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Un complément d'actualité LGBT
Et vous, qu'en pensez-vous?
Education | International | 02.03.2012 - 15 h 52 | 4 COMMENTAIRES
États-Unis: Une principale poussée à la démission après un commentaire homophobe

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Ce sont quelques mots glaçants lancés à des élèves qui ont coûté son poste à Dorothy Bond. Depuis jeudi, le portrait de l’ex-principale du lycée Haywood de Brownsville (ci-contre), dans le Tennessee, ne figure plus sur la page de l’administration. Dorothy Bond exerçait pourtant ses fonctions depuis les années 90. Mais son dernier dérapage aura manifestement été celui de trop.

«SI VOUS ÊTES GAYS, VOUS IREZ EN ENFER»
C’est au cours d’un débat sur les démonstrations d’affection en public que la chef d’établissement aurait pété les plombs. «Nous discutions et elle a pointé le doigt vers les gays en disant: Si vous êtes gays, vous irez en Enfer, si vous êtes enceintes, votre vie est finie», raconte une lycéenne, visiblement très émue, au journaliste d’Abc24, une chaîne locale qui a couvert l’affaire. Très choqués, des élèves ont en effet rapporté les mots de leur principale à leurs parents, qui ont à leur tour alerté la presse.

D’autres témoignages dénonçant l’homophobie de la chef d’établissement ont ainsi refait surface. Comme Tony Snipes, ce père d’élève qui révèle face caméra que son fils a été accusé par Dorothy Bond d’être gay en raison de sa coupe de cheveux: «Il y a quelques années, elle a dit à mon jeune fils que s’il s’asseyait entre les jambes d’une fille pour se faire faire des tresses, c’est qu’il devait être gay. Si vous êtes enceintes ou homosexuels, vous n’êtes pas la bienvenue dans cette école». Regardez le reportage réalisé par Abc24:

Si vous n’arrivez pas à lire la vidéo, cliquez sur Principal Dorothy Bond Tells Gay Students They’re Going To Hell.

Les déclarations de Dorothy Bond, largement relayées par la presse, ont fait scandale. La très influente Human Rights Campaign, considérée comme l’une des organisations les plus importantes en matière de droits des personnes LGBT aux États-Unis a notamment lancé une pétition en ligne qui a recueilli 5000 signatures en seulement quatre heures.

INTERDIRE DE PARLER D’HOMOSEXUALITÉ DANS LES ÉCOLES?
Devant le tollé provoqué par ses propos, Dorothy Bond a fini par présenter sa démission, qui a été immédiatement acceptée par sa direction, sans doute trop heureuse de mettre fin à cette mauvaise publicité. Il faut dire que l’État du Tennessee n’est pas réputé pour ses positions gays-friendly.

Depuis l’année dernière, un député républicain s’est mis en tête de faire adopter une  proposition de loi visant à interdire de parler d’homosexualité dans les écoles avant le «9th grade» c’est-à-dire l’équivalent de la 3e (lire Tennessee: Le débat sur la proposition de loi «Don’t Say Gay» est relancé). Plus récemment, un autre élu s’est illustré en comparant les homos à des meurtriers et des violeurs en réponse à la lettre d’une lycéenne qui l’interrogeait sur ses positions anti-gays. L’exemple vient d’en haut.

Photo haywoodschools.com

Education | International | Politique | 26.07.2011 - 10 h 19 | 15 COMMENTAIRES
Quand «le tueur d’Oslo» était prêt à se faire passer pour gay pour mener à terme ses projets

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Depuis samedi, son visage banal – presque poupin – et ses cheveux blonds passent en boucle sur nos écrans. Anders Behring Breivik, un Norvégien de 32 ans, a finalement admis hier être l’auteur du massacre d’Utoya et de l’attentat d’Oslo qui ont coûté la vie à 76 personnes (selon un dernier bilan encore provisoire). Mais avant de passer à l’acte, celui que la presse a déjà surnommé «le tueur d’Oslo» avait rédigé un manifeste de plus de 1500 pages dans lequel il livrait son idéologie. Mais aussi des méthodes de dissimulation pour éviter de se faire repérer. Parmi lesquelles l’homosexualité.

«DIS QUE TU PENSES ÊTRE GAY»
Dans son combat contre ce qu’il appelle le «marxisme culturel», Breivik consacre en effet aux homos de nombreux passages de son «manifeste». Le site allemand Queer.de révèle que le terroriste de 32 ans porte un regard ambivalent sur les homosexuels. Ainsi, s’il se défend d’être homophobe, rappelant que les gays et lesbiennes font partie des cibles de l’«hégémonie» islamique  qu’il prétend combattre, il explique plus loin qu’il ne faut pas hésiter à se faire passer pour un gay pour susciter l’empathie des gens.

«Dis que tu penses être gay, écrit-il, et que tu découvres ton nouveau moi et que tu ne veux plus parler de cette question. Dis leur que tu en as honte et tu ne veux pas plus parler de ce sujet. Fais leur jurer de ne le dire à personne! (ton égo peut en souffrir, à moins que tu sois certain de ton hétérosexualité, parce qu’ils croiront vraiment que tu es gay mais c’est une stratégie extrêmement efficace pour arrêter les questions et empêcher les gens de creuser dans ta vie quand tu ne le veux pas.»

LE PARFAIT ALIBI
Sur le modèle des discours chrétiens-conservateurs américains, Anders Behring Breivik se déclare également en faveur du mariage traditionnel, prône une éducation conservatrice et une limitation des divorces. Dans la même veine, il dénonce dans plusieurs paragraphes les revendications LGBT et féministes, coupables à ses yeux de mettre en danger la civilisation chrétienne et de «discriminer les hétérosexuels» (!). «Par ailleurs, avance-t-il, c’est seulement parce que la compréhension traditionnelle du mariage a déjà été gravement compromise que les homosexuels peuvent désormais y prétendre. Les gays ne veulent pas du mariage dans le moule traditionnel (la version des années 1950), seule la version édulcorée qui en existe aujourd’hui les intéresse.»

Tout en critiquant les mouvements LGBT, il pense qu’il y a beaucoup à apprendre de leurs méthodes. D’après lui, si les homos sont parvenus à imposer leur message politique depuis une vingtaine d’années, c’est parce qu’il se sont posés en «victimes». Une «stratégie très efficace» qui, selon lui, fait de l’homosexualité le parfait alibi pour ne pas éveiller les soupçons. Dans son manifeste, il conseille par exemple d’acheter une voiture de marque Hyundai, «parce que c’est très gay». Il confie aussi se maquiller avant de se photographier car «ça peut sembler gay, explique-t-il, mais plus on est attirant, mieux le message passe.»

Samedi dernier, Anders Behring Breivik a mis en œuvre ses méthodes de dissimulation sur l’île d’Utoya. Déguisé en policier, il s’est joint à un rassemblement de jeunes partisans du Parti travailliste au pouvoir. Puis, sous prétexte de les protéger après l’attentat d’Oslo, il a ouvert le feu sur les participants, tuant au moins 68 personnes selon la police, avant d’être arrêté par les forces de l’ordre une heure plus tard.

Photomontage Paul Denton

Education | Enquête | Recherche | Santé | 29.06.2011 - 10 h 19 | 5 COMMENTAIRES
Les ados homos et bi délaissé-e-s par la recherche française?

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Alors que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s font régulièrement l’objet d’études dans les pays anglo-saxons – la dernière en date, menée par le Center for Disease Control and Prevention, révèle que ces jeunes sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros (lire Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi) – les chercheurs français ne se bousculent pas pour travailler sur ces questions. Explications.

DISCOURS AMBIGUS
« En France, la sociologie a longtemps mis de côté ces cas d’études, contrairement aux études canadiennes et américaines, qui démontrent l’intérêt porté par les nations outre-Atlantique sur ce sujet », explique Frédéric Gal, directeur du Refuge, association qui recueille de jeunes LGB exclus du domicile familial. Et de citer les études  de Bell et Weinberg, des chercheurs américains qui, dès 1978, travaillent sur le risque suicidaire chez les jeunes homos américains. D’autres études ont suivi, notamment celles de Christopher Bagley et Pierre Tremblay en 1997, puis de Gary Remafedi en 1998, et enfin en 2000, des Canadiens Bill Ryan et Jean-Yves Frappier. En France, il faut attendre les années 2000 pour qu’une enquête de cette ampleur soit menée. En 2005, le quotidien Libération révèle les résultats d’une étude française, conduite sur le territoire entre 1998 et 2003, qui montre que les jeunes homos et bi ont 13 fois plus de chance de se suicider que les hétéros. Olivier Orain, chercheur au CNRS et en charge du groupe de travail adolescence et homophobie à Sos-Homophobie, rappelle que les réticences à travailler sur de tels sujets étaient encore très fortes il y a quelques années. « Jusqu’à la fin des années 1990, faire de la recherche sur l’homosexualité apparaissait périlleux en termes de carrière. Ce n’était pas considéré comme un sujet légitime mais plutôt comme une thématique ‘osée’, ou anecdotique, mineure en définitive. »

« On ne peut pas dire qu’il n’y ait pas d’études sur l’homosexualité et les jeunes en France », tempère toutefois le chercheur. « En revanche, le discours ordinaire et dominant sur l’adolescent est très ambigu. Contrairement aux pays anglo-saxons, il y a cette insistance en France sur l’idée que l’adolescent ne sait pas ce qu’il est, qu’il se cherche, décrypte Olivier Orain. Il en découle que nombre d’adultes – en particulier de pédagogues et d’éducateurs au sens large – considèrent encore le plus souvent qu’il n’est pas un individu à l’orientation sexuelle déterminée. D’où la tendance à sous-estimer ou à dévaluer la capacité d’un jeune de 12-18 ans à tirer au clair son attirance pour des personnes du même sexe. C’est quelque chose de très ancré dans les métiers de professionnels travaillant au contact de la jeunesse. »

Une analyse que semble partager le directeur du Refuge. « L’école est un lieu encore très protégé de toute intervention sur la thématique de l’homosexualité. Lorsque des interventions, et on le sait car nous en réalisons nous-mêmes, ont lieu, c’est quasiment presque toujours sur l’impulsion de professeurs concernés par la thématique ou par les infirmières scolaires ou assistantes sociales ayant rencontré ce phénomène ou de mal-être, non lié à l’homosexualité. […] Au lieu de parler d’homophobie proprement dit, on pourrait plutôt évoquer une volonté d’occulter le phénomène », avance Frédéric Gal. Ce qui ne la rendrait pas moins « dramatique » pour autant, selon les intéressés. « Les adultes hétérosexuels plus globalement tiennent ce type de discours, avec l’espoir – pour certains – que ces jeunes vont revenir dans ‘le droit chemin’. C’est ce qui sous-tend les propos d’une certaine droite catholique », précise Olivier Orain.

« Globalement, il y a des formes d’homophobie moins violentes en France qu’aux Etats-Unis, poursuit le chercheur. Là-bas, quand un jeune a le courage de s’affirmer, les réactions sont plus fréquemment dures et massives, notamment parmi les jeunes ou en famille, et la protection des adultes est très aléatoire. Alors que dans la société française, comme le rapport à l’adolescent est différent, la violence est proportionnellement moins forte. Le déni fonctionne comme un amortisseur des réactions sociales et familiales, ce qui ne le rend pas satisfaisant pour autant. »

COMMUNAUTARISME
Reste que la situation semble évoluer favorablement ces dernières années. « De plus en plus de chercheurs sont prêts à travailler sur ces questions, dans des domaines très variés », se félicite Olivier Orain. Le chercheur en veut pour preuve l’essor des études sur le genre et la sexualité. Une revue en ligne, baptisée Genre, sexualité et société, a ainsi vu le jour en 2009. Tout en reconnaissant qu’il reste encore très difficile pour les sciences sociales de s’appuyer sur des statistiques ‘sexuelles’ fiables et systématiques en France, « du fait du tabou qui frappe encore ce qui est supposé porter atteinte à la vie privée ou semble entaché de communautarisme. »

De fait, comme le rappelle Frédéric Gal, la loi française interdit l’utilisation dans les statistiques de données sensibles, comme la religion ou les origines ethno-raciales, ou la constitution de fichiers basés sur l’orientation sexuelle des personnes même si des dérogations existent en fonction de la finalité, notamment scientifique, des études. Le directeur du Refuge pointe néanmoins « l’appareil législatif français », selon lui, « particulièrement sécuritaire ». « S’il protège les citoyens de toute discrimination quelle qu’elle soit, en contrepartie, il interdit à celles et ceux les dénonçant d’utiliser des points de données capitaux, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays, notamment les Etats-Unis ou encore le Canada », conclut Frédéric Gal.

Photo bilgrimage.blogspot.com

Education | Recherche | Santé | 14.06.2011 - 11 h 22 | 3 COMMENTAIRES
Etats-Unis: Inquiétude autour des comportements à risque des jeunes homos et bi

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Alcool, drogue, rapports sexuels non protégés, surpoids etc. Des études montrent déjà que l’adolescence est l’âge de tous les dangers. Mais qu’en est-il des jeunes qui doivent en plus assumer une orientation sexuelle différente de la norme hétérosexuelle? Une nouvelle étude américaine confirme que les jeunes lesbiennes, gays et bisexuel-le-s (LGB) sont davantage susceptibles d’avoir des comportements à risque que les hétéros.

L’étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC) est la plus complète à ce jour sur les conduites à risque des jeunes. L’agence fédérale a passé au crible les comportements à risque de 156 000 élèves du secondaire dans sept Etats américains entre 2001 et 2009, que ce soit en matière de consommation de drogues ou d’alcool, du comportement alimentaire ou sexuel. Mais ce qui fait la spécificité de cette étude, c’est que les participants ont également été interrogés sur leur orientation sexuelle (mais pas sur leur identité de genre). Les résultats rendus publics par le CDC la semaine dernière ont permis de dégager des différences tout à fait significatives.

DISPARITÉS CONSIDÉRABLES ENTRE ELEVES LGB ET HÉTÉROS
Ainsi, près de 30% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s disent avoir sérieusement envisagé le suicide, contre 11,7% pour les élèves hétérosexuel-le-s. De la même manière, si 7,8% des élèves hétérosexuel-le-s déclarent avoir conduit sous l’emprise de l’alcool, ce taux est multiplié par deux et monte à 15,4%, pour les étudiant-e-s homos. Plus surprenant, lorsqu’on les a interrogés au sujet des armes à feu, 12% des étudiant-e-s gays et lesbien-ne-s ont affirmé avoir transporté une arme au moins une fois durant le mois précédent, soit presque quatre fois plus que les élèves hétérosexuel-le-s. L’étude du CDC révèle également que les jeunes bisexuel-le-s seraient encore plus exposés que les gays et les lesbiennes. De manière générale, les ados LGB déclarent en moyenne adopter 70% de tous les comportements à risque « mesurés », tout particulièrement par rapport aux tentatives de suicide, le recours à la drogue et à l’alcool, aux relations sexuelles non protégées et à la gestion du poids. Ce sont ces disparités considérables entre élèves LGB et hétéros qui suscitent l’inquiétude des autorités sanitaires américaines.

« Nous nous inquiétons de ce que ces étudiants soient confrontés à de telles disparités pour tant de risques différents pour leur santé », s’alarme Howell Wechsler, directeur de la division adolescence et santé scolaire du CDC, auprès de l’agence Reuters lundi 6 juin. « Ce rapport devrait être agir comme un déclic pour les familles, les écoles et les communautés, nous devons faire un meilleur travail pour soutenir ces jeunes », conclut ce haut fonctionnaire. Pour les chercheurs du CDC, ces « disparités » s’expliquent notamment par l’absence « d’un environnement procurant un sentiment de sécurité et de soutien » à destination de ces élèves.

« Les jeunes gay, lesbiennes et bisexuels sont souvent conduits à des comportements à risque parce qu’ils sont rejetés par leurs familles et les autres groupes de soutien », analyse pour sa part Laura McGinnis, porte-parole de The Trevor Project, une organisation nationale qui fournit des conseils de crise et de prévention du suicide chez les jeunes. « Nous avions connaissance de tout cela depuis des années, mais les recherches n’existaient pas pour nous soutenir », affirme-t-elle. Pour Mme McGinnis, ces nouvelles données devraient contribuer à accroître la sensibilisation des décideurs et conduire à plus de formation pour les membres du personnel scolaire.

Pour améliorer la situation, le rapport du CDC préconise la mise en place de nouveaux dispositifs au sein des établissements scolaires, à l’instar des Gay-Straight Alliance (ces groupes censés favoriser la tolérance et la solidarité entre les élèves LGB et hétéros).

Associatif | Coup de gueule | Education | 10.06.2011 - 19 h 04 | 15 COMMENTAIRES
Théorie du genre: la mobilisation contre la « croisade » anti-homo des cathos s’amplifie

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Après avoir laissé les associations familiales catholiques mobilisées contre l’enseignement de la théorie du genre (ou gender studies) occuper le terrain (lire Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée), les syndicats d’enseignants et de parents d’élèves montent au créneau. L’Unsa éducation a ainsi dénoncé un « retour à l’ordre moral » en début de semaine. Cette fois, c’est au tour du Snes-FSU, premier syndicat de l’enseignement secondaire, de riposter.

« A LES ENTENDRE, IL N’Y AURAIT QU’UN MODÈLE
DE CELLULE FAMILIALE: LE COUPLE HÉTÉRO ET SES ENFANTS »
« L’enseignement catholique tire actuellement à boulets rouges sur les manuels de Sciences de la Vie et de la Terre accompagnant les nouveaux programmes de sciences du lycée, déplore le Snes-FSU, dans un communiqué publié sur son site mercredi 8 juin. […] A les entendre, il n’y aurait qu’un seul modèle de cellule familiale : le couple hétérosexuel et ses enfants. » Le Snes «se félicite que des questions au centre de la construction de l’individu soient abordées à l’école, sans tabou, mais aussi sans idéologie et dans le respect des sensibilités de chacun. Les esprits chagrins réactionnaires qui luttèrent et continuent de lutter contre la contraception et l’avortement, instrumentalisent aujourd’hui l’école pour médiatiser leur croisade contre l’homosexualité».

« L’ECOLE A POUR MISSION D’INSTRUIRE
ET D’ÉDUQUER DANS LE RESPECT DES SENSIBILITÉS»
Le Groupe national information et éducation sexuelle (Gnies) estime de son côté que « l’école a pour mission d’instruire et d’éduquer, dans le respect des sensibilités ». Dans les établissements scolaires, « l’ensemble des personnels est confronté au désarroi de jeunes en difficulté avec leur orientation sexuelle, note le Gnies dans son communiqué. Aborder cette question dans la classe est un premier pas vers le respect de chacun et la compréhension de l’autre. »

Le Gnies compte, notam­ment, parmi ses membres plu­sieurs syn­di­cats d’enseignants, la FCPE (pre­mière fédé­ra­tion des parents d’élèves de l’enseignement public), le mou­ve­ment fran­çais du plan­ning fami­lial, le conseil natio­nal des asso­cia­tions fami­liales laïques, l’association des pro­fes­seurs de bio­lo­gie et de géo­lo­gie, ainsi que La Mutuelle des étudiants.

La direction de l’enseignement catholique, les associations familiales catholiques ainsi que Christine Boutin s’étaient publiquement élevés contre les nouveaux programmes de SVT pour les premières L et ES, qui incluent la notion de genre.

Education | 07.06.2011 - 08 h 55 | 20 COMMENTAIRES
Théorie du genre au lycée: Un syndicat d’enseignants contre-attaque

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La Fédération syndicale Unsa education dénonce un « retour à l’ordre moral » et estime que les associations familiales catholiques visent « l’homosexualité » à travers leur « croisade » contre les nouveaux manuels de SVT (lire Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée) dans un communiqué publié lundi 6 juin.

« LES EGLISES N’ONT PAS À DONNER LEUR AVIS
SUR DES PROGRAMMES SCOLAIRES »
« Les associations familiales catholiques lancent leur nouvelle croisade, accuse l’Unsa. Elles ont décidé de s’en prendre aux programmes de première des SVT et, comme le rappellent les programmes, à « l’acceptation des différences ». […] Pour ces associations intégristes, l’hétérosexualité est la norme et les identités entre hommes et femmes établies une fois pour toutes. Le mariage est la règle et ne peut que concerner les hétérosexuels. »

Pour l’Unsa Education, « les Eglises, quelles qu’elles soient, n’ont pas à donner leur avis sur des programmes scolaires qui visent à la formation de « citoyens » et non de « croyants », sauf à vouloir défaire la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ». Et la fédération de s’interroger: le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, « cèdera-t-il aux pressions des intégristes catholiques? Ou y résistera-t-il? ».

« EFFRAYANTE NOUVELLE »
Le 27 mai dernier, la direction de l’enseignement catholique a envoyé une lettre à ses établissements scolaires, contestant les nouveaux programmes de SVT et particulièrement le chapitre « Devenir homme ou femme » qui « fait implicitement référence à la théorie du genre, qui privilégie le « genre » considéré comme une pure construction sociale, sur la différence sexuelle ». Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, a écrit au ministre de l’Education nationale Luc Chatel pour lui demander de faire retirer et corriger les nouveaux livres de SVT.

De son côté, la confédération nationale des associations catholiques CNACF a mis en place une pétition sur son site internet et dénonce un programme de classe de première offrant « un panorama de la sexualité morbide et mortifère (contraception et contragestion) sans aucune ouverture vers la relation, l’amour de l’autre, le don de soi et l’ouverture à la vie ». « C’est une sexualité qui est décrite comme proche de celle de l’animal, dans une continuité de comportement et avec une absence de sens, s’insurge l’association catholique. » A noter que le député UMP Christian Vanneste, fidèle à lui-même, qualifie l’arrivée de la théorie du genre dans les lycées d’ « effrayante nouvelle » sur son blog. L’élu de Tourcoing annonce avoir posé une question écrite à Luc Chatel, lequel reste toujours muet à ce sujet, à l’Assemblée.