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Associatif | Coup de gueule | Région | Société | 23.03.2012 - 14 h 45 | 7 COMMENTAIRES
Flag! accuse un général de «pression» dans une affaire de discrimination

Le général Laurent Tavel, commandant la région de gendarmerie de Midi-Pyrénées, est dans la ligne de mire de l’association des policiers et des gendarmes LGBT.

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Le général Laurent Tavel, commandant la région de gendarmerie de Midi-Pyrénées, est dans la ligne de mire de Flag!, l’association des policiers et des gendarmes LGBT. Dans un communiqué indigné et rageur publié sur son site, celle-ci dénonce une «pression» et «une tentative d’intimidation» de la part de cet officier supérieur.

«ON L’A PEU À PEU PLACARDISÉ»
Pour comprendre l’histoire racontée par le communiqué de Flag!, il faut remonter à l’année dernière. Au mois de mai 2011, l’association reçoit l’appel à l’aide d’un adjudant de gendarmerie qui se dit discriminé dans sa brigade en raison de son homosexualité. «Il nous a fait part de dissensions entre lui et deux de ses collègues, raconte Mickaël Bucheron, président de l’association. Ça a commencé par des remarques puis on l’a peu à peu placardisé en le tenant à l’écart des enquêtes. C’est le schéma classique dans ce genre d’affaires». La victime, qui s’est déjà ouvert à sa hiérarchie et a même écrit au président Nicolas Sarkozy en sa qualité de chef des armées, n’arrive pas à faire avancer son dossier.

Flag! décide de prendre contact avec le commandement de gendarmerie de Midi-Pyrénées dont dépend l’adjudant. La réponse qui lui parvient n’est pas du tout du goût de l’association. «Tout d’abord, pour m’assurer de la légitimité de votre démarche, je souhaite disposer des justificatifs relatifs à la qualité d’adhérent à votre association de l’adjudant, ainsi que sa demande pour le représenter dans ce dossier», écrit le général dans un courrier dont Yagg a pu se procurer une copie (téléchargez Courrier general TAVEL a Flag.pdf).

«ATTEINTE AUX DROITS INDIVIDUELS ET ASSOCIATIFS»
Pour Flag!, c’est la douche froide. «Nous étions stupéfaits», se souvient Mickaël Bucheron. Selon lui, l’exigence du général contrevient au droit d’association. «Nous ne sommes pas un syndicat, interdit dans la gendarmerie, mais une association type loi 1901. Un gendarme peut y adhérer librement», rappelle-t-il. Pour Flag!, la réponse du général est clairement «une atteinte aux droits individuels et associatifs». Mickaël Bucheron y voit une manière de dissuader les policiers et gendarmes LGBT de rejoindre l’association: «Il y beaucoup de policiers et de gendarmes qui ne nous rejoignent pas justement par peur d’être fichés».

Dans son courrier, le général prévient aussi l’association qu’il a adressé une copie de sa réponse au procureur de la République de Toulouse au motif que la demande de Flag! «met en cause nommément, deux officiers». Flag! dénonce une «tentative d’intimidation». «C’est une manière de nous menacer de poursuites pour dénonciation calomnieuse», s’indigne Mickaël Bucheron.

«ON NE COMMUNIQUE PLUS RIEN»
Aujourd’hui, après avoir réfuté toute irrégularité au magazine Têtu, le commandement de Midi-Pyrénées a fait le choix de ne plus s’exprimer sur le sujet. Notre demande d’interview s’est heurtée à un mur: «Il n’y a tellement rien à dire sur ce communiqué qu’on ne communique plus rien», répond, pince sans rire, le responsable des ressources humaines.

Du côté de Flag!, on ne s’en laisse pas conter. L’association réclame maintenant des explications des autorités. Entre-temps, l’adjudant a fini par raccrocher son uniforme de gendarme, après vingt ans de service. Sa plainte, elle, suit son cours. Mais sans lui et sans Flag!.

Photo Babizoom

Education | International | 02.03.2012 - 15 h 52 | 4 COMMENTAIRES
États-Unis: Une principale poussée à la démission après un commentaire homophobe

Cette principale d’un lycée du Tennessee a notamment lancé à des élèves homos: «Si vous êtes gays, vous irez en Enfer».

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Ce sont quelques mots glaçants lancés à des élèves qui ont coûté son poste à Dorothy Bond. Depuis jeudi, le portrait de l’ex-principale du lycée Haywood de Brownsville (ci-contre), dans le Tennessee, ne figure plus sur la page de l’administration. Dorothy Bond exerçait pourtant ses fonctions depuis les années 90. Mais son dernier dérapage aura manifestement été celui de trop.

«SI VOUS ÊTES GAYS, VOUS IREZ EN ENFER»
C’est au cours d’un débat sur les démonstrations d’affection en public que la chef d’établissement aurait pété les plombs. «Nous discutions et elle a pointé le doigt vers les gays en disant: Si vous êtes gays, vous irez en Enfer, si vous êtes enceintes, votre vie est finie», raconte une lycéenne, visiblement très émue, au journaliste d’Abc24, une chaîne locale qui a couvert l’affaire. Très choqués, des élèves ont en effet rapporté les mots de leur principale à leurs parents, qui ont à leur tour alerté la presse.

D’autres témoignages dénonçant l’homophobie de la chef d’établissement ont ainsi refait surface. Comme Tony Snipes, ce père d’élève qui révèle face caméra que son fils a été accusé par Dorothy Bond d’être gay en raison de sa coupe de cheveux: «Il y a quelques années, elle a dit à mon jeune fils que s’il s’asseyait entre les jambes d’une fille pour se faire faire des tresses, c’est qu’il devait être gay. Si vous êtes enceintes ou homosexuels, vous n’êtes pas la bienvenue dans cette école». Regardez le reportage réalisé par Abc24:

Si vous n’arrivez pas à lire la vidéo, cliquez sur Principal Dorothy Bond Tells Gay Students They’re Going To Hell.

Les déclarations de Dorothy Bond, largement relayées par la presse, ont fait scandale. La très influente Human Rights Campaign, considérée comme l’une des organisations les plus importantes en matière de droits des personnes LGBT aux États-Unis a notamment lancé une pétition en ligne qui a recueilli 5000 signatures en seulement quatre heures.

INTERDIRE DE PARLER D’HOMOSEXUALITÉ DANS LES ÉCOLES?
Devant le tollé provoqué par ses propos, Dorothy Bond a fini par présenter sa démission, qui a été immédiatement acceptée par sa direction, sans doute trop heureuse de mettre fin à cette mauvaise publicité. Il faut dire que l’État du Tennessee n’est pas réputé pour ses positions gays-friendly.

Depuis l’année dernière, un député républicain s’est mis en tête de faire adopter une  proposition de loi visant à interdire de parler d’homosexualité dans les écoles avant le «9th grade» c’est-à-dire l’équivalent de la 3e (lire Tennessee: Le débat sur la proposition de loi «Don’t Say Gay» est relancé). Plus récemment, un autre élu s’est illustré en comparant les homos à des meurtriers et des violeurs en réponse à la lettre d’une lycéenne qui l’interrogeait sur ses positions anti-gays. L’exemple vient d’en haut.

Photo haywoodschools.com

Politique | Société | 15.01.2012 - 12 h 19 | 3 COMMENTAIRES
Sur Twitter, Christine Boutin compare la perte du triple A au «mariage homosexuel»

Quel sens donner à une telle déclaration? Christine Boutin serait-elle devenue extralucide?

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Sacrée Christine Boutin! Tout en sillonnant les routes de son «chemin de Compostelle» à bord de sa Renault Espace dans l’espoir de grappiller quelques signatures pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, la patronne du Parti chrétien-démocrate trouve le temps d’alimenter son compte Twitter.

CHRISTINE BOUTIN, EXTRALUCIDE?
Dans son tweet du vendredi, elle fait cette surprenante comparaison:  «On me rit au nez quand je m’oppose au mariage homo. Mais on ferait bien de m’écouter parfois. J’avais annoncé la perte du #AAA dès septembre». Quel sens donner à une telle déclaration? Christine Boutin serait-elle devenue extralucide? Quel rapport entre la dégradation de la note de la France et l’ouverture du mariage aux homosexuels?

Christine Boutin n’a pas donné davantage de précisions sur le sujet. Mais son tweet n’a pas manqué de faire réagir la twittosphère, qui s’est moquée de la nouvelle sortie de l’infortunée candidate: «Quand Boutin se la joue Elizabeth Tessier», se gausse François Sionneau, le rédacteur en chef du NouvelObs.com. «Votre tweet est aussi pertinent que le mec à poil sur le site de La Redoute», juge pour sa part EmmanuelDCA.

RÉSERVÉ AUX «COUPLES NORMAUX»
Les opposants à l’ouverture du mariage aux homos s’emmêlent souvent les pinceaux sur des questions de vocabulaire. Cette fois, c’est au tour de Richard Galy, maire de Mougins, un petite commune de la Côte d’Azur, d’en faire les frais.

Vendredi, lorsqu’il évoque l’adoption et le mariage lors de ses voeux, il affirme que ceux-ci devaient être réservés à des couples normaux». Malaise dans l’assemblée, à tel point que l’édile a présenté ses excuses: «Je n’aurais pas dû dire normaux mais habituels», a-t-il déclaré, selon le quotidien Nice-Matin

Et vous, qu’en pensez-vous? Simple erreur de vocabulaire ou véritable homophobie? Venez donner votre avis.

Education | International | Politique | 26.07.2011 - 10 h 19 | 15 COMMENTAIRES
Quand «le tueur d’Oslo» était prêt à se faire passer pour gay pour mener à terme ses projets

Dans son manifeste dans lequel il livrait son idéologie, Anders Behring Breivik indiquait aussi des méthodes de dissimulation pour éviter de se faire repérer. Parmi lesquelles l’homosexualité.

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Depuis samedi, son visage banal – presque poupin – et ses cheveux blonds passent en boucle sur nos écrans. Anders Behring Breivik, un Norvégien de 32 ans, a finalement admis hier être l’auteur du massacre d’Utoya et de l’attentat d’Oslo qui ont coûté la vie à 76 personnes (selon un dernier bilan encore provisoire). Mais avant de passer à l’acte, celui que la presse a déjà surnommé «le tueur d’Oslo» avait rédigé un manifeste de plus de 1500 pages dans lequel il livrait son idéologie. Mais aussi des méthodes de dissimulation pour éviter de se faire repérer. Parmi lesquelles l’homosexualité.

«DIS QUE TU PENSES ÊTRE GAY»
Dans son combat contre ce qu’il appelle le «marxisme culturel», Breivik consacre en effet aux homos de nombreux passages de son «manifeste». Le site allemand Queer.de révèle que le terroriste de 32 ans porte un regard ambivalent sur les homosexuels. Ainsi, s’il se défend d’être homophobe, rappelant que les gays et lesbiennes font partie des cibles de l’«hégémonie» islamique  qu’il prétend combattre, il explique plus loin qu’il ne faut pas hésiter à se faire passer pour un gay pour susciter l’empathie des gens.

«Dis que tu penses être gay, écrit-il, et que tu découvres ton nouveau moi et que tu ne veux plus parler de cette question. Dis leur que tu en as honte et tu ne veux pas plus parler de ce sujet. Fais leur jurer de ne le dire à personne! (ton égo peut en souffrir, à moins que tu sois certain de ton hétérosexualité, parce qu’ils croiront vraiment que tu es gay mais c’est une stratégie extrêmement efficace pour arrêter les questions et empêcher les gens de creuser dans ta vie quand tu ne le veux pas.»

LE PARFAIT ALIBI
Sur le modèle des discours chrétiens-conservateurs américains, Anders Behring Breivik se déclare également en faveur du mariage traditionnel, prône une éducation conservatrice et une limitation des divorces. Dans la même veine, il dénonce dans plusieurs paragraphes les revendications LGBT et féministes, coupables à ses yeux de mettre en danger la civilisation chrétienne et de «discriminer les hétérosexuels» (!). «Par ailleurs, avance-t-il, c’est seulement parce que la compréhension traditionnelle du mariage a déjà été gravement compromise que les homosexuels peuvent désormais y prétendre. Les gays ne veulent pas du mariage dans le moule traditionnel (la version des années 1950), seule la version édulcorée qui en existe aujourd’hui les intéresse.»

Tout en critiquant les mouvements LGBT, il pense qu’il y a beaucoup à apprendre de leurs méthodes. D’après lui, si les homos sont parvenus à imposer leur message politique depuis une vingtaine d’années, c’est parce qu’il se sont posés en «victimes». Une «stratégie très efficace» qui, selon lui, fait de l’homosexualité le parfait alibi pour ne pas éveiller les soupçons. Dans son manifeste, il conseille par exemple d’acheter une voiture de marque Hyundai, «parce que c’est très gay». Il confie aussi se maquiller avant de se photographier car «ça peut sembler gay, explique-t-il, mais plus on est attirant, mieux le message passe.»

Samedi dernier, Anders Behring Breivik a mis en œuvre ses méthodes de dissimulation sur l’île d’Utoya. Déguisé en policier, il s’est joint à un rassemblement de jeunes partisans du Parti travailliste au pouvoir. Puis, sous prétexte de les protéger après l’attentat d’Oslo, il a ouvert le feu sur les participants, tuant au moins 68 personnes selon la police, avant d’être arrêté par les forces de l’ordre une heure plus tard.

Photomontage Paul Denton

Musique | People | Société | 18.07.2011 - 10 h 49 | 28 COMMENTAIRES
Une figure du heavy metal annonce sa transition

Le monde du métal est sous le choc. Keith Caputo, le leader du mythique groupe Life of Agony, est devenu Mina Caputo.

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Le monde du métal est sous le choc. Le leader du mythique groupe Life of Agony, Keith Caputo, est devenu Mina Caputo.

« Les transsexuelles MtF abandonnent les privilèges mâles pour la féminité! Menaçons le patriarcat! » C’est par ces mots et une photo (ci-dessus) postés sur Twitter que le fondateur et chanteur de Life of Agony (LOA pour les fans), Keith Caputo, a acté sa transition le 8 juillet dernier. Désormais, celle qui se fait appeler Keith Mina Caputo expose fièrement son apparence féminine au monde entier.

« JE SUIS TRANSSEXUELLE ET J’EN SUIS FIÈRE »
Toutefois, la chanteuse a démenti avoir subi une opération de changement de sexe, évoquée par une partie de la presse musicale américaine. « J’ai gardé mon pénis », a-t-elle précisé sur Twitter. Elle a ajouté que Life of Agony était déjà en « sommeil » et que l’arrêt du groupe n’avait rien à voir avec sa transition. Âgée de 37 ans, Caputo a déjà connu une belle carrière avec LOA – le groupe a sorti 4 albums depuis sa création en 1989 – mais aussi en solo dans un registre plus pop-folk. Elle s’apprête à entamer une tournée européenne sous sa nouvelle identité.

« Oui, je suis transsexuelle et j’en suis fière. Je n’en ai pas honte. Je remercie vivement tous ceux qui m’ont montré beaucoup de soutien ces derniers jours », écrit-elle sur son Twitter. Mais la chanteuse sait aussi sortir les griffes à l’occasion. Dans son dernier tweet, elle s’emporte contre un dj qui l’aurait « rudoyé pour être devenue transgenre ». « Je veux son nom, j’espère que quelqu’un l’a enregistré pour moi? Quelqu’un? Il est temps de les faire tomber! »

Pas facile en effet de s’assumer dans un univers connu pour être plutôt macho et souvent homophobe. Le chanteur Rob Halford, du groupe britannique Judas Priest avait attendu plus de 30 ans avant de faire son coming-out devant les caméras de MTV en 1998.

Regardez son clip « Got Monsters », issu de l’album « A fondness for hometown scars », sorti en 2008. Il prend aujourd’hui une dimension fortement symbolique, au vu de la nouvelle identité de l’artiste.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur Keith Caputo ‘Got Monsters’

Associatif | Interview | Région | Société | 10.07.2011 - 10 h 42 | 26 COMMENTAIRES
Agression homophobe à Strasbourg: «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait»

Rencontre avec Demir, agressé en même temps que l’un de ses collègues en sortant d’un bar, à Strasbourg, le 30 juin dernier.

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«Pourquoi moi», s’interroge Demir, «je ne comprends pas». Une semaine après son agression, le quadragénaire est encore sous le choc. Le 30 juin au matin, après avoir quitté son travail, lui et l’un de ses collègues retrouvent quelques amis autour d’un verre dans un bar flottant bien connu des Strasbourgeois. Vers 6 h, tous deux quittent la péniche et décident de rentrer. C’est en regagnant leur véhicule qu’ils sont pris à partie puis violemment agressés.

«BANDE DE TAPETTES, LOPETTES»
«Je me dirigeais vers l’Hôtel de ville lorsque trois personnes nous ont insulté: bande de tapettes, lopettes… Puis, deux d’entre elles m’ont attaqué dans le dos. Pourtant, ils étaient dans le même bar que nous», raconte Demir. « Mais on n’avait pas eu de soucis avec eux à l’intérieur, même pas un regard méchant», se souvient-il. «L’un tentait de m’étrangler et le second me frappait. Ça s’est passé tellement vite. Ils se sont acharnés sur moi, ils m’ont donné des coups à la tête et entre les jambes. Un des mecs m’a dit: T’en n’auras plus besoin, en parlant de mon entrejambe», affirme la victime. Un troisième individu s’en prend à son collègue. Ce dernier serait parvenu à se dégager et à prévenir des policiers qui patrouillaient non loin du lieu de l’agression. Dans la foulée, les secours sont contactés. «Ils ont continué à me rouer de coups. Je suis tombé et ma tête à cogné le sol. J’ai perdu connaissance», raconte Demir. Il se réveille à l’hôpital. «Je me souviens vaguement de mon réveil. J’étais dans le couloir, entouré de brancards, le pantalon plein de sang». Demir ajoute qu’il a attendu qu’on s’occupe de lui et qu’il est resté seul sans aide et sans calmants malgré la douleur. Alors, il est tout simplement parti de l’hôpital. De retour à son appartement, son colocataire rappelle les urgences. Cette fois, Demir est pris en charge. Mais une fois sur place, il dit avoir entendu une remarque raciste pendant qu’on l’examinait. «Ils m’ont renvoyé chez moi sans plus d’explications, avec la facture», lâche-t-il, amer, en brandissant sa quittance. Le lendemain, en parallèle de l’hôpital, Demir se rend chez son médecin qui lui délivre un arrêt de travail de 7 jours ainsi qu’un certificat médical faisant état d’un traumatisme crânien et de multiples ecchymoses.

«JE NE VEUX PAS ME CACHER»
Aujourd’hui, Demir dit avoir encore «mal au dos» et souffrir au niveau des organes génitaux. «J’ai mal et il m’arrive de saigner, il faut que je retourne chez mon médecin», confie-t-il. Il a porté plainte pour violences volontaires en réunion en raison de l’orientation sexuelle. Les agresseurs ont été identifiés puis laissés en liberté en attendant leur convocation. Il espère que SOS homophobie lui fournira un avocat et que les associations LGBT vont le soutenir. Il réclame simplement «la justice». «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait», lâche-t-il, les larmes aux yeux. Il dénonce l’intolérance qui perdure dans certains coins d’Alsace. Après son agression, Demir dit être resté «prostré» chez lui toute semaine. «Mais je ne veux pas me cacher», se défend-t-il, «j’ai accepté de parler à la radio et dans les journaux. Parce que j’ai le droit de m’exprimer».

Originaire de Turquie, Demir est fier de son parcours et ne se fait pas prier pour parler de l’histoire de sa famille. De son père, ébéniste, le premier de la famille à s’installer dans la région en 1969. «A l’époque, la France avait besoin de main-d’oeuvre», dit-il. Lui n’arrivera qu’à 12 ans. «Mon père voulait que je termine l’école primaire en Turquie». Il décrit les difficultés pour s’intégrer pendant son adolescence. Le racisme ordinaire des gens qui l’accusaient de «prendre leur pain» parce qu’il était «l’étranger». Mais surtout le sentiment d’être «doublement différent», d’abord en raison de sa nationalité puis de son orientation sexuelle. Comme une double peine. Le bac en poche, il passe son brevet de technicien supérieur de l’hôtellerie, se marie et devient même papa. Mais il finit par divorcer en 2000 après avoir fait son coming-out à sa famille. «C’était difficile mais ils ont fini par accepter. Mon copain de l’époque venait même à la maison». Ce qui n’est pas le cas de son petit ami actuel. «Quand il a lu l’article sur moi dans le journal, il a pleuré de peur que ses parents apprennent qu’il est homo. Moi, je n’ai rien à cacher. Dans la vie, il y a deux choses que je ne supporte pas: l’injustice et le mensonge. En Turquie, je peux tenir la main de mon copain sans problème, ça ne choque personne. En ville, les gens sont habitués à voir deux hommes ensemble». A son travail aussi, Demir assume son homosexualité. «Les gens sont au courant, je me sens parfaitement intégré».

LES ASSOCIATIONS LGBT DE STRASBOURG TIRENT LA SONNETTE D’ALARME»

Dans un communiqué publié jeudi 6 juillet, La Station, le centre LGBTI Strasbourg-Alsace qui ouvrira ses portes en septembre (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), «s’indigne une nouvelle fois face à une agression homophobe qui a eu lieu  fin juin à Strasbourg, à la sortie d’un bar sur l’eau qui n’a plus rien de sa réputation gay friendly». Evoquant au moins une autre agression près du bar en question, la Station tient à mettre en garde la communauté LGBT et les touristes de passage: «Les gens doivent savoir que cet établissement, s’il n’est en rien responsable des agressions perpétrées près de ses murs, n’est plus un lieu gay friendly», explique Jean-Philippe Restoueix, président de la future structure. «Le cas de Demir relève de la bêtise pure mais inquiétante. Il s’agit de trois mecs qui voulaient casser du pédé», avance-t-il, pointant «une recrudescence d’actes discriminants et violents» et «un manque de personnel aux urgences, empêchant une véritable prise en charge les victimes». La section locale de la Ligue des droits de l’Homme lui a emboîté le pas dès le lendemain en condamnant «avec force» une agression «visiblement homophobe». «L’homophobie est un fléau qui tend à se banaliser dans la société. Et la justice peine souvent à reconnaître le caractère homophobe d’une agression lorsqu’il est avéré. Nous souhaitons que ce cas soit une preuve d’exemplarité de la justice, et que les agresseurs soient sévèrement punis, comme ils le méritent», conclut l’association.

Photo ©Paul Denton