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Un complément d'actualité LGBT
Et vous, qu'en pensez-vous?
International | Religion | Santé | Science | 05.06.2011 - 14 h 00 | 28 COMMENTAIRES
Un médecin catholique allemand prétend guérir l’homosexualité par l’homéopathie

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« L’homosexualité n’est pas une maladie », assure le le site de la « Bund katholischer Ärzte » ou BKÄ (Fédération allemande des médecins catholiques). Pourtant, cette organisation prétend venir en aide aux personnes « qui se sentent homosexuelles [et qui] se trouvent dans une situation de détresse spirituelle et psychique, et souffrent beaucoup. »

EX-GAYS ET PRO-VIE
L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé cette semaine les étranges remèdes de cette « fédération » basée au Sud de la Bavière pour venir à bout des « penchants » homosexuels de leurs « patients ». Afin de remettre les brebis égarées dans le droit chemin, le traitement consiste à prescrire des microdoses de platine, des séances de psychothérapie et de s’en remettre, bien entendu, aux « Saintes Ecritures. » Sur son site, l’organisation présente également le soit-disant témoignage d’un gay du Sud de l’Allemagne qui avance qu’il a « noté avec plaisir » qu’un « changement de tendance homosexuelle » est « tout à fait possible. »

Ce n’est certainement pas un hasard si la BKÄ fait partie du mouvement des ex-gays (voir Zoom sur: « Le succès des ex-gays » plus bas). Le responsable de l’organisation est un certain Dr Gero Winkelmann. Selon Der Spiegel, celui-ci s’est fait connaître au sein de la Ligue chrétienne, un groupuscule qui, jusque dans les années 1990, combattait le droit à l’avortement et au divorce, ainsi que la dépénalisation de l’homosexualité. Depuis, si le Dr Winkelmann semble privilégier les « médecines douces », il n’en reste pas moins très actif sur Internet. Le bon docteur a ouvert sa propre page web, laquelle propose des conférences sur « le droit à la vie ».

En réalité, un exposé pro-vie, calqué sur le discours radical des mouvements américains chrétiens-conservateurs. Au programme: les conséquences de l’avortement pour une mère et son enfant, un débat sur l’euthanasie, le clonage et la toxicité de la pilule. En prime, l’auditoire a droit à une vidéo du praticien participant à une veillée pro-vie à Vienne en 2009. Mais ce dernier se garde bien de préciser qu’il est également lié au mouvement pro-vie par le biais de « European Pro-Life Doctors », une association dont il n’est officiellement que le coordinateur pour l’Allemagne et qui, comme son nom l’indique, est destinée à rassembler les médecins anti-avortement de toute l’Europe.

« UNE OFFRE DANGEREUSE »
Les associations LGBT allemandes ne décolèrent pas. La « Lesben- und Schwulen Verband » (l’Association allemande des gays et des lesbiennes), la plus grande association homosexuelle outre-Rhin dénonce « Un traitement inefficace pour une maladie qui n’existe pas » ainsi qu’une « offre dangereuse » qui « instrumentalise les inquiétudes que peuvent avoir les jeunes bi et homosexuel-le-s ou leurs parents. »

Devant le tollé provoqué par son initiative, le Dr Winkelmann a fini par retirer les pages les plus polémiques du site. En raison, selon lui, des « médias [qui] ne publient que des reportages négatifs » mais surtout pour éviter que son association et les méthodes de traitement qu’elle propose ne soient « tournées en ridicule » (!). Reste que le médecin ne baisse pas les bras pour autant et pousse « ceux qui sont sérieusement intéressés par l’homéopathie » à le contacter. L’homosexualité a pourtant été définitivement rayée par l’Organisation Mondiale de la Santé de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990.

ZOOM SUR: LE SUCCÈS DES EX-GAYS

La Fédération des médecins catholiques fait partie du mouvement ex-gays. Né aux Etats-Unis dans les années 1970,  le mouvement des ex-gays connaît un certain succès aux Etats-Unis ces dix dernières années. Ses partisans affirment que l’homosexualité est une simple faiblesse humaine qui peut être surmontée. Mais ses théories sont rejetées par la grande majorité de la communauté scientifique.

[Mise à jour] L’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990 et non en 1993, comme je l’avais d’abord affirmé. Merci à la yaggeuse Ernestine pour sa vigilance.

Politique | Religion | Science | 03.06.2011 - 15 h 46 | 39 COMMENTAIRES
Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée

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Dans une lettre ouverte au ministre de l’Education nationale Luc Chatel publiée lundi 31 mai sur le site du Parti Chrétien-Démocrate dont elle est la présidente, Christine Boutin tire à boulet rouge contre l’enseignement obligatoire de « la théorie du genre » également appelée « gender studies » (voir « Zoom sur les genders studies » plus bas) dans certains programmes au lycée.

De quoi s’agit-il? Concrètement, la théorie du genre, ainsi que d’autres informations sur la sexualité, la procréation médicalement assistée et la contraception font leur entrée dans des manuels de SVT (Sciences et Vie de la Terre), qui seront disponibles à la rentrée 2011 pour les classes de Première. Le manuel Bordas indique par exemple que: « Si dans un groupe social, il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels. »

C’est l’enseignement catholique qui s’émeut en premier de ces nouveaux programmes. Par la voix de Claude Berruer, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique, qui envoie un courrier à ses directeurs diocésains le 27 mai dernier, afin d’attirer leur attention sur ces contenus innovants et dénoncer les aspects qui semblent contraire aux principes chers à l’enseignement catholique. « La théorie du genre se diffuse dans notre environnement, il est assurément indispensable d’ouvrir un débat avec les lycéens sur cette question ». On a déjà vu – et entendu – pire de la part de catholiques notamment au sujet du Pacs ou du droit à l’avortement. Mais Christine Boutin, qui a fait de la lutte contre les droits et la visibilité LGBT son cheval de bataille, depuis le vote du pacs en 1999, voit rouge. Et reprend sa plume pour réaffirmer ses positions ultra-conservatrices sur les sujets de société. On se souvient qu’elle avait déjà écrit à Luc Chatel en 2010 pour lui demander d’interdire la diffusion du film Le baiser de la lune, qui visait à sensibiliser à l’homosexualité les enfants de CM1/CM2 (lire Christine Boutin écrit à Luc Chatel pour demander l’interdiction du « Baiser de la Lune »).

« NOUS NE POUVONS ACCEPTER QUE L’ÉCOLE
DEVIENNE UN LIEU DE PROPAGANDE »

« Comment cela est-il possible? Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences, s’indigne Christine Boutin. Comment peut-on présenter dans un manuel, qui se veut scientifique, une idéologie qui consiste à nier la réalité: l’altérité sexuelle de l’homme et la femme ? […] Monsieur le Ministre, nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la « normalité » que le peuple français ne partage pas. » Et de rappeler avec une subtilité toute relative à Luc Chatel que 2012 approche: « Je ne manquerai pas de me faire l’écho de votre position sur ce sujet capital : vous conviendrez que celle-ci aura une influence déterminante sur les choix que les citoyens français seront amenés à poser lors des scrutins qui s’annoncent dans quelques mois. »

« UNE ATTAQUE EN RÈGLE
CONTRE LA LOI MORALE NATURELLE »

Dans son combat en faveur de la « liberté de conscience des familles et de la responsabilité des parents en matière d’éducation affective et sexuelle de leurs enfants », la présidente du Parti Chrétien-Démocrate n’est pas isolée. Elle peut également compter sur le soutien de la cathosphère. Car la pasionaria des anti-Pacs est devenue la madone des chrétiens-conservateurs 2.0 qui n’hésitent pas à justifier leur rhétorique homophobe en brandissant la liberté d’expression. Ainsi, le site réactionnaire libertepolitique.com prétend que « les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle » (!). « Une fois inculquée aux élèves cette idée que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle (!) vers l’autre sexe », s’insurge la revue catholique. Le site Veille-Education, site de l’actualité sur l’école « dans une perspective chrétienne » n’est pas en reste et dénonce « un glissement idéologique […] résultats de puissants lobbies ». Alors que Bruno Gollnisch, ancien candidat à la présidence du FN et député européen évoque, sans rire sur son blog, « une offensive contre la civilisation européenne »: « Les promoteurs du gender n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat, poursuit-il. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. »

Du côté de l’Education nationale, on cherche manifestement à calmer le jeu. Le directeur de l’enseignement scolaire Jean-Michel Blanquer explique mercredi 1er juin au Figaro que « les programmes font le point sur des connaissances scientifiques clairement établies » et qu’ « il ne s’agit pas de favoriser telle ou telle théorie sociologique particulière ». « S’il y a une extrapolation de certains manuels, dit-il, ce n’est pas de la responsabilité du ministère ». « Les établissements et les professeurs sont libres dans leur choix d’ouvrages. Cela dit, souligne-t-il, le fait qu’il y ait une dimension biologique et sociale du sexe est établie depuis longtemps. » Dommage que Luc Chatel n’ait pas pris la peine de faire passer le message à Christine Boutin. Mais sur cette question, le ministre de l’Education nationale, comme son service de presse, est aux abonnés absents.

ZOOM SUR: LES « GENDERS STUDIES »

Les « Genders studies » ou théorie du genre utilisent la notion de genre, par opposition au sexe biologique, pour faire référence aux constructions sociales du féminin et du masculin. Popularisée par Judith Butler, cette théorie est étudiée dans de nombreuses universités américaines qui financent des département consacrés à ce sujet. En France, les « gender studies » sont enseignées notamment à Sciences Po. Cette année, l’établissement a rendu ce cours obligatoire pour tous les cursus.

Photo Extrait du manuel de SVT, éd. Bordas, 2011.

Recherche | Santé | Science | 24.05.2011 - 17 h 11 | 48 COMMENTAIRES
Science: Attention, votre voix pourrait trahir votre orientation sexuelle!

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Des chercheurs américains affirment qu’il est possible d’identifier l’orientation sexuelle de son interlocuteurs rien qu’au son de sa voix. Pour quel résultat?

« Le menteur se gratte la base du nez et l’anxieux mordille son annulaire gauche ». On savait déjà qu’il fallait se méfier de ses moindres faits et gestes. Désormais, il faudra aussi surveiller sa voix. Des chercheurs de l’Ohio State University pensent avoir découvert par ce biais le moyen de différencier un homo d’un hétéro. Pour cela, nos chercheurs ont pris quatorze hommes, sept homos et sept hétéros, et les ont enregistré prononçant des mots anglais d’une syllabe composés d’une voyelle entre deux consonnes, tels que « sell » (vendre), « food » (nourriture) ou « mass » (masse). Les extraits ont ensuite été décomposés, et diffusés à un panel d’individus, lequel a dû dire s’ils étaient émis par un locuteur homo ou hétéro.

75% DE RÉPONSES EXACTES 
Les chercheurs ont obtenu 75% de réponses exactes, rien qu’à l’écoute des deux premiers sons du mot, la consonne initiale et la voyelle. « Il s’agit d’un phénomène qui se produit tous les jours», explique le professeur Erik C. Tracy, l’un des co-auteur de l’étude. Nous parlons constamment au téléphone avec des gens que nous ne connaissons pas, et c’est seulement à partir de cette conversation que nous pouvons être en mesure d’identifier ses caractéristiques personnelles […] leur sexe, l’âge, la race ou l’orientation sexuelle. Je ne suis pas certain à quelles voyelles réagissent les écoutants, avoue le professeur Tracy. D’autres recherches ont été menés sur les variations acoustiques pour comprendre pourquoi les homosexuels et les hétérosexuels produisent les voyelles différemment. Quelle que soit cette différence, il semble que les écoutants utilisent l’information acoustique contenue dans les voyelles pour rendre leur décision sur l’orientation sexuelle », conclue-t-il. Les résultats ont été présentés hier à Seattle lors de la réunion de l’Acoustical Society of America. Des experts cités par le site HealthDay soulignent néanmoins que « la recherche présentée lors de réunions par le professeur Erik C. Tracy n’a pas été soumis au même type d’examens rigoureux accordés aux recherches publiés dans des revues médicales. »

CARACTÉRISTIQUES COMMUNES
Cette étude vient s’ajouter à d’autres travaux menés aux Etats-Unis, au Canada mais aussi en Europe où plusieurs chercheurs travaillent à identifier d’autres types de caractéristiques communes aux homosexuels. Ainsi, certaines études tentent de démontrer que les homosexuels ont plus de grands frères que les hétéros. D’autres, qu’être gaucher accroît la probabilité qu’on homme soit gay de 34%, et qu’une femme soit lesbienne de 90% (la majorité des gays restant droitiers). Le même chercheur canadien qui travaillait sur la question des grands frères a utilisé les données récoltées par le sexologue Alfred Kinsey entre 1930 et 1960 pour affirmer que les homos auraient en moyenne un plus grand pénis que les hétéros. Avec une réserve – de taille (!) – toutefois: Kinsley avait demandé aux 5000 hommes participant à l’étude de se mesurer et d’envoyer eux-mêmes leurs résultats. Autant pour leur fiabilité.

Ces études ont d’abord reçu un à priori positif des mouvements LGBT américains, comme le souligne David France dans un article intitulé « The Science of Gaydar » (la science du radar gay) publié par New York Magazine en 2007. Selon le journaliste, elles permettaient d’expliquer l’homosexualité  autrement que par l’environnement familial (mère abusive et père absent). Pour autant, les recherches qui sont menées actuellement se concentrent sur l’inné et le système hormonal de la femme. Mais ces travaux pourraient également comporter des risques, souligne David France. Car si l’on arrive à isoler des réactions hormonales dans l’utérus – à l’origine de l’orientation sexuelle – on peut imaginer que l’on pourra, par des manipulations prénatales, chercher à « corriger » les grossesses. Pourquoi en effet ne pas chercher à s’assurer de naissances exclusivement hétérosexuelles? La droite chrétienne a déjà exprimé son espoir d’en arriver à ce cas de figure. Albert Mohler, professeur de théologie et évangéliste américain, explique sur son blog que, s’il est opposé à l’avortement d’embryons dont on a identifié l’orientation sexuelle, « il faut soutenir avec conviction le recours à tous les moyens appropriés permettant d’éviter la tentation sexuelle et les conséquences inévitables du péché. » (via Rue89)

International | Politique | Science | 13.04.2011 - 13 h 03 | 16 COMMENTAIRES
Royaume-Uni: pour donner leur sang, les gays devront rester chastes pendant dix ans

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Les homos britanniques pourraient enfin être autorisés à donner leur sang. Mais un critère risque de poser problème: il leur faudra ne pas avoir eu de relation sexuelle lors de la dernière décennie.


Peut-on vraiment parler d’une bonne nouvelle? Selon le Sunday Times, la ministre britannique de la Santé Anne Milton devrait annoncer très prochainement que l’exclusion définitive du don du sang des homosexuels sera remplacée par l’exigence d’une absence de relation sexuelle pendant dix ans. Lors des débats parlementaires, les experts du Comité consultatif sur la sécurité du sang, ont avancé qu’une interdiction de cinq ans augmenterait de 5% le risque de contamination du sang, alors que ce chiffre serait divisé par deux si la limite était fixée à dix ans. Les experts estiment que 7% des gays sexuellement actifs donneraient déjà leur sang malgré l’interdiction qui leur est faite.

« PROTÉGER LA SANTÉ PUBLIQUE »
Pour les hétéros en revanche, le délai de chasteté est ramené à six mois. Le but serait d’éviter que des personnes qui ignorent qu’elles ont été récemment infectées donnent leur sang, alors même que le virus n’est pas forcément détectable durant ce laps de temps. Le projet fait grincer des dents les associations LGBT, qui rappellent que la mesure, si elle devait entrer en vigueur, nie totalement que des couples gays entretiennent une relation monogame. Ce que semblent confirmer les statistiques officielles:  seules deux personnes auraient été contaminées par une transfusion sanguine au Royaume-Uni depuis 1985. Pour les observateurs, le gouvernement cherche surtout à faire barrage à une éventuelle action en justice. La loi en vigueur au Royaume-Uni interdisant toute discrimination liée notamment à l’orientation sexuelle, les associations pourraient s’engouffrer dans la brèche et réclamer la fin de l’interdiction faite aux homosexuels. Une source gouvernementale interrogée par le Times a ainsi jugé qu’un bannissement total était « injuste et discriminatoire » mais qu’il fallait « protéger la santé publique ».

Le débat avait rebondi dans le pays l’année dernière avec le cas très médiatisé d’une Écossaise de 47 ans, atteinte de leucémie, dont le fils de 21 ans n’avait pas pu donner de son sang en raison de son homosexualité. La mère était morte quelques jours plus tard, faute d’un donneur compatible hétérosexuel.

CONTRE-INDICATION FRANÇAISE
En France, la question du don du sang chez les homosexuels provoque des réactions épidermiques. En 2009, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot revenait sur sa promesse faite en 2007, d’ouvrir le don du sang aux homos, provoquant la colère des associations LGBT. La semaine dernière, la secrétaire d’Etat à la Santé Nora Berra (ci-contre) s’est illustrée en déclarant que l’homosexualité était « un facteur de risque pour le VIH ». Depuis, cette dernière a rectifié le tir en choisissant de parler de « comportement à risque » et la France est passée d’une « exclusion » à une « contre-indication permanente » (lire Don du sang: après un vif débat au Sénat, Nora Berra confirme l’exclusion des homosexuels). Avec l’humour grinçant qui le caractérise, le site satirique américain Queerty affirme que les seuls homos qui pourront donner seront… les prêtres gays.

Et vous, qu’en pensez-vous?

A lire ou à relire: mon témoignage sur le don du sang et les homos en France en 2010.

Culture | International | Politique | Science | 19.03.2011 - 11 h 18 | 11 COMMENTAIRES
Italie: Un député veut interdire les baisers gays à la télé en prime time

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« J’invoque la décence de 20h30 à 21h30 dans les émissions télés, quand nous nous asseyons à table », a déclaré Massimo Polledri (au centre de la photo ci-dessus) mercredi, au cours d’un débat parlementaire sur l’institution d’un commissaire à l’enfance à la Chambre des députés. « Est-ce de la pudeur, a fait mine de s’interroger l’élu, tout en se défendant de faire une différence de traitement entre les gays et les hétéros: « Il ne me semble pas que des scènes explicites, diffusées à ces heures, de sexe hétérosexuel ou même homosexuel, soient une démonstration de décence » a-t-il ajouté.

«RESPECTER LES MINEURS»
Tout au long de son intervention, le député Polledri a mis en avant sa qualité de pédopsychiatre pour faire valoir ses arguments. Il a également tiré un parallèle entre l’affaire « Chi l’ha visto » (Perdu de vue), du nom de cette émission italienne dont la présentatrice avait scandalisé l’Italie en octobre 2010, en annonçant en direct à Concetta Scazzi, qui participait à l’émission, la mort de sa fille Sarah, violée puis assassinée par son oncle, et les scènes d’effusions selon-lui « indécentes » qui passent aux heures du dîner.

«Je donne un exemple: des baisers exagérés à cette heure, nous en avons vus, et je me souviens de Michele Santoro proposant dans une émission à 20h30, un baiser à pleine bouche et prolongé entre deux hommes. Ça n’aurait pas été acceptable entre un homme et une femme, et ça ne l’est pas entre deux hommes, à cette heure» a-t-il déclaré, sous les applaudissement des membres de son parti. «Nous devons respecter les mineurs, a conclu le député, et aussi leur enseigner un minimum le sens de la pudeur.»

CENSURE

La proposition de Massimo Polledri a surpris les observateurs car la télévision italienne est déjà très peu ouverte aux LGBT. Comme le relève le site d’information italien LGBT Gay.it, l’émission de Michele Santoro sur la Rai consacrée aux couples gays date de 2007, un peu avant l’accession au pouvoir de Berlusconi. Pour Gay.it, cet élu d’un parti populiste souvent homophobe cherche à exploiter un fait divers particulièrement sordide pour diminuer encore un peu plus la visibilité des gays du petit écran italien. En septembre 2010, la Rai avait même censuré des scènes clés de « Brokeback Moutain », pour ne pas « heurter » les téléspectateurs.

La plupart des sites d’information italiens relèvent que les rares séries en prime time qui osent mettre en avant des rôles gays ne montrent aucune effusion entre les personnages. C’est le cas de « Le Cose Che Restano », sorte de « Brother & Sisters » à la sauce italienne. Diffusée en 2010 par la Rai, la série racontait le coup de foudre de l’un des protagonistes, Andrea (Claudio Santamaria), pour Michel, interprété par l’acteur français Thierry Neuvic (également vu en hétéro troublé dans la saison 1 de « Clara Sheller » sur France 2 en 2005). Tout au long des épisodes, les deux hommes se disent leur amour mais ne le montrent pas.

L’ALLEMAGNE PRÉCURSEUR

En comparaison, l’Allemagne fait figure de précurseur pour la visibilité des gays à la télévision: la chaîne publique « Das Erste » a introduit un personnage gay dans son soap phare, « Verbotene Liebe » (Amour interdit) dès 1999. Oliver (Jo Weil) connaît des histoires d’amours très compliquées tout au long de la série. En juillet 2010, coup de théâtre: après moult rebondissements, il s’unit à son amoureux, Christian (Thore Schölermann), devant le pasteur au cours d’une cérémonie aussi kitsch qu’émouvante. Le couple, surnommé affectueusement « Chrolli » par les fans, est devenu très populaire dans le pays et même dans le monde entier. Les personnages d’Oliver et de Christian font un tabac à l’international grâce au sous-titrage anglais amateur des extraits d’épisodes où ils apparaissent, sur YouTube. Devant l’ampleur du phénomène, la chaîne américaine HBO a acheté les droits d’adaptation en 2010.

TIÉDEUR FRANÇAISE


En France, il a fallu attendre le soap « Plus belle la vie » en 2004 pour voir un personnage gay récurrent en prime time à la télévision française. La série fait intervenir Thomas (Laurent Kérusoré), d’abord en couple avec Nicolas (Nicolas Herman) puis Florian (Franck Borde). En 2008, la chaîne met également en avant un couple lesbien, formé par Céline (Rebecca Hampton) et Virginie (Virginie Pauc), mais seulement pour quelques épisodes. De manière générale, en dehors de la série « Clara Sheller », reprise en Allemagne sous le nom de « Verrückt nach Clara », les personnages gay français télévisés sont loin de connaître le succès de leurs homologues d’Outre-Rhin.

Recherche | Science | 31.01.2011 - 07 h 27 | 19 COMMENTAIRES
L’infidélité avec une personne de même sexe, plus facile à digérer pour les hommes que pour les femmes ?

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La moitié des hommes pardonneraient à leur petites amies leur infidélité à condition que ce soit… avec une autre femme. A l’inverse, seule une femme sur cinq accepterait une liaison homosexuelle de la part de son petit copain. C’est ce que révèle une enquête menée à l’Université d’Austin aux Etats-Unis.

700 ÉTUDIANTS INTERROGÉS

De jeunes chercheurs du département de psychologie de l’université d’Austin au Texas se sont intéressés aux nouvelles règles d’infidélité entre hommes et femmes. Pour ce faire, ils ont demandé à 700 étudiants d’imaginer qu’ils étaient engagés dans une relation amoureuse et sexuelle avec quelqu’un depuis trois mois. Ils leur ont ensuite demandé comment ils réagiraient à l’infidélité commise par ce partenaire imaginaire. Pour affiner les résultats, différents scénarios ont été imposés aux sondés: leur partenaire fictif pouvait les tromper avec une femme ou un homme, à deux ou en groupe, une fois ou à plusieurs reprises.

UN HÉTÉRO AURAIT 79% DE CHANCE DE SE FAIRE PLAQUER PAR SA COPINE S’IL A UNE LIAISON HOMOSEXUELLE

Selon cette étude, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue « Personality and Individual Differences », les hommes seraient deux fois plus susceptibles de continuer à sortir avec une fille qui les aurait trompés au cours d’une liaison homosexuelle qu’avec une fille qui les tromperait avec un autre homme. A l’inverse, les filles seraient plus tolérantes si leur petits amis couchaient avec une autre fille. Dans ce cas de figure, un hétéro aurait 28% de chance de continuer à sortir avec sa copine contre 79% de chance de se faire plaquer par cette dernière s’il avait une liaison homosexuelle. Pour autant, faut-il en conclure que pour les lesbiennes, c’est Disneyland ? Pas sûr.

PSYCHOLOGIE ÉVOLUTIONNISTE

Car pour la psychologue évolutionniste (théorie selon laquelle nos pulsions de base resteraient stable dans le temps, ndlr) et coauteure de l’étude, Jaime Confer, la tolérance des hommes pour les liaisons lesbiennes reposerait en réalité sur l’idée que ces dernières ne peuvent procréer (sans l’homme, ndlr). « Chez l’homme et la femme, différents types de repères activent un très fort mécanisme de jalousie. Pour les hommes, ce sont ceux qui menacent leur paternité (dans le cas où leurs copines ont des relations avec un garçon et qu’elles pourraient le cas échéant procréer, ndlr) et pour les femmes, ceux qui les menacent d’abandon (lorsque leurs copains ont une histoires avec un garçon, elles se sentiraient mises à l’écart, ndlr) », explique Jaime Confer dans une interview à Reuters.

« Ces résultats sont d’autant plus remarquables que les sondages d’opinion montrent que les hommes ont une attitude plus négative envers l’homosexualité et ont tendance à être moins favorables aux droits civiques pour les couples de même sexe que les femmes », notent les auteurs de l’étude. « Toutefois, cette tendance générale des hommes présentant une plus faible tolérance pour l’homosexualité que les femmes est inversée dans la situation où l’homosexualité est féminine ».

UNE ÉTUDE FUMEUSE ?

Enfin, les chercheurs ont demandé aux participants de relater les conséquences de leurs propres expériences d’infidélité dans la vraie vie. Les résultats sont similaires à ceux obtenus lors des scénarios imaginaires: les hommes seraient davantage susceptibles de plaquer leurs copines si celles-ci ont une aventure avec un autre homme plutôt qu’avec une fille. Autrement dit, pour parler crûment, la plupart des hommes éprouveront du dégoût à la vue de deux garçons en train de baiser et de l’excitation devant deux femmes en pleine action car celles-ci réveilleraient en eux leur instinct de procréateurs. Pour les femmes en revanche, c’est l’inverse: elles auraient moins tendance à pardonner à leurs copains une aventure homosexuelle parce que cela réveillerait en elles un sentiment d’abandon.

Vous avez dit fumeux ? C’est tout le problème de cette étude, elle donne l’impression que la science, n’ayant pas trouvé d’explication satisfaisante aux causes de l’infidélité, se rabat sur la psychologie évolutionniste. Les stéréotypes ont encore de beaux jours devant eux.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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