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Associatif | Coup de gueule | Education | Région | Santé | 30.11.2010 - 18 h 25 | 20 COMMENTAIRES
Strasbourg: Rififi autour de la prévention à l’université

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Pas facile quand on est une jeune association de faire entendre sa voix sur les questions de prévention à l’université de Strasbourg. A fortiori quand on se revendique comme association LGBTI. Les membres de l’association alsacienne Over the Rainbow (OtR) viennent d’en faire l’expérience. Explications.

« Dire que l’université de Strasbourg ne fait rien pour la prévention du sida, c’est diffamatoire! ». La docteure Corinne Clarac, à la tête du Service universitaire de médecine préventive de Strasbourg (SUPMS), ne décolérait pas ce lundi, après avoir pris connaissance d’un communiqué de presse qui accuse l’université de Strasbourg de « censurer la prévention contre le sida ».

À l’origine de ce communiqué cinglant, une jeune association LGTBI alsacienne, Over the Rainbow (OtR). Revendiquant « une dizaine de membre » et « une cinquantaine de sympathisants », elle dit militer pour « les lesbiennes, gay, bisexuelles, transgenre, intersexe et/ou séropositives à VIH des campus et lycées d’Alsace ». Voilà plusieurs années que OtR cherche à obtenir l’aval de l’université de Strasbourg pour pouvoir tenir sa propre table de prévention lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida qui a lieu tous les 1er décembre. « Notre objectif, explique Lorraine Wiff, de OtR, est d’informer les étudiants et notamment LGTBI des risques d’une sexualité non protégée et des moyens de prévention qui sont à leur disposition ».

« FAIRE LES CHOSES DANS LES RÈGLES »
Cette année, l’association avait demandé à l’administration une autorisation pour poser sa table de prévention au centre de l’université. « Pour faire les choses dans les règles », dit Lorraine Wiff. Refus du directeur général de l’université Jean Déroche, qui considère alors que l’association n’a pas rempli les critères pour être autorisée à avoir son stand. Dans un premier mail, Jean Déroche écrit que « même si l’Université n’est nullement indifférente aux initiatives destinées à combattre la maladie, elle souhaite que celles-ci se fassent dans un cadre collectif et fassent simultanément intervenir plusieurs associations, accompagnées de professionnels ». Entre l’association OtR et le directeur général de l’université, un dialogue de sourd s’engage. Devant ce refus de l’administration, OtR passe à l’offensive et accuse officiellement l’université de Strasbourg de « censurer la prévention contre le sida » dans son communiqué de presse du 25 novembre dernier.

Au téléphone, la directrice du SUMPS, la docteure Corinne Clarac, s’insurge: « Tous les ans, nous organisons des consultations de dépistage non-stop. L’an dernier, 300 étudiants sont venus se faire dépister lors des deux semaines de prévention. » Elle réfute également toute homophobie dans son service: « Nous sommes une équipe de professionnels de santé, des médecins et des infirmières. Nous ne sommes pas homophobes! ». Toujours est-il que 24 heures après ce coup de téléphone, OtR a été reçue par la directrice du SUMPS.

« UN FAUX INCIDENT »
Aujourd’hui, agacé par ce qu’il appelle « un faux incident », le directeur général Jean Déroche minimise l’affaire et renvoie sèchement les membres de l’association à leur statut d’étudiants: « Ils [les membres de OtR, ndlr] sont de la maison et devraient connaître le SUMPS. Maintenant que les conditions sont remplies et sur les conseils du SUMPS, j’ai accordé à cette association l’autorisation de faire de la prévention sur le campus, mais assistée par des représentants du SUMPS ».

OtR a donc finalement obtenu gain de cause et annonce la bonne nouvelle dans son dernier communiqué de presse. L’association en profite pour annuler le rassemblement qu’elle avait prévu le 1er décembre pour protester contre la décision de l’université. « Brusquement et presque magiquement, nous remplissons soudain les conditions préalables », note l’association avec ironie. Tout en restant mobilisée face à ce qu’elle considère comme un revirement suspect: « Nous ne sommes pas dupes, nous savons pertinemment que c’est la pression et le soutien de nombreux-es étudiant-e-s et membres du personnel de l’université, d’associations locales et nationales, d’organisations syndicales et politiques, et le vif intérêt de la presse qui en 72 heures ont transformé une interdiction en autorisation ».

Pour la docteure Clarac en revanche, son service « fait le maximum », avec « les moyens qu’il obtient ». Car depuis la réforme des universités en 2008, les services universitaires de médecine préventive (il y en a un pour chaque université) ont reçu de nouvelles missions dont la prévention ne représente qu’une partie. « Par exemple, à Strasbourg, le pourcentage d’étudiants étrangers est le double de celui de la moyenne nationale, explique la directrice du SUMPS, ce qui pose un certain nombre de problèmes: certains arrivent démunis, d’autres ont du mal à s’adapter. Dans nos missions, on a des consultations médicales à assurer, mais on a aussi et surtout de la prévention. On est présent aux grandes dates connues: semaine de la sécurité routière, journée contre le sida… »

La docteure Clarac décrit surtout un service qui travaille au maximum de ses capacités: « Désormais, nous sommes également chargés de la prévention. Sachant qu’on a en moyenne seulement 2,3 médecins en équivalent temps plein et 5,4 infirmières, qu’on nous demande d’être ouverts de 8h30 à 17h30 en non-stop toute l’année, avec seulement six semaines de fermeture en été et deux à Noël… Nous sommes déjà centre de dépistage anonyme et gratuit toute l’année… Et nous entendons nous adresser à tous les étudiants ». Reste une question: pourquoi dans un premier temps avoir interdit à l’association de tenir son stand ? La docteure Clarac botte en touche: « On ne la connaissait pas. »

Pour OtR, ce cafouillage est surtout à chercher du côté de l’administration de l’université: « Ils n’en font pas assez. Il y a très peu d’affiches sur cette semaine de prévention. La page internet de l’université n’annonce même pas le dépistage ». Réponse de la docteure Clarac: « Il y a des affiches là où on peut en mettre et le dépistage est annoncé sur 12000 serviettes imprimées pour l’occasion et distribuées dans tous les resto U de Strasbourg. Le site internet du SUMPS annonce aussi l’événement. On aimerait en faire plus mais nos moyens sont limités. À un moment, conclut-elle en soupirant, on est coincé ».

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People | Région | 06.10.2010 - 13 h 17 | 0 COMMENTAIRES
Strasbourg: Sexion d’Assaut privé de concert par la Laiterie

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Hier, l’association Artefact PRL qui assure la programmation de la Laiterie à Strasbourg, a annoncé l’annulation du concert de Sexion d’Assaut.

Lefa, l'un des membres du groupe, avait déclaré être 100% homophobe lors d'une interview. (Photo - Document remis)

L’association rappelle dans un communiqué en ligne que le groupe avait déjà chanté à Strasbourg en juillet et que le concert était prévu depuis le printemps dernier mais que les propos d’un des membres du groupe au magazine  « International Hip Hop » étaient contraire à ses valeurs. « Nous avons pour habitude de rester calmes et professionnels face aux emballements et polémiques, conclut Artefact. En responsabilité, nous décidons donc aujourd’hui d’annuler ce concert. Le groupe Sexion d’Assaut ne nous a pas donné en effet les éléments permettant de lever les doutes sur son compte. »

ANNULATIONS EN SÉRIE

Artefact précise avoir pris sa décision « après avoir demandé à Sexion d’Assaut d’apporter une réponse appropriée sur la question, (…) de lui-même, directement et sans intermédiaire afin de lever toute ambiguïté ». Mais pour l’association organisatrice, le compte n’y est pas: « Nous n’avons pas à ce jour les éléments qui justifient à nos yeux plus longtemps la programmation de ce concert ». Des concerts du groupe ont déjà été annulés à Caen, Saint-Etienne, Marseille, Clermont-Ferrand, Angers et Guivapas, près de Brest.

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Associatif | Coup de gueule | People | Région | 02.10.2010 - 18 h 49 | 2 COMMENTAIRES
Strasbourg: la Ligue des droits de l’homme s’oppose à la venue de Sexion d’Assaut

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Dans un communiqué cinglant publié sur son site internet, la section strasbourgeoise de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) marque son opposition à la venue du groupe de rap «Sexion d’Assaut» le 20 octobre dans la cité européenne. Pour Yagg, la LDH a bien voulu préciser les raisons de son action.

Pourquoi s’opposer à la venue de ce groupe de rap: « Le groupe de rap français « Sexion d’Assaut », jusqu’ici très populaire chez les jeunes, est un groupe dangereux car il appelle à la haine de l’autre. En plus de propos ouvertement homophobes tenus dans une interview durant l’été, plusieurs de ses chansons contiennent des passages clairement haineux à l’encontre des homosexuels. Par exemple, dans «On t’a humilié», il est dit « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent! » Permettre la programmation d’un groupe qui tient des propos explicitement homophobes et appelant au meurtre et à la haine, revient à contribuer à la propagation d’une idéologie des plus dangereuses. Il est inacceptable qu’en France, et donc à Strasbourg, soient programmés en concert des groupes qui clament publiquement leur haine d’une catégorie d’individus, et qui promeuvent une idéologie violemment discriminatoire. »

S’opposer à un concert ne va-t-il pas à l’encontre de la liberté d’expression: « Il y a des limites à ne pas franchir. Lorsqu’un artiste appelle aussi explicitement à la haine d’une catégorie d’individus, il s’agit de tout faire pour que ces idées ne se propagent pas, surtout lorsque le public est principalement jeune. La liberté d’expression est essentielle, mais proférer de telles paroles dans une chanson, surtout lorsqu’on est un groupe si populaire, n’est pas tolérable. »

Quels moyens concrets comptez-vous mettre en œuvre pour vous y opposer sur Strasbourg: « Il revient à chacun, et notamment aux responsables de la Laiterie, où «Sexion d’Assaut» est programmé pour le 20 octobre, de prendre ses responsabilités et de veiller à ce que ne soient pas bafoués les principes et les lois de notre République. La section strasbourgeoise de la Ligue des Droits de l’Homme demande l’annulation de ce concert, et espère qu’une suite sera donnée à sa demande. »

Pour le moment, La Laiterie, la salle de musiques nouvelles de la ville de Strasbourg, n’a pas réagi à la demande de la LDH de Strasbourg.

Le groupe de rap dont le 2e album s’est hissé au top 10 des ventes avait provoqué l’indignation des associations LGTB après la révélation des propos tenus par Lefa, l’un de ses membres, au magazine « International Hip hop ». Il affirmait notamment : « Pendant un temps, on a beaucoup attaqué les homosexuels parce qu’on est homophobe à 100% et qu’on l’assume ». Manifestement, les excuses formulées cette semaine ne suffisent pas à éteindre la polémique.

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