La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Un complément d'actualité LGBT
Et vous, qu'en pensez-vous?
International | Politique | Religion | 11.06.2012 - 06 h 54 | 18 COMMENTAIRES
Caiden Cowger, «Le visage diabolique de l’Amérique homophobe de demain»

Étiquettes : , , , , ,

Ses détracteurs moquent volontiers l’outrance de ses propos et sa grammaire approximative. D’autres soulignent sa capacité de nuisance, à l’instar du site Queerty qui le présente comme le «visage diabolique de l’Amérique homophobe de demain». Retenez bien son nom: Caiden Cowger. En deux petites semaines, les déclarations chocs de cet adolescent d’à peine 14 ans de la Virginie-Occidentale en ont fait la nouvelle coqueluche des chrétiens conservateurs et l’ont propulsé sur le devant de la scène médiatique Outre Atlantique.

«LE PRÉSIDENT OBAMA REND LES ENFANTS GAYS»
Cette célébrité fulgurante, le jeune Caiden la doit à une petite phrase qui a connu un retentissement national. «Le président Obama rend les enfants gays», a-t-il lâché le 26 mai dernier pour conclure son émission. Car le sale gosse homophobe made in USA a son propre terrain de jeu: un site baptisé modestement Caiden Cowger Show, qui lui permet de vomir deux fois par semaine, les mercredi et vendredi soirs à 19h pétantes, sa haine de l’Amérique libérale. Son compte Facebook est suivi par plus de 4000 internautes et il a déjà publié un livre intitulé Être un jeune conservateur.

http://www.youtube.com/watch?v=k8r7SoLdKd8

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur 14 Year Old Talk Host Anti Gay Rant.

Au cours de son show (voir la vidéo ci-dessus), Caiden Cowger s’attaque d’abord à «Born this way», l’hymne homo de Lady Gaga: «L’homosexualité est une croyance, ce n’est pas quelque chose qui fait partie de soi. Ces gens ne sont pas « nés comme ça », quoi qu’en dise Lady Gaga». Puis il déverse sa haine sur d’anciens amis d’enfance sortis du placard par la suite: «C’est de pire en pire. Là où je vis, il y a environ 30 adolescents qui sont homosexuels. Des filles et des garçons. C’est écœurant. Ça me dégoute. Vous savez quoi? J’étais ami avec certains d’entre eux quand on était à l’école ensemble. Ils n’étaient pas homos. Ils ont juste décidé de le devenir».

Pour lui, le coupable est tout désigné: «S’ils sont devenus homosexuels, c’est parce qu’on les y a encouragé. Le président Obama dit: C’est normal, c’est « okay », vous êtes nés comme ça. Ça va aller mieux. Vous pouvez vous marier», s’indigne-t-il. En référence à la récente prise de position – personnelle – du président américain en faveur de l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens (lire Ouverture du mariage: Barack Obama dit oui!).

LIBERTÉ D’EXPRESSION PRATIQUEMENT ABSOLUE
Cette longue tirade homophobe a provoqué un véritable tollé aux États-Unis. Sur Youtube, les réactions oscillent entre indignation et amusement, des internautes allant jusqu’à suggérer que le discours extrême du jeune Caiden viserait en réalité à dissimuler sa propre homosexualité. Le débat pourrait à présent prendre une tournure judiciaire car parmi ceux qui jugent ces propos néfastes, certains affichent  leur volonté d’empêcher leur diffusion sur la Toile. C’est le cas de Rhonda Magnus, la mère d’un adolescent gay harcelé dans son école en raison de son homosexualité et qui se bat devant la Cour Suprême de New York pour faire reconnaître officiellement les souffrances dont son fils a été victime. Sa voix rencontre un écho favorable dans une nation secouée par plusieurs suicides de jeunes LGBT. L’homophobie diffusée à grande échelle, autrefois acceptée et même parfois encouragée, semble désormais avoir davantage de mal à passer au pays de l’oncle Sam.

Signe d’une évolution des mentalités ou volonté de se couvrir? La plainte de Rhonda Magnus a en tous cas été entendue. Les deux hébergeurs de l’émission, Youtube et Spreaker, ont en effet rapidement suspendu les comptes de Caiden Cowger, Spreaker s’opposant clairement à «tout discours de haine» par la voix de son PDG. Bravache, l’adolescent n’a pas tardé à ouvrir un nouveau compte sur Youtube et se retranche derrière le premier amendement de la Constitution américaine qui lui garantit une liberté d’expression pratiquement absolue pour justifier sa prise de parole.

PENTECÔTISME ET TEA PARTY
Si Caiden Cowger prend soin de rejeter, officiellement du moins, la violence physique prônée par d’autres intégristes religieux américains (lire États-Unis: un pasteur veut exterminer les homos), ses déclarations ne le rendent pas moins dangereux aux yeux des associations de soutien aux LGBT. Dans une note cinglante publiée le 5 juin, la très respectée The New Civil Rights Movement, une association qui lutte contre toutes les formes de discrimination, révèle que le jeune Caiden est Pentecôtiste et le tacle pour son discours «haineux» en le classant dans la catégorie des adolescents «endoctrinés».

Surtout, le jeune Caiden semble comme chez lui dans la mouvance du Tea Party, l’aile ultra-conservatrice du parti Républicain. Sur son Facebook, une série de photos le montrent parader fièrement à une réunion locale de ce mouvement. Autre indice de cet engagement politique particulièrement précoce, son discours, qui semble calqué sur celui d’un Glenn Beck ou d’un Bill O’Reilly, les voix les plus extrêmes de Fox News et qu’il considère comme des figures tutélaires. Ceux-là même qui ont traité le président Obama de «terroriste musulman» ou qui ont remis en doute sa nationalité lors des élections – au motif qu’il ne serait pas né sur le territoire américain – pour le discréditer. Ne restait plus qu’à accuser Barack Obama de rendre les enfants gays. C’est chose faite désormais. Reste à savoir si à l’avenir, le désormais célèbre Caiden Cowger confirmera son nouveau statut de héraut de l’homophobie. Un possible plan de carrière à surveiller de près.

Mise à jour, mardi 12 juin 00h02: Ajout des réactions aux propos de Caiden Cowger.

Photo DR

Politique | Société | 26.05.2012 - 15 h 58 | 44 COMMENTAIRES
Homophobie: Nouveau dérapage d’un élu UMP sur Twitter

Étiquettes : , , , , , , , , ,

L’homophobie serait-elle devenue un tremplin pour les élus en mal de publicité? Cette fois, c’est Noël Faucher, maire UMP de la charmante commune de Noirmoutier en Vendée et candidat suppléant aux législatives pour son parti, qui y va de son tweet homophobe: «Bientôt on va nous dire que l’homosexualité est naturelle», s’indigne l’édile le 18 mai dernier en réponse au message de tolérance d’un internaute qui ne lui était même pas destiné. Et d’ajouter, perfide: «Comme si la nature choisissait d’autodétruire une espèce!». Interpellé dès le lendemain par des tweetos pour ses propos intolérants, Noël Faucher enfonce le clou tout en se défendant d’être homophobe. Un classique des… homophobes, justement. «Aucun mépris, assure l’élu, simplement une réflexion sur les lois de la Nature sans aucun esprit d’opprobre, au contraire!». Au passage, le maire fustige «ce lobby de la bien pensance (sic) imbu de suffisance qui devrait lire et avoir un peu d’ouverture d’esprit». Lobby, lobby, ça ne vous rappelle rien? Encore ce fantasme d’un puissant groupe de pression gay, relayé par des plusieurs figures politiques de droite.

Noël Faucher rejoint ainsi le club de ces politiques UMP qui se sont faits connaître en proférant des horreurs sur les homos. Car en s’en prenant à une minorité, d’obscurs élus locaux ont trouvé le moyen de faire parler d’eux. Qui connaissait au niveau national Christine Boutin et Christian Vanneste  avant leur obsession très médiatisée pour les gays et les lesbiennes? Ou Brigitte Barèges, avant son désormais fameux «Et pourquoi pas avec des animaux», pour marquer son opposition à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe? Le dernier en date, le député Jean-Marc Nesme, n’a-t-il pas connu son heure de gloire en tenant des propos dans la même veine? Bref, à l’image des ses inspirateurs, Noël Faucher se fait une notoriété sur le dos des homos. De fait, il est difficile de savoir quelle attitude adopter face à ce genre de déclarations: les condamner fermement – à l’exemple de Jean-Luc Romero sur son blog dès hier soir – ou les ignorer pour ne pas accorder à leurs auteurs une attention démesurée? Et vous, qu’en pensez-vous?

[Mise à jour, 26 mai, 17h56]

Sur son compte Facebook, Noël Faucher tient à adresser ses excuses «aux personnes qui ont pu être blessées par ce tweet». Il affirme qu’il n’a pas mesuré la portée de ses mots: «Les réactions suscitées par un tweet maladroit montrent clairement l’émotion pour une phrase interprétée sous un angle qui n’est pas l’expression de ma façon de penser». Et se défend une fois de plus de toute homophobie: «Je considère que chacun est absolument libre de conduire sa vie privée comme il l’entend. Je m’interdit de porter tout jugement en ce domaine. La vie privée est un domaine réservé qui appartient à chacun d’entre nous. […] Bien évidemment je condamne avec la plus grande fermeté toute forme d’homophobie et de stigmatisation».

Peut-être faudrait-il rappeler à Noël Faucher que les homos ont le droit, comme les hétéros, de vivre leur vie au grand jour et pas seulement de manière «privée» et qu’il serait bon que certains politiques s’appliquent à eux-même une conduite irréprochable en matière de lutte contre l’homophobie plutôt que de faire semblant de s’en repentir en condamnant de manière hypocrite la «stigmatisation» des homos, à laquelle ils participent pourtant de bon coeur. À bon entendeur.

[Mise à jour, 26 mai, 20h25]

Dans un communiqué, les Jeunes Socialistes se disent «scandalisés» par les propos de Noël Faucher et reprennent «la demande des Jeunes Socialistes de Vendée de condamnation de ces propos» en exigeant «la démission de Noël Faucher de l’ensemble de ses fonctions et mandats».

Photo Ville de Noirmoutier 

International | Interview | Politique | 24.04.2012 - 10 h 34 | 2 COMMENTAIRES
États-Unis: Militaire et gay, il reprend sa place au sein de l’armée

Étiquettes : , , ,

Pour le moment, il est encore un étudiant en photographie. Le 23 mai prochain, Anthony Loverde, 33 ans, quittera la vie civile pour remettre son uniforme de sergent-chef de l’US Air Force. Quatre ans après en avoir été exclu pour être sorti du placard, en vertu de «Don’t Ask Don’t Tell» (DADT). Cette loi qui forçait les militaires homos à taire leur orientation sexuelle sous peine d’exclusion, définitivement abrogée par Barack Obama en septembre dernier (lire Barack Obama met fin à «Don’t Ask Don’t Tell»).

LE DEUXIÈME VÉTÉRAN À ÊTRE RÉINTÉGRÉ DEPUIS LA FIN DE DADT
«Quand j’ai été exclu, je savais que cette loi finirait par être abandonnée parce que c’était une législation discriminatoire. Mais j’ignorais que cela se produirait en 2011 et que je pourrais retourner au service», confie Anthony Loverde à Yagg entre deux interviews. S’il se retrouve aujourd’hui sous le feu des médias, c’est parce qu’il n’est que le deuxième vétéran à être réintégré depuis le fin de DADT. Mais surtout car il est l’un des rares à retourner sous le drapeau à son ancien poste, coordinateur de vol à bord d’un avion de transport militaire, de type Lockheed C-130. Toutefois, pour retourner sur le terrain, il devra d’abord rafraîchir ses connaissances et repasser son certificat d’aptitude au vol. Ses compétences ne s’arrêtent pas là: Anthony Loverde est également un expert reconnu en calibrage de systèmes d’armement de l’armée de l’air.

Tous les militaires concernés n’ont pas son baggage scientifique. Ceux-là verront probablement leur demande de réintégration dans leur corps d’origine refusée. «Beaucoup de militaires exclus sont maintenant trop âgés pour être de nouveau acceptés», selon David McKean, du Servicemembers Legal Defense Network (SLDN), une organisation qui offre un soutien juridique au personnel militaire LGBT. D’autres ne seront pas réintégrés en raison d’une condition physique insuffisante ou parce que leur savoir militaire est devenu obsolète. En outre, l’armée entendrait profiter de la fin annoncée des opérations en Irak et en Afghanistan pour réduire ses effectifs. La question demeure sensible au pays de l’Oncle Sam.

IMPOSSIBLE DE PARLER D’UN PETIT AMI OU DE S’OUVRIR D’UNE RUPTURE
L’histoire d’Anthony Loverde est pourtant aussi celle des 14 000 de militaires homosexuels américains exclus de l’armée pour avoir enfreint DADT. Engagé à l’âge de 20 ans, le jeune sous-officier se voit dans l’obligation de taire son orientation sexuelle pendant ses sept ans de service actif. Il doit également mettre au point des stratagèmes pour échapper aux questions de ses coéquipiers. Impossible de parler d’un petit ami ou de s’ouvrir d’une rupture. Il connaît la règle: les militaires homos doivent non seulement garder le silence sur leur orientation sexuelle mais aussi prévenir toute indiscrétion. La législation contraint en effet tout militaire qui aurait connaissance de l’homosexualité d’un collègue d’en informer sa hiérarchie. La loi du silence règne dans les baraquements. Pas dupes, des membres de son unité le surnomment «Vapor» [Fumée, en anglais, ndlr] en raison de sa propension à s’évaporer entre chaque mission. «Je partais pour ne pas avoir à leur mentir sur ma vie», se justifie-t-il aujourd’hui.

Au fil du temps, il prend néanmoins conscience du cruel sacrifice qui lui est imposé: garder tout un pan de sa vie pour lui-même, au risque de compromettre son propre bien-être. Car outre le «stress» occasionné par le poids de son secret, Anthony Loverde voit ses relations avec ses collègues et amis mises à mal, faute de pouvoir s’exprimer sur sa vie sentimentale. «À de nombreuses reprises, quand j’étais déployé, j’ai réalisé que c’était de nature à remettre en question la confiance que nous avions les uns envers les autres», confie-t-il. «Mes camarades sentaient que j’avais quelque chose à cacher, parce que j’avais une vie privée tellement secrète que je ne pouvais même pas prendre part à des conversations normales».

HYPOCRISIE
En 2008, il décide de briser le silence en révélant son homosexualité à sa hiérarchie. «J’ai réalisé que je ne voulais pas faire carrière dans un métier qui m’obligeait à tromper mes coéquipiers et amis». Il va voir son commandant et fait son coming-out. «Sortir du placard a été la décision la plus difficile de ma vie jusqu’à maintenant», reconnaît-il. «Je connaissais les conséquences d’un coming-out et je savais que ça allait me coûter ma carrière mais j’étais fatigué de vivre dans le mensonge, et ces sept années de service sous DADT m’ont vraiment pesé».

Comme le prévoit la loi, il est remercié. Après son exclusion des rangs, il rejoint un prestataire privé de l’armée américaine qui le renvoie en Irak exercer des fonctions similaires. «De retour en Irak puis en Afghanistan, j’ai travaillé au sein d’un laboratoire technique de calibrage… pour l’armée américaine», raconte-t-il. C’est toute l’hypocrisie de la loi: trop gay pour servir sous le drapeau mais suffisamment pro pour être utile à l’armée dans le privé. Même si elle lui permet de poursuivre son engagement, cette expérience ne lui permet pas de retrouver la «satisfaction» qu’il éprouvait à faire partie de l’US Air Force. Il rentre au pays à l’été 2009.

TOURNÉ VERS L’AVENIR
L’occasion pour lui de réaliser un vieux rêve: étudier la photographie. Il s’engage alors dans un Master’s of Fine Arts à l’Academy of Art à l’Université de San Francisco. Son sujet de mémoire est tout trouvé et porte sur DADT. Il fait de son mémoire un recueil de ses photographies intitulé Une force silencieuse: Ces hommes et ces femmes qui servent sous Don’t Ask Don’t Tell, publié en 2010. «C’était un outil de pression politique pour humaniser le débat sur la loi au Congrès, à Washington», explique-t-il. Pendant cette période de lutte, il rencontre des activistes qui diffusent son livre chez les politiques en plein débat sur l’opportunité d’abroger la loi. Mais l’armée lui manque. «Je n’ai jamais réussi à trouver un équilibre dans la vie civile», reconnaît-il. «Je me considèrerais toujours comme un aviateur».

En attendant de regagner la base de Sacramento, puis celle de Little Rock en Arkansas où il retrouvera certains de ses anciens camarades, Anthony Loverde partage son temps entre les interviews à la presse et les séances de jogging. «J’ai dû perdre du poids pour pouvoir reprendre le service mais c’est quelque chose que j’avais déjà fait. Maintenant, je dois juste continuer à m’entraîner au quotidien». Désormais, le sergent-chef Loverde a le regard tourné vers l’avenir: «J’ai la chance d’avoir de nouveau mon travail et de le reprendre là où je l’avais laissé, je suis super impatient!».

Photo DR

Politique | Société | 15.01.2012 - 12 h 19 | 3 COMMENTAIRES
Sur Twitter, Christine Boutin compare la perte du triple A au «mariage homosexuel»

Étiquettes : , ,

Sacrée Christine Boutin! Tout en sillonnant les routes de son «chemin de Compostelle» à bord de sa Renault Espace dans l’espoir de grappiller quelques signatures pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, la patronne du Parti chrétien-démocrate trouve le temps d’alimenter son compte Twitter.

CHRISTINE BOUTIN, EXTRALUCIDE?
Dans son tweet du vendredi, elle fait cette surprenante comparaison:  «On me rit au nez quand je m’oppose au mariage homo. Mais on ferait bien de m’écouter parfois. J’avais annoncé la perte du #AAA dès septembre». Quel sens donner à une telle déclaration? Christine Boutin serait-elle devenue extralucide? Quel rapport entre la dégradation de la note de la France et l’ouverture du mariage aux homosexuels?

Christine Boutin n’a pas donné davantage de précisions sur le sujet. Mais son tweet n’a pas manqué de faire réagir la twittosphère, qui s’est moquée de la nouvelle sortie de l’infortunée candidate: «Quand Boutin se la joue Elizabeth Tessier», se gausse François Sionneau, le rédacteur en chef du NouvelObs.com. «Votre tweet est aussi pertinent que le mec à poil sur le site de La Redoute», juge pour sa part EmmanuelDCA.

RÉSERVÉ AUX «COUPLES NORMAUX»
Les opposants à l’ouverture du mariage aux homos s’emmêlent souvent les pinceaux sur des questions de vocabulaire. Cette fois, c’est au tour de Richard Galy, maire de Mougins, un petite commune de la Côte d’Azur, d’en faire les frais.

Vendredi, lorsqu’il évoque l’adoption et le mariage lors de ses voeux, il affirme que ceux-ci devaient être réservés à des couples normaux». Malaise dans l’assemblée, à tel point que l’édile a présenté ses excuses: «Je n’aurais pas dû dire normaux mais habituels», a-t-il déclaré, selon le quotidien Nice-Matin

Et vous, qu’en pensez-vous? Simple erreur de vocabulaire ou véritable homophobie? Venez donner votre avis.

Education | International | Politique | 26.07.2011 - 10 h 19 | 15 COMMENTAIRES
Quand «le tueur d’Oslo» était prêt à se faire passer pour gay pour mener à terme ses projets

Étiquettes : , , ,

Depuis samedi, son visage banal – presque poupin – et ses cheveux blonds passent en boucle sur nos écrans. Anders Behring Breivik, un Norvégien de 32 ans, a finalement admis hier être l’auteur du massacre d’Utoya et de l’attentat d’Oslo qui ont coûté la vie à 76 personnes (selon un dernier bilan encore provisoire). Mais avant de passer à l’acte, celui que la presse a déjà surnommé «le tueur d’Oslo» avait rédigé un manifeste de plus de 1500 pages dans lequel il livrait son idéologie. Mais aussi des méthodes de dissimulation pour éviter de se faire repérer. Parmi lesquelles l’homosexualité.

«DIS QUE TU PENSES ÊTRE GAY»
Dans son combat contre ce qu’il appelle le «marxisme culturel», Breivik consacre en effet aux homos de nombreux passages de son «manifeste». Le site allemand Queer.de révèle que le terroriste de 32 ans porte un regard ambivalent sur les homosexuels. Ainsi, s’il se défend d’être homophobe, rappelant que les gays et lesbiennes font partie des cibles de l’«hégémonie» islamique  qu’il prétend combattre, il explique plus loin qu’il ne faut pas hésiter à se faire passer pour un gay pour susciter l’empathie des gens.

«Dis que tu penses être gay, écrit-il, et que tu découvres ton nouveau moi et que tu ne veux plus parler de cette question. Dis leur que tu en as honte et tu ne veux pas plus parler de ce sujet. Fais leur jurer de ne le dire à personne! (ton égo peut en souffrir, à moins que tu sois certain de ton hétérosexualité, parce qu’ils croiront vraiment que tu es gay mais c’est une stratégie extrêmement efficace pour arrêter les questions et empêcher les gens de creuser dans ta vie quand tu ne le veux pas.»

LE PARFAIT ALIBI
Sur le modèle des discours chrétiens-conservateurs américains, Anders Behring Breivik se déclare également en faveur du mariage traditionnel, prône une éducation conservatrice et une limitation des divorces. Dans la même veine, il dénonce dans plusieurs paragraphes les revendications LGBT et féministes, coupables à ses yeux de mettre en danger la civilisation chrétienne et de «discriminer les hétérosexuels» (!). «Par ailleurs, avance-t-il, c’est seulement parce que la compréhension traditionnelle du mariage a déjà été gravement compromise que les homosexuels peuvent désormais y prétendre. Les gays ne veulent pas du mariage dans le moule traditionnel (la version des années 1950), seule la version édulcorée qui en existe aujourd’hui les intéresse.»

Tout en critiquant les mouvements LGBT, il pense qu’il y a beaucoup à apprendre de leurs méthodes. D’après lui, si les homos sont parvenus à imposer leur message politique depuis une vingtaine d’années, c’est parce qu’il se sont posés en «victimes». Une «stratégie très efficace» qui, selon lui, fait de l’homosexualité le parfait alibi pour ne pas éveiller les soupçons. Dans son manifeste, il conseille par exemple d’acheter une voiture de marque Hyundai, «parce que c’est très gay». Il confie aussi se maquiller avant de se photographier car «ça peut sembler gay, explique-t-il, mais plus on est attirant, mieux le message passe.»

Samedi dernier, Anders Behring Breivik a mis en œuvre ses méthodes de dissimulation sur l’île d’Utoya. Déguisé en policier, il s’est joint à un rassemblement de jeunes partisans du Parti travailliste au pouvoir. Puis, sous prétexte de les protéger après l’attentat d’Oslo, il a ouvert le feu sur les participants, tuant au moins 68 personnes selon la police, avant d’être arrêté par les forces de l’ordre une heure plus tard.

Photomontage Paul Denton

Associatif | International | Politique | 07.07.2011 - 16 h 42 | 18 COMMENTAIRES
Le militant gay qui voulait embarquer sur la flottille pour Gaza était un imposteur

Étiquettes : , , , ,

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur Who you get in bed with- human rights, gay rights.

Sale temps pour l’activisme LGBT au Proche-Orient. Après l’affaire de la fausse bloggeuse de Damas (lire Amina Arraf, lesbienne syrienne, serait en réalité Tom MacMaster, hétéro américain), une nouvelle imposture vient d’être dévoilée. Celle d’un activiste gay fictif qui dénonçait sur Youtube la mainmise du Hamas sur la « flottille de la liberté ».

UN ACTEUR ISRAELIEN
Rappel des faits. La semaine dernière, une vidéo est mise en ligne sur Youtube (voir ci-dessus). On peut y découvrir un homme qui se fait appeler « Marc Pax ». Ce dernier raconte avoir été écarté de l’opération parce qu’il voulait représenter un collectif luttant pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres opposé-e-s au blocus du territoire palestinien. Affirmant s’être entendu dire que sa participation « ne servirait pas les intérêts de la flottille », « Marc », qui se décrit comme un « activiste gay », dénonce les liens entre les organisateurs de l’action et le Hamas, le parti islamiste au pouvoir à Gaza.« Attention avec qui vous couchez », conclut-il. « Si vous vous impliquez dans la mauvaise association, vous risquez de vous réveiller avec le Hamas. » Mais voilà, celui qui se présentait comme un « activiste gay » n’en est pas un. « Marc Pax », Omer Gershon de son vrai nom, serait en réalité un acteur et entrepreneur en relations publiques israélien de 36 ans.

Comme pour l’affaire Amina, la blogosphère militante a dénoué les fils de la mystérieuse vidéo. Réalisée et montée avec un soin professionnel, l’oeuvre de « Marc Pax » suscite en effet la curiosité des blogueurs LGBT américains dès sa sortie le 23 juin, rapporte le quotidien israélien Haaretz. En particulier de Benjamin Doherty, du site pro-palestinien The Electronic Intifada, qui avait déjà révélé au monde avec d’autres blogueurs l’imposture de la lesbienne de Damas. Les soupçons d’une opération de propagande se confirment deux jours plus tard: « Gershon a eu son portrait publié dans Haaretz, Maariv (ci-contre) ou encore Ynet [des médias israéliens, ndlr] », précise M. Doherty. Un autre blogueur américain, Max Blumental, retrace le parcours de la vidéo à la page Facebook d’un employé du gouvernement israélien et au compte Twitter d’un stagiaire du Bureau du premier ministre. La vidéo a bien été partagée sur Facebook par Neil Lazarus, un représentant de la « communication » israélienne (« hasbara ») du gouvernement. Puis relayée par le biais du Twitter du service de presse du gouvernement, @GPOIsrael. Le tweet a depuis été retiré et remplacé par un message d’excuses. Tout en reconnaissant que la vidéo pouvait « servir les campagnes d’Israël », les services du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu nient catégoriquement être impliqués dans sa production et plaident « l’erreur » d’un de leurs stagiaires. Des excuses et des dénégations qui cachent mal l’embarras des communicants.

PINKWASHING?
La presse et les blogueurs ne s’y sont pas trompés et les spéculations vont bon train. Robert Mackey, sur le blog du New York Times The Lede, souligne qu’il n’y a pas de preuves d’homophobie chez les activistes de la flottille mais relève la participation de M. Gershon à la réalisation d’un spot de publicité produit par Elad Magdasi, dont la page d’accueil YouTube fait un lien vers « Stand With Us », une organisation à but non lucratif qui prend le parti de Benyamin Netanyahou. De son côté, Ali Abunimah, le cofondateur de The Electronic Intifada, soutient que l’excuse du stagiaire servirait de paravent à la stratégie de « marketing virale » de la communication israélienne. Le site accuse les autorités de pratiquer le « pinkwashing ». « Dans les cercles militants pro-palestiniens, le terme se réfère à Israël et à ses partisans qui instrumentalisent le manque de liberté des gays et les lesbiennes dans les pays arabes comme un moyen de peindre la cause palestinienne comme indigne », explique Dan Murphy de The CS Monitor’s. « Ces activistes disent que si c’est manifestement vrai que les gays israéliens ont plus de droits que ceux des pays voisins, il est utilisé pour masquer la brutalité des faits du blocus économique de Gaza et l’occupation de la Cisjordanie. »