3444 Sport | Un complément d'actualité LGBT

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Un complément d'actualité LGBT
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Associatif | Région | Société | Sport | 16.04.2012 - 22 h 04 | 17 COMMENTAIRES
Paris Foot Gay et Pierre Guénin jouent la carte de l’humour face au dérapage de Louis Nicollin

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«ET OUI, JE SUIS UN PÉDÉ!»
Déjà épinglé par les associations LGBT pour des propos homophobes, le patron du Montpellier Hérault Sport Club, affectueusement surnommé Loulou par ses fans, avait pris de bonnes résolutions: signature de la Charte contre l’homophobie et participation au clip contre l’homophobie dans le sport de l’association Paris Foot Gay. Une participation qui lui a valu de recevoir récemment le prix Pierre Guénin contre l’homophobie, provoquant un début de controverse (lire Louis Nicollin, lauréat d’un prix contre l’homophobie? Seriously?). Louis Nicollin, homophobe repenti? Un beau tableau qui a volé en éclats jeudi dernier quand Loulou a récidivé au micro de RMC: «Au dernier moment j’ai eu peur, je ne suis pas allé au Vélodrome voir OM-Montpellier. Eh oui, je suis un pédé!», a-t-il déclaré pour expliquer pourquoi il ne s’est pas rendu au match entre Montpellier et l’OM.

«RAVI D’APPRENDRE PAREILLE NOUVELLE»
Contacté, Pierre Guénin, fondateur du prestigieux prix du même nom, choisit de répliquer sur le ton de l’humour: «Ravi d’apprendre pareille nouvelle. Que mon prix Pierre Guénin contre l’homophobie ait pu convaincre Louis Nicollin à ce point là; je vais finir par croire au Bon Dieu. Mon cher Louis, viens recevoir ton prix à l’Hôtel de Ville de Paris. Le 14 mai. J’y recevrai moi-même la médaille de Chevalier des Arts et des lettres de la main de l’adjoint de Delanoë, Christophe Girard. Il y aura du beau monde et nous ferons la fête».

«IL N’EST PLUS HOMOPHOBE»
Du côté du Paris Foot Gay, on rit plutôt jaune, et on fait le dos rond. L’association, pourtant prompte à dégainer contre l’homophobie dans le monde du foot n’a pas cru bon de réagir à la sortie de la star de son dernier clip. Volonté de ne pas ternir l’image de l’une de ses plus belles prises? «Il a fait son coming out», plaisante Pascal Brethes, président de l’association, qui préfère relativiser l’incident: «Nous n’avons pas réagi car il nous a prouvé à travers ses actions qu’il n’est plus homophobe. On est quand même très loin de ses anciennes déclarations violentes». Tout en reconnaissant que ces derniers propos font taches: «C’est dans la logique du personnage, un humour dingo et profondément douteux». Bref, avant même de recevoir son prix, le lauréat 2012 de la lutte contre l’homophobie a déjà du plomb dans l’aile…

[Mise à jour, 17 avril, 20h11]

Dernier rebondissement dans ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Nicollin. Alors que Pierre Guénin, «ravi», avait décidé de prendre l’affaire avec légèreté, un communiqué émanant pourtant de son propre service de presse vient de tomber: Loulou ne recevra finalement pas le prix qui devait le récompenser pour son engagement (de courte durée) contre l’homophobie (lire Le prix Pierre Guénin contre l’homophobie retiré à Louis Nicollin).

«En participant au clip du Paris Foot Gay, Louis Nicollin avait donné des gages. Nous sommes au regret de constater aujourd’hui qu’on ne pouvait leur accorder que peu de prix, et que l’insulte ou le commentaire à caractère homophobe font hélas bien partie du patrimoine génétique et « culturel » du Président du Club de Football de Montpellier. Une manière bien ingrate de répondre à la main qui lui avait été tendue», écrit le jury dans son communiqué.

Photo DR

Associatif | Sport | 05.03.2011 - 11 h 11 | 9 COMMENTAIRES
Football: 5.000 euros avec sursis pour une banderole homophobe, les associations s’insurgent

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Jeudi, la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a condamné l’Olympique de Marseille (OM) à une amende avec sursis pour une banderole homophobe déployée par des supporters du club lors d’un match le 3 février dernier. Les associations dénoncent l’inertie du club marseillais dans la lutte contre l’homophobie.


Ce sont des mots auxquels on ne prête plus guère attention, tant ils sont courants dans le monde du sport. Au cours d’un match contre Arles-Avignon au stade Vélodrome le 5 février dernier, des supporters de l’OM avaient déployé une banderole pour encourager leur équipe, où l’on pouvait lire « Bande de tafiole [sic]. Soyez des hommes. » Ce charmant message d’encouragement n’avait pas échappé à l’association Paris Foot Gay qui avait alerté la Ligue de football professionnelle (lire Homophobie dans le foot: Paris Foot Gay s’insurge contre une nouvelle banderole). L’affaire était dans les mains de la Commission de discipline de la Ligue, laquelle s’est montrée plutôt clémente puisqu’elle a condamnée l’OM à 5.000 euros d’amende avec sursis jeudi dernier.

« UNE SANCTION LAMENTABLE »
Pour Paris Foot Gay, c’est la douche froide: « 5.000 euros, ce n’est vraiment pas énorme, souligne Pascal Brethes, président et cofondateur de l’association. Ce qui serait bien, c’est que la somme soit reversée à la lutte contre l’homophobie. Au-delà de la sanction, c’est la question de la sensibilisation contre l’homophobie qui est posée. L’OM n’a toujours pas signé notre charte contre l’homophobie et les négociations n’avancent pas. »

Plus embêtant, la LFP aurait-elle fait un excès de zèle? Dans son communiqué du 3 mars, la Commission de discipline justifie sa décision au nom de « la réactivité du club pour condamner publiquement cette banderole homophobe et les engagements pris par l’OM pour lutter contre l’homophobie en partenariat avec des associations. » Or, s’il est exact que le président de l’OM, Jean-Claude Dassier, a publiquement dénoncé les propos de ces supporters, il n’y a aucune trace d’un engagement concret du club marseillais contre l’homophobie. La phrase fait d’ailleurs bondir Sébastien Gony, président de Fiertés de Provence, l’association qui joue les intermédiaires entre le club marseillais et le Paris Foot Gay: « Nous travaillons depuis le mois de juin dernier avec le Paris Foot Gay sur la charte et pour le moment, l’OM n’a rien fait de concret pour avancer. C’est une sanction lamentable! »

MANQUE DE MATURITÉ?
Pour Bertrand-Régis Louvet, journaliste de sport et de médias, cette sanction a minima reflète le retard des institutions sportives sur la question de l’homophobie: « La LFP n’a que très récemment signé la charte contre l’homophobie du Paris Foot Gay [en juin 2008, ndlr]. Le monde du football et du sport dans son ensemble n’est pas encore mature par rapport à la question de l’homophobie, note le journaliste. Finalement, c’est la société telle qu’elle est: on signe des chartes, on boit des pots et on se tape dans le dos, mais il y a encore beaucoup à faire. »

Aujourd’hui, la LFP n’était pas joignable pour réagir à cette affaire. Pour cette dernière comme pour le club phocéen se pose maintenant la question de leur crédibilité en matière de lutte contre l’homophobie.