3444 Religion | Un complément d'actualité LGBT

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Un complément d'actualité LGBT
Et vous, qu'en pensez-vous?
Enquête | Politique | Religion | 11.05.2011 - 14 h 08 | 27 COMMENTAIRES
Qui sont ces extrémistes mobilisés contre la gay-pride de Tours?

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Depuis deux semaines, une pétition appelant à lutter contre la Marche des Fiertés à Tours a suscité l’émoi des internautes. Et pour cause, la première version – aujourd’hui censurée – ne faisait pas dans la demi-mesure: «Il y a une quinzaine d’années, la gay pride, c’était 50 folles déguisées qui se dandinaient à Paris. Aujourd’hui, il y en a une dans chaque ville, tout le monde s’y mêle car il est tendance pour les personnes qui se disent branchées de se joindre à l’arc-en-ciel Gay […], affirment les pétitionnaires. Si nous ne faisons rien, quel aura été notre rôle face à de telles abjections? […] Cette minorité (env. 6% de la population) n’a pas à exhiber sa marginalité sexuelle devant les yeux des riverains qui se baladent paisiblement en ville. Les yeux des enfants n’ont pas à être pris en otage par ce genre de spectacle!»

Lancée le 26 avril dernier par un collectif appelé «Ensemble contre la Gay Pride à Tours» sur le site france-petitions.com et destinée au préfet d’Indre et Loire, elle a réuni jusqu’à présent 400 signatures. Sur son blog, baptisé pasdegaypridecheznous, le collectif dit rassembler des «personnes de sensibilités parfois différentes sur la base d’un front commun, celui de lutter contre la Marche des Fiertés à Tours» et promet de «mener un certain nombre d’actions légales pour s’opposer à la Gay Pride du 21 mai prochain». En témoigne cette lettre ouverte adressée à Mgr Bernard Aubertin, archevêque de Tours, le 28 avril. Tout en se défendant d’être homophobe – «Il ne s’agit pas de juger les individus qui s’abaissent à de telles pratiques» – le «collectif» emploie des mots très durs contre l’homosexualité et la gay pride, qualifiant la première de «perversions sexuelles» et la seconde d’«abomination […], scandalisant [les] enfants, blessant tous ceux qui ont une idée de la réelle dignité de la nature humaine». Plus loin, le collectif fait le lien entre homosexualité et pédophilie: «Après tant de scandales de la pédophilie dont quelques pasteurs de l’Église se sont apparemment rendus complices, peut-on donner garantie à ces gayprides par notre silence ?» Mais se garde bien de donner davantage de détails sur ceux qui le composent.

Louis Dubois, chef de Vox Populi. (Photo Document remis)

GROUPUSCULE
En revanche, le site france-petitions.com qui accueille la pétition révèle l’identité de son initiateur: un certain Louis Dubois. L’homme n’est pas un inconnu sur la région de Tours. Il est à la tête de Vox Populi, «la voix du peuple» en latin, un mouvement qui se présente sur son blog comme un «groupe de résistance dissident pour une Touraine enracinée» et dit se situer sur un terrain «strictement local […] à l’échelle Tourangelle». En fait de groupe, il s’agirait plutôt d’un «groupuscule», constitué d’un «noyau dur d’une trentaine de membres et «d’environ 70 personnes, 80 au maximum» lors des manifestations, selon un observateur qui souhaite garder l’anonymat. Créé en 2010, Vox populi a acquis une certaine notoriété en organisant une série d’actions coups de poing ces deux dernières années: opposition à la Gay Pride 2010, au Salon de l’érotisme, et aux défenseurs des sans-papiers. «Ils n’ont pas d’influence mais ils commencent à être connus sur Tours», raconte ce témoin privilégié de la vie politique tourangelle.

Selon lui, Vox Populi puiserait sa force dans le manque de dynamisme politique de la ville. «En 1995, le règne de Jean Royer, maire très à droite notamment sur les questions de société, s’est achevé et la ville est passée à gauche (lire Mort de Jean Royer, surnommé « père la pudeur » et bête noire des homos). Depuis, comme le rapport gauche-droite n’est plus aussi clivant, les gens ont l’impression qu’il n’y a plus d’opposition et ne se reconnaissent plus dans le système.» Un vide politique qui aurait profité à Vox Populi, lequel prend soin de préciser qu’il «n’est rallié à aucun autre mouvement politique et n’est le sous-marin d’aucun parti électoraliste». Son blog fait pourtant apparaître des liens avec des groupes identitaires, parmi lesquels le blog Zentropa, point de rendez-vous des jeunes fascistes français et européens, et le Mouvement d’action sociale (MAS), groupuscule très influencé par les néofascistes italiens de la Casa Pound. Ces derniers ont créé un grand centre culturel de l’extrême droite romaine au sein d’un quartier populaire de Rome. Une initiative que Vox Populi souhaite manifestement reprendre à son compte. En effet, l’un de ses buts est de «pouvoir ouvrir un local [afin d’] accueillir toutes sortes de manifestations (conférence, séance de sport, salle ciné…). Un bastion [qui] permettrait à Vox Populi d’étendre son réseau en étant encore plus présent publiquement et d’avoir un point fixe connu de tous pour se retrouver», écrit le groupuscule sur son blog.

AMBIANCE PESANTE
Au LGP Région Centre, organisateur de la gay pride de Tours, on déplore la publicité accordée à l’extrême-droite. Son président, Romain Ménage, confie «passer son temps à répondre à la presse sur ce sujet». «En tant que citoyen, je suis atterré de voir une ville comme Tours associée à l’extrême-droite, dit-il. Mais comme président du centre LGP, je n’ai aucune inquiétude sur le déroulement de la Marche. Le service d’ordre est important et la police municipale est là pour sécuriser le parcours. Ce qui m’embête, c’est que toute cette affaire génère une ambiance pesante sur la ville. Alors que la Marche se veut festive.» Il salue la mobilisations des internautes qui ont crée une page «Contre la page anti gay pride de Tours» sur Facebook.

Pour le politologue Jean-Yves Camus, cette affaire démontre que « c’est bien la visibilité [des homosexuels, ndlr] qui est en cause. Jean-Marie Le Pen avait en 1996, lors de l’affaire Poulet-Dachary [du nom de cet élu FN de Toulon assassiné en août 1995 alors qu’il fréquentait des bars homosexuels], énoncé l’idée d’une non-immixion du FN dans la vie privée de ses membres, rappelle ce spécialiste de l’extrême-droite. Mais à Lyon notamment, des militants pro-Gollnisch ont participé à la perturbation des kiss-in. La question de l’homosexualité est un grand non-dit à l’extrême-droite. Il existe des homophobes déclarés (Renouveau français, catholiques intégristes), des homosexuels au FN et ailleurs, notamment dans la sphère néo-nazie; et des gens qui sont sur la ligne de Vox Populi.»

L’année dernière, la gay pride de Tours avait rassemblée environ 1 500 personnes, selon Romain Ménage. Il espère qu’elle en attirera «au moins 2 000» le 21 mai prochain, «ne serait-ce que pour en rabattre à l’extrême-droite». Les organisateurs de la Marche ont mis en place un nouveau circuit rythmé par des animations, des concerts et des expositions. De son côté, Vox Populi, qui dénonce la «censure […], le matracage médiatique [sic] et les actions d’opposition» à son égard et l’«immunité […], voire [la] bienveillance de la part des politiques et des médias» dont les «groupes» LGBT bénéficient selon lui, maintient son appel à manifester lors de la gay pride.

Montage Photo Paul Denton

Associatif | International | Politique | Religion | 20.04.2011 - 11 h 37 | 23 COMMENTAIRES
Finlande: Les homos européens doivent-ils craindre la montée de l’extrême droite?

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Les gays et les lesbiennes de Finlande ne sont pas à la fête. La victoire du parti des Vrais Finlandais, devenu dimanche dernier troisième force politique du pays, pourrait marquer un recul de l’Europe et des droits des LGBT.


« Raz-de-marée », « tsunami politique », « percée historique »… La presse européenne  n’est pas avare de superlatifs pour illustrer la victoire des Vrais Finlandais (« Perussuomalaiset ») aux élections législatives dimanche 17 avril. La formation nationaliste finlandaise a raflé 19 % des voix et dispose désormais de 39 sièges sur 200 au Parlement. Se présentant comme « anti-élite » et eurosceptique, le parti n’hésite pas à s’en prendre aux étrangers et aux gays. Une stratégie payante puisqu’il gagne 34 sièges par rapport aux élections de 2007.

INQUIÉTUDE

Aija Salo, Secrétaire générale de Seta. (Photo - Wikipedia)

A Helsinki (la capitale), Aija Salo, secrétaire générale de Seta (« Seksuaalinen tasavertaisuus », Égalité sexuelle), principale organisation LGBT de Finlande, ne peut cacher son inquiétude face à la montée de l’extrême-droite. « Personnellement, je suis assez préoccupée car je ne sais pas ce qui nous attend », confie-t-elle. Seta milite notamment pour l’égalité des droits (mariage et adoptions compris), l’amélioration de la loi anti-discrimination, et le retrait de l’obligation de stérilisation dans la demande de changement de sexe. Mais surtout pour une politique gouvernementale pour l’égalité des LGBT, « quelque chose qui n’a jusqu’à présent jamais été fait en Finlande », souligne Aija Salo. Autant de revendications qui vont à l’encontre de la ligne politique des Vrais Finlandais, qui se flattent de défendre la religion et la famille. Leur chef, Timo Soini (ci-dessous), n’a par ailleurs jamais caché son opposition aux droits des LGBT, se prononçant notamment contre le mariage pour les couples de même sexe.

VIOLENTE OPPOSITION

Timo Soini, chef de file des Vrais Finlandais. (Photo - Wikipedia)

Ce politicien de 48 ans s’est converti au catholicisme lorsqu’il était étudiant dans les années 80. Une ferveur pour l’Eglise de Rome qui détonne dans un pays majoritairement protestant et relativement progressiste sur l’homosexualité, parfois au prix de vifs débats (lire Un débat sur l’homosexualité pousse les Finlandais à quitter en masse l’Eglise). En février 2009, un des leaders des Vrais Finlandais s’est violemment opposé à l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens. Pentti Oinonen avait lancé que « les amoureux des animaux pourraient bientôt exiger d’épouser leur chien. » Dans ces conditions, les réformes que les associations LGBT finlandaises appellent de leurs vœux semblent compromises, d’autant que les nationalistes sont désormais courtisés par les deux principaux partis du pays pour la formation d’un gouvernement de coalition. Un scénario que Aija Salo ne souhaite évidemment pas se voir réaliser: « Nous espérons que la possible entrée de « perussuomalaiset » [les Vrais Finlandais] au gouvernement ne va pas mettre en péril [nos] objectifs. Dans tous les cas, Seta continuera à agir énergiquement pour la reconnaissance des droits humains des LGBT et nous allons, bien entendu, essayer de trouver les meilleures stratégies pour aller dans ce sens, en tenant compte du climat politique. »

TENDANCE EUROPÉENNE

Selon les analystes, la Finlande est plus tolérante envers les mouvements d’extrême-droite car le personnel politique ne s’embarrasse pas de questions idéologiques. Mais Aija Salo veut rester optimiste: « J’espère que les résultats [des élections] vont motiver plus de gens qu’auparavant à exprimer ouvertement leur soutien aux droits des LGBT et à militer au sein de Seta, dans nos organisations membres ou dans d’autres organisations des droits de l’Homme. » Autre raison d’espérer: un comédien ouvertement gay a été élu dans les rangs des Verts (écologistes). Il s’agit de Jani Toivola, 33 ans, qui sera aussi le premier Noir à siéger au Parlement finlandais. Reste que la victoire du parti de M. Soini pourrait bien dépasser le cadre finlandais. Car les formations populistes européennes connaissent un succès croissant ces dernières années (Voir ci-dessous).

UNE PROPAGANDE ANTI-GAY A L’ÉCHELLE DE L’EUROPE

La plupart des formations populistes européennes développent toutes une propagande anti-gay. En Suède, les soi-disant Démocrates (« Sverigedemokraterna ») ont enregistré 5,7% des voix et ont obtenu 20 siège au Parlement en 2010. Ce parti prône notamment « une société plus homogène », comprendre sans couple de même sexe. Chez nos voisins suisses, le parti populiste UDC cible régulièrement les homosexuels, proposant entre autres choses le dépistage obligatoire du VIH. La Hongrie du très conservateur Premier ministre Viktor Orbanle (« Fidesz »), qui exerce la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’au mois de juin a fait voter une nouvelle constitution qui « protège le mariage entre un homme et une femme » lundi 18 avril. En France, après des années d’homophobie,  le Front national (FN) de Marine Le Pen semble privilégier une stratégie de séduction auprès des  gays (lire Les LGBT tomberont-ils dans le piège de Marine Le Pen?). Sans changer une ligne de son programme  qui défend l’union d’un homme et d’une femme comme base de la famille et s’oppose « à toute demande de création d’un mariage homosexuel ou d’une adoption par des couples homosexuels. »

International | People | Religion | 16.04.2011 - 09 h 38 | 11 COMMENTAIRES
Ricky Martin attaqué sur son homosexualité par le cardinal de San Juan

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Est-ce à cause de sa tournée mondiale qui débute cette semaine ou parce qu’il semble vivre de manière apaisée son homosexualité? Toujours est-il que le célèbre chanteur latino est devenu la bête noire des Eglises de Porto Rico, son archipel natal.

Lorsqu’il chantait « She bangs » entouré de superbes femmes, Ricky Martin était encore considéré comme un bon catholique par l’Eglise. Mais depuis son coming-out en mars 2010 (lire Ricky Martin fait son coming-out), le chanteur n’est manifestement plus en odeur de sainteté auprès de l’institution. Pour preuve, cette interview donnée la semaine dernière par le cardinal de San Juan, Luis Aponte Martinez, au magazine Primera Hora. Il est demandé au « latin lover » le plus célèbre de la planète de cesser de faire la publicité de son homosexualité. « Pour l’amour de ses enfants, pour qui j’imagine qu’il souhaite le meilleur, qu’il essaie de donner un exemple pour notre jeunesse des grandes valeurs que nous partageons, hormis le sexe », déclare le prélat, qui précise cependant que Dieu ne rejette pas « les homosexuels, mais seulement leurs actions et comportements immoraux, [notamment, ndlr] la promotion parmi la jeunesse de la promiscuité sexuelle, [qui] est immorale, d’où elle vienne. »

Des propos qui ont provoqué la colère des associations LGBT portoricaines. Le célèbre activiste gay Pedro Julio Serrano est monté au créneau pour dénoncer les paroles du cardinal. Fondateur de Puerto Rico Para Tod@s, principale organisation militante de l’archipel, M. Serrano a notamment déclaré: « L’orientation sexuelle est une caractéristique innée de l’être humain qu’on ne peut pas changer. Ce n’est pas une conduite, ce n’est pas une maladie, et c’est encore moins synonyme de promiscuité comme l’affirme le cardinal. L’homophobie, sous couvert de foi religieuse et sous prétexte de liberté d’expression, reste toujours de l’homophobie et [elle] tue. »

« TOUT CE QUE JE VEUX POUR MON PAYS EST QU’IL SOIT DÉBARRASSÉ DES PRÉJUGÉS »
Une mise au point qui n’a pas empêché l’escalade. La pasteure Wanda Rolón est à la pointe de l’offensive menée contre le chanteur. L’ex-vedette de la chanson devenue télé-évangéliste à la tête d’une influente congrégation pentecôtiste aurait désigné Ricky Martin comme « l’ambassadeur de l’enfer » sur sa page Facebook, selon le Huffington Post. Devant le tollé suscité par ses propos, la dame a rapidement procédé à leur retrait du réseau social. Au cours d’une conférence de presse, Wanda Rolón a tenté de nuancer sa position, en affirmant: « ils [les homosexuels] ont toujours existé, mais pas question de glorifier leur comportement. Je ne glorifie pas un toxicomane ou un alcoolique. »

Cette campagne de dénigrement intervient alors que le chanteur de 39 ans fait son grand retour sur scène après six ans d’absence. Une tournée mondiale accompagne son nouvel album intitulé « Musica + Alma + Sexo » (les initiales formant « MAS », c’est-à-dire « Plus » en espagnol). Des mots suggestifs qui semblent déranger les religieux au moins autant que l’homosexualité ouvertement assumée du chanteur, par ailleurs père de deux enfants nés d’une mère porteuse en 2008. Ce dernier s’est bien gardé de répondre directement à ses détracteurs. « Tout ce que je veux pour mon pays est qu’il soit débarrassé des préjugés. Ni plus ni moins », a simplement déclaré le chanteur lors de son premier concert. On ne saurait mieux dire.

International | Politique | Religion | 31.03.2011 - 11 h 39 | 7 COMMENTAIRES
Liechtenstein: vers un référendum contre le partenariat pour les couples de même sexe?

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« UNE DÉCISION INVRAISEMBLABLE »
Les couples gays et lesbiens du Liechtenstein vont-ils enfin pouvoir faire reconnaître officiellement leur union et bénéficier de droits jusqu’à présent réservés aux seuls couples mariés? Il y a quinze jours, le Landtag (Parlement) a adopté à l’unanimité la loi instituant un partenariat pour les couples de même sexe. Mais une obscure « association citoyenne » a décidé de jouer les trouble-fêtes. Vox Populi (« la voix du peuple » en latin) se présente sur son site internet comme une « association de citoyennes et de citoyens du Liechtenstein de différents âges et horizons ». Son objectif est de recueillir suffisamment de signatures de citoyens opposés à la loi sur le partenariat afin d’obtenir un référendum d’initiative populaire, comme le prévoit la Constitution du pays. A sa tête, Johannes Schraner, citoyen de Mauren, petite commune du nord de 3884 habitants. « Cette décision est invraisemblable, déclare son association dans un communiqué pour justifier sa mobilisation. Nous sommes convaincus qu’elle ne reflète pas l’état d’esprit du pays. »

Si les médias liechtensteinois se sont contentés de relayer l’information, la plupart des partis politiques n’ont guère apprécié l’initiative de ce citoyen si épris de démocratie. Même le FBP, pourtant principal parti conservateur du pays, n’a pas hésité à tancer M. Schraner et à poser ouvertement la question de sa crédibilité. « Le tenue d’un référendum d’initiative populaire contre une loi votée par le Parlement est un droit qui appartient à chaque citoyen (…), reconnaît le parti dans un communiqué diffusé mardi. Toutefois, Le FBP prend note avec préoccupation qu’en dehors de M. Schraner, les membres de Vox Populi ne se font pas connaître et se cachent derrière leur association. »

LARGE CONSENSUS POLITIQUE
Jusqu’à présent, les résistances contre la loi dans ce paradis fiscal de 36.000 habitants venaient principalement de l’Eglise catholique, à laquelle appartiennent les trois-quarts de la population. Ces dernières années, l’institution religieuse est régulièrement montée au créneau pour défendre sa conception du mariage (lire Le pacs discuté au Liechtenstein l’été prochain). L’archevêque de Vaduz, Wolfgang Haas, nommé par Jean-Paul II et connu pour ses positions très conservatrices, n’a cessé de clamer que l’homosexualité était un « grave péché » tout en qualifiant la disposition législative de « scandale ».

Des paroles qui n’ont manifestement pas effrayé les parlementaires, lesquels sont passés outre l’opposition de l’Eglise. L’un d’entre eux, qui n’est autre que l’ancien skieur Marco Büchel (ci-contre), a pris fait et cause pour le projet de loi, jugeant le point de vue des opposants au partenariat « méprisant face au genre humain » et « discriminatoire ». Il faut dire que le texte adopté par les parlementaires et qui s’aligne sur la Suisse, qui a adopté le partenariat civil en 2005 (lire ci-dessous), fait l’objet d’un large consensus dans la classe politique. Selon les termes de la loi, les couples de même sexe obtiennent les mêmes droits que les couples mariés en matière fiscale, d’héritage, d’assurances sociales, de prévoyance professionnelle et de naturalisation. En revanche, ils leur est interdit d’adopter ou d’avoir recours à la procréation assistée sous forme de don de sperme ou de mères porteuses.

Pour obliger les autorités à organiser un référendum, Vox Populi doit recueillir un minimum de 1.000 voix sous 30 jours. Faute de quoi, la loi entrera en vigueur comme prévu le 1er septembre 2011. Compte tenu de l’unanimité affichée par les parlementaires, la plupart des observateurs jugent que le mouvement de contestation initié par M. Schraner a peu de chance d’aboutir.

ZOOM SUR: LE VOISIN SUISSE

La Suisse a instauré un « partenariat enregistré » (« Eingetragene Partnerschaft » en allemand) pour les couples de même sexe en 2004. Baptisée Lpart ou PEPS, la disposition a rencontré l’opposition de partis politiques chrétiens et conservateurs. Ces derniers ont réussi à contraindre les autorités à soumettre la loi à un référendum d’initiative populaire. Le texte a tout de même été ratifié par 58% des Suisses en juin 2005, malgré l’opposition des cantons catholiques tels que le Jura, le Valais et le Tessin. La loi est entrée en vigueur le 1er janvier 2007. En 2008, 931 pacs suisses ont été enregistrés. A noter que le canton francophone de Genève s’est doté d’un partenariat ouvert aux couples de même sexe sur le modèle français dès 2001.

International | People | Politique | Religion | 10.03.2011 - 08 h 35 | 22 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Pour son anniversaire, Chuck Norris joue de la gâchette contre l’« endoctrinement homosexuel »

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Dans un tribune publiée sur un site conservateur, le héros de la série « Walker Texas Rangers » se fait le chantre des chrétiens conservateurs contre le « libéralisme » qui prévaudrait dans les université américaines et défend notamment le droit des étudiants américains à s’opposer à l’homosexualité.


DES ÉTUDIANTS SOUS INFLUENCE?
L’acteur Chuck Norris, qui fête aujourd’hui son 71ème anniversaire, est plus connu en France pour son jeu de karatéka et son étoile de Ranger que pour ses combats politiques. Pourtant, la tribune qu’il a publié sur le site d’information conservateur World Net Daily lundi dernier vaut le détour. Intitulée « Les écoles publiques américaines: Un endoctrinement progressif », elle affirme que les établissements publics seraient aux mains de « militants de gauche » qui influenceraient les étudiants. Statistiques à l’appui, Chuck Norris tente de prouver qu’une majorité d’enseignants a des opinions politiques « libérales » et soutient les démocrates.

Pour étayer ses propos, l’acteur cite également un extrait de « L’université américaine en chute libre ». L’ouvrage, écrit par un certain Docteur Jim Nelson Black du « Sentinel Research Associates » a été édité en 2004 par la très chrétienne maison d’édition « Thomas Nelson ». On apprend entre autres choses que le milieu académique, c’est-à-dire les professeurs, « entraine les étudiants à dédaigner l’Amérique, à avoir librement des expériences sexuelles, à défendre avec force des questions comme l’avortement et l’homosexualité, ainsi qu’à devenir des défenseurs du politiquement correct, du relativisme, de la mondialisation, des programmes verts et de la tolérance pour tous. » Bref, l’antéchrist pour ce militant chrétien et conservateur.

UN CHRÉTIEN-CONSERVATEUR A HOLLYWOOD

Car dans un Hollywood réputé acquis à la cause démocrate, Chuck Norris est l’un des rares acteurs à se déclarer conservateur. En tant que tel, il est favorable à la libre-circulation des armes à feu – il en vend d’ailleurs à son nom via son site internet – mais comme chrétien, il est farouchement opposé à l’égalité des droits pour les couples de même sexe. En 2008, on l’a vu s’engager publiquement en faveur de la tristement célèbre proposition 8 qui a refermé l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Il a ensuite critiqué « l’ingérence » des militants LGBT dans le scrutin et les a accusé d’être « anti-démocratiques » lorsque ces derniers ont contesté le référendum.

L’acteur fait aussi référence au vif débat qui tourne autour de projets de loi anti-harcèlement. En effet, suite à une série de suicides chez les jeunes gays américains (lire Le suicide de cinq jeunes homos bouleverse l’Amérique), plusieurs Etats voudraient se doter d’une législation qui réprimerait le harcèlement des jeunes LGBT. Mais pour les militants chrétiens-conservateurs, dont Chuck Norris se fait le zélé représentant, il ne s’agit que d’une tentative des « lobbies gays » d’imposer leur « style de vie ».

« GUERRE DE LA CULTURE »
C’est ce qu’affirme l’un des plus importants lobby chrétien-conservateur américain « Focus on the family » qui fait de la lutte contre les projets de lois anti-harcèlement son cheval de bataille au motif qu’une législation visant à protéger les étudiants victimes de harcèlement pourrait aboutir à une répression des chrétiens. « Les militants homosexuels savent qu’ils ont gagné la guerre de la culture s’ils peuvent capturer le coeur et l’esprit de la prochaine génération », prévient Candi Cushman (ci-contre), de Focus on the family. (Par « guerre de la culture », les conservateurs désignent un conflit entre eux et les libéraux sur des questions de société comme l’avortement, la créationnisme, et le mariage entre personnes du même sexe, ndlr). Un comble, alors que de nombreuses études tendent à démontrer que le harcèlement des étudiants gays et lesbiens est un phénomène de masse, qu’un adolescent homosexuel sur quatre serait harcelé physiquement, et que les jeunes LGBT seraient en moyenne quatre fois plus susceptibles de tenter de suicider que leurs camarades hétérosexuels. « Plutôt que d’encourager la libre-pensée, conclut l’acteur qui voulait devenir le premier président du Texas en 2009, le système universitaire américain est devenu un système d’endoctrinement. » On croit rêver.

International | Politique | Religion | 03.03.2011 - 13 h 32 | 27 COMMENTAIRES
États-Unis: Ils détestent les gays, les juifs et Lady Gaga et ils ont le droit de le dire

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Le célèbre collectif Anonymous est-il à l’origine des cyberrattaques contre la Westboro Baptist Church? Tous les sites internet de ce groupe ultra-fondamentaliste sont paralysés. Ce qui ne l’empêche pas de sévir sur le terrain puisque la Cour suprême vient de réaffirmer le caractère absolu de la liberté d’expression aux Etats-Unis.


EN CROISADE CONTRE L’HOMOSEXUALITÉ
Peut-être connaissez-vous déjà la Westboro Baptist Church (WBC)? Célèbre pour sa triste croisade contre l’homosexualité et son slogan «God hates fag», «Dieu hait les pédés». Ses membres n’hésitent pas à se déplacer dans tout le pays pour assister aux enterrements de soldats morts au combat. Pour ces illuminés homophobes, leur mort constitue une punition divine envers les Etats-Unis pour ne pas lutter contre l’homosexualité. Ils font la promotion de leurs idées nauséabondes à travers plusieurs sites internet répondant aux doux noms de GodHatesFags.com, GodHatesAmerica.com, GodHatesTheWorld.com, JewsKilledJesus.com und AmericaIsDoomed.com.

Fondée par le révérend Fred Phelps en 1955, la Westboro Baptist Church, basée à Topeka (Kansas), ne compterait que 75 membres en son sein (selon AFP). Une entreprise familiale en somme, puisque ses membres font le plus souvent partie de la même fratrie. C’est le cas de Megan Phelps qui n’est autre que l’une des nombreuses petites-filles du fondateur. En tant que représentante de la WBC, cette dernière a acquis une certaine notoriété lors d’une campagne contre Lady Gaga en adaptant le tube de la chanteuse «Poker Face» à la sauce fondamentaliste. Attention, les paroles décoiffent.

Si vous n’arrivez pas à voir la vidéo, cliquez sur God Hates Lady Gaga – No Poker Face – Parody by @meganphelps

EFFET D’ANNONCE?
La 16 février dernier, la WBC annonçait que le collectif Anonymous avait prévenu l’Eglise qu’elle comptait pirater ses sites internet. Effet d’annonce? Les pirates ont fait savoir quelques heures plus tard qu’ils n’en n’était rien, non sans menacer la WBC de représailles pour avoir diffusé un hoax (une cyberrumeur). Conséquence, lors d’un débat animé entre une représentante de l’Eglise et un membre d’Anonymous, le collectif a piraté les sites de la WBC, pour de vrai, cette fois (vous pouvez l’entendre à 8:24 de la vidéo).

Si vous n’arrivez pas à lire la vidéo, cliquez sur Westboro Church website hacked by Anonymous during live interview

CYBERGUERRE OU PIÈGE DE LA WBC?

Dans un communiqué, Anonymous annonce avoir perdu patience face aux provocations de la WBC et accuse l’Eglise du révérend Phelps de chercher l’attention des médias. «Dieu déteste les pédés: supposition. Dieu déteste les sangsues: c’est un fait», conclut le collectif. La presse spécialisée se perd en conjoncture: Cette affaire marque-t-elle le début une guerre entre Anonymous et la WBC ou s’agit-il d’un piège pour démasquer les hackers? Car jusqu’à présent, Anonymous s’était illustrée face à des cibles plus importantes comme l’Eglise de scientologie en 2008 ou plus récemment contre les sites de Paypal et Mastercard, lorsque ces derniers avaient gelé les comptes de WikiLeaks. Selon Gabriella Coleman, anthropologue et professeur à la New York University, spécialiste du phénomène, le collectif chercherait désormais à diversifier ses cibles: «Les Anonymous sont politiquement plus sophistiqués qu’avant», écrivait-elle sur le site The Article en février dernier. Cette cyberattaque contre les sites de la WBC semble lui donner raison.

Le collectif Anonymous n'est pas seulement actif sur Internet: Les membres qui s'en réclament portent le masque de Guy Fawkes rendu célèbre par le film « V pour Vendetta » lors de rares apparitions publiques. (Photo Wikipédia)

A L’ABRI DE TOUTE POURSUITE JUDICIAIRE
Aujourd’hui, les sites anti-gays, anti-juifs et anti-américains restent inaccessibles aux internautes. Reste que la Westboro Baptist Church peut poursuivre son entreprise de haine en toute tranquillité. Qui pourrait l’en empêcher? Pas la Cour suprême, qui vient de la mettre à l’abri de toute poursuite judiciaire au nom du Premier amendement qui garantit la liberté d’expression. «Nous avons choisi une voie différente, qui est de protéger la liberté d’expression, même quand elle peut blesser», explique la Cour suprême dans son arrêt. Fait inhabituel, les juges ont ajouté un commentaire bien senti à l’encontre des fondamentalistes: «L’Eglise de Westboro pense que les Etats-Unis sont moralement corrompus. Mais il est fort probable que les Américains pensent de même à son endroit». A l’annonce du jugement, l’Eglise s’est félicitée d’avoir transmis le message divin «à la Nation et au Pentagone».