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Un complément d'actualité LGBT
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Education | Enquête | Recherche | Santé | 29.06.2011 - 10 h 19 | 5 COMMENTAIRES
Les ados homos et bi délaissé-e-s par la recherche française?

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Alors que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s font régulièrement l’objet d’études dans les pays anglo-saxons – la dernière en date, menée par le Center for Disease Control and Prevention, révèle que ces jeunes sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros (lire Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi) – les chercheurs français ne se bousculent pas pour travailler sur ces questions. Explications.

DISCOURS AMBIGUS
« En France, la sociologie a longtemps mis de côté ces cas d’études, contrairement aux études canadiennes et américaines, qui démontrent l’intérêt porté par les nations outre-Atlantique sur ce sujet », explique Frédéric Gal, directeur du Refuge, association qui recueille de jeunes LGB exclus du domicile familial. Et de citer les études  de Bell et Weinberg, des chercheurs américains qui, dès 1978, travaillent sur le risque suicidaire chez les jeunes homos américains. D’autres études ont suivi, notamment celles de Christopher Bagley et Pierre Tremblay en 1997, puis de Gary Remafedi en 1998, et enfin en 2000, des Canadiens Bill Ryan et Jean-Yves Frappier. En France, il faut attendre les années 2000 pour qu’une enquête de cette ampleur soit menée. En 2005, le quotidien Libération révèle les résultats d’une étude française, conduite sur le territoire entre 1998 et 2003, qui montre que les jeunes homos et bi ont 13 fois plus de chance de se suicider que les hétéros. Olivier Orain, chercheur au CNRS et en charge du groupe de travail adolescence et homophobie à Sos-Homophobie, rappelle que les réticences à travailler sur de tels sujets étaient encore très fortes il y a quelques années. « Jusqu’à la fin des années 1990, faire de la recherche sur l’homosexualité apparaissait périlleux en termes de carrière. Ce n’était pas considéré comme un sujet légitime mais plutôt comme une thématique ‘osée’, ou anecdotique, mineure en définitive. »

« On ne peut pas dire qu’il n’y ait pas d’études sur l’homosexualité et les jeunes en France », tempère toutefois le chercheur. « En revanche, le discours ordinaire et dominant sur l’adolescent est très ambigu. Contrairement aux pays anglo-saxons, il y a cette insistance en France sur l’idée que l’adolescent ne sait pas ce qu’il est, qu’il se cherche, décrypte Olivier Orain. Il en découle que nombre d’adultes – en particulier de pédagogues et d’éducateurs au sens large – considèrent encore le plus souvent qu’il n’est pas un individu à l’orientation sexuelle déterminée. D’où la tendance à sous-estimer ou à dévaluer la capacité d’un jeune de 12-18 ans à tirer au clair son attirance pour des personnes du même sexe. C’est quelque chose de très ancré dans les métiers de professionnels travaillant au contact de la jeunesse. »

Une analyse que semble partager le directeur du Refuge. « L’école est un lieu encore très protégé de toute intervention sur la thématique de l’homosexualité. Lorsque des interventions, et on le sait car nous en réalisons nous-mêmes, ont lieu, c’est quasiment presque toujours sur l’impulsion de professeurs concernés par la thématique ou par les infirmières scolaires ou assistantes sociales ayant rencontré ce phénomène ou de mal-être, non lié à l’homosexualité. […] Au lieu de parler d’homophobie proprement dit, on pourrait plutôt évoquer une volonté d’occulter le phénomène », avance Frédéric Gal. Ce qui ne la rendrait pas moins « dramatique » pour autant, selon les intéressés. « Les adultes hétérosexuels plus globalement tiennent ce type de discours, avec l’espoir – pour certains – que ces jeunes vont revenir dans ‘le droit chemin’. C’est ce qui sous-tend les propos d’une certaine droite catholique », précise Olivier Orain.

« Globalement, il y a des formes d’homophobie moins violentes en France qu’aux Etats-Unis, poursuit le chercheur. Là-bas, quand un jeune a le courage de s’affirmer, les réactions sont plus fréquemment dures et massives, notamment parmi les jeunes ou en famille, et la protection des adultes est très aléatoire. Alors que dans la société française, comme le rapport à l’adolescent est différent, la violence est proportionnellement moins forte. Le déni fonctionne comme un amortisseur des réactions sociales et familiales, ce qui ne le rend pas satisfaisant pour autant. »

COMMUNAUTARISME
Reste que la situation semble évoluer favorablement ces dernières années. « De plus en plus de chercheurs sont prêts à travailler sur ces questions, dans des domaines très variés », se félicite Olivier Orain. Le chercheur en veut pour preuve l’essor des études sur le genre et la sexualité. Une revue en ligne, baptisée Genre, sexualité et société, a ainsi vu le jour en 2009. Tout en reconnaissant qu’il reste encore très difficile pour les sciences sociales de s’appuyer sur des statistiques ‘sexuelles’ fiables et systématiques en France, « du fait du tabou qui frappe encore ce qui est supposé porter atteinte à la vie privée ou semble entaché de communautarisme. »

De fait, comme le rappelle Frédéric Gal, la loi française interdit l’utilisation dans les statistiques de données sensibles, comme la religion ou les origines ethno-raciales, ou la constitution de fichiers basés sur l’orientation sexuelle des personnes même si des dérogations existent en fonction de la finalité, notamment scientifique, des études. Le directeur du Refuge pointe néanmoins « l’appareil législatif français », selon lui, « particulièrement sécuritaire ». « S’il protège les citoyens de toute discrimination quelle qu’elle soit, en contrepartie, il interdit à celles et ceux les dénonçant d’utiliser des points de données capitaux, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays, notamment les Etats-Unis ou encore le Canada », conclut Frédéric Gal.

Photo bilgrimage.blogspot.com

Education | Recherche | Santé | 14.06.2011 - 11 h 22 | 3 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi

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Alcool, drogue, rapports sexuels non protégés, surpoids etc. Des études montrent déjà que l’adolescence est l’âge de tous les dangers. Mais qu’en est-il des jeunes qui doivent en plus assumer une orientation sexuelle différente de la norme hétérosexuelle? Une nouvelle étude américaine confirme que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s (LGB) sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros.

L’étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC) est la plus complète à ce jour sur les conduites à risque des jeunes. L’agence fédérale a passé au crible les comportements à risque de 156 000 élèves du secondaire dans sept Etats américains entre 2001 et 2009, que ce soit en matière de consommation de drogues ou d’alcool, du comportement alimentaire ou sexuel. Mais ce qui fait la spécificité de cette étude, c’est que les participants ont également été interrogés sur leur orientation sexuelle (mais pas sur leur identité de genre). Les résultats rendus publics par le CDC la semaine dernière ont permis de dégager des différences tout à fait significatives.

DISPARITÉS CONSIDÉRABLES ENTRE ELEVES LGB ET HÉTÉROS
Ainsi, près de 30% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s disent avoir sérieusement envisagé le suicide, contre 11,7% pour les élèves hétérosexuel-le-s. De la même manière, si 7,8% des élèves hétérosexuel-le-s déclarent avoir conduit sous l’emprise de l’alcool, ce taux est multiplié par deux et monte à 15,4%, pour les étudiant-e-s homos. Plus surprenant, lorsqu’on les a interrogés au sujet des armes à feu, 12% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s ont affirmé avoir transporté une arme au moins une fois durant le mois précédent, soit presque quatre fois plus que les élèves hétérosexuel-le-s. L’étude du CDC révèle également que les jeunes bisexuel-le-s seraient encore plus exposés que les gays et les lesbiennes. De manière générale, les ados LGB déclarent en moyenne adopter 70% de tous les comportements à risque « mesurés », tout particulièrement par rapport aux tentatives de suicide, le recours à la drogue et à l’alcool, aux relations sexuelles non protégées et à la gestion du poids. Ce sont ces disparités considérables entre élèves LGB et hétéros qui suscitent l’inquiétude des autorités sanitaires américaines.

« Nous nous inquiétons de ce que ces étudiants soient confrontés à de telles disparités pour tant de risques différents pour leur santé », s’alarme Howell Wechsler, directeur de la division adolescence et santé scolaire du CDC, auprès de l’agence Reuters lundi 6 juin. « Ce rapport devrait être agir comme un déclic pour les familles, les écoles et les communautés, nous devons faire un meilleur travail pour soutenir ces jeunes », conclut ce haut fonctionnaire. Pour les chercheurs du CDC, ces « disparités » s’expliquent notamment par l’absence « d’un environnement procurant un sentiment de sécurité et de soutien » à destination de ces élèves.

« Les jeunes gay, lesbiennes et bisexuels sont souvent conduits à des comportements à risque parce qu’ils sont rejetés par leurs familles et les autres groupes de soutien », analyse pour sa part Laura McGinnis, porte-parole de The Trevor Project, une organisation nationale qui fournit des conseils de crise et de prévention du suicide chez les jeunes. « Nous avions connaissance de tout cela depuis des années, mais les recherches n’existaient pas pour nous soutenir », affirme-t-elle. Pour Mme McGinnis, ces nouvelles données devraient contribuer à accroître la sensibilisation des décideurs et conduire à plus de formation pour les membres du personnel scolaire.

Pour améliorer la situation, le rapport du CDC préconise la mise en place de nouveaux dispositifs au sein des établissements scolaires, à l’instar des Gay-Straight Alliance (ces groupes censés favoriser la tolérance et la solidarité entre les élèves LGB et hétéros).

Recherche | Santé | Science | 24.05.2011 - 17 h 11 | 48 COMMENTAIRES
Science: Attention, votre voix pourrait trahir votre orientation sexuelle!

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Des chercheurs américains affirment qu’il est possible d’identifier l’orientation sexuelle de son interlocuteurs rien qu’au son de sa voix. Pour quel résultat?

« Le menteur se gratte la base du nez et l’anxieux mordille son annulaire gauche ». On savait déjà qu’il fallait se méfier de ses moindres faits et gestes. Désormais, il faudra aussi surveiller sa voix. Des chercheurs de l’Ohio State University pensent avoir découvert par ce biais le moyen de différencier un homo d’un hétéro. Pour cela, nos chercheurs ont pris quatorze hommes, sept homos et sept hétéros, et les ont enregistré prononçant des mots anglais d’une syllabe composés d’une voyelle entre deux consonnes, tels que « sell » (vendre), « food » (nourriture) ou « mass » (masse). Les extraits ont ensuite été décomposés, et diffusés à un panel d’individus, lequel a dû dire s’ils étaient émis par un locuteur homo ou hétéro.

75% DE RÉPONSES EXACTES 
Les chercheurs ont obtenu 75% de réponses exactes, rien qu’à l’écoute des deux premiers sons du mot, la consonne initiale et la voyelle. « Il s’agit d’un phénomène qui se produit tous les jours», explique le professeur Erik C. Tracy, l’un des co-auteur de l’étude. Nous parlons constamment au téléphone avec des gens que nous ne connaissons pas, et c’est seulement à partir de cette conversation que nous pouvons être en mesure d’identifier ses caractéristiques personnelles […] leur sexe, l’âge, la race ou l’orientation sexuelle. Je ne suis pas certain à quelles voyelles réagissent les écoutants, avoue le professeur Tracy. D’autres recherches ont été menés sur les variations acoustiques pour comprendre pourquoi les homosexuels et les hétérosexuels produisent les voyelles différemment. Quelle que soit cette différence, il semble que les écoutants utilisent l’information acoustique contenue dans les voyelles pour rendre leur décision sur l’orientation sexuelle », conclue-t-il. Les résultats ont été présentés hier à Seattle lors de la réunion de l’Acoustical Society of America. Des experts cités par le site HealthDay soulignent néanmoins que « la recherche présentée lors de réunions par le professeur Erik C. Tracy n’a pas été soumis au même type d’examens rigoureux accordés aux recherches publiés dans des revues médicales. »

CARACTÉRISTIQUES COMMUNES
Cette étude vient s’ajouter à d’autres travaux menés aux Etats-Unis, au Canada mais aussi en Europe où plusieurs chercheurs travaillent à identifier d’autres types de caractéristiques communes aux homosexuels. Ainsi, certaines études tentent de démontrer que les homosexuels ont plus de grands frères que les hétéros. D’autres, qu’être gaucher accroît la probabilité qu’on homme soit gay de 34%, et qu’une femme soit lesbienne de 90% (la majorité des gays restant droitiers). Le même chercheur canadien qui travaillait sur la question des grands frères a utilisé les données récoltées par le sexologue Alfred Kinsey entre 1930 et 1960 pour affirmer que les homos auraient en moyenne un plus grand pénis que les hétéros. Avec une réserve – de taille (!) – toutefois: Kinsley avait demandé aux 5000 hommes participant à l’étude de se mesurer et d’envoyer eux-mêmes leurs résultats. Autant pour leur fiabilité.

Ces études ont d’abord reçu un à priori positif des mouvements LGBT américains, comme le souligne David France dans un article intitulé « The Science of Gaydar » (la science du radar gay) publié par New York Magazine en 2007. Selon le journaliste, elles permettaient d’expliquer l’homosexualité  autrement que par l’environnement familial (mère abusive et père absent). Pour autant, les recherches qui sont menées actuellement se concentrent sur l’inné et le système hormonal de la femme. Mais ces travaux pourraient également comporter des risques, souligne David France. Car si l’on arrive à isoler des réactions hormonales dans l’utérus – à l’origine de l’orientation sexuelle – on peut imaginer que l’on pourra, par des manipulations prénatales, chercher à « corriger » les grossesses. Pourquoi en effet ne pas chercher à s’assurer de naissances exclusivement hétérosexuelles? La droite chrétienne a déjà exprimé son espoir d’en arriver à ce cas de figure. Albert Mohler, professeur de théologie et évangéliste américain, explique sur son blog que, s’il est opposé à l’avortement d’embryons dont on a identifié l’orientation sexuelle, « il faut soutenir avec conviction le recours à tous les moyens appropriés permettant d’éviter la tentation sexuelle et les conséquences inévitables du péché. » (via Rue89)

Recherche | Science | 31.01.2011 - 07 h 27 | 19 COMMENTAIRES
L’infidélité avec une personne de même sexe, plus facile à digérer pour les hommes que pour les femmes ?

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La moitié des hommes pardonneraient à leur petites amies leur infidélité à condition que ce soit… avec une autre femme. A l’inverse, seule une femme sur cinq accepterait une liaison homosexuelle de la part de son petit copain. C’est ce que révèle une enquête menée à l’Université d’Austin aux Etats-Unis.

700 ÉTUDIANTS INTERROGÉS

De jeunes chercheurs du département de psychologie de l’université d’Austin au Texas se sont intéressés aux nouvelles règles d’infidélité entre hommes et femmes. Pour ce faire, ils ont demandé à 700 étudiants d’imaginer qu’ils étaient engagés dans une relation amoureuse et sexuelle avec quelqu’un depuis trois mois. Ils leur ont ensuite demandé comment ils réagiraient à l’infidélité commise par ce partenaire imaginaire. Pour affiner les résultats, différents scénarios ont été imposés aux sondés: leur partenaire fictif pouvait les tromper avec une femme ou un homme, à deux ou en groupe, une fois ou à plusieurs reprises.

UN HÉTÉRO AURAIT 79% DE CHANCE DE SE FAIRE PLAQUER PAR SA COPINE S’IL A UNE LIAISON HOMOSEXUELLE

Selon cette étude, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue « Personality and Individual Differences », les hommes seraient deux fois plus susceptibles de continuer à sortir avec une fille qui les aurait trompés au cours d’une liaison homosexuelle qu’avec une fille qui les tromperait avec un autre homme. A l’inverse, les filles seraient plus tolérantes si leur petits amis couchaient avec une autre fille. Dans ce cas de figure, un hétéro aurait 28% de chance de continuer à sortir avec sa copine contre 79% de chance de se faire plaquer par cette dernière s’il avait une liaison homosexuelle. Pour autant, faut-il en conclure que pour les lesbiennes, c’est Disneyland ? Pas sûr.

PSYCHOLOGIE ÉVOLUTIONNISTE

Car pour la psychologue évolutionniste (théorie selon laquelle nos pulsions de base resteraient stable dans le temps, ndlr) et coauteure de l’étude, Jaime Confer, la tolérance des hommes pour les liaisons lesbiennes reposerait en réalité sur l’idée que ces dernières ne peuvent procréer (sans l’homme, ndlr). « Chez l’homme et la femme, différents types de repères activent un très fort mécanisme de jalousie. Pour les hommes, ce sont ceux qui menacent leur paternité (dans le cas où leurs copines ont des relations avec un garçon et qu’elles pourraient le cas échéant procréer, ndlr) et pour les femmes, ceux qui les menacent d’abandon (lorsque leurs copains ont une histoires avec un garçon, elles se sentiraient mises à l’écart, ndlr) », explique Jaime Confer dans une interview à Reuters.

« Ces résultats sont d’autant plus remarquables que les sondages d’opinion montrent que les hommes ont une attitude plus négative envers l’homosexualité et ont tendance à être moins favorables aux droits civiques pour les couples de même sexe que les femmes », notent les auteurs de l’étude. « Toutefois, cette tendance générale des hommes présentant une plus faible tolérance pour l’homosexualité que les femmes est inversée dans la situation où l’homosexualité est féminine ».

UNE ÉTUDE FUMEUSE ?

Enfin, les chercheurs ont demandé aux participants de relater les conséquences de leurs propres expériences d’infidélité dans la vraie vie. Les résultats sont similaires à ceux obtenus lors des scénarios imaginaires: les hommes seraient davantage susceptibles de plaquer leurs copines si celles-ci ont une aventure avec un autre homme plutôt qu’avec une fille. Autrement dit, pour parler crûment, la plupart des hommes éprouveront du dégoût à la vue de deux garçons en train de baiser et de l’excitation devant deux femmes en pleine action car celles-ci réveilleraient en eux leur instinct de procréateurs. Pour les femmes en revanche, c’est l’inverse: elles auraient moins tendance à pardonner à leurs copains une aventure homosexuelle parce que cela réveillerait en elles un sentiment d’abandon.

Vous avez dit fumeux ? C’est tout le problème de cette étude, elle donne l’impression que la science, n’ayant pas trouvé d’explication satisfaisante aux causes de l’infidélité, se rabat sur la psychologie évolutionniste. Les stéréotypes ont encore de beaux jours devant eux.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Recherche | Science | 06.01.2011 - 11 h 56 | 37 COMMENTAIRES
Les garçons hétéros seraient de plus en plus nombreux à se rouler des pelles: des recherches qui font saliver

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Les hétéros seraient de plus en plus nombreux à se rouler des pelles entre eux par jeu mais aussi pour afficher leur amitié, selon des recherches effectuées par un enseignant de l’université de Bath (Angleterre). Pour autant, faut-il y voir comme ce dernier «un déclin de l’homophobie» chez les nouvelles générations? C’est toute la question.


Connaissez-vous le jeu du «Gay chicken» (poule mouillée en anglais)? Probablement pas. Pourtant, ce jeu fait actuellement fureur chez les étudiants hétéros des campus anglais et américains au point de devenir un véritable phénomène de société. Le but de cette compétition très particulière? Deux garçons hétéros se roulent un patin. Celui qui tient le plus longtemps est déclaré vainqueur. Vous avez dit idiot (ou chouette, c’est selon)?

Ce phénomène a récemment fait l’objet d’une étude plus poussée de la part d’Eric Anderson, maître de conférence au département de l’Education à l’université de Bath en Angleterre. Dans une longue interview accordée mardi au Guardian, celui-ci raconte ce qui l’a poussé à faire cette étude: «Deux étudiants sont venus me demander si j’avais entendu parler du gay-chicken et comme je n’avais aucune idée de ce que c’était, ils me l’ont montré». Les deux garçons s’embrassent devant leur professeur. Pour ce dernier qui a consacré sa thèse de doctorat sur «les contacts entre le sport, les masculinités et le déclin de l’homophobie» c’est une révélation: il décide d’en faire son nouveau projet de recherche.

89% DES SONDÉS SE DÉCLARENT « CONTENTS » D’EMBRASSER UN AUTRE GARÇON SUR LES LÈVRES PAR AMITIÉ
«J’ai commencé par consulter les profils de mes étudiants sur Facebook – avec leur permission, précise le professeur Anderson – et j’ai été inondé de photos de garçons s’embrassant lors de soirées». Puis, l’enseignant sonde 145 étudiants de sexe masculin. Des garçons qui étudient les sports dans son université, un homme sur trois de deux universités différentes quittant la bibliothèque à un jour donné, et des lycéens de 16 à 18 ans. L’enquête montre que 89% des sondés se déclarent «contents» d’embrasser un autre garçon sur les lèvres par amitié. Presque 40% des sondés ajoutent qu’ils se sont «initialement engagés dans un baiser soutenu pour le choc des valeurs, mais qu’ils le faisaient désormais juste pour rire».


Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur GAY CHICKEN !

Il y en a pour tous les goûts: ici, la version cheveux gras et appareils dentaires, , le défi entre étudiants amourachés. Les groupes consacrés à ce jeu sont légions sur Facebook.

Pour le professeur Anderson, lui-même homosexuel, les résultats de ce sondage indiquent que l’homophobie est en déclin sur les campus et que le jeu du « gay-chicken » reflète cette tendance: «Ils [les garçons] ne craignent plus d’être considérés comme gay en étant affectueux avec un ami du même sexe ou en s’embrassant pour rigoler». D’ailleurs, le professeur découvre que le jeu avait presque disparu au Royaume-Uni ces dernières années « parce que personne ne perd jamais». Le professeur ajoute que ces tendances ne sont pas l’apanage de l’université de Bath: «J’ai interrogé des étudiants des cycles supérieurs qui ont eu leur baccalauréat dans d’autres universités, et ont été à des clubs de premier cycle et des pubs de Bristol à Birmingham et à Edimbourg – Je peux dire avec certitude que, même si les pourcentages peuvent varier en fonction de la ville, la classe et la race, ces comportements se produisent dans tout le pays». Deux raisons expliqueraient cette évolution des mentalités: «Les minorités sexuelles ont fait d’énormes améliorations culturelles et juridiques en matière d’égalité – les médias sont saturés d’images de minorités sexuelles». Pour l’enseignant, c’est le signe que «l’homosexualité est presque normalisée aujourd’hui».

«CELA NE VEUT PAS DIRE QUE TOUS LES JEUNES SONT GAYS-FRIENDLY»
Son étude n’a pas fait l’unanimité notamment dans le monde académique. Les réactions de ses collègues oscillent entre incrédulité, moquerie et déni: «Un collègue m’a dit qu’il devait y avoir quelque chose dans l’eau de Bath alors que l’étude avait porté sur trois universités différentes, d’autres ne m’ont pas cru». Un collègue lui rappelle même le cas de Matthew Shepard [un étudiant gay battu à mort en 1998 ndlr]. «Je lui ai répondu que c’était à 10 000km d’ici et que c’était il y a 11 ans. Nous sommes très bons pour faire d’un cas particuliers une expérience commune mais l’expérience commune pour les enfants homosexuels est qu’ils sont très bien traités».

«Cela ne peut pas dire que tous les jeunes sont gay-friendly, nuance le professeur Anderson, mais il y a une prise de conscience que n’importe qui peut être gay sans déclencher une homophobie hystérique – où les hommes essaient d’agir de manière sexiste, hyper-macho et homophobe pour prouver qu’ils ne sont pas gays». Le professeur Anderson, qui espère faire de l’étreinte platonique entre garçons son prochain sujet de recherche conclut en expliquant qu’il serait «gravement erroné de penser que la plupart des jeunes sont homophobes»: «Les enfants sortent du placard de plus en plus tôt – c’est le résultat de la théorie du contact: de nos jours, nous avons tous des amis et des membres de la famille qui sont gays. L’homophobie recule rapidement, rien à voir avec ce que c’était quand j’étais petit».

Sur les forums consacrés au «gay-chicken», les avis divergent: s’agit-il d’une pratique offensante envers les gays ou d’un jeu visant à dédramatiser l’homosexualité? «Encore une manière de ridiculiser l’homosexualité» peste un internaute. «Je trouve ces vidéos à la fois drôles et pathétiques, explique une autre internaute car elles montrent la bêtise des tabous de nos sociétés qui suscitent à la fois la peur et l’envie de la transgression. Je trouve amusant la façon que les jeunes ont trouvé de jouer avec ces interdits, tout en les ayant eux-mêmes intégrés. C’est vraiment paradoxal».

Et vous, qu’en pensez-vous?

Photo DR