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Un complément d'actualité LGBT
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Associatif | Région | Société | Sport | 16.04.2012 - 22 h 04 | 17 COMMENTAIRES
Paris Foot Gay et Pierre Guénin jouent la carte de l’humour face au dérapage de Louis Nicollin

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«ET OUI, JE SUIS UN PÉDÉ!»
Déjà épinglé par les associations LGBT pour des propos homophobes, le patron du Montpellier Hérault Sport Club, affectueusement surnommé Loulou par ses fans, avait pris de bonnes résolutions: signature de la Charte contre l’homophobie et participation au clip contre l’homophobie dans le sport de l’association Paris Foot Gay. Une participation qui lui a valu de recevoir récemment le prix Pierre Guénin contre l’homophobie, provoquant un début de controverse (lire Louis Nicollin, lauréat d’un prix contre l’homophobie? Seriously?). Louis Nicollin, homophobe repenti? Un beau tableau qui a volé en éclats jeudi dernier quand Loulou a récidivé au micro de RMC: «Au dernier moment j’ai eu peur, je ne suis pas allé au Vélodrome voir OM-Montpellier. Eh oui, je suis un pédé!», a-t-il déclaré pour expliquer pourquoi il ne s’est pas rendu au match entre Montpellier et l’OM.

«RAVI D’APPRENDRE PAREILLE NOUVELLE»
Contacté, Pierre Guénin, fondateur du prestigieux prix du même nom, choisit de répliquer sur le ton de l’humour: «Ravi d’apprendre pareille nouvelle. Que mon prix Pierre Guénin contre l’homophobie ait pu convaincre Louis Nicollin à ce point là; je vais finir par croire au Bon Dieu. Mon cher Louis, viens recevoir ton prix à l’Hôtel de Ville de Paris. Le 14 mai. J’y recevrai moi-même la médaille de Chevalier des Arts et des lettres de la main de l’adjoint de Delanoë, Christophe Girard. Il y aura du beau monde et nous ferons la fête».

«IL N’EST PLUS HOMOPHOBE»
Du côté du Paris Foot Gay, on rit plutôt jaune, et on fait le dos rond. L’association, pourtant prompte à dégainer contre l’homophobie dans le monde du foot n’a pas cru bon de réagir à la sortie de la star de son dernier clip. Volonté de ne pas ternir l’image de l’une de ses plus belles prises? «Il a fait son coming out», plaisante Pascal Brethes, président de l’association, qui préfère relativiser l’incident: «Nous n’avons pas réagi car il nous a prouvé à travers ses actions qu’il n’est plus homophobe. On est quand même très loin de ses anciennes déclarations violentes». Tout en reconnaissant que ces derniers propos font taches: «C’est dans la logique du personnage, un humour dingo et profondément douteux». Bref, avant même de recevoir son prix, le lauréat 2012 de la lutte contre l’homophobie a déjà du plomb dans l’aile…

[Mise à jour, 17 avril, 20h11]

Dernier rebondissement dans ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Nicollin. Alors que Pierre Guénin, «ravi», avait décidé de prendre l’affaire avec légèreté, un communiqué émanant pourtant de son propre service de presse vient de tomber: Loulou ne recevra finalement pas le prix qui devait le récompenser pour son engagement (de courte durée) contre l’homophobie (lire Le prix Pierre Guénin contre l’homophobie retiré à Louis Nicollin).

«En participant au clip du Paris Foot Gay, Louis Nicollin avait donné des gages. Nous sommes au regret de constater aujourd’hui qu’on ne pouvait leur accorder que peu de prix, et que l’insulte ou le commentaire à caractère homophobe font hélas bien partie du patrimoine génétique et « culturel » du Président du Club de Football de Montpellier. Une manière bien ingrate de répondre à la main qui lui avait été tendue», écrit le jury dans son communiqué.

Photo DR

Associatif | Coup de gueule | Région | Société | 23.03.2012 - 14 h 45 | 7 COMMENTAIRES
Flag! accuse un général de «pression» dans une affaire de discrimination

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Le général Laurent Tavel, commandant la région de gendarmerie de Midi-Pyrénées, est dans la ligne de mire de Flag!, l’association des policiers et des gendarmes LGBT. Dans un communiqué indigné et rageur publié sur son site, celle-ci dénonce une «pression» et «une tentative d’intimidation» de la part de cet officier supérieur.

«ON L’A PEU À PEU PLACARDISÉ»
Pour comprendre l’histoire racontée par le communiqué de Flag!, il faut remonter à l’année dernière. Au mois de mai 2011, l’association reçoit l’appel à l’aide d’un adjudant de gendarmerie qui se dit discriminé dans sa brigade en raison de son homosexualité. «Il nous a fait part de dissensions entre lui et deux de ses collègues, raconte Mickaël Bucheron, président de l’association. Ça a commencé par des remarques puis on l’a peu à peu placardisé en le tenant à l’écart des enquêtes. C’est le schéma classique dans ce genre d’affaires». La victime, qui s’est déjà ouvert à sa hiérarchie et a même écrit au président Nicolas Sarkozy en sa qualité de chef des armées, n’arrive pas à faire avancer son dossier.

Flag! décide de prendre contact avec le commandement de gendarmerie de Midi-Pyrénées dont dépend l’adjudant. La réponse qui lui parvient n’est pas du tout du goût de l’association. «Tout d’abord, pour m’assurer de la légitimité de votre démarche, je souhaite disposer des justificatifs relatifs à la qualité d’adhérent à votre association de l’adjudant, ainsi que sa demande pour le représenter dans ce dossier», écrit le général dans un courrier dont Yagg a pu se procurer une copie (téléchargez Courrier general TAVEL a Flag.pdf).

«ATTEINTE AUX DROITS INDIVIDUELS ET ASSOCIATIFS»
Pour Flag!, c’est la douche froide. «Nous étions stupéfaits», se souvient Mickaël Bucheron. Selon lui, l’exigence du général contrevient au droit d’association. «Nous ne sommes pas un syndicat, interdit dans la gendarmerie, mais une association type loi 1901. Un gendarme peut y adhérer librement», rappelle-t-il. Pour Flag!, la réponse du général est clairement «une atteinte aux droits individuels et associatifs». Mickaël Bucheron y voit une manière de dissuader les policiers et gendarmes LGBT de rejoindre l’association: «Il y beaucoup de policiers et de gendarmes qui ne nous rejoignent pas justement par peur d’être fichés».

Dans son courrier, le général prévient aussi l’association qu’il a adressé une copie de sa réponse au procureur de la République de Toulouse au motif que la demande de Flag! «met en cause nommément, deux officiers». Flag! dénonce une «tentative d’intimidation». «C’est une manière de nous menacer de poursuites pour dénonciation calomnieuse», s’indigne Mickaël Bucheron.

«ON NE COMMUNIQUE PLUS RIEN»
Aujourd’hui, après avoir réfuté toute irrégularité au magazine Têtu, le commandement de Midi-Pyrénées a fait le choix de ne plus s’exprimer sur le sujet. Notre demande d’interview s’est heurtée à un mur: «Il n’y a tellement rien à dire sur ce communiqué qu’on ne communique plus rien», répond, pince sans rire, le responsable des ressources humaines.

Du côté de Flag!, on ne s’en laisse pas conter. L’association réclame maintenant des explications des autorités. Entre-temps, l’adjudant a fini par raccrocher son uniforme de gendarme, après vingt ans de service. Sa plainte, elle, suit son cours. Mais sans lui et sans Flag!.

Photo Babizoom

Associatif | Interview | Région | Société | 10.07.2011 - 10 h 42 | 26 COMMENTAIRES
Agression homophobe à Strasbourg: «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait»

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«Pourquoi moi», s’interroge Demir, «je ne comprends pas». Une semaine après son agression, le quadragénaire est encore sous le choc. Le 30 juin au matin, après avoir quitté son travail, lui et l’un de ses collègues retrouvent quelques amis autour d’un verre dans un bar flottant bien connu des Strasbourgeois. Vers 6 h, tous deux quittent la péniche et décident de rentrer. C’est en regagnant leur véhicule qu’ils sont pris à partie puis violemment agressés.

«BANDE DE TAPETTES, LOPETTES»
«Je me dirigeais vers l’Hôtel de ville lorsque trois personnes nous ont insulté: bande de tapettes, lopettes… Puis, deux d’entre elles m’ont attaqué dans le dos. Pourtant, ils étaient dans le même bar que nous», raconte Demir. « Mais on n’avait pas eu de soucis avec eux à l’intérieur, même pas un regard méchant», se souvient-il. «L’un tentait de m’étrangler et le second me frappait. Ça s’est passé tellement vite. Ils se sont acharnés sur moi, ils m’ont donné des coups à la tête et entre les jambes. Un des mecs m’a dit: T’en n’auras plus besoin, en parlant de mon entrejambe», affirme la victime. Un troisième individu s’en prend à son collègue. Ce dernier serait parvenu à se dégager et à prévenir des policiers qui patrouillaient non loin du lieu de l’agression. Dans la foulée, les secours sont contactés. «Ils ont continué à me rouer de coups. Je suis tombé et ma tête à cogné le sol. J’ai perdu connaissance», raconte Demir. Il se réveille à l’hôpital. «Je me souviens vaguement de mon réveil. J’étais dans le couloir, entouré de brancards, le pantalon plein de sang». Demir ajoute qu’il a attendu qu’on s’occupe de lui et qu’il est resté seul sans aide et sans calmants malgré la douleur. Alors, il est tout simplement parti de l’hôpital. De retour à son appartement, son colocataire rappelle les urgences. Cette fois, Demir est pris en charge. Mais une fois sur place, il dit avoir entendu une remarque raciste pendant qu’on l’examinait. «Ils m’ont renvoyé chez moi sans plus d’explications, avec la facture», lâche-t-il, amer, en brandissant sa quittance. Le lendemain, en parallèle de l’hôpital, Demir se rend chez son médecin qui lui délivre un arrêt de travail de 7 jours ainsi qu’un certificat médical faisant état d’un traumatisme crânien et de multiples ecchymoses.

«JE NE VEUX PAS ME CACHER»
Aujourd’hui, Demir dit avoir encore «mal au dos» et souffrir au niveau des organes génitaux. «J’ai mal et il m’arrive de saigner, il faut que je retourne chez mon médecin», confie-t-il. Il a porté plainte pour violences volontaires en réunion en raison de l’orientation sexuelle. Les agresseurs ont été identifiés puis laissés en liberté en attendant leur convocation. Il espère que SOS homophobie lui fournira un avocat et que les associations LGBT vont le soutenir. Il réclame simplement «la justice». «Je ne pourrai jamais oublier ce qu’on m’a fait», lâche-t-il, les larmes aux yeux. Il dénonce l’intolérance qui perdure dans certains coins d’Alsace. Après son agression, Demir dit être resté «prostré» chez lui toute semaine. «Mais je ne veux pas me cacher», se défend-t-il, «j’ai accepté de parler à la radio et dans les journaux. Parce que j’ai le droit de m’exprimer».

Originaire de Turquie, Demir est fier de son parcours et ne se fait pas prier pour parler de l’histoire de sa famille. De son père, ébéniste, le premier de la famille à s’installer dans la région en 1969. «A l’époque, la France avait besoin de main-d’oeuvre», dit-il. Lui n’arrivera qu’à 12 ans. «Mon père voulait que je termine l’école primaire en Turquie». Il décrit les difficultés pour s’intégrer pendant son adolescence. Le racisme ordinaire des gens qui l’accusaient de «prendre leur pain» parce qu’il était «l’étranger». Mais surtout le sentiment d’être «doublement différent», d’abord en raison de sa nationalité puis de son orientation sexuelle. Comme une double peine. Le bac en poche, il passe son brevet de technicien supérieur de l’hôtellerie, se marie et devient même papa. Mais il finit par divorcer en 2000 après avoir fait son coming-out à sa famille. «C’était difficile mais ils ont fini par accepter. Mon copain de l’époque venait même à la maison». Ce qui n’est pas le cas de son petit ami actuel. «Quand il a lu l’article sur moi dans le journal, il a pleuré de peur que ses parents apprennent qu’il est homo. Moi, je n’ai rien à cacher. Dans la vie, il y a deux choses que je ne supporte pas: l’injustice et le mensonge. En Turquie, je peux tenir la main de mon copain sans problème, ça ne choque personne. En ville, les gens sont habitués à voir deux hommes ensemble». A son travail aussi, Demir assume son homosexualité. «Les gens sont au courant, je me sens parfaitement intégré».

LES ASSOCIATIONS LGBT DE STRASBOURG TIRENT LA SONNETTE D’ALARME»

Dans un communiqué publié jeudi 6 juillet, La Station, le centre LGBTI Strasbourg-Alsace qui ouvrira ses portes en septembre (lire Strasbourg: le premier centre LGBTI alsacien ouvrira ses portes à la rentrée), «s’indigne une nouvelle fois face à une agression homophobe qui a eu lieu  fin juin à Strasbourg, à la sortie d’un bar sur l’eau qui n’a plus rien de sa réputation gay friendly». Evoquant au moins une autre agression près du bar en question, la Station tient à mettre en garde la communauté LGBT et les touristes de passage: «Les gens doivent savoir que cet établissement, s’il n’est en rien responsable des agressions perpétrées près de ses murs, n’est plus un lieu gay friendly», explique Jean-Philippe Restoueix, président de la future structure. «Le cas de Demir relève de la bêtise pure mais inquiétante. Il s’agit de trois mecs qui voulaient casser du pédé», avance-t-il, pointant «une recrudescence d’actes discriminants et violents» et «un manque de personnel aux urgences, empêchant une véritable prise en charge les victimes». La section locale de la Ligue des droits de l’Homme lui a emboîté le pas dès le lendemain en condamnant «avec force» une agression «visiblement homophobe». «L’homophobie est un fléau qui tend à se banaliser dans la société. Et la justice peine souvent à reconnaître le caractère homophobe d’une agression lorsqu’il est avéré. Nous souhaitons que ce cas soit une preuve d’exemplarité de la justice, et que les agresseurs soient sévèrement punis, comme ils le méritent», conclut l’association.

Photo ©Paul Denton

Associatif | International | Politique | 07.07.2011 - 16 h 42 | 18 COMMENTAIRES
Le militant gay qui voulait embarquer sur la flottille pour Gaza était un imposteur

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Si vous ne pouvez pas voir la vidéo, cliquez sur Who you get in bed with- human rights, gay rights.

Sale temps pour l’activisme LGBT au Proche-Orient. Après l’affaire de la fausse bloggeuse de Damas (lire Amina Arraf, lesbienne syrienne, serait en réalité Tom MacMaster, hétéro américain), une nouvelle imposture vient d’être dévoilée. Celle d’un activiste gay fictif qui dénonçait sur Youtube la mainmise du Hamas sur la « flottille de la liberté ».

UN ACTEUR ISRAELIEN
Rappel des faits. La semaine dernière, une vidéo est mise en ligne sur Youtube (voir ci-dessus). On peut y découvrir un homme qui se fait appeler « Marc Pax ». Ce dernier raconte avoir été écarté de l’opération parce qu’il voulait représenter un collectif luttant pour les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres opposé-e-s au blocus du territoire palestinien. Affirmant s’être entendu dire que sa participation « ne servirait pas les intérêts de la flottille », « Marc », qui se décrit comme un « activiste gay », dénonce les liens entre les organisateurs de l’action et le Hamas, le parti islamiste au pouvoir à Gaza.« Attention avec qui vous couchez », conclut-il. « Si vous vous impliquez dans la mauvaise association, vous risquez de vous réveiller avec le Hamas. » Mais voilà, celui qui se présentait comme un « activiste gay » n’en est pas un. « Marc Pax », Omer Gershon de son vrai nom, serait en réalité un acteur et entrepreneur en relations publiques israélien de 36 ans.

Comme pour l’affaire Amina, la blogosphère militante a dénoué les fils de la mystérieuse vidéo. Réalisée et montée avec un soin professionnel, l’oeuvre de « Marc Pax » suscite en effet la curiosité des blogueurs LGBT américains dès sa sortie le 23 juin, rapporte le quotidien israélien Haaretz. En particulier de Benjamin Doherty, du site pro-palestinien The Electronic Intifada, qui avait déjà révélé au monde avec d’autres blogueurs l’imposture de la lesbienne de Damas. Les soupçons d’une opération de propagande se confirment deux jours plus tard: « Gershon a eu son portrait publié dans Haaretz, Maariv (ci-contre) ou encore Ynet [des médias israéliens, ndlr] », précise M. Doherty. Un autre blogueur américain, Max Blumental, retrace le parcours de la vidéo à la page Facebook d’un employé du gouvernement israélien et au compte Twitter d’un stagiaire du Bureau du premier ministre. La vidéo a bien été partagée sur Facebook par Neil Lazarus, un représentant de la « communication » israélienne (« hasbara ») du gouvernement. Puis relayée par le biais du Twitter du service de presse du gouvernement, @GPOIsrael. Le tweet a depuis été retiré et remplacé par un message d’excuses. Tout en reconnaissant que la vidéo pouvait « servir les campagnes d’Israël », les services du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu nient catégoriquement être impliqués dans sa production et plaident « l’erreur » d’un de leurs stagiaires. Des excuses et des dénégations qui cachent mal l’embarras des communicants.

PINKWASHING?
La presse et les blogueurs ne s’y sont pas trompés et les spéculations vont bon train. Robert Mackey, sur le blog du New York Times The Lede, souligne qu’il n’y a pas de preuves d’homophobie chez les activistes de la flottille mais relève la participation de M. Gershon à la réalisation d’un spot de publicité produit par Elad Magdasi, dont la page d’accueil YouTube fait un lien vers « Stand With Us », une organisation à but non lucratif qui prend le parti de Benyamin Netanyahou. De son côté, Ali Abunimah, le cofondateur de The Electronic Intifada, soutient que l’excuse du stagiaire servirait de paravent à la stratégie de « marketing virale » de la communication israélienne. Le site accuse les autorités de pratiquer le « pinkwashing ». « Dans les cercles militants pro-palestiniens, le terme se réfère à Israël et à ses partisans qui instrumentalisent le manque de liberté des gays et les lesbiennes dans les pays arabes comme un moyen de peindre la cause palestinienne comme indigne », explique Dan Murphy de The CS Monitor’s. « Ces activistes disent que si c’est manifestement vrai que les gays israéliens ont plus de droits que ceux des pays voisins, il est utilisé pour masquer la brutalité des faits du blocus économique de Gaza et l’occupation de la Cisjordanie. »

Associatif | Enquête | Politique | 30.06.2011 - 17 h 05 | 0 COMMENTAIRES
Marche des Fiertés: Pourquoi l’Inter-LGBT et la Préfecture de police ne comptent-elles pas le même nombre de participant-e-s?

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Stupéfaction, incrédulité et incompréhension. C’est peu dire que les chiffres communiqués par la Préfecture de police sur la Marche des Fiertés samedi soir ont fait l’effet d’une douche froide pour les associations LGBT parisiennes. Dans son communiqué, la Préfecture assure n’avoir compté que les marcheurs/euses qui ont suivi le défilé, soit en tout et pour tout 36000 participant-e-s. «Un chiffre ridicule», s’est insurgé Nicolas Gougain, porte-parole de l’Inter-LGBT, en début de semaine. «Il n’y a qu’à regarder ici et là les images de foules pour constater que ce chiffre est totalement décalé face à l’ampleur du nombre de participants, poursuit-il. On peut s’interroger sur le décalage manifeste entre les chiffres déclarés par la Police ces dernières années.»

«Y AURAIT-IL UNE VOLONTÉ DE MARGINALISER LE MOUVEMENT LGBT?»
De fait, la Préfecture de police a de moins en moins compté de manifestant-e-s à la Marche des Fiertés au fil des années. Elle en annonçait 500000 jusqu’en 2008, avec un pic en 2006 à 650000, rejoignant les estimations des organisateurs/trices. Puis, en 2009, le cortège est divisé par deux et n’est estimé qu’à 350000 participants. Une baisse brutale qui laisse les associations pantoises. «Y aurait-il une volonté quelconque de marginaliser le mouvement LGBT, un mouvement en faveur de l’égalité des droits qui porte des revendications auxquelles les Français souscrivent très largement?», s’interrogeait Nicolas Gougain.

L’an passé, la préfecture de police avait dénombré moins de 100000 personnes à la Marche des Fiertés dans la capitale, faisant une distinction entre 34000 «marcheurs» et 65000 «badauds». Un chiffre jugé «scandaleux» par l’Inter-LGBT, qui estimait à 700000 le nombre de participant-e-s. À l’époque, la Préfecture de police s’était refusée à tout commentaire sur cet écart de chiffres (lire La Préfecture de police ne souhaite pas s’exprimer sur les chiffres de la Marche des Fiertés de Paris). Cette année, elle opère un virage à 180 degrés en acceptant de recevoir l’Inter-LGBT mardi soir, puis la presse dès le lendemain. Yagg était bien évidemment sur place.

COMMENT LA PRÉFECTURE COMPTE
Pour dénombrer les manifestants, les policiers se placent en hauteur afin d’avoir une meilleure vision de la chaussée. Par équipe de deux – le jour de la Marche des Fiertés, deux équipes, soit quatre personnes, étaient dédiées au comptage –, les agents, munis d’un appareil de comptage, dessinent dans leur tête une ligne qui traverse la rue de part en part. À chaque fois qu’une dizaine de personnes franchit cette ligne, ils le signalent à l’appareil. À la fin de la manifestation, la préfecture dit utiliser «l’estimation la plus haute» qu’elle majore de 5% à 10%. Ce système semble logique pour un défilé syndical où les seules personnes comptabilisées sont celles qui défilent sur la route.

Mais comme l’a reconnu René Bailly, directeur de la direction du Renseignement de la Préfecture de police de Paris (DRPP), à la tête des agents chargés du comptage des manifestants, «on ne peut assimiler la Marche à une manifestation». Plus que des militant-e-s derrière une banderole et des chars, la Marche est également un spectacle qui se donne à voir. De fait, elle a des spectateurs/trices, debout ou assis-e-s, qui assistent au défilé, mais qui ne marchent pas. Les raisons en sont multiples et certaines ont été évoquées par les responsables de l’Inter-LGBT. René Bailly a ainsi reconnu qu’il n’avait pas songé aux personnes qui souhaitent rester anonymes dans leur démarche de soutien, qui craignent d’être photographiées ou filmées sur le parcours et qui se tiennent sur les côtés. Et il y a tout bonnement des gens fatigués de danser et de marcher qui patientent sur le trottoir. Dès lors qu’une personne ne marche pas sur la voie centrale, elle n’est pas comptabilisée comme participant à la manifestation.

«NOTRE OBJECTIF, C’EST L’OBJECTIVITÉ»
Car pour la Préfecture, impossible de différencier ces sympathisant-e-s qui ne marchent pas des passant-e-s venu-e-s là par hasard. Les policiers étant installés à un point précis pour le comptage (le jour de la Marche, ils étaient au croisement du boulevard Saint-Germain et de la rue Saint-Jacques), ils ne comptabilisent pas les personnes sur les côtés tout le long du défilé. Or, pour les organisateurs/trices, ces «badauds» font partie intégrante de la Marche. Celles et ceux qui avaient été recensé-e-s en 2010 (la Préfecture avait estimé qu’ils étaient 65000) n’ont pas été comptabilisé-e-s cette année, la direction du Renseignement ayant jugé que cette expérimentation était «insatisfaisante»: «notre objectif, c’est l’objectivité», insiste René Bailly. L’homme veut des chiffres incontestables, vérifiables, des vérités scientifiques. Trop instable et imprévisible, la masse des passant-e-s sur les côtés échappe au système de comptage scientifique mis en place par la préfecture. Même si elle constitue l’effectif le plus important de la Marche.

Dans ce souci de scientificité, toutes les manifestations de grande ampleur sont filmées. La Marche des Fiertés n’y a pas échappé. Installée sur le lieu de comptage, une caméra suit le flot des manifestant-e-s du début à la fin. La Préfecture a fourni à Yagg une copie de ce film. Il sert à la vérification des chiffres relevés par les agents sur place. Lundi, le recensement vidéo des manifestant-e-s est descendu aux alentours de 33500. Sur l’image ci-dessous, extraite de ce film, seules les personnes qui défilent au centre ont été comptabilisées.

La méthode ne semble néanmoins pas faire l’unanimité au sein même de la Préfecture puisque, comme l’indiquait Nicolas Gougain au sortir de la rencontre entre la DRPP et l’Inter-LGBT, le dispositif de sécurité prévu par la Préfecture estimait à 25000 le nombre de personnes présentes place de la Bastille (où s’achève la Marche) et à au moins 250000 sur l’ensemble du parcours.

«NOUS NE SOMMES INSTRUMENTALISÉS PAR PERSONNE»
À la Préfecture de police, cette bataille de chiffres est aussi l’occasion de faire une bonne opération de communication. René Bailly a pris ses fonctions en 2009, pile l’année qui a marqué un tournant dans le comptage des manifestant-e-s. Le discours est rodé. Il assume parfaitement le nouveau mode de comptage effectué par ses agents et lance une pique en direction des associations LGBT. «Pourquoi a-t-on laissé dire des choses pareilles, et ancré dans l’esprit des manifestants pendant des années qu’il y avait 700000, 800000 manifestants?, fait-il mine de se demander. Il aurait fallu être professionnel beaucoup plus tôt et ne pas entretenir cette idée qui ne correspond à rien.»

«Seule la direction du Renseignement est habilitée à donner les chiffres des manifestations, assène M. Bailly. Ces chiffres sont les mêmes que ceux qui sont ensuite communiqués par le préfet. Il peut nous demander des explications, on les lui donne, il peut nous faire des remarques, nous les recevons, mais le chiffre n’est pas modifié.» Pas de manipulation, alors? «Nous ne sommes instrumentalisés par personne, jure le policier. Qui pourrait passer de telles consignes aux personnels qui font ce métier, depuis plusieurs années, qui ne sont à ma connaissance pas obligatoirement titulaires d’une carte UMP, qui sont tous dans des syndicats de police qui ne sont pas du tout de cette tendance, en tous cas les syndicats majoritaires? Si on leur disait de ne pas passer tel ou tel chiffre, ces fonctionnaires seraient remontés et en droit de poser de questions», assure-t-il. Et pour éviter toute polémique future, il lance une invitation: «Si vous voulez, l’année prochaine, vous prenez une chaise, et vous venez compter avec nous».

Au moment où nous publions cet article, l’Inter-LGBT n’a pas encore réagi officiellement à la remise en cause de son mode de comptage. Son porte-parole, Nicolas Gougain, parle d’«un dialogue de sourds» avec la Préfecture de police et indique qu’il évoquera le sujet avec les associations réunies en conseil ce soir même.

[mise à jour, 18h35: Ajout d’une précision sur la méthode de comptage]

Paul Denton et Julien Massillon

Cet article a été initialement publié dans la partie info de Yagg. Cliquez là pour le commenter.

Associatif | Coup de gueule | Education | 10.06.2011 - 19 h 04 | 15 COMMENTAIRES
Théorie du genre: la mobilisation contre la « croisade » anti-homo des cathos s’amplifie

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Après avoir laissé les associations familiales catholiques mobilisées contre l’enseignement de la théorie du genre (ou gender studies) occuper le terrain (lire Christine Boutin et la cathosphère partent en croisade contre l’enseignement de la théorie du genre au lycée), les syndicats d’enseignants et de parents d’élèves montent au créneau. L’Unsa éducation a ainsi dénoncé un « retour à l’ordre moral » en début de semaine. Cette fois, c’est au tour du Snes-FSU, premier syndicat de l’enseignement secondaire, de riposter.

« A LES ENTENDRE, IL N’Y AURAIT QU’UN MODÈLE
DE CELLULE FAMILIALE: LE COUPLE HÉTÉRO ET SES ENFANTS »
« L’enseignement catholique tire actuellement à boulets rouges sur les manuels de Sciences de la Vie et de la Terre accompagnant les nouveaux programmes de sciences du lycée, déplore le Snes-FSU, dans un communiqué publié sur son site mercredi 8 juin. […] A les entendre, il n’y aurait qu’un seul modèle de cellule familiale : le couple hétérosexuel et ses enfants. » Le Snes «se félicite que des questions au centre de la construction de l’individu soient abordées à l’école, sans tabou, mais aussi sans idéologie et dans le respect des sensibilités de chacun. Les esprits chagrins réactionnaires qui luttèrent et continuent de lutter contre la contraception et l’avortement, instrumentalisent aujourd’hui l’école pour médiatiser leur croisade contre l’homosexualité».

« L’ECOLE A POUR MISSION D’INSTRUIRE
ET D’ÉDUQUER DANS LE RESPECT DES SENSIBILITÉS»
Le Groupe national information et éducation sexuelle (Gnies) estime de son côté que « l’école a pour mission d’instruire et d’éduquer, dans le respect des sensibilités ». Dans les établissements scolaires, « l’ensemble des personnels est confronté au désarroi de jeunes en difficulté avec leur orientation sexuelle, note le Gnies dans son communiqué. Aborder cette question dans la classe est un premier pas vers le respect de chacun et la compréhension de l’autre. »

Le Gnies compte, notam­ment, parmi ses membres plu­sieurs syn­di­cats d’enseignants, la FCPE (pre­mière fédé­ra­tion des parents d’élèves de l’enseignement public), le mou­ve­ment fran­çais du plan­ning fami­lial, le conseil natio­nal des asso­cia­tions fami­liales laïques, l’association des pro­fes­seurs de bio­lo­gie et de géo­lo­gie, ainsi que La Mutuelle des étudiants.

La direction de l’enseignement catholique, les associations familiales catholiques ainsi que Christine Boutin s’étaient publiquement élevés contre les nouveaux programmes de SVT pour les premières L et ES, qui incluent la notion de genre.