3444 International | Un complément d'actualité LGBT

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Un complément d'actualité LGBT
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International | Politique | Religion | 20.06.2011 - 09 h 27 | 5 COMMENTAIRES
Les gays et les lesbiennes du Liechtenstein obtiennent enfin leur union civile

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La liesse était à son comble hier dans la ville de Schaan, où FLAY, principale association gay et lesbienne du Liechtenstein, avait établi son QG de campagne. Car cette fois, c’est la bonne. Dès le 1er septembre prochain, les couples de même sexe de la Principauté pourront officialiser leur union à travers un «partenariat enregistré» (partenariat civil, ndlr). Malgré l’opposition de l’Eglise et de groupes catholiques conservateurs, la loi a été littéralement plébiscitée, avec 68,8% des voix et une participation qui a atteint 74,2% des inscrits. Porté en triomphe par les militants, le président de FLAY, Daniel Seger (ci-dessus) s’est dit «soulagé» et «ravi» mais surtout «stupéfait d’un résultat aussi net. Cela montre clairement que le peuple ne se laisse pas impressionner, ni guider par de faux arguments», a-t-il affirmé au journal local Volksblatt.

«UN SIGNE VERS DAVANTAGE DE JUSTICE ET DE TOLÉRANCE»
Soulagement aussi du côté du gouvernement. «Avec ce oui clair au partenariat enregistré, le Liechtenstein fait un signe vers davantage de justice et de tolérance, car par cette démarche, nous supprimons la discrimination actuelle qui frappe les couples de même sexe», s’est réjoui Klaus Tschütscher, le chef du gouvernement, interrogé par l’Agence Télégraphique Suisse (ATS). Car l’issue du vote était des plus incertaines. Fruit d’un large consensus politique, le texte avait pourtant déjà été adopté par le Landtag (Parlement) à la majorité absolue en mars 2011. Mais un groupuscule appelé Vox Populi (la voix du peuple, en latin) avait réussi à récolter en un temps record les 1000 signatures nécessaires à la tenue d’un référendum sur le sujet.

Qui se cache derrière cette mystérieuse «association citoyenne»? Les médias et les politiques se sont interrogés, lorsqu’un certain Johannes Schraner (ci-contre) de Mauren, petite commune située au nord de la principauté, a réclamé un référendum sur la loi ouvrant le partenariat civil. Même le FBP, pourtant principal parti conservateur du pays, s’est officiellement inquiété de ce qu’«en dehors de M. Schraner, les membres de Vox Populi […] se cachent derrière leur association» (lire Liechtenstein: vers un référendum contre le partenariat pour les couples de même sexe?). Et pour cause, Johannes Schraner ne serait en réalité qu’un prête-nom pour le compte du diocèse de Vaduz. Le Liechtensteiner Vaterland, premier quotidien du pays, a révélé que M. Schraner n’est autre qu’un cousin du très conservateur archevêque de Vaduz, Wolfgang Haas. Lequel a mené une campagne acharnée contre la loi, parlant de «scandale» pour qualifier «la reconnaissance légale d’un lourd péché». Le Vicaire Général a stigmatisé les actes homosexuels les assimilant à de «graves déviations». Pour ces intégristes, reconnaître les couples de même sexe équivaut à «affaiblir la famille». C’est d’ailleurs le slogan choisi par Vox Populi pour ses affiches placardées dans les villes.

La campagne a été menée par courriers des lecteurs interposés dans la presse locale et entrecoupée par l’arrachage d’affiches appelant à voter contre le référendum. Toutefois, cet intense lobbying n’aura pas empêché les électeurs d’infliger un cinglant désaveu au groupe catholique conservateur et à l’Eglise. La loi prévoit pour les couples de même sexe les mêmes droits que les couples mariés en matière fiscale, d’héritage, d’assurances sociales, de prévoyance professionnelle et de naturalisation. Seul bémol: les «pacsés» ne pourront ni adopter, ni bénéficier de la procréation assistée. Mais un soutien aussi massif aux homos constitue déjà une grande avancée pour ce petit pays dont la population est majoritairement catholique, comme le rappelle le Liechtensteiner Vaterland. Le quotidien évoque un «premier pas» dans le domaine de la «politique sociale» et prédit que le prochain défi en la matière sera la dépénalisation de l’avortement, actuellement passible d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison dans la Principauté. Jusqu’à hier, le Liechtenstein était encore le seul pays germanophone à ne pas avoir octroyé aux homosexuel-le-s la possibilité de contracter une union civile.

Photo Extrait de Videonews – Volksblatt

International | Religion | Santé | Science | 05.06.2011 - 14 h 00 | 28 COMMENTAIRES
Un médecin catholique allemand prétend guérir l’homosexualité par l’homéopathie

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« L’homosexualité n’est pas une maladie », assure le le site de la « Bund katholischer Ärzte » ou BKÄ (Fédération allemande des médecins catholiques). Pourtant, cette organisation prétend venir en aide aux personnes « qui se sentent homosexuelles [et qui] se trouvent dans une situation de détresse spirituelle et psychique, et souffrent beaucoup. »

EX-GAYS ET PRO-VIE
L’hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé cette semaine les étranges remèdes de cette « fédération » basée au Sud de la Bavière pour venir à bout des « penchants » homosexuels de leurs « patients ». Afin de remettre les brebis égarées dans le droit chemin, le traitement consiste à prescrire des microdoses de platine, des séances de psychothérapie et de s’en remettre, bien entendu, aux « Saintes Ecritures. » Sur son site, l’organisation présente également le soit-disant témoignage d’un gay du Sud de l’Allemagne qui avance qu’il a « noté avec plaisir » qu’un « changement de tendance homosexuelle » est « tout à fait possible. »

Ce n’est certainement pas un hasard si la BKÄ fait partie du mouvement des ex-gays (voir Zoom sur: « Le succès des ex-gays » plus bas). Le responsable de l’organisation est un certain Dr Gero Winkelmann. Selon Der Spiegel, celui-ci s’est fait connaître au sein de la Ligue chrétienne, un groupuscule qui, jusque dans les années 1990, combattait le droit à l’avortement et au divorce, ainsi que la dépénalisation de l’homosexualité. Depuis, si le Dr Winkelmann semble privilégier les « médecines douces », il n’en reste pas moins très actif sur Internet. Le bon docteur a ouvert sa propre page web, laquelle propose des conférences sur « le droit à la vie ».

En réalité, un exposé pro-vie, calqué sur le discours radical des mouvements américains chrétiens-conservateurs. Au programme: les conséquences de l’avortement pour une mère et son enfant, un débat sur l’euthanasie, le clonage et la toxicité de la pilule. En prime, l’auditoire a droit à une vidéo du praticien participant à une veillée pro-vie à Vienne en 2009. Mais ce dernier se garde bien de préciser qu’il est également lié au mouvement pro-vie par le biais de « European Pro-Life Doctors », une association dont il n’est officiellement que le coordinateur pour l’Allemagne et qui, comme son nom l’indique, est destinée à rassembler les médecins anti-avortement de toute l’Europe.

« UNE OFFRE DANGEREUSE »
Les associations LGBT allemandes ne décolèrent pas. La « Lesben- und Schwulen Verband » (l’Association allemande des gays et des lesbiennes), la plus grande association homosexuelle outre-Rhin dénonce « Un traitement inefficace pour une maladie qui n’existe pas » ainsi qu’une « offre dangereuse » qui « instrumentalise les inquiétudes que peuvent avoir les jeunes bi et homosexuel-le-s ou leurs parents. »

Devant le tollé provoqué par son initiative, le Dr Winkelmann a fini par retirer les pages les plus polémiques du site. En raison, selon lui, des « médias [qui] ne publient que des reportages négatifs » mais surtout pour éviter que son association et les méthodes de traitement qu’elle propose ne soient « tournées en ridicule » (!). Reste que le médecin ne baisse pas les bras pour autant et pousse « ceux qui sont sérieusement intéressés par l’homéopathie » à le contacter. L’homosexualité a pourtant été définitivement rayée par l’Organisation Mondiale de la Santé de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990.

ZOOM SUR: LE SUCCÈS DES EX-GAYS

La Fédération des médecins catholiques fait partie du mouvement ex-gays. Né aux Etats-Unis dans les années 1970,  le mouvement des ex-gays connaît un certain succès aux Etats-Unis ces dix dernières années. Ses partisans affirment que l’homosexualité est une simple faiblesse humaine qui peut être surmontée. Mais ses théories sont rejetées par la grande majorité de la communauté scientifique.

[Mise à jour] L’OMS a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990 et non en 1993, comme je l’avais d’abord affirmé. Merci à la yaggeuse Ernestine pour sa vigilance.

International | Politique | 01.06.2011 - 16 h 57 | 23 COMMENTAIRES
Italie: Les villes tournent le dos à Berlusconi après une campagne électorale raciste et homophobe

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«Grazie Italia» (Merci l’Italie) a titré en fanfares le quotidien de gauche l’Unita (ci-dessus) dans son édition du mardi 31 mai. La coalition de gauche a remporté, dimanche et lundi, une large victoire aux élections municipales italiennes. Malgré les sondages qui lui prédisaient une large défaite (lire Silvio Berlusconi a découvert sa «part lesbienne»), Silvio Berlusconi a voulu faire de ce scrutin local «un test national». Mal lui en a pris. Après Turin et Bologne au premier tour, Milan, Naples, Trieste, Cagliari et Novara ont tourné le dos à son parti, le Peuple de la liberté (PDL), et ont rejoint l’opposition. Même Milan, pourtant considérée comme le fief du «Cavaliere», a basculé à Gauche. Le président du Conseil en avait fait la vitrine de sa réussite professionnelle et politique. Une vitrine qui semble avoir volé en éclats.

«TOUS LES JOURS, BERLUSCONI OU L’UN DES MEMBRES  
DE SON ÉQUIPE ONT ESSAYÉ D’EFFRAYER LES GENS »

«La communauté LGBT italienne en est très heureuse, confie Daniele Nardini, rédacteur en chef du principal site de presse LGBT italien Gay.it (ci-contre), parce que tous les jours pendant la campagne, Berlusconi et des membres de son équipe [au gouvernement, ndlr.] ont essayé d’effrayer les gens en leur disant que leur ville allait être envahie par des personnes LGBT en cas de victoire de la Gauche. Bien sûr, cela n’arrivera pas et les gens vont voir par eux-même qu’ils mentaient.» «Tant que Berlusconi sera au pouvoir, prévient toutefois le journaliste, la Droite restera homophobe.» À Milan, l’association LGBT Arcigay Milan CIG (ci-dessus) a publié dès lundi un communiqué, adressant ses félicitations à Giuliano Pisapia, le candidat de centre-gauche à la mairie, pour sa victoire. Rappelant que celui-ci a été «le seul élu à rencontrer publiquement l’association» avant le scrutin, «rompant ainsi avec le tabou qui interdisait d’aborder les questions liées à la communauté LGBT dans une compétition électorale», l’association dit «espérer enfin un changement dans ses relations avec la municipalité de Milan».

«EN FAVEUR DES TAPETTES»
M. Berlusconi et ses alliés populistes et xénophobes de la Ligue du Nord n’ont en effet pas hésité à user des bonnes vieilles recettes pour garder la main sur les villes (lire Italie: Un prélat attaque un opposant politique de Silvio Berlusconi sur son homosexualité). Racisme: le président du Conseil a ainsi pesé de tout son poids dans la campagne en multipliant, ces derniers jours, les apparitions télévisées pour mettre en garde les électeurs lombards. «Avec la gauche, Milan deviendra une ville islamique», a prévenu le Cavaliere dans une vidéo et un «bidonville de Roms», dans d’autres interviews. Et homophobie: Libero, un quotidien pro-Berlusconi, a brandi le péril homo en annonçant que Giuliano Pisapia ferait de Milan «la Mecque des gays». «Le Palais Marino [la mairie de Milan] sera un genre de Camp David pour réconcilier les communautés LGBT et arabo-islamique.» De même que Carlo Giovanardi, ce secrétaire d’Etat qui s’est récemment illustré en estimant qu’une pub gay-friendly d’Ikea «violait la Constitution», a prévenu que le candidat de gauche, s’il gagnait les élection, «discriminera les familles avec enfants en faveur des tapettes, des homos et des transsexuels.»

Les observateurs restent néanmoins prudents sur l’avenir politique du «Cavaliere» et citent sa capacité à rebondir. À l’instar de Daniele Nardini: «Plusieurs fois, la Gauche a dit que Berlusconi était fini alors que ce n’était pas le cas, souligne-t-il. Quoi qu’il en soit, cela semble être le bon moment.» «L’après-Berlusconi a commencé», estime pour sa part le quotidien milanais Corriere della Sera dans son éditorial de mardi, tout en soulignant que la situation ne va pas basculer à court terme, mais croit savoir que l’avenir de la coalition entre la Ligue du Nord d’Umberto Bossi et le parti de Berlusconi (qui en a besoin pour conserver la majorité au Parlement) est en question.

International | Religion | Santé | 27.05.2011 - 18 h 14 | 10 COMMENTAIRES
Sida: Le journal officiel du Vatican hostile au préservatif et aux campagnes de prévention

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Le Vatican reprendrait-il son offensive contre la capote? On peut le penser à la lecture d’un article publié mardi 25 mai dans L’Osservatore Romano, journal officiel du Saint-Siège, qui dénonce l’usage du préservatif et condamne les campagnes de prévention contre le Sida.

Intitulé « L’amour conjugal au temps du sida », ce texte réaffirme avec précision la doctrine de l’Église sur l’usage du préservatif au sein des couples, en particulier sous la menace du sida. « Il faut rappeler que, bien que l’usage du préservatif lors d’un acte isolé puisse avoir une certaine efficacité dans la prévention du sida, celui-ci n’est pas en mesure de garantir une sécurité absolue […]. En conséquence, il n’est pas approprié d’en conseiller l’utilisation comme moyen efficace de lutte contre la contagion », écrit le Père Juan José Perez-Soba, enseignant en théologie morale à l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille.

« FAUSSE CROYANCE »
Le théologien s’en prend également aux campagne de prévention contre le Sida, coupables à ses yeux d’aliment[er] « la fausse croyance selon laquelle il n’y aurait aucun danger […], et d’augment[er] la possibilité d’infection. » Bref, « Présenter le préservatif comme une solution à ce problème est une grave erreur, tranche le Père Perez-Soba. Le choisir simplement comme une pratique habituelle est un manque de responsabilité dans la rencontre avec l’autre personne. » Au passage, le théologien n’hésite pas à remettre en cause la fiabilité de la capote au nom de l’exigence de la procréation et des liens du mariage. « Le préservatif, constituant une barrière, déforme en quelque sorte la réalisation elle-même de l’acte conjugal et le prive non seulement de sa signification procréatrice, empêchant la fécondation, mais il met également en péril l’objectif d’être ‘une seule chair’, dans le sens du don intégral dans l’union des époux », affirme le texte. Des propos ambigus qui rappellent ceux tenus par l’évêque d’Orléans en 2009. Mgr André Fort avait provoqué un tollé en laissant entendre que le préservatif n’était pas efficace pour empêcher la transmission du virus du sida (lire Préservatif: L’évêque d’Orléans dérape à nouveau en contestant la capote).

« S’ABSTENIR DE RELATIONS SEXUELLES »
Encore plus fort, en cas d’infection de l’un des conjoints, un couple marié doit opter pour le choix de l’abstinence. « Confrontés au risque d’une infection, les époux peuvent décider de s’abstenir de relations sexuelles, comme c’est le cas dans d’autres pathologies, ajoute le Père Perez-Soba. Bien qu’il ne reflète pas forcément le point de vue officiel du Vatican, l’article de L’Osservatore Romano a été publié à la veille d’un colloque consacré à la « La centralité des soins à la personne dans la prévention et le traitement du sida », organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.

LE VATICAN ET LE PRÉSERVATIF: UN DISCOURS QUI CAPOTE?

L’Eglise semble décidément avoir du mal à tenir un discours cohérent sur la préservatif. En mars 2009, le pape déclare que le préservatif n’était pas un moyen de lutter contre le sida lors d’un voyage officiel en Afrique. Ajoutant même: « Cela aggrave le problème ». Devant l’indignation de la communauté internationale, Benoît XVI revient sur ses déclarations, expliquant notamment qu’elles avaient été mal interprétées. En 2010, volte-face. Dans un livre d’entretien, le Souverain pontife admet pour la première fois que l’utilisation du préservatif peut se justifier dans certains cas très précis pour protéger du sida (lire Pour la première fois, Benoît XVI admet que le préservatif peut protéger du sida). Des propos qu’il tempère néanmoins, ajoutant que ce « n’est pas la façon à proprement parler de venir à bout du mal de l’infection du VIH » et souligne: « Se polariser sur le préservatif signifie une banalisation du sexe et c’est exactement le danger ».

International | Religion | 25.05.2011 - 20 h 21 | 29 COMMENTAIRES
États-Unis: Un révérend homophobe prévoit l’Apocalypse pour le 21 octobre

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Les voies du Seigneur sont impénétrables, dit-on. Le révérend Harold Camping (ci-dessous) vient d’en faire une fois de plus la cruelle expérience. A la tête d’un réseau américain de radios FM évangéliques, M. Camping avait promis la fin du monde pour le 21 mai 2011, c’est-à-dire samedi dernier. Las, Dieu n’a pas suivi et le « Judgment Day » (Jour du Jugement Dernier) annoncé à grand renfort de réclame a fait un flop.

NUL EN MATHS?
Le révérend avait pourtant déployé des moyens importants pour alerter la population. Des panneaux géants (ci-dessus) avaient fleuri aux carrefours des villes américaines: « Jugement dernier, le 21 mai 2011 », « Garanti par la Bible » pouvait-on y lire en grosses lettres. Un coup de pub divin (!) pour cette chaîne basée à San Francisco mais qui a vite tourné à la farce. Au point que que le San Francisco Weekly, qui a interviewé le révérend il y a quelques semaines, titrait hier « Harold Camping sucks at maths » (Harold Camping est nul en maths). Il faut dire que le révérend Camping se base sur une méthode de calcul très personnelle pour dater la fin du monde. Au terme de savantes combinaisons, il avait ainsi affirmé que samedi 21 mai, 7000 ans seraient passés depuis le Déluge. Une méthode qui semble lui jouer des tours. Le prédicateur avait déjà prédit la fin du monde pour le 6 septembre 1994. Depuis, le révérend a dû reconnaître une nouvelle erreur. Il s’est dit « troublé » à la chaîne CNN que ses prédictions ne se réalisent pas. On le comprend.

ISRAEL ET LA GAY-PRIDE
En revanche, le révérend n’a pas besoin de faire de savants calculs pour désigner les responsables de la colère divine. « Dans la Bible, Dieu nous offre de nombreux signes destinés à avertir le monde que le Jugement dernier et la fin des temps sont imminents », écrit-il dans un éclairant fascicule intitulé « Gay Pride, un signe de la fin des temps planifié par Dieu » (disponible en français). Et de citer en exemples la création de l’Etat d’Israël et la « profonde détérioration spirituelle » que l’on peut constater dans la plupart des églises. « Mais aucun signe n’est aussi dramatiquement clair que le phénoménal succès mondial du mouvement de la Gay Pride », poursuit M. Camping, évoquant la cité de Sodome ainsi que sa destruction, comme symbole du Jugement dernier.

Troublé mais pas découragé par ce nouveau revers, le révérend a expliqué que le 21 mai n’était qu’un avant-goût « spirituel » de l’Apocalypse à venir. Selon lui, la vraie fin des temps sera le 21 octobre. Ce jour-là, à 18 heures précises (pour chaque fuseau horaire), prédit-il, « de puissants séismes anéantiront la Terre et ceux que Dieu n’a pas élus périront dans d’atroces souffrances ». En attendant la date fatidique, les gay-prides de l’été sont sauvées. Rendez-vous à la rentrée.

Associatif | International | Politique | 18.05.2011 - 17 h 22 | 29 COMMENTAIRES
Bradley Manning, traître à la nation ou héros gay?

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Qui est réellement Bradley Manning? Voilà un an que ce jeune homme de 23 ans est emprisonné. Accusé d’avoir transmis à WikiLeaks les centaines de milliers de documents confidentiels révélant les coulisses de la diplomatie américaine et un enregistrement d’une vidéo montrant une bavure de l’armée US en Irak, il est devenu le symbole d’une Amérique divisée. Pour la Maison Blanche et une bonne partie de l’opinion publique, il est un traître qui doit être jugé le plus sévèrement possible. Pour ses défenseurs, il est au contraire un « héros de la paix, un « humaniste » et même un « héros gay ».

C’est ce qu’avance notamment le célèbre militant britannique Peter Tatchell. Dans une tribune publiée sur son site internet mercredi 11 mai, M. Tatchell lance un vibrant appel en faveur du jeune soldat: « S’il a divulgué ces documents à Wikileaks, il devrait être salué comme un défenseur des droits humains », affirme-t-il. Décrivant Bradley Manning comme « un humaniste et un homme avec une conscience, inspiré par son engagement pour les droits de l’Homme », Peter Tatchell retrace le parcours militant de ce dernier pour de l’égalité des droits et contre la loi « Don’t Ask, Don’t Tell » (DADT). Cette loi abrogée par le Sénat américain en décembre 2010 qui obligeait les soldats homos à taire leur orientation sexuelle (lire États-Unis: Le Sénat vote l’abrogation de Don’t ask, Don’t tell).

HOMOSEXUALITÉ ET TRAHISON?
Une situation qui, ajoutée à une rupture avec son compagnon de l’époque, aurait conduit le jeune soldat à la dépression, selon The Daily Telegraph. Le quotidien britannique se base sur l’historique de la page Facebook du soldat, lequel se décrit comme « plus que frustré par l’armée et la société en général » et « plombé par le sentiment de n’avoir plus rien ». Bradley Manning aurait posté ses états d’âme sur le réseau social peu avant la date où il aurait, selon l’accusation, téléchargé les documents confidentiels sur des CD censés contenir les tubes de Lady Gaga (!). Pour M. Tatchell, Bradley Manning, sous réserve qu’il soit bien l’informateur de Wikileaks, aurait plutôt « été conduit à libérer les fichiers [parce qu’]il aurait perdu ses illusions avec son pays en matière de politique étrangère et militaire et croyait les idéaux américains de démocratie et les droits de l’homme trahis ».

Homosexualité et trahison, un cocktail béni pour la droite américaine qui combat l’abrogation de DADT au motif que l’ouverture de l’armée aux gays et aux lesbiennes constituerait un danger pour la sécurité des troupes. « Les révélation sur le comportement ouvertement pro-homosexuel de Manning suggèrent qu’une politique plus libérale du département de la défense, sur les souhaits du commandant en chef, s’est maintenant retournée dans des proportions considérables contre les forces américaines, estime ainsi le site ultra-conservateur Accuracy in Media. Cela pourrait causer non seulement des pertes au sein de l’armée mais aussi porter atteinte aux relations avec le Pakistan et l’Afghanistan et mener à une possible défaite militaire dans la région. »

MAUVAIS TRAITEMENTS 
Le cas du du premier classe Manning embarrasse également outre-Manche. Car le jeune homme est britannique par sa mère, installée au Pays de Galles. Celle-ci a réclamé la protection consulaire pour son fils après lui avoir rendu visite en prison en février dernier. « J’ai été très bouleversée de voir Bradley. Être en prison a un effet néfaste sur lui autant physiquement et mentalement, écrit-elle dans sa lettre aux autorités. Je crains que son état ne s’aggrave. Je voudrais que quelqu’un lui rendre visite afin de vérifier ses conditions [de détention]. » Mais le Foreign Office – l’équivalent britannique du ministère des Affaires étrangères – a refusé, arguant que Manning avait déclaré qu’il ne se considérait pas comme britannique. « Le Premier ministre David Cameron et son adjoint Nick Clegg n’ont pas réussi à l’aider, s’insurge Peter Tatchell. Ils ne se sont jamais élevés publiquement contre les mauvais traitements dont il est victime ou, à notre connaissance, appelé le gouvernement américain à stopper les abus que Manning a subi [en prison]. Voilà pour l’engagement professé par la coalition en faveur des droits de l’homme et des libertés civiles. » Jusqu’à ces dernières semaines, Bradley Manning était en effet détenu sur la base de Quantico dans un quasi-isolement, enfermé en cellule vingt-trois heures sur vingt-quatre, empêché de faire de l’exercice, privé de presque toutes affaires personnelles et même un temps de slip, sous prétexte qu’il pourrait se suicider avec. Finalement, devant le tollé international provoqué par ces mauvais traitement, son slip lui a été rendu et les autorités américaines ont transféré le jeune homme dans une prison militaire au régime plus souple, au Kansas.

« COURAGE ET INTÉGRITÉ » 
De leur côté, les partisans de Bradley Manning assurent la contre-attaque. L’Américain a un site de soutien, bradleymanning.org, qui tente de collecter des fonds pour assurer sa défense. Il a reçu le soutien du documentariste Michael Moore et d’intellectuels tels que Noam Chomsky, l’une des voix de la gauche américaine, qui écrit à son sujet: « C’est un privilège de participer à la campagne pour soutenir Bradley Manning, qui a fait preuve de courage et d’intégrité envers son pays, en contribuant à rendre le gouvernement responsable devant ses citoyens et en informant son peuple de ce qu’il devait savoir ». Reste que soldat Manning risque la prison à vie, voire la peine de mort pour « transmission illégale d’informations militaires » et « aide à l’ennemi », bien que le procureur chargé de l’accusation a déjà indiqué qu’il ne la réclamera pas. Son procès devant une cour militaire devrait bientôt débuter par des audiences préliminaires. Peter Tatchell exhorte les supporters du jeune Manning à agir en sa faveur en signant la pétition qui lui est consacrée ou en écrivant au soldat et aux autorités concernées.