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Education | Enquête | Recherche | Santé | 29.06.2011 - 10 h 19 | 5 COMMENTAIRES
Les ados homos et bi délaissé-e-s par la recherche française?

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Alors que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s font régulièrement l’objet d’études dans les pays anglo-saxons – la dernière en date, menée par le Center for Disease Control and Prevention, révèle que ces jeunes sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros (lire Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi) – les chercheurs français ne se bousculent pas pour travailler sur ces questions. Explications.

DISCOURS AMBIGUS
« En France, la sociologie a longtemps mis de côté ces cas d’études, contrairement aux études canadiennes et américaines, qui démontrent l’intérêt porté par les nations outre-Atlantique sur ce sujet », explique Frédéric Gal, directeur du Refuge, association qui recueille de jeunes LGB exclus du domicile familial. Et de citer les études  de Bell et Weinberg, des chercheurs américains qui, dès 1978, travaillent sur le risque suicidaire chez les jeunes homos américains. D’autres études ont suivi, notamment celles de Christopher Bagley et Pierre Tremblay en 1997, puis de Gary Remafedi en 1998, et enfin en 2000, des Canadiens Bill Ryan et Jean-Yves Frappier. En France, il faut attendre les années 2000 pour qu’une enquête de cette ampleur soit menée. En 2005, le quotidien Libération révèle les résultats d’une étude française, conduite sur le territoire entre 1998 et 2003, qui montre que les jeunes homos et bi ont 13 fois plus de chance de se suicider que les hétéros. Olivier Orain, chercheur au CNRS et en charge du groupe de travail adolescence et homophobie à Sos-Homophobie, rappelle que les réticences à travailler sur de tels sujets étaient encore très fortes il y a quelques années. « Jusqu’à la fin des années 1990, faire de la recherche sur l’homosexualité apparaissait périlleux en termes de carrière. Ce n’était pas considéré comme un sujet légitime mais plutôt comme une thématique ‘osée’, ou anecdotique, mineure en définitive. »

« On ne peut pas dire qu’il n’y ait pas d’études sur l’homosexualité et les jeunes en France », tempère toutefois le chercheur. « En revanche, le discours ordinaire et dominant sur l’adolescent est très ambigu. Contrairement aux pays anglo-saxons, il y a cette insistance en France sur l’idée que l’adolescent ne sait pas ce qu’il est, qu’il se cherche, décrypte Olivier Orain. Il en découle que nombre d’adultes – en particulier de pédagogues et d’éducateurs au sens large – considèrent encore le plus souvent qu’il n’est pas un individu à l’orientation sexuelle déterminée. D’où la tendance à sous-estimer ou à dévaluer la capacité d’un jeune de 12-18 ans à tirer au clair son attirance pour des personnes du même sexe. C’est quelque chose de très ancré dans les métiers de professionnels travaillant au contact de la jeunesse. »

Une analyse que semble partager le directeur du Refuge. « L’école est un lieu encore très protégé de toute intervention sur la thématique de l’homosexualité. Lorsque des interventions, et on le sait car nous en réalisons nous-mêmes, ont lieu, c’est quasiment presque toujours sur l’impulsion de professeurs concernés par la thématique ou par les infirmières scolaires ou assistantes sociales ayant rencontré ce phénomène ou de mal-être, non lié à l’homosexualité. […] Au lieu de parler d’homophobie proprement dit, on pourrait plutôt évoquer une volonté d’occulter le phénomène », avance Frédéric Gal. Ce qui ne la rendrait pas moins « dramatique » pour autant, selon les intéressés. « Les adultes hétérosexuels plus globalement tiennent ce type de discours, avec l’espoir – pour certains – que ces jeunes vont revenir dans ‘le droit chemin’. C’est ce qui sous-tend les propos d’une certaine droite catholique », précise Olivier Orain.

« Globalement, il y a des formes d’homophobie moins violentes en France qu’aux Etats-Unis, poursuit le chercheur. Là-bas, quand un jeune a le courage de s’affirmer, les réactions sont plus fréquemment dures et massives, notamment parmi les jeunes ou en famille, et la protection des adultes est très aléatoire. Alors que dans la société française, comme le rapport à l’adolescent est différent, la violence est proportionnellement moins forte. Le déni fonctionne comme un amortisseur des réactions sociales et familiales, ce qui ne le rend pas satisfaisant pour autant. »

COMMUNAUTARISME
Reste que la situation semble évoluer favorablement ces dernières années. « De plus en plus de chercheurs sont prêts à travailler sur ces questions, dans des domaines très variés », se félicite Olivier Orain. Le chercheur en veut pour preuve l’essor des études sur le genre et la sexualité. Une revue en ligne, baptisée Genre, sexualité et société, a ainsi vu le jour en 2009. Tout en reconnaissant qu’il reste encore très difficile pour les sciences sociales de s’appuyer sur des statistiques ‘sexuelles’ fiables et systématiques en France, « du fait du tabou qui frappe encore ce qui est supposé porter atteinte à la vie privée ou semble entaché de communautarisme. »

De fait, comme le rappelle Frédéric Gal, la loi française interdit l’utilisation dans les statistiques de données sensibles, comme la religion ou les origines ethno-raciales, ou la constitution de fichiers basés sur l’orientation sexuelle des personnes même si des dérogations existent en fonction de la finalité, notamment scientifique, des études. Le directeur du Refuge pointe néanmoins « l’appareil législatif français », selon lui, « particulièrement sécuritaire ». « S’il protège les citoyens de toute discrimination quelle qu’elle soit, en contrepartie, il interdit à celles et ceux les dénonçant d’utiliser des points de données capitaux, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays, notamment les Etats-Unis ou encore le Canada », conclut Frédéric Gal.

Photo bilgrimage.blogspot.com

Education | Recherche | Santé | 14.06.2011 - 11 h 22 | 3 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi

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Alcool, drogue, rapports sexuels non protégés, surpoids etc. Des études montrent déjà que l’adolescence est l’âge de tous les dangers. Mais qu’en est-il des jeunes qui doivent en plus assumer une orientation sexuelle différente de la norme hétérosexuelle? Une nouvelle étude américaine confirme que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s (LGB) sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros.

L’étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC) est la plus complète à ce jour sur les conduites à risque des jeunes. L’agence fédérale a passé au crible les comportements à risque de 156 000 élèves du secondaire dans sept Etats américains entre 2001 et 2009, que ce soit en matière de consommation de drogues ou d’alcool, du comportement alimentaire ou sexuel. Mais ce qui fait la spécificité de cette étude, c’est que les participants ont également été interrogés sur leur orientation sexuelle (mais pas sur leur identité de genre). Les résultats rendus publics par le CDC la semaine dernière ont permis de dégager des différences tout à fait significatives.

DISPARITÉS CONSIDÉRABLES ENTRE ELEVES LGB ET HÉTÉROS
Ainsi, près de 30% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s disent avoir sérieusement envisagé le suicide, contre 11,7% pour les élèves hétérosexuel-le-s. De la même manière, si 7,8% des élèves hétérosexuel-le-s déclarent avoir conduit sous l’emprise de l’alcool, ce taux est multiplié par deux et monte à 15,4%, pour les étudiant-e-s homos. Plus surprenant, lorsqu’on les a interrogés au sujet des armes à feu, 12% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s ont affirmé avoir transporté une arme au moins une fois durant le mois précédent, soit presque quatre fois plus que les élèves hétérosexuel-le-s. L’étude du CDC révèle également que les jeunes bisexuel-le-s seraient encore plus exposés que les gays et les lesbiennes. De manière générale, les ados LGB déclarent en moyenne adopter 70% de tous les comportements à risque « mesurés », tout particulièrement par rapport aux tentatives de suicide, le recours à la drogue et à l’alcool, aux relations sexuelles non protégées et à la gestion du poids. Ce sont ces disparités considérables entre élèves LGB et hétéros qui suscitent l’inquiétude des autorités sanitaires américaines.

« Nous nous inquiétons de ce que ces étudiants soient confrontés à de telles disparités pour tant de risques différents pour leur santé », s’alarme Howell Wechsler, directeur de la division adolescence et santé scolaire du CDC, auprès de l’agence Reuters lundi 6 juin. « Ce rapport devrait être agir comme un déclic pour les familles, les écoles et les communautés, nous devons faire un meilleur travail pour soutenir ces jeunes », conclut ce haut fonctionnaire. Pour les chercheurs du CDC, ces « disparités » s’expliquent notamment par l’absence « d’un environnement procurant un sentiment de sécurité et de soutien » à destination de ces élèves.

« Les jeunes gay, lesbiennes et bisexuels sont souvent conduits à des comportements à risque parce qu’ils sont rejetés par leurs familles et les autres groupes de soutien », analyse pour sa part Laura McGinnis, porte-parole de The Trevor Project, une organisation nationale qui fournit des conseils de crise et de prévention du suicide chez les jeunes. « Nous avions connaissance de tout cela depuis des années, mais les recherches n’existaient pas pour nous soutenir », affirme-t-elle. Pour Mme McGinnis, ces nouvelles données devraient contribuer à accroître la sensibilisation des décideurs et conduire à plus de formation pour les membres du personnel scolaire.

Pour améliorer la situation, le rapport du CDC préconise la mise en place de nouveaux dispositifs au sein des établissements scolaires, à l’instar des Gay-Straight Alliance (ces groupes censés favoriser la tolérance et la solidarité entre les élèves LGB et hétéros).

International | Religion | Santé | Science | 05.06.2011 - 14 h 00 | 28 COMMENTAIRES
Un médecin catholique allemand prétend guérir l’homosexualité par l’homéopathie

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« L’homosexualité n’est pas une maladie », assure le le site de la « Bund katholischer Ärzte » ou BKÄ (Fédération allemande des médecins catholiques). Pourtant, cette organisation prétend venir en aide aux personnes « qui se sentent homosexuelles [et qui] se trouvent dans une situation de détresse spirituelle et psychique, et souffrent beaucoup. »

EX-GAYS ET PRO-VIE
L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé cette semaine les étranges remèdes de cette « fédération » basée au Sud de la Bavière pour venir à bout des « penchants » homosexuels de leurs « patients ». Afin de remettre les brebis égarées dans le droit chemin, le traitement consiste à prescrire des microdoses de platine, des séances de psychothérapie et de s’en remettre, bien entendu, aux « Saintes Ecritures. » Sur son site, l’organisation présente également le soit-disant témoignage d’un gay du Sud de l’Allemagne qui avance qu’il a « noté avec plaisir » qu’un « changement de tendance homosexuelle » est « tout à fait possible. »

Ce n’est certainement pas un hasard si la BKÄ fait partie du mouvement des ex-gays (voir Zoom sur: « Le succès des ex-gays » plus bas). Le responsable de l’organisation est un certain Dr Gero Winkelmann. Selon Der Spiegel, celui-ci s’est fait connaître au sein de la Ligue chrétienne, un groupuscule qui, jusque dans les années 1990, combattait le droit à l’avortement et au divorce, ainsi que la dépénalisation de l’homosexualité. Depuis, si le Dr Winkelmann semble privilégier les « médecines douces », il n’en reste pas moins très actif sur Internet. Le bon docteur a ouvert sa propre page web, laquelle propose des conférences sur « le droit à la vie ».

En réalité, un exposé pro-vie, calqué sur le discours radical des mouvements américains chrétiens-conservateurs. Au programme: les conséquences de l’avortement pour une mère et son enfant, un débat sur l’euthanasie, le clonage et la toxicité de la pilule. En prime, l’auditoire a droit à une vidéo du praticien participant à une veillée pro-vie à Vienne en 2009. Mais ce dernier se garde bien de préciser qu’il est également lié au mouvement pro-vie par le biais de « European Pro-Life Doctors », une association dont il n’est officiellement que le coordinateur pour l’Allemagne et qui, comme son nom l’indique, est destinée à rassembler les médecins anti-avortement de toute l’Europe.

« UNE OFFRE DANGEREUSE »
Les associations LGBT allemandes ne décolèrent pas. La « Lesben- und Schwulen Verband » (l’Association allemande des gays et des lesbiennes), la plus grande association homosexuelle outre-Rhin dénonce « Un traitement inefficace pour une maladie qui n’existe pas » ainsi qu’une « offre dangereuse » qui « instrumentalise les inquiétudes que peuvent avoir les jeunes bi et homosexuel-le-s ou leurs parents. »

Devant le tollé provoqué par son initiative, le Dr Winkelmann a fini par retirer les pages les plus polémiques du site. En raison, selon lui, des « médias [qui] ne publient que des reportages négatifs » mais surtout pour éviter que son association et les méthodes de traitement qu’elle propose ne soient « tournées en ridicule » (!). Reste que le médecin ne baisse pas les bras pour autant et pousse « ceux qui sont sérieusement intéressés par l’homéopathie » à le contacter. L’homosexualité a pourtant été définitivement rayée par l’Organisation Mondiale de la Santé de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990.

ZOOM SUR: LE SUCCÈS DES EX-GAYS

La Fédération des médecins catholiques fait partie du mouvement ex-gays. Né aux Etats-Unis dans les années 1970,  le mouvement des ex-gays connaît un certain succès aux Etats-Unis ces dix dernières années. Ses partisans affirment que l’homosexualité est une simple faiblesse humaine qui peut être surmontée. Mais ses théories sont rejetées par la grande majorité de la communauté scientifique.

[Mise à jour] L’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990 et non en 1993, comme je l’avais d’abord affirmé. Merci à la yaggeuse Ernestine pour sa vigilance.

International | Religion | Santé | 27.05.2011 - 18 h 14 | 10 COMMENTAIRES
Sida: Le journal officiel du Vatican hostile au préservatif et aux campagnes de prévention

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Le Vatican reprendrait-il son offensive contre la capote? On peut le penser à la lecture d’un article publié mardi 25 mai dans L’Osservatore Romano, journal officiel du Saint-Siège, qui dénonce l’usage du préservatif et condamne les campagnes de prévention contre le Sida.

Intitulé « L’amour conjugal au temps du sida », ce texte réaffirme avec précision la doctrine de l’Église sur l’usage du préservatif au sein des couples, en particulier sous la menace du sida. « Il faut rappeler que, bien que l’usage du préservatif lors d’un acte isolé puisse avoir une certaine efficacité dans la prévention du sida, celui-ci n’est pas en mesure de garantir une sécurité absolue […]. En conséquence, il n’est pas approprié d’en conseiller l’utilisation comme moyen efficace de lutte contre la contagion », écrit le Père Juan José Perez-Soba, enseignant en théologie morale à l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille.

« FAUSSE CROYANCE »
Le théologien s’en prend également aux campagne de prévention contre le Sida, coupables à ses yeux d’aliment[er] « la fausse croyance selon laquelle il n’y aurait aucun danger […], et d’augment[er] la possibilité d’infection. » Bref, « Présenter le préservatif comme une solution à ce problème est une grave erreur, tranche le Père Perez-Soba. Le choisir simplement comme une pratique habituelle est un manque de responsabilité dans la rencontre avec l’autre personne. » Au passage, le théologien n’hésite pas à remettre en cause la fiabilité de la capote au nom de l’exigence de la procréation et des liens du mariage. « Le préservatif, constituant une barrière, déforme en quelque sorte la réalisation elle-même de l’acte conjugal et le prive non seulement de sa signification procréatrice, empêchant la fécondation, mais il met également en péril l’objectif d’être ‘une seule chair’, dans le sens du don intégral dans l’union des époux », affirme le texte. Des propos ambigus qui rappellent ceux tenus par l’évêque d’Orléans en 2009. Mgr André Fort avait provoqué un tollé en laissant entendre que le préservatif n’était pas efficace pour empêcher la transmission du virus du sida (lire Préservatif: L’évêque d’Orléans dérape à nouveau en contestant la capote).

« S’ABSTENIR DE RELATIONS SEXUELLES »
Encore plus fort, en cas d’infection de l’un des conjoints, un couple marié doit opter pour le choix de l’abstinence. « Confrontés au risque d’une infection, les époux peuvent décider de s’abstenir de relations sexuelles, comme c’est le cas dans d’autres pathologies, ajoute le Père Perez-Soba. Bien qu’il ne reflète pas forcément le point de vue officiel du Vatican, l’article de L’Osservatore Romano a été publié à la veille d’un colloque consacré à la « La centralité des soins à la personne dans la prévention et le traitement du sida », organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.

LE VATICAN ET LE PRÉSERVATIF: UN DISCOURS QUI CAPOTE?

L’Eglise semble décidément avoir du mal à tenir un discours cohérent sur la préservatif. En mars 2009, le pape déclare que le préservatif n’était pas un moyen de lutter contre le sida lors d’un voyage officiel en Afrique. Ajoutant même: « Cela aggrave le problème ». Devant l’indignation de la communauté internationale, Benoît XVI revient sur ses déclarations, expliquant notamment qu’elles avaient été mal interprétées. En 2010, volte-face. Dans un livre d’entretien, le Souverain pontife admet pour la première fois que l’utilisation du préservatif peut se justifier dans certains cas très précis pour protéger du sida (lire Pour la première fois, Benoît XVI admet que le préservatif peut protéger du sida). Des propos qu’il tempère néanmoins, ajoutant que ce « n’est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l’infection du VIH » et souligne: « Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c’est exactement le danger ».

Recherche | Santé | Science | 24.05.2011 - 17 h 11 | 48 COMMENTAIRES
Science: Attention, votre voix pourrait trahir votre orientation sexuelle!

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Des chercheurs américains affirment qu’il est possible d’identifier l’orientation sexuelle de son interlocuteurs rien qu’au son de sa voix. Pour quel résultat?

« Le menteur se gratte la base du nez et l’anxieux mordille son annulaire gauche ». On savait déjà qu’il fallait se méfier de ses moindres faits et gestes. Désormais, il faudra aussi surveiller sa voix. Des chercheurs de l’Ohio State University pensent avoir découvert par ce biais le moyen de différencier un homo d’un hétéro. Pour cela, nos chercheurs ont pris quatorze hommes, sept homos et sept hétéros, et les ont enregistré prononçant des mots anglais d’une syllabe composés d’une voyelle entre deux consonnes, tels que « sell » (vendre), « food » (nourriture) ou « mass » (masse). Les extraits ont ensuite été décomposés, et diffusés à un panel d’individus, lequel a dû dire s’ils étaient émis par un locuteur homo ou hétéro.

75% DE RÉPONSES EXACTES 
Les chercheurs ont obtenu 75% de réponses exactes, rien qu’à l’écoute des deux premiers sons du mot, la consonne initiale et la voyelle. « Il s’agit d’un phénomène qui se produit tous les jours», explique le professeur Erik C. Tracy, l’un des co-auteur de l’étude. Nous parlons constamment au téléphone avec des gens que nous ne connaissons pas, et c’est seulement à partir de cette conversation que nous pouvons être en mesure d’identifier ses caractéristiques personnelles […] leur sexe, l’âge, la race ou l’orientation sexuelle. Je ne suis pas certain à quelles voyelles réagissent les écoutants, avoue le professeur Tracy. D’autres recherches ont été menés sur les variations acoustiques pour comprendre pourquoi les homosexuels et les hétérosexuels produisent les voyelles différemment. Quelle que soit cette différence, il semble que les écoutants utilisent l’information acoustique contenue dans les voyelles pour rendre leur décision sur l’orientation sexuelle », conclue-t-il. Les résultats ont été présentés hier à Seattle lors de la réunion de l’Acoustical Society of America. Des experts cités par le site HealthDay soulignent néanmoins que « la recherche présentée lors de réunions par le professeur Erik C. Tracy n’a pas été soumis au même type d’examens rigoureux accordés aux recherches publiés dans des revues médicales. »

CARACTÉRISTIQUES COMMUNES
Cette étude vient s’ajouter à d’autres travaux menés aux Etats-Unis, au Canada mais aussi en Europe où plusieurs chercheurs travaillent à identifier d’autres types de caractéristiques communes aux homosexuels. Ainsi, certaines études tentent de démontrer que les homosexuels ont plus de grands frères que les hétéros. D’autres, qu’être gaucher accroît la probabilité qu’on homme soit gay de 34%, et qu’une femme soit lesbienne de 90% (la majorité des gays restant droitiers). Le même chercheur canadien qui travaillait sur la question des grands frères a utilisé les données récoltées par le sexologue Alfred Kinsey entre 1930 et 1960 pour affirmer que les homos auraient en moyenne un plus grand pénis que les hétéros. Avec une réserve – de taille (!) – toutefois: Kinsley avait demandé aux 5000 hommes participant à l’étude de se mesurer et d’envoyer eux-mêmes leurs résultats. Autant pour leur fiabilité.

Ces études ont d’abord reçu un à priori positif des mouvements LGBT américains, comme le souligne David France dans un article intitulé « The Science of Gaydar » (la science du radar gay) publié par New York Magazine en 2007. Selon le journaliste, elles permettaient d’expliquer l’homosexualité  autrement que par l’environnement familial (mère abusive et père absent). Pour autant, les recherches qui sont menées actuellement se concentrent sur l’inné et le système hormonal de la femme. Mais ces travaux pourraient également comporter des risques, souligne David France. Car si l’on arrive à isoler des réactions hormonales dans l’utérus – à l’origine de l’orientation sexuelle – on peut imaginer que l’on pourra, par des manipulations prénatales, chercher à « corriger » les grossesses. Pourquoi en effet ne pas chercher à s’assurer de naissances exclusivement hétérosexuelles? La droite chrétienne a déjà exprimé son espoir d’en arriver à ce cas de figure. Albert Mohler, professeur de théologie et évangéliste américain, explique sur son blog que, s’il est opposé à l’avortement d’embryons dont on a identifié l’orientation sexuelle, « il faut soutenir avec conviction le recours à tous les moyens appropriés permettant d’éviter la tentation sexuelle et les conséquences inévitables du péché. » (via Rue89)

Associatif | Coup de gueule | Education | Région | Santé | 30.11.2010 - 18 h 25 | 20 COMMENTAIRES
Strasbourg: Rififi autour de la prévention à l’université

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Pas facile quand on est une jeune association de faire entendre sa voix sur les questions de prévention à l’université de Strasbourg. A fortiori quand on se revendique comme association LGBTI. Les membres de l’association alsacienne Over the Rainbow (OtR) viennent d’en faire l’expérience. Explications.

« Dire que l’université de Strasbourg ne fait rien pour la prévention du sida, c’est diffamatoire! ». La docteure Corinne Clarac, à la tête du Service universitaire de médecine préventive de Strasbourg (SUPMS), ne décolérait pas ce lundi, après avoir pris connaissance d’un communiqué de presse qui accuse l’université de Strasbourg de « censurer la prévention contre le sida ».

À l’origine de ce communiqué cinglant, une jeune association LGTBI alsacienne, Over the Rainbow (OtR). Revendiquant « une dizaine de membre » et « une cinquantaine de sympathisants », elle dit militer pour « les lesbiennes, gay, bisexuelles, transgenre, intersexe et/ou séropositives à VIH des campus et lycées d’Alsace ». Voilà plusieurs années que OtR cherche à obtenir l’aval de l’université de Strasbourg pour pouvoir tenir sa propre table de prévention lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida qui a lieu tous les 1er décembre. « Notre objectif, explique Lorraine Wiff, de OtR, est d’informer les étudiants et notamment LGTBI des risques d’une sexualité non protégée et des moyens de prévention qui sont à leur disposition ».

« FAIRE LES CHOSES DANS LES RÈGLES »
Cette année, l’association avait demandé à l’administration une autorisation pour poser sa table de prévention au centre de l’université. « Pour faire les choses dans les règles », dit Lorraine Wiff. Refus du directeur général de l’université Jean Déroche, qui considère alors que l’association n’a pas rempli les critères pour être autorisée à avoir son stand. Dans un premier mail, Jean Déroche écrit que « même si l’Université n’est nullement indifférente aux initiatives destinées à combattre la maladie, elle souhaite que celles-ci se fassent dans un cadre collectif et fassent simultanément intervenir plusieurs associations, accompagnées de professionnels ». Entre l’association OtR et le directeur général de l’université, un dialogue de sourd s’engage. Devant ce refus de l’administration, OtR passe à l’offensive et accuse officiellement l’université de Strasbourg de « censurer la prévention contre le sida » dans son communiqué de presse du 25 novembre dernier.

Au téléphone, la directrice du SUMPS, la docteure Corinne Clarac, s’insurge: « Tous les ans, nous organisons des consultations de dépistage non-stop. L’an dernier, 300 étudiants sont venus se faire dépister lors des deux semaines de prévention. » Elle réfute également toute homophobie dans son service: « Nous sommes une équipe de professionnels de santé, des médecins et des infirmières. Nous ne sommes pas homophobes! ». Toujours est-il que 24 heures après ce coup de téléphone, OtR a été reçue par la directrice du SUMPS.

« UN FAUX INCIDENT »
Aujourd’hui, agacé par ce qu’il appelle « un faux incident », le directeur général Jean Déroche minimise l’affaire et renvoie sèchement les membres de l’association à leur statut d’étudiants: « Ils [les membres de OtR, ndlr] sont de la maison et devraient connaître le SUMPS. Maintenant que les conditions sont remplies et sur les conseils du SUMPS, j’ai accordé à cette association l’autorisation de faire de la prévention sur le campus, mais assistée par des représentants du SUMPS ».

OtR a donc finalement obtenu gain de cause et annonce la bonne nouvelle dans son dernier communiqué de presse. L’association en profite pour annuler le rassemblement qu’elle avait prévu le 1er décembre pour protester contre la décision de l’université. « Brusquement et presque magiquement, nous remplissons soudain les conditions préalables », note l’association avec ironie. Tout en restant mobilisée face à ce qu’elle considère comme un revirement suspect: « Nous ne sommes pas dupes, nous savons pertinemment que c’est la pression et le soutien de nombreux-es étudiant-e-s et membres du personnel de l’université, d’associations locales et nationales, d’organisations syndicales et politiques, et le vif intérêt de la presse qui en 72 heures ont transformé une interdiction en autorisation ».

Pour la docteure Clarac en revanche, son service « fait le maximum », avec « les moyens qu’il obtient ». Car depuis la réforme des universités en 2008, les services universitaires de médecine préventive (il y en a un pour chaque université) ont reçu de nouvelles missions dont la prévention ne représente qu’une partie. « Par exemple, à Strasbourg, le pourcentage d’étudiants étrangers est le double de celui de la moyenne nationale, explique la directrice du SUMPS, ce qui pose un certain nombre de problèmes: certains arrivent démunis, d’autres ont du mal à s’adapter. Dans nos missions, on a des consultations médicales à assurer, mais on a aussi et surtout de la prévention. On est présent aux grandes dates connues: semaine de la sécurité routière, journée contre le sida… »

La docteure Clarac décrit surtout un service qui travaille au maximum de ses capacités: « Désormais, nous sommes également chargés de la prévention. Sachant qu’on a en moyenne seulement 2,3 médecins en équivalent temps plein et 5,4 infirmières, qu’on nous demande d’être ouverts de 8h30 à 17h30 en non-stop toute l’année, avec seulement six semaines de fermeture en été et deux à Noël… Nous sommes déjà centre de dépistage anonyme et gratuit toute l’année… Et nous entendons nous adresser à tous les étudiants ». Reste une question: pourquoi dans un premier temps avoir interdit à l’association de tenir son stand ? La docteure Clarac botte en touche: « On ne la connaissait pas. »

Pour OtR, ce cafouillage est surtout à chercher du côté de l’administration de l’université: « Ils n’en font pas assez. Il y a très peu d’affiches sur cette semaine de prévention. La page internet de l’université n’annonce même pas le dépistage ». Réponse de la docteure Clarac: « Il y a des affiches là où on peut en mettre et le dépistage est annoncé sur 12000 serviettes imprimées pour l’occasion et distribuées dans tous les resto U de Strasbourg. Le site internet du SUMPS annonce aussi l’événement. On aimerait en faire plus mais nos moyens sont limités. À un moment, conclut-elle en soupirant, on est coincé ».

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