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Associatif | Politique | 30.05.2011 - 17 h 23 | 17 COMMENTAIRES
Le Refuge répond à Brigitte Barèges et lance un appel à la mobilisation

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« Pour répondre aux propos outrageants et scandaleux de la députée-maire de Montauban Brigitte Barèges, […] Le Refuge lance un appel national pour que le plus de monde possible appelle l’Hôtel de ville de Montauban lundi prochain pour demander les formalités à remplir pour se marier avec son chien ou son chat. Téléphone de l’Hôtel de Ville de Montauban: 05.63.22.12.00. Merci pour votre retour suite à votre appel. » Si vous avez reçu ce message du Refuge sur Facebook, sachez que ce n’est pas un canular mais une partie de la réponse de l’association à la députée UMP Brigitte Barèges. Crée en 2003, le Refuge accueille des jeunes homos exclus du domicile familial. Pour son président national, Nicolas Noguier, cet appel à la mobilisation téléphonique est un moyen de répondre à « l’humour particulier » de la députée.

« CERTAINS L’ONT LU SUR INTERNET »
La députée-maire de Montauban a en effet provoqué un tollé en déclarant mercredi 25 mai au cours d’une réunion à l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe: « Et pourquoi pas des unions avec des animaux? Ou la polygamie? ». Une petite phrase aux relents homophobes qui a provoqué l’ire des associations LGBT et des réactions indignées d’une grande partie de la classe politique, tous bords confondus (lire Brigitte Barèges: la députée retire ses propos, Jean-François Copé les condamne). Mais qui n’est pas non plus passée inaperçue dans la région, particulièrement à l’antenne du Refuge de Montpellier, laquelle
se dit particulièrement inquiète pour ses protégé-e-s par le truchement de Nicolas Noguier. « Certains l’ont lu sur Internet », rapporte ce dernier, qui dénonce des propos « inacceptables ».

« ÇA LEUR REVIENT EN PLEINE FIGURE »
« Cette référence à la zoophilie les a beaucoup choqué, explique-t-il. Certains ont déjà entendu ça dans leur familles, d’autres tous les jours au collège ou au lycée. Et aujourd’hui, ça leur revient en pleine figure. Ils ne s’attendaient pas à l’entendre de nouveau, surtout de la bouche d’une élue de la République. » Les protégé-e-s du Refuge ont entre seize et vingt-cinq ans et sont accueillis par l’association où ils trouvent un soutien psychologique parce qu’ils ont été victime, par le passé, d’actes homophobes. La plupart d’entre eux ont été rejeté par leurs familles ou leurs amis en raison de leur orientation sexuelle.

Dans un premier temps, l’association a annoncé « confier à son avocat le soin de rédiger une plainte judiciaire pour propos à caractère homophobe » contre Brigitte Barèges. Idée aujourd’hui abandonnée en raison de l’immunité parlementaire de la députée. Finalement, l’association semble avoir choisi la voie de la conciliation – Me Charles Bernier, l’avocat du Refuge, a invité l’élue à rencontrer les jeunes – et de la mobilisation – Nicolas Noguier lui a écrit afin qu’elle diffuse la campagne nationale du Refuge « sur Montauban et agglomération ». Pour le moment, la députée n’a pas donné suite aux demandes de l’association. En attendant, il paraît que la mairie de Montauban est « assaillie d’appels ». C’est toujours ça de gagné sur l’homophobie.

Vous pouvez soutenir Le Refuge sur Facebook ou sur son site Internet.

Associatif | International | Politique | 18.05.2011 - 17 h 22 | 29 COMMENTAIRES
Bradley Manning, traître à la nation ou héros gay?

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Qui est réellement Bradley Manning? Voilà un an que ce jeune homme de 23 ans est emprisonné. Accusé d’avoir transmis à WikiLeaks les centaines de milliers de documents confidentiels révélant les coulisses de la diplomatie américaine et un enregistrement d’une vidéo montrant une bavure de l’armée US en Irak, il est devenu le symbole d’une Amérique divisée. Pour la Maison Blanche et une bonne partie de l’opinion publique, il est un traître qui doit être jugé le plus sévèrement possible. Pour ses défenseurs, il est au contraire un « héros de la paix, un « humaniste » et même un « héros gay ».

C’est ce qu’avance notamment le célèbre militant britannique Peter Tatchell. Dans une tribune publiée sur son site internet mercredi 11 mai, M. Tatchell lance un vibrant appel en faveur du jeune soldat: « S’il a divulgué ces documents à Wikileaks, il devrait être salué comme un défenseur des droits humains », affirme-t-il. Décrivant Bradley Manning comme « un humaniste et un homme avec une conscience, inspiré par son engagement pour les droits de l’Homme », Peter Tatchell retrace le parcours militant de ce dernier pour de l’égalité des droits et contre la loi « Don’t Ask, Don’t Tell » (DADT). Cette loi abrogée par le Sénat américain en décembre 2010 qui obligeait les soldats homos à taire leur orientation sexuelle (lire États-Unis: Le Sénat vote l’abrogation de Don’t ask, Don’t tell).

HOMOSEXUALITÉ ET TRAHISON?
Une situation qui, ajoutée à une rupture avec son compagnon de l’époque, aurait conduit le jeune soldat à la dépression, selon The Daily Telegraph. Le quotidien britannique se base sur l’historique de la page Facebook du soldat, lequel se décrit comme « plus que frustré par l’armée et la société en général » et « plombé par le sentiment de n’avoir plus rien ». Bradley Manning aurait posté ses états d’âme sur le réseau social peu avant la date où il aurait, selon l’accusation, téléchargé les documents confidentiels sur des CD censés contenir les tubes de Lady Gaga (!). Pour M. Tatchell, Bradley Manning, sous réserve qu’il soit bien l’informateur de Wikileaks, aurait plutôt « été conduit à libérer les fichiers [parce qu’]il aurait perdu ses illusions avec son pays en matière de politique étrangère et militaire et croyait les idéaux américains de démocratie et les droits de l’homme trahis ».

Homosexualité et trahison, un cocktail béni pour la droite américaine qui combat l’abrogation de DADT au motif que l’ouverture de l’armée aux gays et aux lesbiennes constituerait un danger pour la sécurité des troupes. « Les révélation sur le comportement ouvertement pro-homosexuel de Manning suggèrent qu’une politique plus libérale du département de la défense, sur les souhaits du commandant en chef, s’est maintenant retournée dans des proportions considérables contre les forces américaines, estime ainsi le site ultra-conservateur Accuracy in Media. Cela pourrait causer non seulement des pertes au sein de l’armée mais aussi porter atteinte aux relations avec le Pakistan et l’Afghanistan et mener à une possible défaite militaire dans la région. »

MAUVAIS TRAITEMENTS 
Le cas du du premier classe Manning embarrasse également outre-Manche. Car le jeune homme est britannique par sa mère, installée au Pays de Galles. Celle-ci a réclamé la protection consulaire pour son fils après lui avoir rendu visite en prison en février dernier. « J’ai été très bouleversée de voir Bradley. Être en prison a un effet néfaste sur lui autant physiquement et mentalement, écrit-elle dans sa lettre aux autorités. Je crains que son état ne s’aggrave. Je voudrais que quelqu’un lui rendre visite afin de vérifier ses conditions [de détention]. » Mais le Foreign Office – l’équivalent britannique du ministère des Affaires étrangères – a refusé, arguant que Manning avait déclaré qu’il ne se considérait pas comme britannique. « Le Premier ministre David Cameron et son adjoint Nick Clegg n’ont pas réussi à l’aider, s’insurge Peter Tatchell. Ils ne se sont jamais élevés publiquement contre les mauvais traitements dont il est victime ou, à notre connaissance, appelé le gouvernement américain à stopper les abus que Manning a subi [en prison]. Voilà pour l’engagement professé par la coalition en faveur des droits de l’homme et des libertés civiles. » Jusqu’à ces dernières semaines, Bradley Manning était en effet détenu sur la base de Quantico dans un quasi-isolement, enfermé en cellule vingt-trois heures sur vingt-quatre, empêché de faire de l’exercice, privé de presque toutes affaires personnelles et même un temps de slip, sous prétexte qu’il pourrait se suicider avec. Finalement, devant le tollé international provoqué par ces mauvais traitement, son slip lui a été rendu et les autorités américaines ont transféré le jeune homme dans une prison militaire au régime plus souple, au Kansas.

« COURAGE ET INTÉGRITÉ » 
De leur côté, les partisans de Bradley Manning assurent la contre-attaque. L’Américain a un site de soutien, bradleymanning.org, qui tente de collecter des fonds pour assurer sa défense. Il a reçu le soutien du documentariste Michael Moore et d’intellectuels tels que Noam Chomsky, l’une des voix de la gauche américaine, qui écrit à son sujet: « C’est un privilège de participer à la campagne pour soutenir Bradley Manning, qui a fait preuve de courage et d’intégrité envers son pays, en contribuant à rendre le gouvernement responsable devant ses citoyens et en informant son peuple de ce qu’il devait savoir ». Reste que soldat Manning risque la prison à vie, voire la peine de mort pour « transmission illégale d’informations militaires » et « aide à l’ennemi », bien que le procureur chargé de l’accusation a déjà indiqué qu’il ne la réclamera pas. Son procès devant une cour militaire devrait bientôt débuter par des audiences préliminaires. Peter Tatchell exhorte les supporters du jeune Manning à agir en sa faveur en signant la pétition qui lui est consacrée ou en écrivant au soldat et aux autorités concernées.

Associatif | Politique | Région | 05.05.2011 - 15 h 22 | 33 COMMENTAIRES
Nancy: le collectif LGBT Lorraine épingle un élu FN « plutôt gai »

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Jean-Luc Manoury, élu Front national au Conseil régional de Lorraine, est dans la ligne de mire du collectif d’associations LGBT Lorraine. L’objet de leur colère? Une tribune intitulée « Non au mariage des homosexuels! », publiée par le conseiller régional sur son blog le 28 avril dernier, dans laquelle il s’insurge contre les revendications exprimées par le collectif organisateur de la gay pride lorraine 2011.

« POLITIQUE DE LA BRAGUETTE »
« Homme d’ouverture et de dialogue, et d’un naturel plutôt gai, écrit l’élu, ce n’est pas avec satisfaction que j’ai reçu comme élu républicain une lettre du collectif d’associations LGBT organisateur de la Gay Pride Lorraine. » Les principales associations LGBT lorraine avaient en effet envoyé entre 400 et 500 lettres à l’ensemble des élus lorrains. Objectif: leur demander de prendre officiellement position sur des revendications telles que « l’ouverture du mariage républicain aux couples de même sexe ou encore pour le droit à l’adoption et à la procréation médicalement assistée pour toute personne et tout couple ayant un projet parental cohérent, le droit au changement d’état civil ». À la surprise générale, le maire de Nancy et figure du parti radical André Rossinot avait signé le bulletin de soutien et encouragé personnellement la Marche des Fiertés. Le député de Meurthe-et-Moselle et secrétaire général du Parti radical Laurent Hénart avait également rejoint l’édile dans son engagement. (lire André Rossinot, le maire de Nancy, apporte son soutien à la Marche des Fiertés).

Mathieu Klein (en haut) et Laurent Hénart. (Photo Document remis)

Non content d’opposer une fin de non-recevoir aux associations, M. Manoury s’en prend à l’orientation sexuelle de certains de ses collègues élus. « J’observe que comme en religion il y a les élus croyants et pratiquants », note-t-il avec perfidie à propos de Mathieu Klein et de Laurent Henart. À 35 ans, le premier, vice-président socialiste du Conseil Général de Meurthe-et-Moselle, est l’un des rares élus ouvertement homosexuel. Membre de HES (Homosexualités et Socialisme), l’association gay affiliée au PS, M. Klein est militant LGBT de longue date. Le second, 43 ans, marié et père de deux enfants, ancien secrétaire d’État au gouvernement Raffarin, aujourd’hui député, s’est illustré par un soutien constant à la communauté LGBT de Lorraine notamment dans le domaine culturel en tant qu’adjoint à la culture de Nancy.

« Au Front National, écrit Jean-Luc Manoury, il n’y a pas de politique de la braguette et l’homosexualité comme la religion doit rester dans la sphère privée et je fais partie des élus lorrains qui sont opposés aux revendications des associations lesbiennes, gays, bi et transgenres. » L’occasion pour cet ancien militaire de 51 ans, marié et père de trois enfants, de rappeler la profession de foi du FN en matière de société: « Un enfant est le fruit d’une union de deux parents de sexe différents. Un environnement éducatif composé de deux parents de même sexe nuirait à l’équilibre de l’enfant et à son développement ». Et l’élu de conclure d’une citation: « Il est curieux de constater combien les homosexuels prolifèrent, alors qu’ils ne se reproduisent pas ».

« LE FN MONTRE SA VRAIE COULEUR »
Le collectif LGBT lorraine n’a guère goûté la complainte de l’élu frontiste. « Opposer les Français en fonction de leur sexualité ou de leur identité de genre, en 2011, c’est d’un ringard! M. Manoury est plutôt gai, mais, avec ses tristes arguments, ressassés depuis 30 ans par l’arrière-ban des politiciens homophobes de tout poil, il se montre finalement encore plus sexiste qu’homophobe », dit le communiqué de presse. L’un de ses initiateurs s’indigne: « C’est un humour de comique-troupier, digne de Jean-Marie Le Pen et particulièrement odieux!, tonne Daniel Conrad, producteur-animateur de l’émission LGBT Ce n’est que de l’amour sur Radio Caraïb Nancy. Sous le vernis de la vague bleue Marine, le FN montre sa vraie couleur: le brun! »

La charge de M. Manoury intervient alors que le Parti radical entretient le suspense sur sa possible scission avec l’UMP. Son président, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, devrait faire part de ses intentions lors du congrès du parti qui se tiendra les 14 et 15 mai prochain. En attendant cette date butoir, la presse analyse la prise de position d’André Rossinot et de Laurent Hénart en faveur de l’égalité des droits comme un signal supplémentaire d’une rupture avec l’UMP. Le parti de la majorité présidentielle s’est en effet opposé à toutes les revendications des associations LGBT.

« JE NE SUIS PAS HOMOPHOBE, J’AI MÊME DES AMIS HOMOSEXUELS »
Contacté par téléphone, Jean-Luc Manoury assume tranquillement ses propos: « J’ai lu dans L’Est républicain qu’André Rossinot [le maire de Nancy, ndlr] a donné son soutien à la gay pride. Je ne suis pas homophobe, assure l’élu, j’ai même des amis homosexuels. Mais la sexualité doit rester dans la sphère privée. Je suis donc contre cette manifestation. » Manifestement soucieux de ne pas apparaître comme « anti-homosexuel », M. Manoury affirme également que le Front national compte « beaucoup d’homosexuels » en son sein, sans donner plus de précisions.

Un discours qui semble s’inscrire dans la droite ligne de la stratégie attrape-tout de Marine Le Pen. Dans son dernier discours du 1er mai, le nouveau leader du FN a en effet fait une place aux homos dans « la grande communauté nationale », déclarant « qu’on soit homme ou femme, hétérosexuel ou homosexuel, chrétien, juif, musulman ou non croyant, on est d’abord Français. » Français peut-être, mais pas avec les mêmes droits. La phrase de Marine Le Pen est à double-tranchant: s’agit-il d’un clin d’œil aux gays ou d’une attaque en règle contre le communautarisme, thème cher aux durs du FN? Les propos de Jean-Luc Manoury font plutôt pencher la balance du côté de la seconde hypothèse.

Associatif | Région | 28.04.2011 - 17 h 52 | 17 COMMENTAIRES
Strasbourg: flash mob féministe contre tartes flambées « sexistes »

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Des associations homosexuelles et féministes ont organisé un happening mercredi dernier pour protester contre la campagne de publicité d’une enseigne de tartes flambées.

Strasbourg, mercredi 20 avril, aux alentours de 19h. Alors que les bureaux se vident, la Grand’Rue de la capitale alsacienne se remplit de monde. Dans cette artère commerçante très prisée des étudiants et des touristes en goguette, le badaud aspire à profiter des derniers rayons de soleil printanier qui s’attardent dans les ruelles.

Soudain, une voix résonne dans un mégaphone. « Nous sommes en colère! Une fois de plus, la femme est jetée en pâture à travers une publicité! » Celle d’Irène Tabellion (ci-dessus, en chemise rouge, magazine en main), présidente de La Lune, une association locale de femmes homosexuelles, entourée d’une trentaine de militantes. L’objet de leur colère? La nouvelle campagne de publicité d’un restaurateur  de tartes flambées.

Une campagne d’un genre particuliers. Sur la photo, une femme dont on ne voit que le bas du corps, se cachant le sexe des deux mains, jambes ouvertes, cuisses serrées, petite culotte flashie (ornée de la coiffe alsacienne traditionnelle) baissée. Son slogan: « Le terroir alsacément plus sexy. » Irène Tabellion ne cache pas son indignation: « En tant que femme et féministe,  on ne peut pas laisser passer une telle publicité. Les femmes sont humiliées. Surtout pour du flammekueche [le nom alsacien de la tarte flambée, ndlr], un produit du terroir. Il faut qu’on m’explique où est le rapport avec une culotte. »

La publicité incriminée a inspiré la blogueuse féministe Ermeline. (via son blog Le féminin l'emporte)

VEILLES CULOTTES
D’autant que la publicité a été diffusée tout au long du mois d’avril par le magazine gratuit PiliPili (propriété du groupe TF1). Avec un tirage  mensuel annoncé de 80.000 exemplaires sur Strasbourg (autour de 40.000 selon l’association ODJ, qui mesure la véracité des chiffres de tirage annoncés par la Presse), cette campagne a bénéficié d’une importante visibilité. « C’est honteux, surtout quand on sait que les gratuits sont très lus, notamment par les jeunes », peste Irène Tabellion.

Pour ne rien arranger, le magazine annonce « sevice jusqu’à minuit » au lieu de « service ». Lapsus malheureux ou simple erreur de frappe? Les militantes s’interrogent. A l’instar de Lorraine, membre de l’association féministe Les Poupées en pantalon. Venue sur place « pour soutenir les actions de La Lune » avec ses camarades, elle pointe le « caractère  malsain » de la publicité. « Cette pub laisse la porte ouverte à toutes les interprétations, explique-t-elle. La femme a sa culotte baissée mais elle serre les cuisses, comme si elle n’était pas consentante. Encore une fois, la femme est instrumentalisée à des fins commerciales, c’est aberrant! » Pour manifester leur colère, les militantes ont réalisé une montagne de vieilles culottes devant le restaurant et sur les tables dont le set comporte aussi la photo incriminée.

FEMME OBJET
A l’intérieur du restaurant, le personnel fait mine de poursuivre ses activités comme si de rien n’était. Le gérant de l’enseigne, Olivier Lammert, refuse de s’exprimer devant la presse. Mais accepte finalement de s’expliquer pour Yagg. Selon lui, cette publicité est un « bon moyen » de communiquer sur le restaurant. « C’est rigolo et sexy, affirme-t-il. Cette pub joue sur le côté décalée. »

Les chiennes de garde se sont chargées de rétablir l'égalité des sexes. (via le blog Le féminin l'emporte)

Reste que pour les défenseurs des droits des femmes, cette publicité est le symbole de la banalisation de la femme objet. « On en est abreuvé à longueur de journée, regrette Irène Tabellion. C’est devenu  tellement courant. » Jean-Philippe Restoueix, président du futur Centre LGBTI de Strasbourg (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), rit jaune: « Le terroir, c’est la terre qu’on laboure. Bravo pour le symbole! Si c’était de l’humour, il fallait faire la même chose avec un homme qui baisse son caleçon. Là, peut-être qu’on aurait pu croire que cette pub débile n’est que du second degré. » Les chiennes de garde s’en sont chargées avant lui. A bon entendeur…

 

Associatif | International | Politique | Religion | 20.04.2011 - 11 h 37 | 23 COMMENTAIRES
Finlande: Les homos européens doivent-ils craindre la montée de l’extrême droite?

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Les gays et les lesbiennes de Finlande ne sont pas à la fête. La victoire du parti des Vrais Finlandais, devenu dimanche dernier troisième force politique du pays, pourrait marquer un recul de l’Europe et des droits des LGBT.


« Raz-de-marée », « tsunami politique », « percée historique »… La presse européenne  n’est pas avare de superlatifs pour illustrer la victoire des Vrais Finlandais (« Perussuomalaiset ») aux élections législatives dimanche 17 avril. La formation nationaliste finlandaise a raflé 19 % des voix et dispose désormais de 39 sièges sur 200 au Parlement. Se présentant comme « anti-élite » et eurosceptique, le parti n’hésite pas à s’en prendre aux étrangers et aux gays. Une stratégie payante puisqu’il gagne 34 sièges par rapport aux élections de 2007.

INQUIÉTUDE

Aija Salo, Secrétaire générale de Seta. (Photo - Wikipedia)

A Helsinki (la capitale), Aija Salo, secrétaire générale de Seta (« Seksuaalinen tasavertaisuus », Égalité sexuelle), principale organisation LGBT de Finlande, ne peut cacher son inquiétude face à la montée de l’extrême-droite. « Personnellement, je suis assez préoccupée car je ne sais pas ce qui nous attend », confie-t-elle. Seta milite notamment pour l’égalité des droits (mariage et adoptions compris), l’amélioration de la loi anti-discrimination, et le retrait de l’obligation de stérilisation dans la demande de changement de sexe. Mais surtout pour une politique gouvernementale pour l’égalité des LGBT, « quelque chose qui n’a jusqu’à présent jamais été fait en Finlande », souligne Aija Salo. Autant de revendications qui vont à l’encontre de la ligne politique des Vrais Finlandais, qui se flattent de défendre la religion et la famille. Leur chef, Timo Soini (ci-dessous), n’a par ailleurs jamais caché son opposition aux droits des LGBT, se prononçant notamment contre le mariage pour les couples de même sexe.

VIOLENTE OPPOSITION

Timo Soini, chef de file des Vrais Finlandais. (Photo - Wikipedia)

Ce politicien de 48 ans s’est converti au catholicisme lorsqu’il était étudiant dans les années 80. Une ferveur pour l’Eglise de Rome qui détonne dans un pays majoritairement protestant et relativement progressiste sur l’homosexualité, parfois au prix de vifs débats (lire Un débat sur l’homosexualité pousse les Finlandais à quitter en masse l’Eglise). En février 2009, un des leaders des Vrais Finlandais s’est violemment opposé à l’ouverture du mariage aux couples gays et lesbiens. Pentti Oinonen avait lancé que « les amoureux des animaux pourraient bientôt exiger d’épouser leur chien. » Dans ces conditions, les réformes que les associations LGBT finlandaises appellent de leurs vœux semblent compromises, d’autant que les nationalistes sont désormais courtisés par les deux principaux partis du pays pour la formation d’un gouvernement de coalition. Un scénario que Aija Salo ne souhaite évidemment pas se voir réaliser: « Nous espérons que la possible entrée de « perussuomalaiset » [les Vrais Finlandais] au gouvernement ne va pas mettre en péril [nos] objectifs. Dans tous les cas, Seta continuera à agir énergiquement pour la reconnaissance des droits humains des LGBT et nous allons, bien entendu, essayer de trouver les meilleures stratégies pour aller dans ce sens, en tenant compte du climat politique. »

TENDANCE EUROPÉENNE

Selon les analystes, la Finlande est plus tolérante envers les mouvements d’extrême-droite car le personnel politique ne s’embarrasse pas de questions idéologiques. Mais Aija Salo veut rester optimiste: « J’espère que les résultats [des élections] vont motiver plus de gens qu’auparavant à exprimer ouvertement leur soutien aux droits des LGBT et à militer au sein de Seta, dans nos organisations membres ou dans d’autres organisations des droits de l’Homme. » Autre raison d’espérer: un comédien ouvertement gay a été élu dans les rangs des Verts (écologistes). Il s’agit de Jani Toivola, 33 ans, qui sera aussi le premier Noir à siéger au Parlement finlandais. Reste que la victoire du parti de M. Soini pourrait bien dépasser le cadre finlandais. Car les formations populistes européennes connaissent un succès croissant ces dernières années (Voir ci-dessous).

UNE PROPAGANDE ANTI-GAY A L’ÉCHELLE DE L’EUROPE

La plupart des formations populistes européennes développent toutes une propagande anti-gay. En Suède, les soi-disant Démocrates (« Sverigedemokraterna ») ont enregistré 5,7% des voix et ont obtenu 20 siège au Parlement en 2010. Ce parti prône notamment « une société plus homogène », comprendre sans couple de même sexe. Chez nos voisins suisses, le parti populiste UDC cible régulièrement les homosexuels, proposant entre autres choses le dépistage obligatoire du VIH. La Hongrie du très conservateur Premier ministre Viktor Orbanle (« Fidesz »), qui exerce la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’au mois de juin a fait voter une nouvelle constitution qui « protège le mariage entre un homme et une femme » lundi 18 avril. En France, après des années d’homophobie,  le Front national (FN) de Marine Le Pen semble privilégier une stratégie de séduction auprès des  gays (lire Les LGBT tomberont-ils dans le piège de Marine Le Pen?). Sans changer une ligne de son programme  qui défend l’union d’un homme et d’une femme comme base de la famille et s’oppose « à toute demande de création d’un mariage homosexuel ou d’une adoption par des couples homosexuels. »

Associatif | Politique | Région | 08.04.2011 - 18 h 01 | 14 COMMENTAIRES
Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée

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Strasbourg, et donc l’Alsace, aura bientôt son centre LGBTI pour accueillir les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transgenres et intersexes. Un lieu d’écoute et de lutte contre les discriminations qui ouvrira ses portes en septembre.


« LES GENS VEULENT UN ENDROIT OÙ ON NE LES JUGERA PAS »
Au N° 7 de la rue des Écrivains, à Strasbourg, l’endroit est pour le moment inoccupé. Plus pour longtemps car le premier centre lesbien, gay, bisexuel, transgenre et intersexe d’Alsace y verra bientôt le jour. « Quelque chose de très important est en train de se passer », analyse Irène Tabellion avec émotion. Présidente de La Lune, une association de femmes homosexuelles à Strasbourg, elle sera également vice-présidente du futur centre LGBTI. Elle mesure aujourd’hui le chemin parcouru. Le projet court depuis 2007, lorsqu’une centaine de membres d’associations décide de se mobiliser. « On rencontre énormément de souffrances », témoigne-t-elle. Des vies brisées par les insultes ou les violences physiques. Comme « ces filles jetées de chez elles ou licenciées parce qu’elles sont gouines… Les gens veulent un endroit où on ne les jugera pas ».

La création de ce centre intervient en effet dans un climat trouble. « Il y a moins d’un mois, un homme s’est fait tabasser en plein centre-ville pour avoir embrassé un autre homme », rappellent les bénévoles. Ailleurs, ce sont des « cimetières profanés » et « des maisons qui sont brûlées parce que ceux qui y vivent ont une autre nationalité ». Référence à de récents incendies criminels visant la communauté franco-turque et à des profanations de stèles musulmanes et israélites. « Strasbourg, notre ville, l’Alsace, notre région, auraient-elles peur de la diversité », n’hésite pas à questionner Jean-Philippe Restoueaix, le futur président du centre.

MUTUALISER LES COMPÉTENCES

A droite, Jean-Philippe Restoueaix, président de la Station et Armand Berthomé, secrétaire. A gauche, Nicolas Variengien et Irène Tabellion, vice-présidents de la structure. (Photo © D.P.)

 

D’où le projet de créer une structure ouverte à toutes les personnes dont l’orientation sexuelle diffère de la norme hétérosexuelle. Baptisé sobrement la Station, le centre LGBTI Strasbourg Alsace est le fruit d’un intense travail de conciliation entre une quinzaine d’associations LGBTI. Pas si simple car ces groupes n’ont pas forcément les mêmes objectifs. « On est parfois des sales gosses, glisse Irène en souriant. Mais ce centre, on le voulait absolument. » Il a fallu également clarifier les missions de la structure: « Nous n’avons pas vocation à remplacer les associations existantes, indique Jean-Philippe Restoueaix, mais à mutualiser les compétences. Le but, c’est que chaque personne qui pousse la porte du centre reparte avec une réponse aux questions qu’elle se posait, que ce soit en matière de santé, de conseils juridiques et même de religion. » Par le biais des associations, la Station disposera d’un réseau étendu de juristes, de travailleurs sociaux et de praticiens de santé.

OUVERTURE SIX JOURS SUR SEPT, WEEK-END INCLUS

Le projet est soutenu par la municipalité socialiste au nom de l’égalité des droits. « Pour la Ville, c’est un engagement de campagne qui se concrétise, souligne Mathieu Cahn, adjoint au maire chargé notamment de la lutte contre les discriminations. Nous ne voulions pas d’un local au fin fond d’un faubourg mais au contraire d’un lieu ouvert sur la ville et ses habitants. C’est une question de visibilité mais aussi de dignité. » Un engagement qui devrait se traduire dans les faits par une première subvention de fonctionnement à hauteur de 40.000 euros. Le conseil municipal doit encore l’approuver d’ici la mi-avril. Une enveloppe qui permettra notamment d’engager un responsable administratif et une personne chargée de l’accueil du public.

La Station abritera également un bar associatif et d’une bibliothèque. Autant d’espaces qui permettront d’organiser des soirées d’information, des cafés-débats et un ciné-club. En attendant l’ouverture, reste à trouver le bon mode de fonctionnement pour assurer l’accueil, l’écoute et le cons