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International | Politique | Religion | 11.06.2012 - 06 h 54 | 18 COMMENTAIRES
Caiden Cowger, «Le visage diabolique de l’Amérique homophobe de demain»

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Ses détracteurs moquent volontiers l’outrance de ses propos et sa grammaire approximative. D’autres soulignent sa capacité de nuisance, à l’instar du site Queerty qui le présente comme le «visage diabolique de l’Amérique homophobe de demain». Retenez bien son nom: Caiden Cowger. En deux petites semaines, les déclarations chocs de cet adolescent d’à peine 14 ans de la Virginie-Occidentale en ont fait la nouvelle coqueluche des chrétiens conservateurs et l’ont propulsé sur le devant de la scène médiatique Outre Atlantique.

«LE PRÉSIDENT OBAMA REND LES ENFANTS GAYS»
Cette célébrité fulgurante, le jeune Caiden la doit à une petite phrase qui a connu un retentissement national. «Le président Obama rend les enfants gays», a-t-il lâché le 26 mai dernier pour conclure son émission. Car le sale gosse homophobe made in USA a son propre terrain de jeu: un site baptisé modestement Caiden Cowger Show, qui lui permet de vomir deux fois par semaine, les mercredi et vendredi soirs à 19h pétantes, sa haine de l’Amérique libérale. Son compte Facebook est suivi par plus de 4000 internautes et il a déjà publié un livre intitulé Être un jeune conservateur.

http://www.youtube.com/watch?v=k8r7SoLdKd8

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur 14 Year Old Talk Host Anti Gay Rant.

Au cours de son show (voir la vidéo ci-dessus), Caiden Cowger s’attaque d’abord à «Born this way», l’hymne homo de Lady Gaga: «L’homosexualité est une croyance, ce n’est pas quelque chose qui fait partie de soi. Ces gens ne sont pas « nés comme ça », quoi qu’en dise Lady Gaga». Puis il déverse sa haine sur d’anciens amis d’enfance sortis du placard par la suite: «C’est de pire en pire. Là où je vis, il y a environ 30 adolescents qui sont homosexuels. Des filles et des garçons. C’est écœurant. Ça me dégoute. Vous savez quoi? J’étais ami avec certains d’entre eux quand on était à l’école ensemble. Ils n’étaient pas homos. Ils ont juste décidé de le devenir».

Pour lui, le coupable est tout désigné: «S’ils sont devenus homosexuels, c’est parce qu’on les y a encouragé. Le président Obama dit: C’est normal, c’est « okay », vous êtes nés comme ça. Ça va aller mieux. Vous pouvez vous marier», s’indigne-t-il. En référence à la récente prise de position – personnelle – du président américain en faveur de l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens (lire Ouverture du mariage: Barack Obama dit oui!).

LIBERTÉ D’EXPRESSION PRATIQUEMENT ABSOLUE
Cette longue tirade homophobe a provoqué un véritable tollé aux États-Unis. Sur Youtube, les réactions oscillent entre indignation et amusement, des internautes allant jusqu’à suggérer que le discours extrême du jeune Caiden viserait en réalité à dissimuler sa propre homosexualité. Le débat pourrait à présent prendre une tournure judiciaire car parmi ceux qui jugent ces propos néfastes, certains affichent  leur volonté d’empêcher leur diffusion sur la Toile. C’est le cas de Rhonda Magnus, la mère d’un adolescent gay harcelé dans son école en raison de son homosexualité et qui se bat devant la Cour Suprême de New York pour faire reconnaître officiellement les souffrances dont son fils a été victime. Sa voix rencontre un écho favorable dans une nation secouée par plusieurs suicides de jeunes LGBT. L’homophobie diffusée à grande échelle, autrefois acceptée et même parfois encouragée, semble désormais avoir davantage de mal à passer au pays de l’oncle Sam.

Signe d’une évolution des mentalités ou volonté de se couvrir? La plainte de Rhonda Magnus a en tous cas été entendue. Les deux hébergeurs de l’émission, Youtube et Spreaker, ont en effet rapidement suspendu les comptes de Caiden Cowger, Spreaker s’opposant clairement à «tout discours de haine» par la voix de son PDG. Bravache, l’adolescent n’a pas tardé à ouvrir un nouveau compte sur Youtube et se retranche derrière le premier amendement de la Constitution américaine qui lui garantit une liberté d’expression pratiquement absolue pour justifier sa prise de parole.

PENTECÔTISME ET TEA PARTY
Si Caiden Cowger prend soin de rejeter, officiellement du moins, la violence physique prônée par d’autres intégristes religieux américains (lire États-Unis: un pasteur veut exterminer les homos), ses déclarations ne le rendent pas moins dangereux aux yeux des associations de soutien aux LGBT. Dans une note cinglante publiée le 5 juin, la très respectée The New Civil Rights Movement, une association qui lutte contre toutes les formes de discrimination, révèle que le jeune Caiden est Pentecôtiste et le tacle pour son discours «haineux» en le classant dans la catégorie des adolescents «endoctrinés».

Surtout, le jeune Caiden semble comme chez lui dans la mouvance du Tea Party, l’aile ultra-conservatrice du parti Républicain. Sur son Facebook, une série de photos le montrent parader fièrement à une réunion locale de ce mouvement. Autre indice de cet engagement politique particulièrement précoce, son discours, qui semble calqué sur celui d’un Glenn Beck ou d’un Bill O’Reilly, les voix les plus extrêmes de Fox News et qu’il considère comme des figures tutélaires. Ceux-là même qui ont traité le président Obama de «terroriste musulman» ou qui ont remis en doute sa nationalité lors des élections – au motif qu’il ne serait pas né sur le territoire américain – pour le discréditer. Ne restait plus qu’à accuser Barack Obama de rendre les enfants gays. C’est chose faite désormais. Reste à savoir si à l’avenir, le désormais célèbre Caiden Cowger confirmera son nouveau statut de héraut de l’homophobie. Un possible plan de carrière à surveiller de près.

Mise à jour, mardi 12 juin 00h02: Ajout des réactions aux propos de Caiden Cowger.

Photo DR

International | Politique | Religion | 20.06.2011 - 09 h 27 | 5 COMMENTAIRES
Les gays et les lesbiennes du Liechtenstein obtiennent enfin leur union civile

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La liesse était à son comble hier dans la ville de Schaan, où FLAY, principale association gay et lesbienne du Liechtenstein, avait établi son QG de campagne. Car cette fois, c’est la bonne. Dès le 1er septembre prochain, les couples de même sexe de la Principauté pourront officialiser leur union à travers un «partenariat enregistré» (partenariat civil, ndlr). Malgré l’opposition de l’Eglise et de groupes catholiques conservateurs, la loi a été littéralement plébiscitée, avec 68,8% des voix et une participation qui a atteint 74,2% des inscrits. Porté en triomphe par les militants, le président de FLAY, Daniel Seger (ci-dessus) s’est dit «soulagé» et «ravi» mais surtout «stupéfait d’un résultat aussi net. Cela montre clairement que le peuple ne se laisse pas impressionner, ni guider par de faux arguments», a-t-il affirmé au journal local Volksblatt.

«UN SIGNE VERS DAVANTAGE DE JUSTICE ET DE TOLÉRANCE»
Soulagement aussi du côté du gouvernement. «Avec ce oui clair au partenariat enregistré, le Liechtenstein fait un signe vers davantage de justice et de tolérance, car par cette démarche, nous supprimons la discrimination actuelle qui frappe les couples de même sexe», s’est réjoui Klaus Tschütscher, le chef du gouvernement, interrogé par l’Agence Télégraphique Suisse (ATS). Car l’issue du vote était des plus incertaines. Fruit d’un large consensus politique, le texte avait pourtant déjà été adopté par le Landtag (Parlement) à la majorité absolue en mars 2011. Mais un groupuscule appelé Vox Populi (la voix du peuple, en latin) avait réussi à récolter en un temps record les 1000 signatures nécessaires à la tenue d’un référendum sur le sujet.

Qui se cache derrière cette mystérieuse «association citoyenne»? Les médias et les politiques se sont interrogés, lorsqu’un certain Johannes Schraner (ci-contre) de Mauren, petite commune située au nord de la principauté, a réclamé un référendum sur la loi ouvrant le partenariat civil. Même le FBP, pourtant principal parti conservateur du pays, s’est officiellement inquiété de ce qu’«en dehors de M. Schraner, les membres de Vox Populi […] se cachent derrière leur association» (lire Liechtenstein: vers un référendum contre le partenariat pour les couples de même sexe?). Et pour cause, Johannes Schraner ne serait en réalité qu’un prête-nom pour le compte du diocèse de Vaduz. Le Liechtensteiner Vaterland, premier quotidien du pays, a révélé que M. Schraner n’est autre qu’un cousin du très conservateur archevêque de Vaduz, Wolfgang Haas. Lequel a mené une campagne acharnée contre la loi, parlant de «scandale» pour qualifier «la reconnaissance légale d’un lourd péché». Le Vicaire Général a stigmatisé les actes homosexuels les assimilant à de «graves déviations». Pour ces intégristes, reconnaître les couples de même sexe équivaut à «affaiblir la famille». C’est d’ailleurs le slogan choisi par Vox Populi pour ses affiches placardées dans les villes.

La campagne a été menée par courriers des lecteurs interposés dans la presse locale et entrecoupée par l’arrachage d’affiches appelant à voter contre le référendum. Toutefois, cet intense lobbying n’aura pas empêché les électeurs d’infliger un cinglant désaveu au groupe catholique conservateur et à l’Eglise. La loi prévoit pour les couples de même sexe les mêmes droits que les couples mariés en matière fiscale, d’héritage, d’assurances sociales, de prévoyance professionnelle et de naturalisation. Seul bémol: les «pacsés» ne pourront ni adopter, ni bénéficier de la procréation assistée. Mais un soutien aussi massif aux homos constitue déjà une grande avancée pour ce petit pays dont la population est majoritairement catholique, comme le rappelle le Liechtensteiner Vaterland. Le quotidien évoque un «premier pas» dans le domaine de la «politique sociale» et prédit que le prochain défi en la matière sera la dépénalisation de l’avortement, actuellement passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison dans la Principauté. Jusqu’à hier, le Liechtenstein était encore le seul pays germanophone à ne pas avoir octroyé aux homosexuel-le-s la possibilité de contracter une union civile.

Photo Extrait de Videonews – Volksblatt

International | Religion | Santé | Science | 05.06.2011 - 14 h 00 | 28 COMMENTAIRES
Un médecin catholique allemand prétend guérir l’homosexualité par l’homéopathie

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« L’homosexualité n’est pas une maladie », assure le le site de la « Bund katholischer Ärzte » ou BKÄ (Fédération allemande des médecins catholiques). Pourtant, cette organisation prétend venir en aide aux personnes « qui se sentent homosexuelles [et qui] se trouvent dans une situation de détresse spirituelle et psychique, et souffrent beaucoup. »

EX-GAYS ET PRO-VIE
L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé cette semaine les étranges remèdes de cette « fédération » basée au Sud de la Bavière pour venir à bout des « penchants » homosexuels de leurs « patients ». Afin de remettre les brebis égarées dans le droit chemin, le traitement consiste à prescrire des microdoses de platine, des séances de psychothérapie et de s’en remettre, bien entendu, aux « Saintes Ecritures. » Sur son site, l’organisation présente également le soit-disant témoignage d’un gay du Sud de l’Allemagne qui avance qu’il a « noté avec plaisir » qu’un « changement de tendance homosexuelle » est « tout à fait possible. »

Ce n’est certainement pas un hasard si la BKÄ fait partie du mouvement des ex-gays (voir Zoom sur: « Le succès des ex-gays » plus bas). Le responsable de l’organisation est un certain Dr Gero Winkelmann. Selon Der Spiegel, celui-ci s’est fait connaître au sein de la Ligue chrétienne, un groupuscule qui, jusque dans les années 1990, combattait le droit à l’avortement et au divorce, ainsi que la dépénalisation de l’homosexualité. Depuis, si le Dr Winkelmann semble privilégier les « médecines douces », il n’en reste pas moins très actif sur Internet. Le bon docteur a ouvert sa propre page web, laquelle propose des conférences sur « le droit à la vie ».

En réalité, un exposé pro-vie, calqué sur le discours radical des mouvements américains chrétiens-conservateurs. Au programme: les conséquences de l’avortement pour une mère et son enfant, un débat sur l’euthanasie, le clonage et la toxicité de la pilule. En prime, l’auditoire a droit à une vidéo du praticien participant à une veillée pro-vie à Vienne en 2009. Mais ce dernier se garde bien de préciser qu’il est également lié au mouvement pro-vie par le biais de « European Pro-Life Doctors », une association dont il n’est officiellement que le coordinateur pour l’Allemagne et qui, comme son nom l’indique, est destinée à rassembler les médecins anti-avortement de toute l’Europe.

« UNE OFFRE DANGEREUSE »
Les associations LGBT allemandes ne décolèrent pas. La « Lesben- und Schwulen Verband » (l’Association allemande des gays et des lesbiennes), la plus grande association homosexuelle outre-Rhin dénonce « Un traitement inefficace pour une maladie qui n’existe pas » ainsi qu’une « offre dangereuse » qui « instrumentalise les inquiétudes que peuvent avoir les jeunes bi et homosexuel-le-s ou leurs parents. »

Devant le tollé provoqué par son initiative, le Dr Winkelmann a fini par retirer les pages les plus polémiques du site. En raison, selon lui, des « médias [qui] ne publient que des reportages négatifs » mais surtout pour éviter que son association et les méthodes de traitement qu’elle propose ne soient « tournées en ridicule » (!). Reste que le médecin ne baisse pas les bras pour autant et pousse « ceux qui sont sérieusement intéressés par l’homéopathie » à le contacter. L’homosexualité a pourtant été définitivement rayée par l’Organisation Mondiale de la Santé de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990.

ZOOM SUR: LE SUCCÈS DES EX-GAYS

La Fédération des médecins catholiques fait partie du mouvement ex-gays. Né aux Etats-Unis dans les années 1970,  le mouvement des ex-gays connaît un certain succès aux Etats-Unis ces dix dernières années. Ses partisans affirment que l’homosexualité est une simple faiblesse humaine qui peut être surmontée. Mais ses théories sont rejetées par la grande majorité de la communauté scientifique.

[Mise à jour] L’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990 et non en 1993, comme je l’avais d’abord affirmé. Merci à la yaggeuse Ernestine pour sa vigilance.

Politique | Religion | Science | 03.06.2011 - 15 h 46 | 39 COMMENTAIRES
Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée

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Dans une lettre ouverte au ministre de l’Education nationale Luc Chatel publiée lundi 31 mai sur le site du Parti Chrétien-Démocrate dont elle est la présidente, Christine Boutin tire à boulet rouge contre l’enseignement obligatoire de « la théorie du genre » également appelée « gender studies » (voir « Zoom sur les genders studies » plus bas) dans certains programmes au lycée.

De quoi s’agit-il? Concrètement, la théorie du genre, ainsi que d’autres informations sur la sexualité, la procréation médicalement assistée et la contraception font leur entrée dans des manuels de SVT (Sciences et Vie de la Terre), qui seront disponibles à la rentrée 2011 pour les classes de Première. Le manuel Bordas indique par exemple que: « Si dans un groupe social, il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels. »

C’est l’enseignement catholique qui s’émeut en premier de ces nouveaux programmes. Par la voix de Claude Berruer, adjoint au secrétaire général de l’enseignement catholique, qui envoie un courrier à ses directeurs diocésains le 27 mai dernier, afin d’attirer leur attention sur ces contenus innovants et dénoncer les aspects qui semblent contraire aux principes chers à l’enseignement catholique. « La théorie du genre se diffuse dans notre environnement, il est assurément indispensable d’ouvrir un débat avec les lycéens sur cette question ». On a déjà vu – et entendu – pire de la part de catholiques notamment au sujet du Pacs ou du droit à l’avortement. Mais Christine Boutin, qui a fait de la lutte contre les droits et la visibilité LGBT son cheval de bataille, depuis le vote du pacs en 1999, voit rouge. Et reprend sa plume pour réaffirmer ses positions ultra-conservatrices sur les sujets de société. On se souvient qu’elle avait déjà écrit à Luc Chatel en 2010 pour lui demander d’interdire la diffusion du film Le baiser de la lune, qui visait à sensibiliser à l’homosexualité les enfants de CM1/CM2 (lire Christine Boutin écrit à Luc Chatel pour demander l’interdiction du « Baiser de la Lune »).

« NOUS NE POUVONS ACCEPTER QUE L’ÉCOLE
DEVIENNE UN LIEU DE PROPAGANDE »

« Comment cela est-il possible? Comment ce qui n’est qu’une théorie, qu’un courant de pensée, peut-il faire partie d’un programme de sciences, s’indigne Christine Boutin. Comment peut-on présenter dans un manuel, qui se veut scientifique, une idéologie qui consiste à nier la réalité: l’altérité sexuelle de l’homme et la femme ? […] Monsieur le Ministre, nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’adolescent serait l’otage de préoccupations de groupes minoritaires en mal d’imposer une vision de la « normalité » que le peuple français ne partage pas. » Et de rappeler avec une subtilité toute relative à Luc Chatel que 2012 approche: « Je ne manquerai pas de me faire l’écho de votre position sur ce sujet capital : vous conviendrez que celle-ci aura une influence déterminante sur les choix que les citoyens français seront amenés à poser lors des scrutins qui s’annoncent dans quelques mois. »

« UNE ATTAQUE EN RÈGLE
CONTRE LA LOI MORALE NATURELLE »

Dans son combat en faveur de la « liberté de conscience des familles et de la responsabilité des parents en matière d’éducation affective et sexuelle de leurs enfants », la présidente du Parti Chrétien-Démocrate n’est pas isolée. Elle peut également compter sur le soutien de la cathosphère. Car la pasionaria des anti-Pacs est devenue la madone des chrétiens-conservateurs 2.0 qui n’hésitent pas à justifier leur rhétorique homophobe en brandissant la liberté d’expression. Ainsi, le site réactionnaire libertepolitique.com prétend que « les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle » (!). « Une fois inculquée aux élèves cette idée que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle (!) vers l’autre sexe », s’insurge la revue catholique. Le site Veille-Education, site de l’actualité sur l’école « dans une perspective chrétienne » n’est pas en reste et dénonce « un glissement idéologique […] résultats de puissants lobbies ». Alors que Bruno Gollnisch, ancien candidat à la présidence du FN et député européen évoque, sans rire sur son blog, « une offensive contre la civilisation européenne »: « Les promoteurs du gender n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat, poursuit-il. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. »

Du côté de l’Education nationale, on cherche manifestement à calmer le jeu. Le directeur de l’enseignement scolaire Jean-Michel Blanquer explique mercredi 1er juin au Figaro que « les programmes font le point sur des connaissances scientifiques clairement établies » et qu’ « il ne s’agit pas de favoriser telle ou telle théorie sociologique particulière ». « S’il y a une extrapolation de certains manuels, dit-il, ce n’est pas de la responsabilité du ministère ». « Les établissements et les professeurs sont libres dans leur choix d’ouvrages. Cela dit, souligne-t-il, le fait qu’il y ait une dimension biologique et sociale du sexe est établie depuis longtemps. » Dommage que Luc Chatel n’ait pas pris la peine de faire passer le message à Christine Boutin. Mais sur cette question, le ministre de l’Education nationale, comme son service de presse, est aux abonnés absents.

ZOOM SUR: LES « GENDERS STUDIES »

Les « Genders studies » ou théorie du genre utilisent la notion de genre, par opposition au sexe biologique, pour faire référence aux constructions sociales du féminin et du masculin. Popularisée par Judith Butler, cette théorie est étudiée dans de nombreuses universités américaines qui financent des département consacrés à ce sujet. En France, les « gender studies » sont enseignées notamment à Sciences Po. Cette année, l’établissement a rendu ce cours obligatoire pour tous les cursus.

Photo Extrait du manuel de SVT, éd. Bordas, 2011.

International | Religion | Santé | 27.05.2011 - 18 h 14 | 10 COMMENTAIRES
Sida: Le journal officiel du Vatican hostile au préservatif et aux campagnes de prévention

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Le Vatican reprendrait-il son offensive contre la capote? On peut le penser à la lecture d’un article publié mardi 25 mai dans L’Osservatore Romano, journal officiel du Saint-Siège, qui dénonce l’usage du préservatif et condamne les campagnes de prévention contre le Sida.

Intitulé « L’amour conjugal au temps du sida », ce texte réaffirme avec précision la doctrine de l’Église sur l’usage du préservatif au sein des couples, en particulier sous la menace du sida. « Il faut rappeler que, bien que l’usage du préservatif lors d’un acte isolé puisse avoir une certaine efficacité dans la prévention du sida, celui-ci n’est pas en mesure de garantir une sécurité absolue […]. En conséquence, il n’est pas approprié d’en conseiller l’utilisation comme moyen efficace de lutte contre la contagion », écrit le Père Juan José Perez-Soba, enseignant en théologie morale à l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille.

« FAUSSE CROYANCE »
Le théologien s’en prend également aux campagne de prévention contre le Sida, coupables à ses yeux d’aliment[er] « la fausse croyance selon laquelle il n’y aurait aucun danger […], et d’augment[er] la possibilité d’infection. » Bref, « Présenter le préservatif comme une solution à ce problème est une grave erreur, tranche le Père Perez-Soba. Le choisir simplement comme une pratique habituelle est un manque de responsabilité dans la rencontre avec l’autre personne. » Au passage, le théologien n’hésite pas à remettre en cause la fiabilité de la capote au nom de l’exigence de la procréation et des liens du mariage. « Le préservatif, constituant une barrière, déforme en quelque sorte la réalisation elle-même de l’acte conjugal et le prive non seulement de sa signification procréatrice, empêchant la fécondation, mais il met également en péril l’objectif d’être ‘une seule chair’, dans le sens du don intégral dans l’union des époux », affirme le texte. Des propos ambigus qui rappellent ceux tenus par l’évêque d’Orléans en 2009. Mgr André Fort avait provoqué un tollé en laissant entendre que le préservatif n’était pas efficace pour empêcher la transmission du virus du sida (lire Préservatif: L’évêque d’Orléans dérape à nouveau en contestant la capote).

« S’ABSTENIR DE RELATIONS SEXUELLES »
Encore plus fort, en cas d’infection de l’un des conjoints, un couple marié doit opter pour le choix de l’abstinence. « Confrontés au risque d’une infection, les époux peuvent décider de s’abstenir de relations sexuelles, comme c’est le cas dans d’autres pathologies, ajoute le Père Perez-Soba. Bien qu’il ne reflète pas forcément le point de vue officiel du Vatican, l’article de L’Osservatore Romano a été publié à la veille d’un colloque consacré à la « La centralité des soins à la personne dans la prévention et le traitement du sida », organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.

LE VATICAN ET LE PRÉSERVATIF: UN DISCOURS QUI CAPOTE?

L’Eglise semble décidément avoir du mal à tenir un discours cohérent sur la préservatif. En mars 2009, le pape déclare que le préservatif n’était pas un moyen de lutter contre le sida lors d’un voyage officiel en Afrique. Ajoutant même: « Cela aggrave le problème ». Devant l’indignation de la communauté internationale, Benoît XVI revient sur ses déclarations, expliquant notamment qu’elles avaient été mal interprétées. En 2010, volte-face. Dans un livre d’entretien, le Souverain pontife admet pour la première fois que l’utilisation du préservatif peut se justifier dans certains cas très précis pour protéger du sida (lire Pour la première fois, Benoît XVI admet que le préservatif peut protéger du sida). Des propos qu’il tempère néanmoins, ajoutant que ce « n’est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l’infection du VIH » et souligne: « Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c’est exactement le danger ».

International | Religion | 25.05.2011 - 20 h 21 | 29 COMMENTAIRES
États-Unis: Un révérend homophobe prévoit l’Apocalypse pour le 21 octobre

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Les voies du Seigneur sont impénétrables, dit-on. Le révérend Harold Camping (ci-dessous) vient d’en faire une fois de plus la cruelle expérience. A la tête d’un réseau américain de radios FM évangéliques, M. Camping avait promis la fin du monde pour le 21 mai 2011, c’est-à-dire samedi dernier. Las, Dieu n’a pas suivi et le « Judgment Day » (Jour du Jugement Dernier) annoncé à grand renfort de réclame a fait un flop.

NUL EN MATHS?
Le révérend avait pourtant déployé des moyens importants pour alerter la population. Des panneaux géants (ci-dessus) avaient fleuri aux carrefours des villes américaines: « Jugement dernier, le 21 mai 2011 », « Garanti par la Bible » pouvait-on y lire en grosses lettres. Un coup de pub divin (!) pour cette chaîne basée à San Francisco mais qui a vite tourné à la farce. Au point que que le San Francisco Weekly, qui a interviewé le révérend il y a quelques semaines, titrait hier « Harold Camping sucks at maths » (Harold Camping est nul en maths). Il faut dire que le révérend Camping se base sur une méthode de calcul très personnelle pour dater la fin du monde. Au terme de savantes combinaisons, il avait ainsi affirmé que samedi 21 mai, 7000 ans seraient passés depuis le Déluge. Une méthode qui semble lui jouer des tours. Le prédicateur avait déjà prédit la fin du monde pour le 6 septembre 1994. Depuis, le révérend a dû reconnaître une nouvelle erreur. Il s’est dit « troublé » à la chaîne CNN que ses prédictions ne se réalisent pas. On le comprend.

ISRAEL ET LA GAY-PRIDE
En revanche, le révérend n’a pas besoin de faire de savants calculs pour désigner les responsables de la colère divine. « Dans la Bible, Dieu nous offre de nombreux signes destinés à avertir le monde que le Jugement dernier et la fin des temps sont imminents », écrit-il dans un éclairant fascicule intitulé « Gay Pride, un signe de la fin des temps planifié par Dieu » (disponible en français). Et de citer en exemples la création de l’Etat d’Israël et la « profonde détérioration spirituelle » que l’on peut constater dans la plupart des églises. « Mais aucun signe n’est aussi dramatiquement clair que le phénoménal succès mondial du mouvement de la Gay Pride », poursuit M. Camping, évoquant la cité de Sodome ainsi que sa destruction, comme symbole du Jugement dernier.

Troublé mais pas découragé par ce nouveau revers, le révérend a expliqué que le 21 mai n’était qu’un avant-goût « spirituel » de l’Apocalypse à venir. Selon lui, la vraie fin des temps sera le 21 octobre. Ce jour-là, à 18 heures précises (pour chaque fuseau horaire), prédit-il, « de puissants séismes anéantiront la Terre et ceux que Dieu n’a pas élus périront dans d’atroces souffrances ». En attendant la date fatidique, les gay-prides de l’été sont sauvées. Rendez-vous à la rentrée.