18.05.2011 - 17 h 22 | 29 COMMENTAIRES
Bradley Manning, traître à la nation ou héros gay?

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Qui est réellement Bradley Manning? Voilà un an que ce jeune homme de 23 ans est emprisonné. Accusé d’avoir transmis à WikiLeaks les centaines de milliers de documents confidentiels révélant les coulisses de la diplomatie américaine et un enregistrement d’une vidéo montrant une bavure de l’armée US en Irak, il est devenu le symbole d’une Amérique divisée. Pour la Maison Blanche et une bonne partie de l’opinion publique, il est un traître qui doit être jugé le plus sévèrement possible. Pour ses défenseurs, il est au contraire un « héros de la paix, un « humaniste » et même un « héros gay ».

C’est ce qu’avance notamment le célèbre militant britannique Peter Tatchell. Dans une tribune publiée sur son site internet mercredi 11 mai, M. Tatchell lance un vibrant appel en faveur du jeune soldat: « S’il a divulgué ces documents à Wikileaks, il devrait être salué comme un défenseur des droits humains », affirme-t-il. Décrivant Bradley Manning comme « un humaniste et un homme avec une conscience, inspiré par son engagement pour les droits de l’Homme », Peter Tatchell retrace le parcours militant de ce dernier pour de l’égalité des droits et contre la loi « Don’t Ask, Don’t Tell » (DADT). Cette loi abrogée par le Sénat américain en décembre 2010 qui obligeait les soldats homos à taire leur orientation sexuelle (lire États-Unis: Le Sénat vote l’abrogation de Don’t ask, Don’t tell).

HOMOSEXUALITÉ ET TRAHISON?
Une situation qui, ajoutée à une rupture avec son compagnon de l’époque, aurait conduit le jeune soldat à la dépression, selon The Daily Telegraph. Le quotidien britannique se base sur l’historique de la page Facebook du soldat, lequel se décrit comme « plus que frustré par l’armée et la société en général » et « plombé par le sentiment de n’avoir plus rien ». Bradley Manning aurait posté ses états d’âme sur le réseau social peu avant la date où il aurait, selon l’accusation, téléchargé les documents confidentiels sur des CD censés contenir les tubes de Lady Gaga (!). Pour M. Tatchell, Bradley Manning, sous réserve qu’il soit bien l’informateur de Wikileaks, aurait plutôt « été conduit à libérer les fichiers [parce qu’]il aurait perdu ses illusions avec son pays en matière de politique étrangère et militaire et croyait les idéaux américains de démocratie et les droits de l’homme trahis ».

Homosexualité et trahison, un cocktail béni pour la droite américaine qui combat l’abrogation de DADT au motif que l’ouverture de l’armée aux gays et aux lesbiennes constituerait un danger pour la sécurité des troupes. « Les révélation sur le comportement ouvertement pro-homosexuel de Manning suggèrent qu’une politique plus libérale du département de la défense, sur les souhaits du commandant en chef, s’est maintenant retournée dans des proportions considérables contre les forces américaines, estime ainsi le site ultra-conservateur Accuracy in Media. Cela pourrait causer non seulement des pertes au sein de l’armée mais aussi porter atteinte aux relations avec le Pakistan et l’Afghanistan et mener à une possible défaite militaire dans la région. »

MAUVAIS TRAITEMENTS 
Le cas du du premier classe Manning embarrasse également outre-Manche. Car le jeune homme est britannique par sa mère, installée au Pays de Galles. Celle-ci a réclamé la protection consulaire pour son fils après lui avoir rendu visite en prison en février dernier. « J’ai été très bouleversée de voir Bradley. Être en prison a un effet néfaste sur lui autant physiquement et mentalement, écrit-elle dans sa lettre aux autorités. Je crains que son état ne s’aggrave. Je voudrais que quelqu’un lui rendre visite afin de vérifier ses conditions [de détention]. » Mais le Foreign Office – l’équivalent britannique du ministère des Affaires étrangères – a refusé, arguant que Manning avait déclaré qu’il ne se considérait pas comme britannique. « Le Premier ministre David Cameron et son adjoint Nick Clegg n’ont pas réussi à l’aider, s’insurge Peter Tatchell. Ils ne se sont jamais élevés publiquement contre les mauvais traitements dont il est victime ou, à notre connaissance, appelé le gouvernement américain à stopper les abus que Manning a subi [en prison]. Voilà pour l’engagement professé par la coalition en faveur des droits de l’homme et des libertés civiles. » Jusqu’à ces dernières semaines, Bradley Manning était en effet détenu sur la base de Quantico dans un quasi-isolement, enfermé en cellule vingt-trois heures sur vingt-quatre, empêché de faire de l’exercice, privé de presque toutes affaires personnelles et même un temps de slip, sous prétexte qu’il pourrait se suicider avec. Finalement, devant le tollé international provoqué par ces mauvais traitement, son slip lui a été rendu et les autorités américaines ont transféré le jeune homme dans une prison militaire au régime plus souple, au Kansas.

« COURAGE ET INTÉGRITÉ » 
De leur côté, les partisans de Bradley Manning assurent la contre-attaque. L’Américain a un site de soutien, bradleymanning.org, qui tente de collecter des fonds pour assurer sa défense. Il a reçu le soutien du documentariste Michael Moore et d’intellectuels tels que Noam Chomsky, l’une des voix de la gauche américaine, qui écrit à son sujet: « C’est un privilège de participer à la campagne pour soutenir Bradley Manning, qui a fait preuve de courage et d’intégrité envers son pays, en contribuant à rendre le gouvernement responsable devant ses citoyens et en informant son peuple de ce qu’il devait savoir ». Reste que soldat Manning risque la prison à vie, voire la peine de mort pour « transmission illégale d’informations militaires » et « aide à l’ennemi », bien que le procureur chargé de l’accusation a déjà indiqué qu’il ne la réclamera pas. Son procès devant une cour militaire devrait bientôt débuter par des audiences préliminaires. Peter Tatchell exhorte les supporters du jeune Manning à agir en sa faveur en signant la pétition qui lui est consacrée ou en écrivant au soldat et aux autorités concernées.

Enquête | Politique | Religion | 11.05.2011 - 14 h 08 | 27 COMMENTAIRES
Qui sont ces extrémistes mobilisés contre la gay-pride de Tours?

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Depuis deux semaines, une pétition appelant à lutter contre la Marche des Fiertés à Tours a suscité l’émoi des internautes. Et pour cause, la première version – aujourd’hui censurée – ne faisait pas dans la demi-mesure: «Il y a une quinzaine d’années, la gay pride, c’était 50 folles déguisées qui se dandinaient à Paris. Aujourd’hui, il y en a une dans chaque ville, tout le monde s’y mêle car il est tendance pour les personnes qui se disent branchées de se joindre à l’arc-en-ciel Gay […], affirment les pétitionnaires. Si nous ne faisons rien, quel aura été notre rôle face à de telles abjections? […] Cette minorité (env. 6% de la population) n’a pas à exhiber sa marginalité sexuelle devant les yeux des riverains qui se baladent paisiblement en ville. Les yeux des enfants n’ont pas à être pris en otage par ce genre de spectacle!»

Lancée le 26 avril dernier par un collectif appelé «Ensemble contre la Gay Pride à Tours» sur le site france-petitions.com et destinée au préfet d’Indre et Loire, elle a réuni jusqu’à présent 400 signatures. Sur son blog, baptisé pasdegaypridecheznous, le collectif dit rassembler des «personnes de sensibilités parfois différentes sur la base d’un front commun, celui de lutter contre la Marche des Fiertés à Tours» et promet de «mener un certain nombre d’actions légales pour s’opposer à la Gay Pride du 21 mai prochain». En témoigne cette lettre ouverte adressée à Mgr Bernard Aubertin, archevêque de Tours, le 28 avril. Tout en se défendant d’être homophobe – «Il ne s’agit pas de juger les individus qui s’abaissent à de telles pratiques» – le «collectif» emploie des mots très durs contre l’homosexualité et la gay pride, qualifiant la première de «perversions sexuelles» et la seconde d’«abomination […], scandalisant [les] enfants, blessant tous ceux qui ont une idée de la réelle dignité de la nature humaine». Plus loin, le collectif fait le lien entre homosexualité et pédophilie: «Après tant de scandales de la pédophilie dont quelques pasteurs de l’Église se sont apparemment rendus complices, peut-on donner garantie à ces gayprides par notre silence ?» Mais se garde bien de donner davantage de détails sur ceux qui le composent.

Louis Dubois, chef de Vox Populi. (Photo Document remis)

GROUPUSCULE
En revanche, le site france-petitions.com qui accueille la pétition révèle l’identité de son initiateur: un certain Louis Dubois. L’homme n’est pas un inconnu sur la région de Tours. Il est à la tête de Vox Populi, «la voix du peuple» en latin, un mouvement qui se présente sur son blog comme un «groupe de résistance dissident pour une Touraine enracinée» et dit se situer sur un terrain «strictement local […] à l’échelle Tourangelle». En fait de groupe, il s’agirait plutôt d’un «groupuscule», constitué d’un «noyau dur d’une trentaine de membres et «d’environ 70 personnes, 80 au maximum» lors des manifestations, selon un observateur qui souhaite garder l’anonymat. Créé en 2010, Vox populi a acquis une certaine notoriété en organisant une série d’actions coups de poing ces deux dernières années: opposition à la Gay Pride 2010, au Salon de l’érotisme, et aux défenseurs des sans-papiers. «Ils n’ont pas d’influence mais ils commencent à être connus sur Tours», raconte ce témoin privilégié de la vie politique tourangelle.

Selon lui, Vox Populi puiserait sa force dans le manque de dynamisme politique de la ville. «En 1995, le règne de Jean Royer, maire très à droite notamment sur les questions de société, s’est achevé et la ville est passée à gauche (lire Mort de Jean Royer, surnommé « père la pudeur » et bête noire des homos). Depuis, comme le rapport gauche-droite n’est plus aussi clivant, les gens ont l’impression qu’il n’y a plus d’opposition et ne se reconnaissent plus dans le système.» Un vide politique qui aurait profité à Vox Populi, lequel prend soin de préciser qu’il «n’est rallié à aucun autre mouvement politique et n’est le sous-marin d’aucun parti électoraliste». Son blog fait pourtant apparaître des liens avec des groupes identitaires, parmi lesquels le blog Zentropa, point de rendez-vous des jeunes fascistes français et européens, et le Mouvement d’action sociale (MAS), groupuscule très influencé par les néofascistes italiens de la Casa Pound. Ces derniers ont créé un grand centre culturel de l’extrême droite romaine au sein d’un quartier populaire de Rome. Une initiative que Vox Populi souhaite manifestement reprendre à son compte. En effet, l’un de ses buts est de «pouvoir ouvrir un local [afin d’] accueillir toutes sortes de manifestations (conférence, séance de sport, salle ciné…). Un bastion [qui] permettrait à Vox Populi d’étendre son réseau en étant encore plus présent publiquement et d’avoir un point fixe connu de tous pour se retrouver», écrit le groupuscule sur son blog.

AMBIANCE PESANTE
Au LGP Région Centre, organisateur de la gay pride de Tours, on déplore la publicité accordée à l’extrême-droite. Son président, Romain Ménage, confie «passer son temps à répondre à la presse sur ce sujet». «En tant que citoyen, je suis atterré de voir une ville comme Tours associée à l’extrême-droite, dit-il. Mais comme président du centre LGP, je n’ai aucune inquiétude sur le déroulement de la Marche. Le service d’ordre est important et la police municipale est là pour sécuriser le parcours. Ce qui m’embête, c’est que toute cette affaire génère une ambiance pesante sur la ville. Alors que la Marche se veut festive.» Il salue la mobilisations des internautes qui ont crée une page «Contre la page anti gay pride de Tours» sur Facebook.

Pour le politologue Jean-Yves Camus, cette affaire démontre que « c’est bien la visibilité [des homosexuels, ndlr] qui est en cause. Jean-Marie Le Pen avait en 1996, lors de l’affaire Poulet-Dachary [du nom de cet élu FN de Toulon assassiné en août 1995 alors qu’il fréquentait des bars homosexuels], énoncé l’idée d’une non-immixion du FN dans la vie privée de ses membres, rappelle ce spécialiste de l’extrême-droite. Mais à Lyon notamment, des militants pro-Gollnisch ont participé à la perturbation des kiss-in. La question de l’homosexualité est un grand non-dit à l’extrême-droite. Il existe des homophobes déclarés (Renouveau français, catholiques intégristes), des homosexuels au FN et ailleurs, notamment dans la sphère néo-nazie; et des gens qui sont sur la ligne de Vox Populi.»

L’année dernière, la gay pride de Tours avait rassemblée environ 1 500 personnes, selon Romain Ménage. Il espère qu’elle en attirera «au moins 2 000» le 21 mai prochain, «ne serait-ce que pour en rabattre à l’extrême-droite». Les organisateurs de la Marche ont mis en place un nouveau circuit rythmé par des animations, des concerts et des expositions. De son côté, Vox Populi, qui dénonce la «censure […], le matracage médiatique [sic] et les actions d’opposition» à son égard et l’«immunité […], voire [la] bienveillance de la part des politiques et des médias» dont les «groupes» LGBT bénéficient selon lui, maintient son appel à manifester lors de la gay pride.

Montage Photo Paul Denton

Associatif | Politique | Région | 05.05.2011 - 15 h 22 | 33 COMMENTAIRES
Nancy: le collectif LGBT Lorraine épingle un élu FN « plutôt gai »

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Jean-Luc Manoury, élu Front national au Conseil régional de Lorraine, est dans la ligne de mire du collectif d’associations LGBT Lorraine. L’objet de leur colère? Une tribune intitulée « Non au mariage des homosexuels! », publiée par le conseiller régional sur son blog le 28 avril dernier, dans laquelle il s’insurge contre les revendications exprimées par le collectif organisateur de la gay pride lorraine 2011.

« POLITIQUE DE LA BRAGUETTE »
« Homme d’ouverture et de dialogue, et d’un naturel plutôt gai, écrit l’élu, ce n’est pas avec satisfaction que j’ai reçu comme élu républicain une lettre du collectif d’associations LGBT organisateur de la Gay Pride Lorraine. » Les principales associations LGBT lorraine avaient en effet envoyé entre 400 et 500 lettres à l’ensemble des élus lorrains. Objectif: leur demander de prendre officiellement position sur des revendications telles que « l’ouverture du mariage républicain aux couples de même sexe ou encore pour le droit à l’adoption et à la procréation médicalement assistée pour toute personne et tout couple ayant un projet parental cohérent, le droit au changement d’état civil ». À la surprise générale, le maire de Nancy et figure du parti radical André Rossinot avait signé le bulletin de soutien et encouragé personnellement la Marche des Fiertés. Le député de Meurthe-et-Moselle et secrétaire général du Parti radical Laurent Hénart avait également rejoint l’édile dans son engagement. (lire André Rossinot, le maire de Nancy, apporte son soutien à la Marche des Fiertés).

Mathieu Klein (en haut) et Laurent Hénart. (Photo Document remis)

Non content d’opposer une fin de non-recevoir aux associations, M. Manoury s’en prend à l’orientation sexuelle de certains de ses collègues élus. « J’observe que comme en religion il y a les élus croyants et pratiquants », note-t-il avec perfidie à propos de Mathieu Klein et de Laurent Henart. À 35 ans, le premier, vice-président socialiste du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, est l’un des rares élus ouvertement homosexuel. Membre de HES (Homosexualités et Socialisme), l’association gay affiliée au PS, M. Klein est militant LGBT de longue date. Le second, 43 ans, marié et père de deux enfants, ancien secrétaire d’État au gouvernement Raffarin, aujourd’hui député, s’est illustré par un soutien constant à la communauté LGBT de Lorraine notamment dans le domaine culturel en tant qu’adjoint à la culture de Nancy.

« Au Front National, écrit Jean-Luc Manoury, il n’y a pas de politique de la braguette et l’homosexualité comme la religion doit rester dans la sphère privée et je fais partie des élus lorrains qui sont opposés aux revendications des associations lesbiennes, gays, bi et transgenres. » L’occasion pour cet ancien militaire de 51 ans, marié et père de trois enfants, de rappeler la profession de foi du FN en matière de société: « Un enfant est le fruit d’une union de deux parents de sexe différents. Un environnement éducatif composé de deux parents de même sexe nuirait à l’équilibre de l’enfant et à son développement ». Et l’élu de conclure d’une citation: « Il est curieux de constater combien les homosexuels prolifèrent, alors qu’ils ne se reproduisent pas ».

« LE FN MONTRE SA VRAIE COULEUR »
Le collectif LGBT lorraine n’a guère goûté la complainte de l’élu frontiste. « Opposer les Français en fonction de leur sexualité ou de leur identité de genre, en 2011, c’est d’un ringard! M. Manoury est plutôt gai, mais, avec ses tristes arguments, ressassés depuis 30 ans par l’arrière-ban des politiciens homophobes de tout poil, il se montre finalement encore plus sexiste qu’homophobe », dit le communiqué de presse. L’un de ses initiateurs s’indigne: « C’est un humour de comique-troupier, digne de Jean-Marie Le Pen et particulièrement odieux!, tonne Daniel Conrad, producteur-animateur de l’émission LGBT Ce n’est que de l’amour sur Radio Caraïb Nancy. Sous le vernis de la vague bleue Marine, le FN montre sa vraie couleur: le brun! »

La charge de M. Manoury intervient alors que le Parti radical entretient le suspense sur sa possible scission avec l’UMP. Son président, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, devrait faire part de ses intentions lors du congrès du parti qui se tiendra les 14 et 15 mai prochain. En attendant cette date butoir, la presse analyse la prise de position d’André Rossinot et de Laurent Hénart en faveur de l’égalité des droits comme un signal supplémentaire d’une rupture avec l’UMP. Le parti de la majorité présidentielle s’est en effet opposé à toutes les revendications des associations LGBT.

« JE NE SUIS PAS HOMOPHOBE, J’AI MÊME DES AMIS HOMOSEXUELS »
Contacté par téléphone, Jean-Luc Manoury assume tranquillement ses propos: « J’ai lu dans L’Est républicain qu’André Rossinot [le maire de Nancy, ndlr] a donné son soutien à la gay pride. Je ne suis pas homophobe, assure l’élu, j’ai même des amis homosexuels. Mais la sexualité doit rester dans la sphère privée. Je suis donc contre cette manifestation. » Manifestement soucieux de ne pas apparaître comme « anti-homosexuel », M. Manoury affirme également que le Front national compte « beaucoup d’homosexuels » en son sein, sans donner plus de précisions.

Un discours qui semble s’inscrire dans la droite ligne de la stratégie attrape-tout de Marine Le Pen. Dans son dernier discours du 1er mai, le nouveau leader du FN a en effet fait une place aux homos dans « la grande communauté nationale », déclarant « qu’on soit homme ou femme, hétérosexuel ou homosexuel, chrétien, juif, musulman ou non croyant, on est d’abord Français. » Français peut-être, mais pas avec les mêmes droits. La phrase de Marine Le Pen est à double-tranchant: s’agit-il d’un clin d’œil aux gays ou d’une attaque en règle contre le communautarisme, thème cher aux durs du FN? Les propos de Jean-Luc Manoury font plutôt pencher la balance du côté de la seconde hypothèse.

Associatif | Région | 28.04.2011 - 17 h 52 | 17 COMMENTAIRES
Strasbourg: flash mob féministe contre tartes flambées « sexistes »

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Des associations homosexuelles et féministes ont organisé un happening mercredi dernier pour protester contre la campagne de publicité d’une enseigne de tartes flambées.

Strasbourg, mercredi 20 avril, aux alentours de 19h. Alors que les bureaux se vident, la Grand’Rue de la capitale alsacienne se remplit de monde. Dans cette artère commerçante très prisée des étudiants et des touristes en goguette, le badaud aspire à profiter des derniers rayons de soleil printanier qui s’attardent dans les ruelles.

Soudain, une voix résonne dans un mégaphone. « Nous sommes en colère! Une fois de plus, la femme est jetée en pâture à travers une publicité! » Celle d’Irène Tabellion (ci-dessus, en chemise rouge, magazine en main), présidente de La Lune, une association locale de femmes homosexuelles, entourée d’une trentaine de militantes. L’objet de leur colère? La nouvelle campagne de publicité d’un restaurateur  de tartes flambées.

Une campagne d’un genre particuliers. Sur la photo, une femme dont on ne voit que le bas du corps, se cachant le sexe des deux mains, jambes ouvertes, cuisses serrées, petite culotte flashie (ornée de la coiffe alsacienne traditionnelle) baissée. Son slogan: « Le terroir alsacément plus sexy. » Irène Tabellion ne cache pas son indignation: « En tant que femme et féministe,  on ne peut pas laisser passer une telle publicité. Les femmes sont humiliées. Surtout pour du flammekueche [le nom alsacien de la tarte flambée, ndlr], un produit du terroir. Il faut qu’on m’explique où est le rapport avec une culotte. »

La publicité incriminée a inspiré la blogueuse féministe Ermeline. (via son blog Le féminin l'emporte)

VEILLES CULOTTES
D’autant que la publicité a été diffusée tout au long du mois d’avril par le magazine gratuit PiliPili (propriété du groupe TF1). Avec un tirage  mensuel annoncé de 80.000 exemplaires sur Strasbourg (autour de 40.000 selon l’association ODJ, qui mesure la véracité des chiffres de tirage annoncés par la Presse), cette campagne a bénéficié d’une importante visibilité. « C’est honteux, surtout quand on sait que les gratuits sont très lus, notamment par les jeunes », peste Irène Tabellion.

Pour ne rien arranger, le magazine annonce « sevice jusqu’à minuit » au lieu de « service ». Lapsus malheureux ou simple erreur de frappe? Les militantes s’interrogent. A l’instar de Lorraine, membre de l’association féministe Les Poupées en pantalon. Venue sur place « pour soutenir les actions de La Lune » avec ses camarades, elle pointe le « caractère  malsain » de la publicité. « Cette pub laisse la porte ouverte à toutes les interprétations, explique-t-elle. La femme a sa culotte baissée mais elle serre les cuisses, comme si elle n’était pas consentante. Encore une fois, la femme est instrumentalisée à des fins commerciales, c’est aberrant! » Pour manifester leur colère, les militantes ont réalisé une montagne de vieilles culottes devant le restaurant et sur les tables dont le set comporte aussi la photo incriminée.

FEMME OBJET
A l’intérieur du restaurant, le personnel fait mine de poursuivre ses activités comme si de rien n’était. Le gérant de l’enseigne, Olivier Lammert, refuse de s’exprimer devant la presse. Mais accepte finalement de s’expliquer pour Yagg. Selon lui, cette publicité est un « bon moyen » de communiquer sur le restaurant. « C’est rigolo et sexy, affirme-t-il. Cette pub joue sur le côté décalée. »

Les chiennes de garde se sont chargées de rétablir l'égalité des sexes. (via le blog Le féminin l'emporte)

Reste que pour les défenseurs des droits des femmes, cette publicité est le symbole de la banalisation de la femme objet. « On en est abreuvé à longueur de journée, regrette Irène Tabellion. C’est devenu  tellement courant. » Jean-Philippe Restoueix, président du futur Centre LGBTI de Strasbourg (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), rit jaune: « Le terroir, c’est la terre qu’on laboure. Bravo pour le symbole! Si c’était de l’humour, il fallait faire la même chose avec un homme qui baisse son caleçon. Là, peut-être qu’on aurait pu croire que cette pub débile n’est que du second degré. » Les chiennes de garde s’en sont chargées avant lui. A bon entendeur…