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Un complément d'actualité LGBT
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Associatif | Région | Société | Sport | 16.04.2012 - 22 h 04 | 17 COMMENTAIRES
Paris Foot Gay et Pierre Guénin jouent la carte de l’humour face au dérapage de Louis Nicollin

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«ET OUI, JE SUIS UN PÉDÉ!»
Déjà épinglé par les associations LGBT pour des propos homophobes, le patron du Montpellier Hérault Sport Club, affectueusement surnommé Loulou par ses fans, avait pris de bonnes résolutions: signature de la Charte contre l’homophobie et participation au clip contre l’homophobie dans le sport de l’association Paris Foot Gay. Une participation qui lui a valu de recevoir récemment le prix Pierre Guénin contre l’homophobie, provoquant un début de controverse (lire Louis Nicollin, lauréat d’un prix contre l’homophobie? Seriously?). Louis Nicollin, homophobe repenti? Un beau tableau qui a volé en éclats jeudi dernier quand Loulou a récidivé au micro de RMC: «Au dernier moment j’ai eu peur, je ne suis pas allé au Vélodrome voir OM-Montpellier. Eh oui, je suis un pédé!», a-t-il déclaré pour expliquer pourquoi il ne s’est pas rendu au match entre Montpellier et l’OM.

«RAVI D’APPRENDRE PAREILLE NOUVELLE»
Contacté, Pierre Guénin, fondateur du prestigieux prix du même nom, choisit de répliquer sur le ton de l’humour: «Ravi d’apprendre pareille nouvelle. Que mon prix Pierre Guénin contre l’homophobie ait pu convaincre Louis Nicollin à ce point là; je vais finir par croire au Bon Dieu. Mon cher Louis, viens recevoir ton prix à l’Hôtel de Ville de Paris. Le 14 mai. J’y recevrai moi-même la médaille de Chevalier des Arts et des lettres de la main de l’adjoint de Delanoë, Christophe Girard. Il y aura du beau monde et nous ferons la fête».

«IL N’EST PLUS HOMOPHOBE»
Du côté du Paris Foot Gay, on rit plutôt jaune, et on fait le dos rond. L’association, pourtant prompte à dégainer contre l’homophobie dans le monde du foot n’a pas cru bon de réagir à la sortie de la star de son dernier clip. Volonté de ne pas ternir l’image de l’une de ses plus belles prises? «Il a fait son coming out», plaisante Pascal Brethes, président de l’association, qui préfère relativiser l’incident: «Nous n’avons pas réagi car il nous a prouvé à travers ses actions qu’il n’est plus homophobe. On est quand même très loin de ses anciennes déclarations violentes». Tout en reconnaissant que ces derniers propos font taches: «C’est dans la logique du personnage, un humour dingo et profondément douteux». Bref, avant même de recevoir son prix, le lauréat 2012 de la lutte contre l’homophobie a déjà du plomb dans l’aile…

[Mise à jour, 17 avril, 20h11]

Dernier rebondissement dans ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Nicollin. Alors que Pierre Guénin, «ravi», avait décidé de prendre l’affaire avec légèreté, un communiqué émanant pourtant de son propre service de presse vient de tomber: Loulou ne recevra finalement pas le prix qui devait le récompenser pour son engagement (de courte durée) contre l’homophobie (lire Le prix Pierre Guénin contre l’homophobie retiré à Louis Nicollin).

«En participant au clip du Paris Foot Gay, Louis Nicollin avait donné des gages. Nous sommes au regret de constater aujourd’hui qu’on ne pouvait leur accorder que peu de prix, et que l’insulte ou le commentaire à caractère homophobe font hélas bien partie du patrimoine génétique et « culturel » du Président du Club de Football de Montpellier. Une manière bien ingrate de répondre à la main qui lui avait été tendue», écrit le jury dans son communiqué.

Photo DR

Associatif | Coup de gueule | Région | Société | 23.03.2012 - 14 h 45 | 7 COMMENTAIRES
Flag! accuse un général de «pression» dans une affaire de discrimination

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Le général Laurent Tavel, commandant la région de gendarmerie de Midi-Pyrénées, est dans la ligne de mire de Flag!, l’association des policiers et des gendarmes LGBT. Dans un communiqué indigné et rageur publié sur son site, celle-ci dénonce une «pression» et «une tentative d’intimidation» de la part de cet officier supérieur.

«ON L’A PEU À PEU PLACARDISÉ»
Pour comprendre l’histoire racontée par le communiqué de Flag!, il faut remonter à l’année dernière. Au mois de mai 2011, l’association reçoit l’appel à l’aide d’un adjudant de gendarmerie qui se dit discriminé dans sa brigade en raison de son homosexualité. «Il nous a fait part de dissensions entre lui et deux de ses collègues, raconte Mickaël Bucheron, président de l’association. Ça a commencé par des remarques puis on l’a peu à peu placardisé en le tenant à l’écart des enquêtes. C’est le schéma classique dans ce genre d’affaires». La victime, qui s’est déjà ouvert à sa hiérarchie et a même écrit au président Nicolas Sarkozy en sa qualité de chef des armées, n’arrive pas à faire avancer son dossier.

Flag! décide de prendre contact avec le commandement de gendarmerie de Midi-Pyrénées dont dépend l’adjudant. La réponse qui lui parvient n’est pas du tout du goût de l’association. «Tout d’abord, pour m’assurer de la légitimité de votre démarche, je souhaite disposer des justificatifs relatifs à la qualité d’adhérent à votre association de l’adjudant, ainsi que sa demande pour le représenter dans ce dossier», écrit le général dans un courrier dont Yagg a pu se procurer une copie (téléchargez Courrier general TAVEL a Flag.pdf).

«ATTEINTE AUX DROITS INDIVIDUELS ET ASSOCIATIFS»
Pour Flag!, c’est la douche froide. «Nous étions stupéfaits», se souvient Mickaël Bucheron. Selon lui, l’exigence du général contrevient au droit d’association. «Nous ne sommes pas un syndicat, interdit dans la gendarmerie, mais une association type loi 1901. Un gendarme peut y adhérer librement», rappelle-t-il. Pour Flag!, la réponse du général est clairement «une atteinte aux droits individuels et associatifs». Mickaël Bucheron y voit une manière de dissuader les policiers et gendarmes LGBT de rejoindre l’association: «Il y beaucoup de policiers et de gendarmes qui ne nous rejoignent pas justement par peur d’être fichés».

Dans son courrier, le général prévient aussi l’association qu’il a adressé une copie de sa réponse au procureur de la République de Toulouse au motif que la demande de Flag! «met en cause nommément, deux officiers». Flag! dénonce une «tentative d’intimidation». «C’est une manière de nous menacer de poursuites pour dénonciation calomnieuse», s’indigne Mickaël Bucheron.

«ON NE COMMUNIQUE PLUS RIEN»
Aujourd’hui, après avoir réfuté toute irrégularité au magazine Têtu, le commandement de Midi-Pyrénées a fait le choix de ne plus s’exprimer sur le sujet. Notre demande d’interview s’est heurtée à un mur: «Il n’y a tellement rien à dire sur ce communiqué qu’on ne communique plus rien», répond, pince sans rire, le responsable des ressources humaines.

Du côté de Flag!, on ne s’en laisse pas conter. L’association réclame maintenant des explications des autorités. Entre-temps, l’adjudant a fini par raccrocher son uniforme de gendarme, après vingt ans de service. Sa plainte, elle, suit son cours. Mais sans lui et sans Flag!.

Photo Babizoom

Associatif | Interview | Région | Société | 10.07.2011 - 10 h 42 | 26 COMMENTAIRES
Agression homophobe à Strasbourg: «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait»

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«Pourquoi moi», s’interroge Demir, «je ne comprends pas». Une semaine après son agression, le quadragénaire est encore sous le choc. Le 30 juin au matin, après avoir quitté son travail, lui et l’un de ses collègues retrouvent quelques amis autour d’un verre dans un bar flottant bien connu des Strasbourgeois. Vers 6 h, tous deux quittent la péniche et décident de rentrer. C’est en regagnant leur véhicule qu’ils sont pris à partie puis violemment agressés.

«BANDE DE TAPETTES, LOPETTES»
«Je me dirigeais vers l’Hôtel de ville lorsque trois personnes nous ont insulté: bande de tapettes, lopettes… Puis, deux d’entre elles m’ont attaqué dans le dos. Pourtant, ils étaient dans le même bar que nous», raconte Demir. « Mais on n’avait pas eu de soucis avec eux à l’intérieur, même pas un regard méchant», se souvient-il. «L’un tentait de m’étrangler et le second me frappait. Ça s’est passé tellement vite. Ils se sont acharnés sur moi, ils m’ont donné des coups à la tête et entre les jambes. Un des mecs m’a dit: T’en n’auras plus besoin, en parlant de mon entrejambe», affirme la victime. Un troisième individu s’en prend à son collègue. Ce dernier serait parvenu à se dégager et à prévenir des policiers qui patrouillaient non loin du lieu de l’agression. Dans la foulée, les secours sont contactés. «Ils ont continué à me rouer de coups. Je suis tombé et ma tête à cogné le sol. J’ai perdu connaissance», raconte Demir. Il se réveille à l’hôpital. «Je me souviens vaguement de mon réveil. J’étais dans le couloir, entouré de brancards, le pantalon plein de sang». Demir ajoute qu’il a attendu qu’on s’occupe de lui et qu’il est resté seul sans aide et sans calmants malgré la douleur. Alors, il est tout simplement parti de l’hôpital. De retour à son appartement, son colocataire rappelle les urgences. Cette fois, Demir est pris en charge. Mais une fois sur place, il dit avoir entendu une remarque raciste pendant qu’on l’examinait. «Ils m’ont renvoyé chez moi sans plus d’explications, avec la facture», lâche-t-il, amer, en brandissant sa quittance. Le lendemain, en parallèle de l’hôpital, Demir se rend chez son médecin qui lui délivre un arrêt de travail de 7 jours ainsi qu’un certificat médical faisant état d’un traumatisme crânien et de multiples ecchymoses.

«JE NE VEUX PAS ME CACHER»
Aujourd’hui, Demir dit avoir encore «mal au dos» et souffrir au niveau des organes génitaux. «J’ai mal et il m’arrive de saigner, il faut que je retourne chez mon médecin», confie-t-il. Il a porté plainte pour violences volontaires en réunion en raison de l’orientation sexuelle. Les agresseurs ont été identifiés puis laissés en liberté en attendant leur convocation. Il espère que SOS homophobie lui fournira un avocat et que les associations LGBT vont le soutenir. Il réclame simplement «la justice». «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait», lâche-t-il, les larmes aux yeux. Il dénonce l’intolérance qui perdure dans certains coins d’Alsace. Après son agression, Demir dit être resté «prostré» chez lui toute semaine. «Mais je ne veux pas me cacher», se défend-t-il, «j’ai accepté de parler à la radio et dans les journaux. Parce que j’ai le droit de m’exprimer».

Originaire de Turquie, Demir est fier de son parcours et ne se fait pas prier pour parler de l’histoire de sa famille. De son père, ébéniste, le premier de la famille à s’installer dans la région en 1969. «A l’époque, la France avait besoin de main-d’oeuvre», dit-il. Lui n’arrivera qu’à 12 ans. «Mon père voulait que je termine l’école primaire en Turquie». Il décrit les difficultés pour s’intégrer pendant son adolescence. Le racisme ordinaire des gens qui l’accusaient de «prendre leur pain» parce qu’il était «l’étranger». Mais surtout le sentiment d’être «doublement différent», d’abord en raison de sa nationalité puis de son orientation sexuelle. Comme une double peine. Le bac en poche, il passe son brevet de technicien supérieur de l’hôtellerie, se marie et devient même papa. Mais il finit par divorcer en 2000 après avoir fait son coming-out à sa famille. «C’était difficile mais ils ont fini par accepter. Mon copain de l’époque venait même à la maison». Ce qui n’est pas le cas de son petit ami actuel. «Quand il a lu l’article sur moi dans le journal, il a pleuré de peur que ses parents apprennent qu’il est homo. Moi, je n’ai rien à cacher. Dans la vie, il y a deux choses que je ne supporte pas: l’injustice et le mensonge. En Turquie, je peux tenir la main de mon copain sans problème, ça ne choque personne. En ville, les gens sont habitués à voir deux hommes ensemble». A son travail aussi, Demir assume son homosexualité. «Les gens sont au courant, je me sens parfaitement intégré».

LES ASSOCIATIONS LGBT DE STRASBOURG TIRENT LA SONNETTE D’ALARME»

Dans un communiqué publié jeudi 6 juillet, La Station, le centre LGBTI Strasbourg-Alsace qui ouvrira ses portes en septembre (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), «s’indigne une nouvelle fois face à une agression homophobe qui a eu lieu  fin juin à Strasbourg, à la sortie d’un bar sur l’eau qui n’a plus rien de sa réputation gay friendly». Evoquant au moins une autre agression près du bar en question, la Station tient à mettre en garde la communauté LGBT et les touristes de passage: «Les gens doivent savoir que cet établissement, s’il n’est en rien responsable des agressions perpétrées près de ses murs, n’est plus un lieu gay friendly», explique Jean-Philippe Restoueix, président de la future structure. «Le cas de Demir relève de la bêtise pure mais inquiétante. Il s’agit de trois mecs qui voulaient casser du pédé», avance-t-il, pointant «une recrudescence d’actes discriminants et violents» et «un manque de personnel aux urgences, empêchant une véritable prise en charge les victimes». La section locale de la Ligue des droits de l’Homme lui a emboîté le pas dès le lendemain en condamnant «avec force» une agression «visiblement homophobe». «L’homophobie est un fléau qui tend à se banaliser dans la société. Et la justice peine souvent à reconnaître le caractère homophobe d’une agression lorsqu’il est avéré. Nous souhaitons que ce cas soit une preuve d’exemplarité de la justice, et que les agresseurs soient sévèrement punis, comme ils le méritent», conclut l’association.

Photo ©Paul Denton

Associatif | Politique | Région | 05.05.2011 - 15 h 22 | 33 COMMENTAIRES
Nancy: le collectif LGBT Lorraine épingle un élu FN « plutôt gai »

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Jean-Luc Manoury, élu Front national au Conseil régional de Lorraine, est dans la ligne de mire du collectif d’associations LGBT Lorraine. L’objet de leur colère? Une tribune intitulée « Non au mariage des homosexuels! », publiée par le conseiller régional sur son blog le 28 avril dernier, dans laquelle il s’insurge contre les revendications exprimées par le collectif organisateur de la gay pride lorraine 2011.

« POLITIQUE DE LA BRAGUETTE »
« Homme d’ouverture et de dialogue, et d’un naturel plutôt gai, écrit l’élu, ce n’est pas avec satisfaction que j’ai reçu comme élu républicain une lettre du collectif d’associations LGBT organisateur de la Gay Pride Lorraine. » Les principales associations LGBT lorraine avaient en effet envoyé entre 400 et 500 lettres à l’ensemble des élus lorrains. Objectif: leur demander de prendre officiellement position sur des revendications telles que « l’ouverture du mariage républicain aux couples de même sexe ou encore pour le droit à l’adoption et à la procréation médicalement assistée pour toute personne et tout couple ayant un projet parental cohérent, le droit au changement d’état civil ». À la surprise générale, le maire de Nancy et figure du parti radical André Rossinot avait signé le bulletin de soutien et encouragé personnellement la Marche des Fiertés. Le député de Meurthe-et-Moselle et secrétaire général du Parti radical Laurent Hénart avait également rejoint l’édile dans son engagement. (lire André Rossinot, le maire de Nancy, apporte son soutien à la Marche des Fiertés).

Mathieu Klein (en haut) et Laurent Hénart. (Photo Document remis)

Non content d’opposer une fin de non-recevoir aux associations, M. Manoury s’en prend à l’orientation sexuelle de certains de ses collègues élus. « J’observe que comme en religion il y a les élus croyants et pratiquants », note-t-il avec perfidie à propos de Mathieu Klein et de Laurent Henart. À 35 ans, le premier, vice-président socialiste du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, est l’un des rares élus ouvertement homosexuel. Membre de HES (Homosexualités et Socialisme), l’association gay affiliée au PS, M. Klein est militant LGBT de longue date. Le second, 43 ans, marié et père de deux enfants, ancien secrétaire d’État au gouvernement Raffarin, aujourd’hui député, s’est illustré par un soutien constant à la communauté LGBT de Lorraine notamment dans le domaine culturel en tant qu’adjoint à la culture de Nancy.

« Au Front National, écrit Jean-Luc Manoury, il n’y a pas de politique de la braguette et l’homosexualité comme la religion doit rester dans la sphère privée et je fais partie des élus lorrains qui sont opposés aux revendications des associations lesbiennes, gays, bi et transgenres. » L’occasion pour cet ancien militaire de 51 ans, marié et père de trois enfants, de rappeler la profession de foi du FN en matière de société: « Un enfant est le fruit d’une union de deux parents de sexe différents. Un environnement éducatif composé de deux parents de même sexe nuirait à l’équilibre de l’enfant et à son développement ». Et l’élu de conclure d’une citation: « Il est curieux de constater combien les homosexuels prolifèrent, alors qu’ils ne se reproduisent pas ».

« LE FN MONTRE SA VRAIE COULEUR »
Le collectif LGBT lorraine n’a guère goûté la complainte de l’élu frontiste. « Opposer les Français en fonction de leur sexualité ou de leur identité de genre, en 2011, c’est d’un ringard! M. Manoury est plutôt gai, mais, avec ses tristes arguments, ressassés depuis 30 ans par l’arrière-ban des politiciens homophobes de tout poil, il se montre finalement encore plus sexiste qu’homophobe », dit le communiqué de presse. L’un de ses initiateurs s’indigne: « C’est un humour de comique-troupier, digne de Jean-Marie Le Pen et particulièrement odieux!, tonne Daniel Conrad, producteur-animateur de l’émission LGBT Ce n’est que de l’amour sur Radio Caraïb Nancy. Sous le vernis de la vague bleue Marine, le FN montre sa vraie couleur: le brun! »

La charge de M. Manoury intervient alors que le Parti radical entretient le suspense sur sa possible scission avec l’UMP. Son président, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, devrait faire part de ses intentions lors du congrès du parti qui se tiendra les 14 et 15 mai prochain. En attendant cette date butoir, la presse analyse la prise de position d’André Rossinot et de Laurent Hénart en faveur de l’égalité des droits comme un signal supplémentaire d’une rupture avec l’UMP. Le parti de la majorité présidentielle s’est en effet opposé à toutes les revendications des associations LGBT.

« JE NE SUIS PAS HOMOPHOBE, J’AI MÊME DES AMIS HOMOSEXUELS »
Contacté par téléphone, Jean-Luc Manoury assume tranquillement ses propos: « J’ai lu dans L’Est républicain qu’André Rossinot [le maire de Nancy, ndlr] a donné son soutien à la gay pride. Je ne suis pas homophobe, assure l’élu, j’ai même des amis homosexuels. Mais la sexualité doit rester dans la sphère privée. Je suis donc contre cette manifestation. » Manifestement soucieux de ne pas apparaître comme « anti-homosexuel », M. Manoury affirme également que le Front national compte « beaucoup d’homosexuels » en son sein, sans donner plus de précisions.

Un discours qui semble s’inscrire dans la droite ligne de la stratégie attrape-tout de Marine Le Pen. Dans son dernier discours du 1er mai, le nouveau leader du FN a en effet fait une place aux homos dans « la grande communauté nationale », déclarant « qu’on soit homme ou femme, hétérosexuel ou homosexuel, chrétien, juif, musulman ou non croyant, on est d’abord Français. » Français peut-être, mais pas avec les mêmes droits. La phrase de Marine Le Pen est à double-tranchant: s’agit-il d’un clin d’œil aux gays ou d’une attaque en règle contre le communautarisme, thème cher aux durs du FN? Les propos de Jean-Luc Manoury font plutôt pencher la balance du côté de la seconde hypothèse.

Associatif | Région | 28.04.2011 - 17 h 52 | 17 COMMENTAIRES
Strasbourg: flash mob féministe contre tartes flambées « sexistes »

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Des associations homosexuelles et féministes ont organisé un happening mercredi dernier pour protester contre la campagne de publicité d’une enseigne de tartes flambées.

Strasbourg, mercredi 20 avril, aux alentours de 19h. Alors que les bureaux se vident, la Grand’Rue de la capitale alsacienne se remplit de monde. Dans cette artère commerçante très prisée des étudiants et des touristes en goguette, le badaud aspire à profiter des derniers rayons de soleil printanier qui s’attardent dans les ruelles.

Soudain, une voix résonne dans un mégaphone. « Nous sommes en colère! Une fois de plus, la femme est jetée en pâture à travers une publicité! » Celle d’Irène Tabellion (ci-dessus, en chemise rouge, magazine en main), présidente de La Lune, une association locale de femmes homosexuelles, entourée d’une trentaine de militantes. L’objet de leur colère? La nouvelle campagne de publicité d’un restaurateur  de tartes flambées.

Une campagne d’un genre particuliers. Sur la photo, une femme dont on ne voit que le bas du corps, se cachant le sexe des deux mains, jambes ouvertes, cuisses serrées, petite culotte flashie (ornée de la coiffe alsacienne traditionnelle) baissée. Son slogan: « Le terroir alsacément plus sexy. » Irène Tabellion ne cache pas son indignation: « En tant que femme et féministe,  on ne peut pas laisser passer une telle publicité. Les femmes sont humiliées. Surtout pour du flammekueche [le nom alsacien de la tarte flambée, ndlr], un produit du terroir. Il faut qu’on m’explique où est le rapport avec une culotte. »

La publicité incriminée a inspiré la blogueuse féministe Ermeline. (via son blog Le féminin l'emporte)

VEILLES CULOTTES
D’autant que la publicité a été diffusée tout au long du mois d’avril par le magazine gratuit PiliPili (propriété du groupe TF1). Avec un tirage  mensuel annoncé de 80.000 exemplaires sur Strasbourg (autour de 40.000 selon l’association ODJ, qui mesure la véracité des chiffres de tirage annoncés par la Presse), cette campagne a bénéficié d’une importante visibilité. « C’est honteux, surtout quand on sait que les gratuits sont très lus, notamment par les jeunes », peste Irène Tabellion.

Pour ne rien arranger, le magazine annonce « sevice jusqu’à minuit » au lieu de « service ». Lapsus malheureux ou simple erreur de frappe? Les militantes s’interrogent. A l’instar de Lorraine, membre de l’association féministe Les Poupées en pantalon. Venue sur place « pour soutenir les actions de La Lune » avec ses camarades, elle pointe le « caractère  malsain » de la publicité. « Cette pub laisse la porte ouverte à toutes les interprétations, explique-t-elle. La femme a sa culotte baissée mais elle serre les cuisses, comme si elle n’était pas consentante. Encore une fois, la femme est instrumentalisée à des fins commerciales, c’est aberrant! » Pour manifester leur colère, les militantes ont réalisé une montagne de vieilles culottes devant le restaurant et sur les tables dont le set comporte aussi la photo incriminée.

FEMME OBJET
A l’intérieur du restaurant, le personnel fait mine de poursuivre ses activités comme si de rien n’était. Le gérant de l’enseigne, Olivier Lammert, refuse de s’exprimer devant la presse. Mais accepte finalement de s’expliquer pour Yagg. Selon lui, cette publicité est un « bon moyen » de communiquer sur le restaurant. « C’est rigolo et sexy, affirme-t-il. Cette pub joue sur le côté décalée. »

Les chiennes de garde se sont chargées de rétablir l'égalité des sexes. (via le blog Le féminin l'emporte)

Reste que pour les défenseurs des droits des femmes, cette publicité est le symbole de la banalisation de la femme objet. « On en est abreuvé à longueur de journée, regrette Irène Tabellion. C’est devenu  tellement courant. » Jean-Philippe Restoueix, président du futur Centre LGBTI de Strasbourg (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), rit jaune: « Le terroir, c’est la terre qu’on laboure. Bravo pour le symbole! Si c’était de l’humour, il fallait faire la même chose avec un homme qui baisse son caleçon. Là, peut-être qu’on aurait pu croire que cette pub débile n’est que du second degré. » Les chiennes de garde s’en sont chargées avant lui. A bon entendeur…

 

Associatif | Politique | Région | 08.04.2011 - 18 h 01 | 14 COMMENTAIRES
Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée

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Strasbourg, et donc l’Alsace, aura bientôt son centre LGBTI pour accueillir les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transgenres et intersexes. Un lieu d’écoute et de lutte contre les discriminations qui ouvrira ses portes en septembre.


« LES GENS VEULENT UN ENDROIT OÙ ON NE LES JUGERA PAS »
Au N° 7 de la rue des Écrivains, à Strasbourg, l’endroit est pour le moment inoccupé. Plus pour longtemps car le premier centre lesbien, gay, bisexuel, transgenre et intersexe d’Alsace y verra bientôt le jour. « Quelque chose de très important est en train de se passer », analyse Irène Tabellion avec émotion. Présidente de La Lune, une association de femmes homosexuelles à Strasbourg, elle sera également vice-présidente du futur centre LGBTI. Elle mesure aujourd’hui le chemin parcouru. Le projet court depuis 2007, lorsqu’une centaine de membres d’associations décide de se mobiliser. « On rencontre énormément de souffrances », témoigne-t-elle. Des vies brisées par les insultes ou les violences physiques. Comme « ces filles jetées de chez elles ou licenciées parce qu’elles sont gouines… Les gens veulent un endroit où on ne les jugera pas ».

La création de ce centre intervient en effet dans un climat trouble. « Il y a moins d’un mois, un homme s’est fait tabasser en plein centre-ville pour avoir embrassé un autre homme », rappellent les bénévoles. Ailleurs, ce sont des « cimetières profanés » et « des maisons qui sont brûlées parce que ceux qui y vivent ont une autre nationalité ». Référence à de récents incendies criminels visant la communauté franco-turque et à des profanations de stèles musulmanes et israélites. « Strasbourg, notre ville, l’Alsace, notre région, auraient-elles peur de la diversité », n’hésite pas à questionner Jean-Philippe Restoueaix, le futur président du centre.

MUTUALISER LES COMPÉTENCES

A droite, Jean-Philippe Restoueaix, président de la Station et Armand Berthomé, secrétaire. A gauche, Nicolas Variengien et Irène Tabellion, vice-présidents de la structure. (Photo © D.P.)

 

D’où le projet de créer une structure ouverte à toutes les personnes dont l’orientation sexuelle diffère de la norme hétérosexuelle. Baptisé sobrement la Station, le centre LGBTI Strasbourg Alsace est le fruit d’un intense travail de conciliation entre une quinzaine d’associations LGBTI. Pas si simple car ces groupes n’ont pas forcément les mêmes objectifs. « On est parfois des sales gosses, glisse Irène en souriant. Mais ce centre, on le voulait absolument. » Il a fallu également clarifier les missions de la structure: « Nous n’avons pas vocation à remplacer les associations existantes, indique Jean-Philippe Restoueaix, mais à mutualiser les compétences. Le but, c’est que chaque personne qui pousse la porte du centre reparte avec une réponse aux questions qu’elle se posait, que ce soit en matière de santé, de conseils juridiques et même de religion. » Par le biais des associations, la Station disposera d’un réseau étendu de juristes, de travailleurs sociaux et de praticiens de santé.

OUVERTURE SIX JOURS SUR SEPT, WEEK-END INCLUS

Le projet est soutenu par la municipalité socialiste au nom de l’égalité des droits. « Pour la Ville, c’est un engagement de campagne qui se concrétise, souligne Mathieu Cahn, adjoint au maire chargé notamment de la lutte contre les discriminations. Nous ne voulions pas d’un local au fin fond d’un faubourg mais au contraire d’un lieu ouvert sur la ville et ses habitants. C’est une question de visibilité mais aussi de dignité. » Un engagement qui devrait se traduire dans les faits par une première subvention de fonctionnement à hauteur de 40.000 euros. Le conseil municipal doit encore l’approuver d’ici la mi-avril. Une enveloppe qui permettra notamment d’engager un responsable administratif et une personne chargée de l’accueil du public.

La Station abritera également un bar associatif et d’une bibliothèque. Autant d’espaces qui permettront d’organiser des soirées d’information, des cafés-débats et un ciné-club. En attendant l’ouverture, reste à trouver le bon mode de fonctionnement pour assurer l’accueil, l’écoute et le cons